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Pastorale en Musique en II Parties dédiée à la Reine, representée par les DEmoiselles de L'Enfant Jésus les Paroles sont de Monsieur l'abbé Bonvallet des Brosse la Musique est de Monsieur l'abbé Marlet |
Le
Théâtre représente une Plaine avec
quelques Hameaux de Bergers
Une
Bergere: A couvert
du bruit des Villes, Lieux
charmans, séjour tranquille, &c. Dans nos
vallons pacifiques L'or &
l'azur des lambris, Hameaux
chéris ! toits rustiques ! Dans
nos vallons pacifiques, &c. Lieux
charmans, séjour tranquille Deux
Bergeres: Une
Bergere: Le Choeur
des Bergeres: La
Bergere: Le Choeur
des Bergeres: La
Bergere: Le Choeur
des Bergeres: [Simphonie
vive] Petit
Choeur d'Anges, que l'on entend, & que l'on ne voit
pas: Une
Bergere: [Entrée
des Anges] Un
Ange: Le Petit
Choeur des Anges: Le Choeur
des Anges & le Choeur des Bergeres: Un
Ange: Le Choeur
des Bergeres: Deux
Anges: Trois
Anges: Un
Ange: Le Choeur
des Anges & le Choeur des Bergeres: Une
Bergere: Une
deuxiéme Bergere: Le Choeur
des Bergeres: Une
troisiéme Bergere: Le Choeur
des Bergeres: Une
quatriéme Bergere: Le Choeur
des Bergeres: Une
cinquiéme Bergere: Le Choeur
des Bergeres: Une
Sixiéme Bergere: Le Choeur
des Bergeres: Un
Ange: Deux
Bergeres: Le Choeur
des Anges & le Choeur des Bergeres: [Marche
des Anges & des Bergeres]
Lieux charmans, séjour tranquille
D'une douce felicité !
De l'innocence heureux azile !
Que vous avez d'attraits pour mon coeur enchanté
!
Loin du tumulte des Cours,
Nous coulons les plus beaux jours.
Tout respire le mépris
Des biens faux & chimériques
Dont les Mortels sont épris.
L'orgueil des marbres antiques,
Les plus superbes portiques,
A nos yeux perdent leur prix.
Vous nous plaisez plus cent fois
Que les Palais magnifiques
Où brille l'éclat des Rois.
D'une douce felicité !
De l'innocence heureux azile !
Que vous avez d'attraits pour mon coeur enchanté
!
La Terre riante
Ici nous présente
La scêne touchante
Des plus doux objets
De ses premiers traits
L'Aurore naissante
Dore nos forêts.
L'oeil de la Nature,
La flambeau des Cieux,
D'une clarté pure
Y répand ses feux.
Aimable solitude !
Où nulle inquiétude
Ne trouble nos coeurs.
Aimable solitude !
Où nulle inquiétude
Ne trouble nos coeurs.
La cruelle envie,
La jalousie,
Ne font jamais couler nos pleurs.
Aimable solitude !
Où nulle inquiétude
Ne trouble nos coeurs.
Des soins, des soucis rongeurs
La troupe ennemie,
Des noires vapeurs
N'altere point les douceurs
Que fait ici goûter une innocente vie.
Aimable solitude !
Où nulle inquiétude
Ne trouble nos coeurs.
Gloire immortelle,
Louange éternelle
A Dieu, dans les Cieux !
Que tout, sur la Terre,
Du Maître du Tonnerre
Célebre le Nom glorieux !
Quels sublimes concerts !... Ciel ! que viens-je
d'entendre...
Quoi !... le Dieu Tout-puissant va-t'il ici descendre
!...
Bannissez de vaines frayeurs:
Rassurez-vous, junes Bergeres.
Le Ciel, touché de vos miseres,
Répand sur vous ses plus randres faveurs.
L'objet des soupirs de vos peres,
Le Rédempteur à Sion destiné:
Ce Roi, dont le puissance, à jamais affermie,
Des rivaux de Jacob doit confondre l'envie:
LE CHRIST, aujourd'hui vous est né.
Plus de troubles, plus de guerre:
Une éternelle paix va regner sur la Terre.
Regnez, divine Paix !
Regnez à jamais.
Regnez, regnez, divine Paix !
Regnez à jamais.
Tristes Humains ! courbés sous le poids de vos
fers,
Respirez. Triomphez du Tiran des Enfers.
Un Due brise aujourd'hui vos chaînes;
Il termine vos peines.
Respirez. Triomphez du Tiran des Enfers.
Dieu termine nos peines:
Il brise nos chaînes.
Tirand des Enfers !
Nous ne gemirons plus sous le poids de tes fers.
Quels biens vous sont préparés,
Mortels chéris des Cieux ! venez le
reconnaître.
Le Sauveur vient de naître:
Tous vos malheurs sont réparés.
Le Seigneur a rempli son antique promesse.
Il satisfait, dans ce jour,
Et vos désirs, & son amour.
Pour célébrer sa tendresse,
Troupe fidele, unissez vos efforts.
Joignez à des cris d'alégresse
Les plus tendres accords.
