accueil
|
contact
|
contributions
|
liens

ballets
|
cantates
|
divers
|
opéras
|
oratorios
|
pastorales
|
sérénades

Monsieur Renier

Les Cantates Françoises mellées de Simphonies
Livre Premier

 

L'Amour aveuglé par la Folie
Cantate n° 3, à voix seulle & Simphonie

 

 

Récitatif

Malgré les doux transports qu'inspire l'ambroisie,
L'ennui s'étoit introduit dans les Cieux,
Une triste langueur assoupissoit les Dieux;
Jupiter pour bannir cette melancholie,
Dit à Mercure, Pars, va chercher la Folie;
Dis-lui que dans ce sejour, à la Table des Dieux
Jupiter la convie;
Mercure fend les airs, et par un prompt retour
Ameine la Folie au celste sejour.

Air

Déesse charmante,
Regnez à jamais,
Que sans cesse on chante
Vos brillans attraits.

Tout sous votre empire
Flate nos desirs,
Et vôtre delire
Preside aux plaisirs.

La vive Jeunesse
Vous doit ses apas;
Les jeux, l'allegresse
Volent sur vos pas.

Le doux badinage,
Les charmes flateurs,
Soient vôtre esclavage,
Rangent tou s les coeurs.

Récitatif

Tandis que dans les Cieux cette aimable Déesse
Fait succeder les jeux à la tristesse,
L'Amour, le traitre Amour, né pour troubler la paix,
L'ose blesser d'un de ses traits;
Pour vanger cette offence
Le croira-t'on grands Dieux ! O spectacle étonnant !
Sur le fils de Venus la Déesse s'elance,
Le saisit, le desarme, & l'aveugle à l'instant.

Air

Tremblez, Dieux & Mortels, ce noir outrage
Deviendra pour jamais la source de vos pleurs;
Quelles fureurs ! Ciel ! quel ravage
Vont de ce jour fatal expier les horreurs.

Bientôt la nuit la plus profonde
Fera de l'Univers un tenebreux sejour,
Et l'aveuglement de l'Amour
Dans un abime affreux va plonger tout le Monde.

Récitatif

C'est ainsi que Venus & le Dieu de Cithère
Exhaloient les transports de leur vive colere;
De leurs cris, de leurs pleurs tout le Cie lest troublé,
Le Souverain des Dieux pour calmer leur furie
Condamna la Folie
A conduire l'Amour qu'elle avoit aveuglé.

Air

Amans, dont la peine est extrême,
N'accusez plus l'Amour de causer vos malheurs;
Ce Dieu par une loi suprême
N'est plus maître de ses faveurs.

De la Déesse qui le guide
Depend le fruit de vos soupirs;
Son caprice toujours decide
De vos maux & de vos plaisirs.