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Les Cantates de
Jean-Baptiste Stuck

 

 

L'Amant réconcilié

 

Cantate à voix seule,
avec deux violons & basse continue

 

Récitatif
Enfin de ma Phillis j'ai calmé le courroux,
Et l'amour a voulu rétablir entre nous
Les douceurs d'une paix charmante
Avec tous les transports d'une ardeur renaissante.

Air gaiement
L'objet de mes voeux me rend se tendresse.
Mon coeur amoureux n'a plus de tristesse.
Le trouble qui cesse redouble mes feux
Et l'amour s'empresse de me rendre heureux.

Récitatif
Que les soupçons jaloux qui troublaient nos amours
Emportés par le vents se perdent pour toujours.

Lentement
Pourvu que ma Phillis soit sensible à ma flamme
La paix et les plaisirs règneront dans mon âme.

Mouvement juste
La discorde en tous lieux
Peut porter le tonnerre.
Qu'elle allume la guerre,
Même parmi les Dieux.

Lentement
Pourvu que ma Phillis soit sensible à ma flamme
La paix et les plaisirs règneront dans mon âme.

Récitatif
Faisons retentir les airs
Des plus aimables concerts.
Que le fils de Latone et la brillante Flore
Couronnent à l'envi la beauté que j'adore.

Ritournelle gai - Air
Vénus lui donna ses attraits,
Et l'amour lui prête ses traits.
Aussi brillante que l'aurore,
Elle a tous les charmes de Flore.

Air gai
Chantons, chantons les doux transports de l'amour qui m'enflamme.
Célébrons la beauté qui règne dans mon âme.

Echos de ces bois
Réponds à ma voix.

 

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Céphale & Aurore

 

Cantate à voix seule,
avec deux violons & basse continue

 

Gravement et détaché
La nuit d'un voile obscur couvrait encore les airs
Et la seule Diane éclairait l'univers,
Quand de la rive orientale
L'aurore, dont l'amour avance le réveil,
Vint trouver le jeune Céphale
Qui reposait encore dans le sein du sommeil.
Elle approche, elle hésite, elle craint, elle admire.
La surprise enchaîne ses sens
Et l'amour du héros pour qui son coeur soupire
A sa timide voix arrache ces accents:

Lentement
Vous qui parcourez cette plaine,
Ruisseaux, coulez plus lentement,
Oiseaux, chantez plus doucement.
Zéphyrs, retenez votre haleine.
Respectez une jeune chasseur
Las d'une course violente,
Et du doux repos qui l'enchante
Laissez-lui goûtez la douceur.

Récitatif
Mais que dis-je ? Où m'emporte une aveugle tendresse ?
Lâche amant, est-ce ainsi que ton ardeur te presse
De voir l'objet de ton amour ?
Viens-je donc en ces lieux te servir de trophée ?
Est-ce dans les bras de Morphée
Que l'on doit d'une amante attendre le retour ?

Air gai
Il en est temps encore, Céphale, ouvre les yeux.
Le jour plus radieux va commencer d'éclore,
Et le flambeau des cieux va faire fuir l'Aurore.
Il en est temps encore, Céphale, ouvre les yeux.
Céphale, ouvre les yeux.

Récitatif
Elle dit, et le Dieu qui répand la lumière
De son char argenté lançant ses premiers feux,
Vient ouvrir, mais trop tard, la tranquille paupière
D'un amour à la fois heure et malheureux.
Il s'éveille, il regarde, il voit, il appelle:
Mais ô cris, ô pleurs superflus !
Elle fuit et ne laisse à sa douleur mortelle
Que l'image d'un bien qu'il ne possède pas.

Doucement
Ainsi l'amour punit un calme trop coupable.
Méritez, jeunes coeurs, un sort plus favorable.

Air
N'attendez jamais le jour.
Veillez quand l'Aurore veille;
Le moment où l'on sommeille
N'est pas celui de l'amour.

Comme un zéphyr qui s'envole,
L'heure de Vénus s'enfuit,
Et ne laisse pour tout fruit
Qu'un regret triste et frivole.

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