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Aquilon & Orithie
Récitatif Que j'ai
bien mérité la froideur d'Orithie, Air Un
amant tel que moi doit-il pouver sa flâme, Récitatif Peut etre
qu'Orithie avec moins de douceur, Air Servez
mes feux à vôtre tour Pénétrez
dans le sein des mers, Récitatif Apres ces
discours menaçants, Air On
peut toujours dans l'amoureux mistere, Une
beauté peut sans estre sévere,
S'écrioit Aquilon rebuté des mépris
De la beauté dont il étoit épris,
Ma flâme disoit-il, en fureur convertie
Va faire succéder à mes soins les plus
doux,
A mon respect, à mon obéissance,
Une barbare violence,
Un impitoyable couroux.
Par les desirs les plus discrets,
Et de quoi m'ont servis
Mille soupirs secrets,
Mille voeux trop soumis
Qu'avoit formé mon ame.
La fierté sera surmontée.
Eprouvons du moins si son coeur,
Trop insensible à la tendre langueur,
Pour céder aux transports d'une ardeur
irritée.
Force indomptable, affreuse rage.
Que tout l'univers en ce jour
Soit en pruye à vôtre ravage.
Confondez le ciel et la terre,
Portez jusqu'au fond des enfers,
Touttes les horreurs de la guerre.
Aquilon vole, et ses efforts puissants,
Inspirent aux mortels la crainte et la tristesse.
Il enlèce Orithie en traversant la Grece,
La violence de ses feux
Luy fait connoître enfin quelle en est la
tendresse:
Par un juste retour, elle écoute ses
voeux.
Trouver le moyen de charmer
Celui qui devroit allarmer
Devient quelque fois nécessaire.
Refuser l'hommage d'un coeur.
Loin de l'accuser de rigueur,
Essayons toujours de luy plaire.
Le Berger fidele
Récitatif Prest
à voir immoler l'objet de sa tendresse, Air
Plaintif Faut-il
qu'Amarillis périsse, Ah
! si la timide innocence Récitatif Mais c'est
trop me livrer à ma douleur mortelle, Air
Gai L'Amour
qui regne dans votre ame, L'Amant
leger brise ses chaines, Récitatif Cependant
à l'autel le Berger se présente, Air
vif & Gracieux Charmant
Amour sous ta puissance, Tu
ne fais sentir tes rigueurs
Le fidele Mitil déplore ses malheurs,
Il soupire, il gémit sans cesse,
Et sa voix aux Echos dit ainsi ses douleurs.
Dianne appaise ton couroux,
Par un terrible sacrifice
Peux-tu briser des noeuds si doux.
Sur vos autels doit expirer,
Dieux ! quelle est donc la recompense,
Que la vertu doit esperer.
Un autre doit mourir pour elle,
Hatons nous de la secourir,
Pour sauver ce qu'il aime un amant doit perir.
Berger, a de quoi nous charmer.
Par votre généreuse flame
Vous montrez comme il faut aimer.
Quand le sort trahit ses desirs,
Sans vouloir partager les peines,
Il veut avoir part aux plaisirs.
Sont front est deja ceint du funeste bandeau.
Arrestez, Diane est contente,
D'un amour si rare et si beau.
Mirtil obtient la fin des maux
de l'Arcadie,
Et lorsqu'il croit perdre la vie,
L'Himen pour cet amant allume son flambeau.
Tôt ou tard on sent tes faveurs
Dans les plus grands malheurs
Elle passent nôtre espérance.
Que pour éprouver la constance,
Tu veux que la Persévérance
Puisse mériter tes faveurs,
Tu veux que la Persévérance,
Puisse mériter tes douceurs.
Cantates pour le jour de la Saint Loüis
Prélude Dieu
des vers, c'est toi que j'implore, Récitatif En pareils
jours, et sur ces bords encore, Air Qu'ici
tout s'unisse à l'hommage Vous,
Flore, que dans mon empire Récitatif A lui
plaire on m'a vû, dès ma plus tendre
enfance, Air
Gracieux Que
sur ces rivages aimez, Que
la lumière la plus pure Récitatif Mais
quelles Deitez s'assemblent dans ces lieux ? Air
vif Pour
célébrer une fête si belle, A
l'employ le plus glorieux
Viens seconder l'ardeur qui brule mon sein,
Tu m'as plus d'une fois inspiré le Dessein,
De celebrer le nom d'une ame que j'adore,
Ainsi que sur mon coeur, il regne dans ces lieux,
Au beau nom de Loüis, que tout ici résonne,
C'est à la vertu même un nom que le Ciel
donne,
Et que portent nos demis Dieux.
Que mon coeur doit à ses bienfaits,
Oiseaux, joignez votre ramage
A nos accens les plus parfaits.
L'Aurore enrichit de ses pleurs
Parfume le jour qu'il respire,
Et semez sa route de fleurs.
Borner mes plus ardens souhaits,
Ciel ! exauce pour lui les voeux que je fais,
Aquites ma reconnoissance.
Regne une fraicheur éternelle,
Et que Cloris encore plus belle
S'y montre à ses regards charmez.
Sans cesse se leve sur eux,
Qu'à jamais, pour les rendre heureux,
Tout conspire dans la nature.
Quel nouveau spectacle s'apprête ?
Chacun y vient chargé de dons precieux,
Et Comus s'offre ici pour ordonner la fête;
Reine de ce charmant sejour,
A la place d'Hébé viens te mettre à
leur tête;
Fais les honneurs d'un si beau jour.
Tu sais, Cloris, l'emporter à nos yeux
Sur cette aimable immortelle,
Et sur le coeur de ton Epoux fidele.
Tes charmes peuvent prétendre,
Charge-toi du soin de répandre,
Le Nectar le plus precieux.

au lieu
de celuy plus haut, lorsque la Cantate ne sers pas le jour
de la Saint Loüis
Air
vif Pour
célébrer une fête si belle, A
l'employ le plus glorieux
Tu sais, Cloris, l'emporter à nos yeux
Sur cette aimable immortelle,
Et sur le coeur de ton Epoux fidele.
Tes charmes peuvent prétendre,
Charge-toi du soin de répandre,
Le Nectar le plus precieux.