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Cantates Diverses
de compositeurs anonymes
Bacus
dessus & basse continue
Récitatif Chantons
le Dieu Bacus et que sa Gloire [lentement] Puissant
Dieu des raisins, digne objet de nos voeux Air Ta
bonté supreme Tu
sers la constance Récitatif Mais
quels transports involontaires, Air Descendez
Mere d'Amour, Deja
le jeune Silvain Récitatif Profanes
fuyez de ces lieux Air Bannissons
l'affreuse Bellonne Malheur
aux mortels sanguinaires Récitatif Veut
on que ie fasse la guerre Air Triomphe,
victoire, Bruyantes
trompettes
Haut
de page
Soit l'eternel objet de nos plus doux concerts
Qu'un autre aprenne à l'univers
Du fier vainqueur d'Hector la glorieuse
histoire;
Qu'il ressucite dans ses vers
Des Enfans de Pelops l'odieuse memoire
C'est à toy seul que ie me livre
De Pampres de festons couronnant mes cheveux
En tous lieux ie pretens te suivre
C'est pour toy seul que ie veux vivre
Parmy les festins et les jeux.
Previent nos souhaits
Ta douceur extreme
Calme nos regrets.
Sans toy Venus meme
Seroit sans attraits
Des coeurs amoureux,
Tu rend l'esperance
Aux plus malheureux.
Saisissent tout a coup mon esprit agité,
Sur quel valon sacré
Dans quel bois solitaire,
Suis ie tout a coup transporté,
Bachus a mes regards dévoile ses
misteres
Un mouvement confus de joye et de terreur
M'inspire une divine audace
Et les Menades en fureur
N'ont rien vû de pareil dans les antres de
Thrace.
Venez embellir la feste,
Du Dieu qui fit la conqueste
Des climats ou naist le jour.
Descendez Mere d'Amour
Mars trop long tems nous arreste.
Yvre d'amour et de vin
Poursuit Doris dans la plaine
Et les Nimphes des forets
D'un jus petillant et frais,
Arrosent le vieux Silene.
Ie cede au mouvement que ce grand jour
m'inspire
Fidelles sectateurs du plus charmant des dieux
Ordonnez le festin, apportez moy ma lire.
Celebrons entre nous un jour si glorieux
Mais parmy les transports d'un[e] aimable
lire
Eloignons loin d'icy ces bruits seditieux
Qu'un[e] aveugle vapeur attire
Laissons aux Scithes inhumains
Mesler dans leur banquet le meurtre et le
carnage
Les dards du Centaure sauvage
Ne doivent point soüillet nos innocentes
mains.
De l'innocence de nos repas,
Les Satires, Bachus & Faunes
Detestent l'horreur des combats.
Qui par de tragiques forfaits
Ensanglantent les doux misteres
D'un dieu qui preside a la paix.
Suivez moy mes amis, accourez, combattez,
Remplissons cette coupe, entourons nous de
lierre,
Baccantes prestez moy vos Thirces redoutez
Que d'athlettes soumis, que de rivaux par terre
Ô fils de Jupiter, nous ressentons enfin
Ton assistance souveraine,
Je ne vois que buveurs etendus sur l'Aresne
Qui nagent dans des flots de vin.
Honneur a Bachus
Publions sa gloire
Buvons aux vaincus.
Secondez nos voix
Sonnez leurs defaittes
Chantez nos exploits.
Le Triomphe de Bachus
Trompette, Symphonie & basse continue
Air Chantons
Bachus, chantons l'eclat de sa gloire Récitatif Qu'un
autre aprenne à l'univers [mesuré] Puissant
Dieu des raisins, digne objet de nos voeux Air De
Pampres de festons couronnant mes cheveux Air Ta
bonté supreme Tu
sers la constance Récitatif Mais
quels transports involontaires, Air Descendez
Mere d'Amour, Deja
le jeune Silvain Récitatif
accompagné Profanes
fuyez de ces lieux Air Bannissons
l'affreuse Bellonne Malheur
aux mortels sanguinaires Récitatif Veut
on que ie fasse la guerre Air Ô
fils de Jupiter, nous ressentons enfin Air Triomphe,
victoire, Bruyantes
trompettes
Haut
de page
Soit l'eternel objet de nos plusdoux
concerts.
Du fier vainqueur d'Hector la glorieuse
histoire;
Qu'il ressucite dans ses vers
Des Enfans de Pelops l'odieuse memoire
C'est à toy seul que ie me livre.
