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Les
Cantates de
Jean-Baptiste
Stuck
Livre Premier
Diane
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avec deux violons & basse continue |
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L'Inconstance
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avec deux violons & basse continue |
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Venus & Adonis
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avec deux violons & basse continue |
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L'Hymen
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avec deux violons, une Haute-Conte [sic] & basse continue |
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Le Triomphe de l'Amour
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avec deux violons, une Flûte & un Hautbois & basse continue |
Récitatif Le
calme de la nuit régnoit sur tout le
Monde, Air,
lentement Le
sommeil sur mes sens ne répand plus de
charmes, Depuis
que sous l'ormeau Récitatif Sans
luy je ne puis vivre, Air,
guay Quand
l'amour enflâme, Les
graces, les charmes
Les mortels du sommeil goûtoient la paix
profonde,
Quand la jeune Philis d'une touchante voix
Interrompit ainsi le silence de ces
bois.
Je ne sçai ce qui peu me causer tant
d'allarmes,
Ah ! depuis que dans ces beaux lieux
Tircis vint s'offrir à mes yeux,
Le sommeil sur mes sens ne répand plus de
charme.
J'entendis sa musette,
Mon âme est inquiette,
Je fuis les bergers du hameau;
Je ne vais plus sur l'herbette
Danser au son du pipeau,
J'abandonne mon cher troupeau,
Et je vais seulette
Rêver au bord d'un ruisseau.
Et dès que je le vois,
Mon tendre coeur soûpire;
Un frisson me saisit, je demeure sans voix,
Je souffre un aimable martire.
Que seroit-ce ? grands Dieux ! ah ! je n'ose le
dire;
Ainsi sans y penser, cette belle len langueur
Au poison de l'Amour accoûmoit son
coeur.
Il a mille attraits;
Aisément nôtre âme
Se livre à ses traits.
Luy prétent des armes;
Jusqu'à ses rigueurs
Tout charme les coeurs.
Les Forges de Lemnos
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avec deux violons, une Flûte & un Haute-Conte & basse continue |
Récitatif,
gravement &
détaché La
nuit d'un voile obscur couvroit encore les
airs, Air,
lentement Vous
qui parcourez cette plaine, Respectez
un jeune chasseur Récitatif Mais
que dis-je ? où m'emporte une aveugle
tendresse ? Air,
guay Il
en est temps encore, Récitatif Elle le dit, et le Dieu
qui répand la lumiere [doucement] Ainsi l'amour punit un
calme trop coupable, Air,
guay N'attendez jamais le
jour Comme un Zephir qui
s'envole
Et la seule Diane éclairoit l'univers.
Quand de la rive orientale
L'aurore dont l'amour avance le réveil
Vint trouver le jeune Céphale
Qui reposoit encor dans le sein du sommeil.
Elle approche, elle hésite, elle craint,
elle admire,:
La surprise enchaîne ses sens:
Et l'amour du héros pour qui son coeur
soupire
A sa timide voix arrache ces accents.
Ruysseaux, coulez plus lentement
Oiseaux, chantez plus doucement
Zephirs, retenez votre haleine.
Las d'une course violente,
Et du doux repos qui l'enchante
Laissez luy goûter la douceur.
Lâche amant, est-ce ainsi que ton ardeur te
presse
De voir l'objet de ton amour ?
Viens-je donc en ces lieux te servir de
trophée ?
Est-ce dans les bras de Morphée
Que l'on doit d'une amante attendre le retour
?
Céphale, ouvre les yeux.
Le jour plus radieux
Va commencer d'éclore,
Et le flambeau des cieux
Va faire fuir l'aurore.
De son char argenté, lancant ses premiers
feux
Vient ouvrir, mais trop tard, la tranquille
paupiere
D'un Amant à la foix heureux &
malheureux.
Il s'eveille, il regarde, il la voit, il
appelle:
Mais ocris ! o pleurs superflus !
Elle le fuit, et ne laisse à sa douleur
mortelle
Que l'image d'un bien qu'il ne possede
plus.
Meritez, jeunes coeurs, un sort plus
favorable.
Veillez quand l'aurore veille,
Le moment où le sommeil
N'est pas celuy de l'amour.
L'heure de Venus s'enfuit,
Et ne laisse pour tout fruit
Qu'un regret triste et frivole.