Et que tout l'Univers s'empresse
De partager de si justes transports.
[Célébrez / Célébrons]
sa tendresse,
[Unissez vos / Unissons nos] efforts.
[Joingez / Joignons] à des cris
d'alégresse
Les plus tendres accords.
Et que tout l'Univers s'empresse
De partager de si justes transports.
Disparois, triste Hyver, effroi de la Nature.
Et vous, vents furieux, terribles Aquilons,
Ne soufflez plus la froidure
Sur nos tranquilles vallons.
Renaissez, Printems aimable,
Renaissez, Renaissez; & par un promt retour
Rendez hommage au Dieu propice & secourable
Qui nous sauve ne ce jour.
Renaissez, Printems aimable,
Renaissez, Renaissez; & par un promt retour
Rendez hommage au Dieu propice & secourable
Qui nous sauve ne ce jour.
Vous, paisibles Zéphirs, de vos tendres haleines,
Réchauffez l'air, & ranimez les plaines.
Dissipez les frimats, & rendez aux ruisseaux
Captifs dans ces sombres bocages
Le doux murmure de leurs eaux.
Renaissez, Printems aimable,
Renaissez, Renaissez; & par un promt retour
Rendez hommage au Dieu propice & secourable
Qui nous sauve ne ce jour.
Arbres, reprenez vos feuillages;
Couronnez vous de verdoyants rameaux:
Formez d'agreables berceaux.
Renaissez, Printems aimable,
Renaissez, Renaissez; & par un promt retour
Rendez hommage au Dieu propice & secourable
Qui nous sauve ne ce jour.
Volez, tendres oiseaux, sous ces ombrages verds,
Qu'arrose une onde vive & pure;
Venez y retrouver vos voix & vos concerts.
Renaissez, Printems aimable,
Renaissez, Renaissez; & par un promt retour
Rendez hommage au Dieu propice & secourable
Qui nous sauve ne ce jour.
Sortez, brillantes fleurs, du sein de la verdure:
Emaillez les côteaux, & parfumez les
airs.
Renaissez, Printems aimable,
Renaissez, Renaissez; & par un promt retour
Rendez hommage au Dieu propice & secourable
Qui nous sauve ne ce jour.
Hâtez-vous de quitter ces lieux.
Suivez nos pas, volez, innocentes Bergeres;
Le Sauveur, attendu si long- tems de vos Peres,
Va paroître à vos yeux.
Tout nous engage:
Quel autre gage
Pouvons-nous demander de la bonté des Cieux ?
Hâtons-nous, sortons de ces lieux:
Courons, volons, Bergeres,
Allons voir de nos yeux
Le Sauveur promis à nos Peres.
Portons-lui de nos coeurs les hommages sinceres.
[Hâtez-vous / Hâtons-nous] de ces
lieux:
[Suivons nos pas / Courons, volons] Bergeres
[Venez voir de vos / Allons voir de nos] yeux
[Le Sauveur promis à vos / Le Sauveur promis
à nos] Peres.
[Il attends de vos / Portons-lui de nos] coeurs les
hommages sinceres.

Le
Théâtre représente l'Etable de
Bethléem, au fond de laquelle l'Enfant Jésus
paroît couché dans la
Crêche
Un
Ange: Un Second
Ange: Un
troisiéme Ange: Le Choeur
des anges & des Bergeres: Un
Ange: Un second
Ange: Un
troisiéme Ange: Un
quatriéme Ange: Une
Bergere: Le Choeur
des Bergeres: Deux
Bergeres: Le Choeur
des Bergeres: Deux
Bergeres: Le Choeur
des Bergeres: Deux
Bergeres: Le Choeur
des Bergeres: Deux
petites Bergeres: Une
Bergere: Le Choeur
des Bergeres, prosternées au pied de la
Crêche: [Grand
bruit de Simphonie] [une
petite Bergere se leve tout-à-coup, inspirée
de l'Esprit Prophétique] [les
autres Bergeres se relevent aussi quelques tems
apres] La petite
Bergere: [Simphonie] Les Cieux
ont reçu ta priere... [Simphonie] [elle
se jette avec transport aux pieds de l'Enfant
Jésus] Doux
espoir de mon Peuple !... O Christ !... O puissant Roi
!... [Simphonie] [elle
se releve brusquement] Tremble,
Satan !... Pâlis d'effroi... [Simphonie] Un nouvel
Astre luit dans la Céleste Voute... [Simphonie] Ils
partent... Je les vois !... O Sion !... Cité Sainte
! [Simphonie] O soudaine
Alliance !... O lien precieux !... Le Choeur
des Anges & le Choeur des Bergeres:
Sous les humbles dehors qui s'offrent à vos yeux
Reconnoissez l'Auteur de la Terre & des Cieux.
Tel est son amour extrême:
Il dépouille sa gloire; & ce Dieu
Tout-Puissant
Voie sa Majesté suprême
Sous la forme d'un Enfant.
Il pouvoit, armé du Tonnerre,
Et précédé d'un feu par son souffle
allumé,
Sur un Trône éclatant se montrer à la
Terre.