En tous lieux ie pretens te suivre
C'est pour toy seul que ie veux vivre
Parmy les festins et les jeux.
Previent nos souhaits
Ta douceur extreme
Calme nos regrets.
Sans toy Venus meme
Seroit sans attraits
Des coeurs amoureux,
Tu rend l'esperance
Aux plus malheureux.
Saisissent tout a coup mon esprit agité,
Sur quel valon sacré
Dans quel bois solitaire,
Suis ie tout a coup transporté,
Bachus a mes regards dévoile ses
misteres
Un mouvement confus de joye et de terreur
M'inspire une divine audace
Et les Menades en fureur
N'ont rien vû de pareil dans les antres de
Thrace.
Venez embellir la feste,
Du Dieu qui fit la conqueste
Des climats ou naist le jour.
Descendez Mere d'Amour
Mars trop long tems nous arreste.
Yvre d'amour et de vin
Poursuit Doris dans la plaine
Et les Nimphes des forets
D'un jus petillant et frais,
Arrosent le vieux Silene.
Ie cede au mouvement que ce grand jour
m'inspire
Fidelles sectateurs du plus charmant des dieux
Ordonnez le festin, apportez moy ma lire.
Celebrons entre nous un jour si glorieux
Mais parmy les transports d'un[e] aimable
lire
Eloignons loin d'icy ces bruits seditieux
Qu'un[e] aveugle vapeur attire
Laissons aux Scithes inhumains
Mesler dans leur banquet le meurtre et le
carnage
Les dards du Centaure sauvage
Ne doivent point soüillet nos innocentes
mains.
De l'innocence de nos repas,
Les Satires, Bachus & Faunes
Detestent l'horreur des combats.
Qui par de tragiques forfaits
Ensanglantent les doux misteres
D'un dieu qui preside a la paix.
Suivez moy mes amis, accourez, combattez,
Remplissons cette coupe, entourons nous de
lierre,
Baccantes prestez moy vos Thirces redoutez
Que d'athlettes soumis, que de rivaux par
terre
Ton assistance souveraine,
Je ne vois que buveurs etendus sur l'Aresne
Qui nagent dans des flots de vin.
Honneur a Bachus
Publions sa gloire
Buvons aux vaincus.
Secondez nos voix
Sonnez leurs defaittes
Chantez nos exploits.
L'Amour Endormy
2 dessus & basse continue
Récitatif Rebuté
des rigueurs de l'ingratte Climene Air Les
coeurs estoient paisibles, sans trouble, sans
desirs, Récitatif Dans
cet instant favorable Air L'amour
prit ses armes Le
Zephir pour Flore Air Sous
de verds feuillages Je
voulus l'eviter Enfin
ce dieu s'envole et parcourant les airs Depuis
ce moment heureux Ah
! mon ardeur est extreme
Haut
de page
Je voulus l'autre jour briser enfin ma chaine
Quand le coeur penetré de mes vives
douleurs
Je vis le tendre amour qui dormoit sur des
fleurs.
Ils estoient insensibles aux plus charmans
plaisirs.
Je crus voir venus mesme tomber dans la
langueur,
Et l'ingratte que j'aime s'envoloit de mon
coeur.
Je m'aprochay doucement
Pour désarmer promptement
Cet Enfant redoutable,
Mais je le tenté vainement
Ce vainqueur adorable
Se reveille trop aisement.
En ouvrant les yeux,
Et remplit de charmes
La terre et les cieux.
Reprit ses ardeurs
Et fesoit eclore
Mille et mille fleurs.
Les oyseaux heureux
Par leur doux ramages
Annoncent leurs feux.
Mais ma course fut vaine,
Je me sentis lier
D'une plus rude chaine.
De ses traits enflamé jettez a
l'avanture
Il embrase a l'instant tout le vaste univers
Et paroit donner l'ame a toutte la
nature.
Je ne pense qu'à Climene
Et loin de briser ma chaine
Je sens redoubler mes feux.
Et jamais l'amour mesme
Quand Psyché le rendit amant
Ne l'aima si parfaitement.
L'Incertitude
2 dessus & basse continue
Récitatif Par
un baiser ravy sur les levres d'Iris Air Amour,
ceux que tu captives Apres
de mortelles peines Récitatif Qui
peut donc m'affranchir de cette inquietude Air Ah
! si cette bouche adorable Cette
douce felicité
Haut
de page
De ma fidelle ardeur j'ay dérobé le
prix,
Maois ce plaisir charmant a passé comme un
songe
Ainsy ie doute encor de ma felicité.
