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Israël
joüissoit d'une profonde paix,
Sous les Lois d'un héros des mortels les
plus sage.
Il n'avoit souhaité la sagesse en
partage,
Que pour combler de biens ses fidelles
sujets.
Air:
Sans le cruel secours des armes,
Il confond tous ses ennemis;
Ses sages décrets ont des charmes
Qui vendent ses peuples soumis.
Déjà, son nom vole,
Jusques aux barieres du jour;
Déjà de l'un et l'autre Pole,
Il est la terreur, ou l'Amour.
Tout
admire, tout craint sa puissance suprême
Dans sa brillante cour tout enchante les yeux.
Mais parmi tant de trésors
précieux
On n'en remarque point de si grand que
Luy-même.
Heureux
si des attraits d'un amour enchanteur
Salomon pour jamais n'eût garanty son
coeur.
Air:
L'Amour tient son empire
Dans le palais des Roys
Mais un Roy ne soupire
Jamais plus d'une fois.
Tout s'empresse à luy plaire
Tout flatte ses ardeurs
Chaque beauté semble lui faire
Un hommage de ses faveurs.
C'en
est fait ce monarque abandonne son ame
Aux servilles excez de son indigne flame.
On le verra bientost immoler a ses feux
Toutes les Saintes Loix du Dieu de ses
ayeux.
Hélas
! Funeste Amour, que tes flâmes cruelles
Vont bien vanger ces nations rebelles
Qui souffroient a regret ce Prince trop heureux
Les asservir au Joug de Son regne
fameux.
Air:
Gardons nous de nous laisser surprendre
Malheureuse une ame trop tendre
Qu'Amour peut enflamer.
Il n'est point d'Erreur ou n'entraine
Cette déplorable chaine
Quand on s'en laisse charmer.
On doit combattre sans cesse
Cette flatteuse tendresse
Pour en demeurer vainqueur.
Le plus doux fruit de la Sagesse
C'est de vaincre une foiblesse
Si funeste a nôtre Coeur.
Gardons
nous...
Quelle
plus douce Victoire
Qui peut mieux combler de gloire
Un jeune et sage héros.
Par une valeur suprême
Il triomphe de Luy même
Il asseure son repos.
Gardons
nous...
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