Vous l'eussiez craint alors: mais il veut être
aimé.
O vous ! innocente Jeunesse,
Qui de cet Enfant-Dieu venez former la Cour:
Par des transports de tendresse
Répondez à son amour.
Que la plus vive allegresse
[Vous / Nous] anime en ce jour.
Que, par un juste retour,
[Votre / Notre] amour
Egale sa tendresse.
Vous recevez les premiers gages
De ses Immortelles faveurs;
Rendez-lui les tendres hommages
De vos sensibles coeurs.
Son bras arrête la foudre
Prête à mettre en poudre
Les Mortels ingrats.
Il lave leur crime.
Il ferme l'abîme
Creusé sous leurs pas.
Lui-même il se rend victime
Pour les arracher au Trépas.
Tout va changer dans la NAture:
Tout va de sa présence éprouver les
effets.
Ainsi qu'aux premiers jours, sans soins & sans
culture,
D'abondantes moissons couvriront les Guerets.
L'Hiver au sein des Campagnes fleuries
Ne séchera plus les gazons:
Et les feux du Printems, dans les vertes prairies,
Parmi des Plantes chéries
Ne feront point germer de funestes poisons.
Les fortunés Bergers au son de la Musette
Verront bondir ensemble & le Tigre & l'Agneau.
Un tendre Enfant, sous la même houlette
Les conduira dans le même hameau.
On verra l'Ours & le Lion, paisibles,
Dans leurs griffes terribles,
Bercer le jeune Chevreau.
Entre les fleurs & la fougere,
Le plus timide enfant ira flater l'aspic,
Et porter sa main legere
Sur la tête du Basilic.
Ainsi ce Dieu, par sa naissance,
Vient vous combler des dons les plus parfaits.
Que dans vos coeurs tant de bienfaits,
Gravés par la reconnaissance,
Y soient conservés à jamais.
Tendre reconnaissance !
Pénétrez nos coeurs.
Consacrez les faveurs
Que sa main nous dispense.
Tendre reconnaissance !
Pénétrez nos coeurs.
Consacrez les faveurs
Que sa main nous dispense.
Du Ciel il calme les rigueurs:
Il détourne les traits de sa juste
vengeance.
Tendre reconnaissance !
Pénétrez nos coeurs.
Consacrez les faveurs
Que sa main nous dispense.
L'heureux moment de sa naissance
Est la fin de tous nos malheurs.
Tendre reconnaissance !
Pénétrez nos coeurs.
Consacrez les faveurs
Que sa main nous dispense.
Une profonde paix, une douce abondance,
Vont succeder à nos longues douleurs.
Tendre reconnaissance !
Pénétrez nos coeurs.
Consacrez les faveurs
Que sa main nous dispense.
Sous la foiblesse de l'enfance
Il a caché sa puissance
Pour mieux gagner nos coeurs.
O Ciel ! d'un tendre sourire
Il favorise nos voeux !...
Ah ! Bergeres, suivons l'ardeur que nous inspire
L'amour généreux
De cet enfant plein de charmes:
Et, par un transport nouveau,
Allons des plus douces larmes
Baignez son Berceau.
Vous, que l'excés de votre amour
Fait descendre ici bas de l'immortel séjour:
Tendre enfant ! Dieu sécourable !
Recevez d'oeil favorable
Et notre hommage & nos vives ardeurs.
Ah ! pour prix de tant de faveurs,
Vous regnerez, Sauveur aimable !
Vous regnerez à jamais sur nos coeurs.
Où suis-je !... quel ardeur m'anime !...
Dieu !... Quel spectacle sublime
A ce moment frape mes yeux !...
Quelle invisible main vient d'entr'ouvrir les Cieux !...
Non, les Prophétes antiques,
Dans leurs transports extatiques,
N'ont rien vû de plus merveilleurs !...
Brise ton joug, Sion !... Ton Sauveur vient à
toi...
Tes ennemis tremblans ont mordu la poussiere...
A l'Univers entier tu vas donner la Loi...
Fils du Très-Haut !... Fils égal à ton
Pere !...
Que tout ce qui respire, aujourd'hui te revere,
Et t'adore avec moi.
Ton Empire est détruit... Vous, que le Crime
encense,
Tombez, frivoles Dieux !... Vains Oracles ! Silence...
Aveugle Erreur ! fai place au Flambeau de la
Foi...
Mages ! partez... Suivez sa lumineuse route...
Etoile de Jacob !... C'est pour vous qu'elle luit,
Peuples ensevelis dans l'horreur de la nuit...
Infortunés Mortels !... Que votre Ame ravie
Rende grace au Sauveur qui change votre sort...
Sa voix vous rappelle à la vie...
Sortez des Ombres de la Mort...
Reçoi tes nouveaux Fils... Dilate ton
enceinte...
Toi, Divin Chef !... Onjet de leur hommage !
Eten sur deux, Seigneur ! ton Sceptre radieux;
Et reçoi, pour Héritage,
Des deux Peuples unis l'Empire glorieux.
Recevez pour Héritage
Des deux Peuples unis l'Empire glorieux.