Mon bonheur fut trop grand pour n'estre qu'un
mensonge
Mais il dura trop eu pour une veritez.
Souffres des maux trop cruels,
Leurs douceurs sont fugitives,
Et leur tourments éternels.
Ti feins de combler mes voeux,
Mais tes rigueurs sont certaines
Et mes plaisirs sont douteux.
Qui trouble un si charmant transport.
Iris delivrez moy de mon incertitude,
C'est à vous de régler mon
sort.
Que Venus prit soin d'embellir,
Me faisoit encor cueillir
Une autre faveur plus durable.
Fixeroit mon ame incertaine,
Et je ne serois plus en peine
Si c'est mensonge ou verité.
Cantate de Bacchus
2 dessus de violons & basse continue
Air Chantons,
chantons Bacchus Récitatif Qu'un
autre apprenne à l'univers Puissant
dieu des Raisins, Air Ta
Bonté suprême previens nos
Souhaits Tu
sers la Constance des coeurs amoureux Récitatif Mais
quels transports involontaire Bacchus
à mes regards devoile ses misteres Air Descendez
mere d'Amour, Desja
le jeune Sylvain yvre d'amour Récitatif Profanes
fuiez de ces lieux Celebrons
entre nous un jour si glorieux Laissons
aux Seithnes Inhumaines Air Bannissons
l'affreuse Bellonne Malheur
aux Mortels Sanguinaires Récitatif Veut
on que je fasse la Guerre, Air Triomphe
Victoire, Bruyante
trompette
Haut
de page
Que l'éclat de sa gloire
Soit l'éternel objet de nos plus doux
concerts.
Du fier vainqueur d'Hector la glorieuse
Hystoire,
Qu'il ressucite dans ces vers
Des enfans de Pelops l'odieuse memoire.
Digne objet de nos voeux,
C'est a toy seul que je me livre.
De Pampres, de festons couronnant mes cheveux
En tous lieux je pretens te suivre.
C'est pour toy seul que je veux vivre parmy les
festins,
Ta douceur extresme calme nos regrets,
Sans toy venus mesme seroit sans
attraits.
Tu rend l'espérance aux plus
malheureux.
Saisissent tout à coup mon Esprit,
Sur quel valon Sacré, dans quel bois
Solitaire
Suis-je en ce moment transporté ?
Un mouvement confus de joye & de terreur,
M'inspire une divine audace,
Et les Menades en fureurs
N'ont rien vuë de pareil dans les antres de
Trace.
Venez embellir la feste
Du dieu qui fit la conqueste
Des climats ou naist le Jour,
Mars trop longtems vous arreste.
Poursuit Doris [d'Oris] dans la pleine
Et les nymphes des forests
D'un jus petillant & frais,
Arrosent le vieux Silene.
Je cede à la fureur que ce grand jour
m'inspire,
Fideles Cectateurs du plus charmant des dieux
Ordonnez le festin, apportez-moy ma
Lyre.
Mais parmy les transports d'une aymable de Lyre
Eloignons loin d'icy ses bruits ceditieux
Qu'une aveugle vapeur attire.
Mesler dans leurs banquets, le Meurtre & le
Carnage,
Les darts du Centaure Sauvage
Ne doivent point souïller nos innocentes
mains.
De l'innocence du repas,
Les Satyres, Bacchus & les Faunes
Detestent l'horreur des Combats.
Qui par de tragiques forfaits
Ensanglantant les doux mysteres
D'un dieu qui préside à la
Paix.
Suivez moy mes Amys,
Accourrez, combattez,
Remplissons cette coupe, entourons-la de
lierre,
Bacchante pretez moy vos Thirses
Redoutez que d'Athlete soumis,
Que de Rivaux par terre
O fils de Jupiter,
Nous ressentons enfin ton assistance.
Bonne Raine je ne vois que Buveurs
Estendus sur l'Arrenne
Qui nasgent dans les flots de vin.
Honneur à Bacchus,
Publions sa gloire
Buvons aux vaincus.
Secondez nos voix,
Sonnez leurs defaites
Chantez nos Exploits.
