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[le Berger de Marly] Pastorale musique de: Jean-Baptiste Matho |
Tircis: L'Ingratte
dont je suis la loy Celimene: Tircis: Celimene: Celimene
& Tircis: Tircis: Ce Berger
prés de vous chantoit sur ce rivage, Celimene: Tircis: Celimene
& Tircis: Tircis: Celimene: Le
Choeur: Licidas: Le
Choeur: Mirtil: Coridon: Mirtil: Caliste: Mirtil: Caliste
& Coridon: Le
Choeur: Elise: Le
Choeur: Elise: Le
Choeur:
Aymable solitude,
Agreables Ruisseaux,
Par le murmure de vos Eaux
Soulagez d'un Amant l'inquietude.
Apres m'avoir promis une amour éternelle,
Aujourd'huy me manque de foy,
Et commence à bruler d'une flamme
nouvelle.
Que faites-vous, Berger, sue ce rivage assis,
Peut-on sçavoir qui vous mene ?
J'y cherche Celimene,
Et vous n'y cherchez pas Tircis.
Qui vous inspire ce Langage
D'où viennent ces soupçons jaloux ?
Je n'y cherche que vous
Et ce soupçon m'outrage.
Soubçon Jaloux vous troublez mon repos.
Mais n'est-ce qu'un soupçon dont mon ame
s'allarme,
Non, c'est Lycas qui vous charme
Et je ne me plains point icy mal a propos.
Vous le regardiez tendrement,
Il soupiroit, et ce langage est le langage d'un
Amant.
Les soupirs & les chansonnettes
Par où Lycas creut m'engager,
Ce n'estoient qu'autant d'amusettes
En attendant mon Berger.
On croit d'abord que tout est bagatelle
Mais en amour tout est à redouter
Et quand on veut estre fidelle
Il est dangereux d'écouter.
Pour tout autre que vous mon coeur est Insensible
[Tircis] Pourriez vous me trahir,
Ah, seroit il possible.
[Celimene] Non, non, il n'est pas possible
Pourois ie vous trahir.
Que rien ne trouble desormais
Une si douce paix.
Tous les Bergers de nos Villages
Conduisent leurs Troupeaux dans ce charmant sejour,
Ces paisibles Ruisseaux, ces verds ombrages,
Sont les retraites de l'amour.
Arrestons nous sur ces Rivages
Rien n'est si beau que ce charmant sejour
On diroit que ces Eaux & ces epais fueillages
N'ont estez faits que pour l'amour.
Pendant que vos Troupeaux y paissent les herbettes
Sans y craindre les loups,
Chantons nos tendres amourettes,
Eloignez des yeux des Jaloux.
Arrestons nous sur ces Rivages, &c.
Tout est heureux dans ces Boccages,
Les oyseaux amoureux par leur tendre ramage
De la saison nouvelle annocent le retour.
Mais helas, accablé de ri gueurs Inhumaines
Je ne sens point comme eux les plaisirs de l'amour,
Et je n'en ressent que les peines.
Quel Berger inconnu par ses tristes accents
Vient troubler en ces lieux nos plaisirs
innocents.
C'estoit sur ce même rivage
Et dans ces bois delicieux
Ou la Bergerie qui m'engage
S'offroit autrefois à mes yeux.
Les Echos redisoient nôtre amour mutuelle
Ils rediront encor mes regrets superflus
Sans espoir de retour Iris est infidelle
Et la cruelle n'y viendra plus.
Cessez de vosu plaindre,
Trop sensible Berger
Le feu qu'allume un coeur leger
Peut aisement s'éteindre.
Lors qu'un juste depit m'inspire à me venger
La vengeance aussi tost me paroist criminelle
Et mon coeur au respect accoutumé pour elle
Craindroit encor de l'outrager.
Il n'est rien de si doux qu'une juste vengeance
C'est l'unique secours des malheureux Amants
Et lors qu'on pers toute esperance
Pour finir de l'amour les rigoureux tourments.
Il n'est rien de si doux qu'une juste vengeance
C'est l'unique secours des malheureux Amants
Et lors qu'on pers toutte esperance
Pour finir de l'amour les rigoureux tourments.
Viens avec nous où regnent les Plaisirs
On n'y voit jamais de Bergere qui soit legere
Et s'il en coute de soupirs, un amour tendre &
sincere
D'un coeur qui persevere couronne à la fin les
desirs.
C'est avec nous que regnent les Plaisirs
On n'y voit jamais de Bergere qui soit legere
Et s'il en coute de soupirs, un amour tendre &
sincere
D'un coeur qui persevere couronne à la fin les
desirs.
Nous aymons le plaisir champêtre
Nous cherchons les Champs & les Bois
Nos Bergers contents de leur choix
Passent leur temps sans le connoître
Nos Bergers contents de leur choix
Font leur bonheur de vivre sous nos loix.
Ne quittons point ces aymables retraittes
Inventons mille Jeux charmants
Que les plus malheureux amants
Pour calmer leur ennuy se meslent à nos
fêtes.