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Air,
gracieusement
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Que je
me plais dans cet azile
Où je viens rêver chaque jour !
Heureux un coeur aussi tranquile
Que ce solitaire sejour !
Rien ne
trouble ici le silence
Que les oyseaux et les zephirs,
On n'y connoît que l'innocence,
On n'y reçoit que ses plaisirs.
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Récitatif
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Que
bôcage charmant ! quelle claire fontaine !
Il ne manque dans ces beaux lieux
Que la presence de Climene,
Et mon coeur la demande aussi bien que mes yeux;
Mais d'un indifferent est-ce le langage ?
[lentement]
Quel souvenir m'occupe helas !
J'oubliois l'Univers dans ce sombre bocage;
Je n'y puis oublier Climene et ses appas.
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Air,
legerement, & Louré
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Amour
que tes charmes
On sçû m'abuser !
Percé de tes armes
J'ay crû les briser.
En vain
a te gloire
On veut resister,
Tu tiens la victoire
Qu'on croit disputer.
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Récitatif
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Mon coeur
me paroissoit paisible,
Lorsque desja Climeine avoit sçû
l'enflâmer:
La voir toujours sans aimer,
Est-ce un triomphe possible ?
[mesuré]
Amour, dans quel fatal moment
Tu me fais ressentir ta puissance suprême ?
Tu m'aprens que je suis Amant,
Quand je suis éloigné du cher objet que
j'aime.
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Air
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Quelque
fois un sensible coeur
Ignore sa flâme secrete,
C'est souvent loin de son vainqueur
Qu'il s'aperçoit de sa defaite.
L'absence
irrite ses desirs,
Et lui fait connoître ses chaisnes,
L'Amour lui cachoit ses plaisirs,
Il se déclare par ses peines.
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