Orphée
Flûte traversière, ou dessus de violon &
basse continue
Récitatif O Ciel, disoit
Orphée, o disgrace fatale, Je voys desja le
terrible rivale, Et Cerbere
atentif dans son Antre Sauvage Air Dieu redoutez qui
regnez sur les ombres, Récitatif Orphée
à ces accords voit l'enfer
enchanté, Mais attend pour
la voir qu'elle ait reveuë les Cïeux, Air Peut-on refuser
la victoire On y respecte
encor les armes Récitatif Desja loin des
forests du Paisible Elysée C'en est fait,
Euridice echappe à vos desirs Air Ah, doit-on d'un
feu trop tendre
Haut
de page
Vous mourrez Euridice, hélas, attendez,
Je descend sur la rive infernale
Que ma Lyre en ce jour ne m'abandonne
pas.
Ou Mercure confond les bergers & les Roys,
Caron est attendry pour la premiere fois,
Il m'offre dans sa barque un facile
passage.
Du Monarque des mats trahit les dures loix.
Je voy Pluton
Amour viens animer ma voix.
Terminez mon funeste sort.
Je viens chercher dans vos Royaumes sombres
Ou mon Euridive ou la mort.
Megere en l'escoutant suspend sa
cruauté,
Pluton cesse d'estre inflexible,
Qu'Euridive, dit-il, quitte avec toy ces
lieux.
C'est la Loy que l'impose à ton coeur trop
sensible
Un seul de tes regards peut la rendre à la
mort.
Fils d'Apollon, dispose de son sort.
Aux doux efforts du tendre amour
Il porte ses feux & sa gloire
Jusqu'au fond du sombre sejour.
Les ombres poussent des soupirs,
Et le souvenir de leurs charmes
Fait aux Enfers tout leurs plaisirs.
Euridice voiloit sur les traces
d'Orphée,
Mais l'imprudent amour est prest à se
trahir
Orphée impatient veut revoir ce qu'il
ayme.
Tendres Espoux, arrestez, vous vous perdez vous
mesmes
Plutost obéir à la loy de Pluton que
vostre ardeur extresme.
La Parque dans vos yeux contre elle prend des
armes
Dieux ! en la regardant vous effacez les
charmes
Et l'Enfer pour jamais est sourd à vos
soupirs.
Escouter toujours l'ardeur.
Le plaisir qu'on veut surprendre
Trompe souvent nostre coeur.
Lorsqu'on ne sçait pas l'attendre
On perd souvent son bonheur.
Europe & Jupiter
Europe,
soprano
Jupiter,
basse
Récitatif Europe Jupiter Air Jupiter Partagez
les feux & la gloire, Récitatif Europe Air Europe Faut-il
que la crainte me glace, Récitatif Europe Auprez
des Dieux, hélas, le moyen d'arriver
à cette Egalité, Duo Non,
ne craignez point de vous laisser toucher, Récitatif Jupiter Europe Air Jupiter Non,
rien n'affoiblira l'ardeur dont je vous ayme, Duo Que
de nostre bonheur l'Amour soit seul le maistre,
Haut
de page
Quel prodige misterieux,
O ciel, qu'est devenu ce monstre audacieux
De qui l'effort fatal en ce lieu ma conduitte;
Un mortel s'offre seul à ma veuë
interdite,
Mais, que dis-je un mortel, Europe ouvre les
yeux
Au changement soudain que tu vois en ces lieux
A l'escalt qui te frape, au trouble qui
t'agite,
Peux-tu mesconnoistre les Dieux.
Rendez le calme, Europe, à vostre ame
etonnée,
Oüy, le maistre des Cieux vient s'offrir
à vos fers,
De vous seule aujourd'huy depend la
destinée
Du Dieu de qui depend celle de
l'Univers.
D'un coeur charmé de vos beautez.
Que le Dieu que vous soumettez
Applaudisse a vostre victoire.
O gloire, qui m'allarme autant qu'elle
m'enchante,
Gloire, qui fait desja trembler mon coeur
jaloux,
Plus vostre rang m'eleve et plus il
m'epouvante,
Ah ! les Dieux sont-ils faits pour aymer comme nous
!
Lorsque l'amour veut m'enflasmer.
Mon coeur est fait pour vous aymer,
Mais vostre grandeur l'embarasse.
Quoy ! Victime d'un rang que le Sort m'a
donné,
A vivre sans desirs je serois condamné.
J'ignorerois l'amour & ses douces
tendresses.
Laissez aux Dieux du moins la Sensibilitez,
L'honneur d'estre Immortel seroit trop achetez
S'il nous defendoit les foiblesses.
