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Récitatif
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Licidas
enchanté de la seule inconstance,
Condamnoit la perseverance,
Et ne poussoit jamais que de legers soupirs;
Qu'il est doux, disoit-il, en regnant sur son âme
De n'éprouver que des plaisirs,
Et de pouvoir toujours au gré de ses desirs
Eteindre, et r'allumer sa flâme !
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Air,
gai
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Est-il
un destin plus heureux
Que le sort d'un Amant volage ?
Moins on est sûr de son hommage,
Plus on cherche a flater ses voeux.
Sensibles
coeurs, c'est se tromper
Que de trop respecter ses chaisnes;
D'un captif qui peut s'échaper
On adoucit les peines.
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Récitatif
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A ces mots
Licidas entre dans un bôcage,
Temple rustique a Pâlés consacré;
Là sur un Autel de feüillage,
Flore ofroit som premier hommage
A la Divinité de ce bois reveré;
[mesuré]
Reçois mes voeux, disoit cete jeune Bergere,
C'est a toy seulement Pâlés que je veux
plaire;
Ah ! si dans un sejour de tes dons honoré,
Nous connoissions encor le prix des biens tranquiles,
Pâlés, dans nos heureux aziles
Tout autre Dieu que toi devroit être
ignoré.
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Air,
tendre
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Ruisseaux,
j'irai sur vos rivages
Passer mes momens les plus doux:
Rossignols, vos tendres ramages
Ne me feront penser qu'a vous.
Je
suivrai dans cete retraite
Les Bergers, et leurs chans nouveaux;
Jamais je n'i serai distraite
Que par le murmure des eaux.
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Récitatif
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Tandis que
par ces mots l'aimable et jeune Flore
Jure de fuir toujours les plus tandres Amans,
Licidas, qui dêja l'adore,
Fait en secret d'autres sermens;
Brûlé d'une flâme constante,
Doux transport qu'il ressent pour la premiere fois;
Il aprend dans les yeux de l'objet qui l'enchante,
Que pour jamais l'Amour vient de fixer son choix.
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Air,
gracieusement
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Cherche-t'on
des chaînes nouvelles
Quandon porte des noeux charmans ?
L'infidelité des Amans
Est souvent la faute des belles.
Objets
de nos tendres allarmes
Comptez, pour fixer nos ardeurs,
Moins sur la force de nos coeurs,
Que sur le pouvoir de vos charmes.
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