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Récitatif
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Entendrai-je
toujours dans ce sombre sejour,
Mille amans fortunez rendre grace a l'Amour,
Tandis que je gémis sous une rude chaine;
O vous, à qui ce Dieu n'offre que des douceurs,
Ecoutez mes regrets, & connoissois ma peine,
Vous en connoistrez mieux le prix de ses faveurs.
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Air
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Tendre
& plaintive Philomele,
Mêlez vos soupirs à mes pleurs;
Vous regrettez un infidele,
Pour une insensible je meurs.
Sommeil,
pour soulager mon ame,
Vôtre secours est superflus;
L'Amour y fait regner sa flame,
Le doux repos n'y règne plus.
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Récitatif
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C'est
ainsi que Daphnis, sur les bords de la Seine,
Se plaignoit des rigueurs de l'ingrate Climène,
Les Oyseaux attendris, les Zephirs, les Echos,
Tout sembloit partager ses maux,
L'Amour même touché d'une plainte si
tendre,
Sous les traits d'un Berger à ses yeux vint
soffrir,
Et par ces mots luy sçut aprendre
Un remède aux tourmens qu'il lui faisoit
souffrir.
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Air
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Sans
quitter l'amoureu empire,
Tu peux joüir d'un sort heureux;
Fais succeder de nouveaus feux
A ceux qui causent ton martire.
L'Amour,
ce doux vainqueur, ne sçait point éxiger
Qu'avec constance on serve une inhumaine,
Et pourvû qu'on porte une chaine,
Il ne deffend pas d'en changer.
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Récitatif
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Daphnis en crut l'Amour; un
genereux effort
Lui fit quitter l'objet qui causoit ses allarmes;
Une Beauté nouvelle où brille mille
charmes,
L'attire, le retient, lui fait un heureux sort.
Climène au désespoir
repand en vain des larmes,
Elle appelle Daphnis, Daphnis ne revient plus,
L'inhumaine a son tour gémit de ses refus.
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Air
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Jeunes Beautez qu'un tendre
homage
Près de vous ait un sort plus doux;
Ne forcez point d'être volage,
Un coeur qui veut n'aimer que vous.
La perte d'un Amant fidele,
Fait regretter ses soins constans,
On le recherche, on le rapèle,
Mais souvent il n'est plus tems.
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