Qui forme un amour tendre,
Un mortel jusqu'aux Dieux ne sauroit s'elever,
Un Dieu jusqu'aux mortels rarement veut
descendre.
L'amour fait disparoitre une gloire Importune.
C'est à l'Amour de raprocher
Ce que seprare la Fortune.
Venez, partagez avec moy
Un honneur qu'en naissant j'ay receu de
Cybelle,
Pour premier gage de ma foy
Recevez aujourd'hui le titre
d'Immortelle.
Ah, ne me privez point de l'unique secours
Ou je pouvois avoir recours,
Si vostre Coeur pour moy se lassoit d'estre
tendre,
Vous dire que je crains vostre legereté,
N'est-ce pas assez faire entendre
Que je crains l'Immortalitez.
J'en jure par l'Amour, j'en jure par moi mesme.
Puisse expirer l'Astre Brillant du jour;
Que mon amour expire,
Puissay-je voir la fin de mon Empire
Avant la fin de mon amour.
Qu'a jamais l'Encens fume sur ses Autels.
Puissent nos feux estre Immortels,
Comme le dieu qui les fit naistre.
Héraclite & Démocrite
Héraclite,
soprano
2 violons & basse continue
Démocrite,
basse
Récitatif Héraclite Air Héraclite Pleurez
mes tristes yeux, Répandez
des torrens de larmes Récitatif Démocrite Air Démocrite Sa
raison n'est qu'un delire, En
volant à la victoire, Duo Héraclite Démocrite Héraclite Démocrite Récitatif Héraclite Il
devient volage, sans foy, Air Héraclite Plus
legere qu'un Zephir, Une
chaisne trop durable Récitatif Démocrite Allez,
suivez encore les mouvements jaloux Air Démocrite Portez
à vos belles vos tendres soupirs, Charmez
de vos peines aymez les mépris, Récitatif Démocrite Héraclite Démocrite Héraclite Duo Dans
la empeste et dans l'orage,
Haut
de page
Dans un abisme affreux de douleur & de
peines,
mon coeur est plongé nuit & jour,
Mille soins a l'aspect des miseres humaines,
Le troublent en secret, l'agitent tour à
tour.
Et le sein de Titie au tenebrex sejour
Sans cesse deschiré par des vautours
avides
Ressent moins vivement leurs fureurs
homicides.
La nature sous de faux charmes
Ne m'offre qu'objets odieux.
Par ce secours officieux
Soulagez mes vives allarmes.
Dans le paisible sein de la tranquilité,
Je jouis d'un plaisir extresme,
Je ris d'un mortl agité
Qui se plaist a forger luy mesme
Des chaisnes à sa liberté.
A mille foiblesses diverses
Il livre con coeur,
Et ses propres desirs sont autant de traverse
A son chimerique bonheur.
Il s'égare dans ses feux,
Peut on s'empescher d'en rire,
Non, ce sont pour moy des jeux.
Le heros court au trespas,
L'embitieux met sa gloire
Dans le seul bien qu'il n'a pas.
Je succombe sous ton effort,
Vive douleur, cruel martyre.
Des humaines le bizare sort
N'est pour moy qu'un sujet de rire.
A pleurer leurs communs malheurs
Mes yeux sont occupé sans
cesse.
Je ris de leurs folles erreurs
Et me mocque de leurs foiblesses.
Mais quel objet nouveau redouble mes douleurs,
Ou fyuez vous, helas, pretieuse innocence,
O tems de Rhée, o sielce, o meurs,
D'un siecle trop cheri, Dieu, quelle est
l'inconstance.
On ne voit en luy qu'artifice.
L'injustice est la seule loy
Et son amour est un caprice.
On voit changer une belle,
Et d'une belle flame nouvelle
Se faire un nouveau plaisir.
Devient pour elle un tourment,
Et l'amant le moins charmant
Triomphe du plus aymable.
Lasches & credules Amants
Ne vous lassez vous point
De m'apprester à rire,
Vos peins, vos soins, vos tourments
Vous rendent si cher un tiranique
empire.
D'un amour dont l'outrage est la seule
recompense,
Ou voyez sans depit l'indigne preference
Qui trahit vos voeux les plus doux.
Toujours content d'elles formez des
desirs,
Des plus belles chaisnes ils feront le
prix.
Non, non, on ne voit point de sage,
C'est le sort d'un mortel que d'estre
malheureux,
Il eut la folie en partage.
La mort de tous ses maux est le moins
Rigoureux.
Un mortel voit couler ses ans,
Dans l'horreur d'un prochain naufrage,
L'onde l'emporte au gré des
vents.
Le Désespoir
violon & basse continue
Récitatif Au
bord du Stix affreux, C'est
de la que la mort des mortels Air Tout
cede a ses loix La
vive jeunesse Vaine
resistance, Récitatif Timande
fatigué d'une vie importune, Air O
Mort, qu'au coeurs heureux Récitatif La
funeste Divinité escoute le berger, Il
meurt & jouis d'une paix Air Dieu,
quelle folie La
mort nous delivre Quelle
erreur de craindre
Haut
de page
Dans l'horreur d'epaisses tenebres,
Est un temple fameux
Environné d'oyseaux funebres.
A son gré sçait terminer le sort,
C'est la qu'en finissant leur penibles
esclavage,
Elle reçoit leur necessaire
homage.
Rien n'échape a ses droits.
ressent son couroux,
La triste vieillesse
Eprouve ses coups.
chacun son tour,
Elle sçait un jour
marqué sa puissance.
Dans l'exces de son infortune,
A la Déesse du trépas
Offre des voeux ardents, dresse un sacrifice.
Frappe, dit-il, ne me refuse pas
De finir enfin mon supplice.
Tu dois paroistre Epouvantable,
Mais aux coeurs accablés de tourments
rigoureux,
Que tu dois estre aymable.
Et reçoit sa priere,
Par un vray désespoir un trait brulant
porté
Vient l'arracher à la lumiere.
Que sans la mort il n'eut trouvé
jamais.
Que d'aymer la vie,
Ses plus doux moments
Sont ils sans tourments.
De malheureux jours,
Pourquoy vouloir vivre
Pour souffrir toujours.
La mort en couroux,
Ah ! qui doit se plaindre
D'un secours si doux.
Ariane consolée par Bachus
Récitatif Sur
les bords d'un Isle sauvage, Quelle
estoit sa douleur mortelle Vain
couroux que bientost demandoit sa tendresse, Air Amour
vante cette fois Quel
coeur t'offrit plus de voeux Récitatif Ariane,
en cette langueur Elle
ouvre un oeil mourant, L'Amour
l'avoit instruit du sort de la Princesse, Air Pouvez
vous pleurer un barabre, Bacchus
de vos chaisnes content Récitatif Tandis
que parle ainsy la Princesse en soy mesme Le
Dieu voit sa pensée, et dans ce doux
moment Elle
cede à la fin, un hymen glorieux Air Chantons
sans fin D'un
amour tranquille,
Haut
de page
La triste fille de Minos
pleuroit la perte d'un volage.
Que loin d'elle emportoit et les vents & les
flots.
Quels sanglots, quels transports, quels pleurs,
quels cris perçants.
Tantost elle prioit les Vents
De ramener son Infidelle,
Tantost elle vouloit que les flots furieux
Le fissent périr à ses
yeux.
Vaincuë enfin par sa douleur
Elle tombe sans voix, sans force, sans couleur,
Abandonnée à sa foiblesse.
La Justice de tes Loix
Et la douceur de tes chaisnes.
Quel coeur vit payer ses feux,
Par de plus cruelles pleines.
Alloit finir son destin deplorable,
Lorsqu'une main secourable
Verse en sa bouche une douce liqueur,
Rapelle ses sens & ranime son coeur.
Et quel objet l'étonne
Elle voit a ses genoux
Un dieu jeune & charmant,
Que la pampre couronne,
Il a la coupe à la main, les yeux brillants
& doux.
Et vers ce lieu fatal avoit conduit ses pas.
Vivez, luy disoit-il, que vostre douleur cesse,
Bacchus vient secourir & vanger vos
appas.
Vous meritez un sort plus doux.
Ariane, que perdez vous
Que ma tendresse ne repare.
Vous jure une ardeur eternelle,
Un Dieu soumis tendre & fidelle
Vaut bien un mortel inconstant.
De son nouvel amant compare les attraits,
Avec la perfidie Extreme d'un ingrat qui la
quitte,
Apres tant de bienfaits
Plus sa vengeance sera prompte
Plutost de son iniure elle efface la
honte.
A ses discours flateurs joint de nouveaux
serments,
L'assure qu'un sort digne d'elle
La doit couronner dans les cieux.
Livre aux feux de Bacus sa conqueste
nouvelle.
Le Dieu du vin.
Il reveille ses feux,
Et des malheureux,
Il devient l'azile.