|
|
|
|
|
Récitatif
|
|
|
|
L'Univers
atendoit que la brillante Aurore
Vin dissiper la nuit qui le couvroit encore,
Lorsque pour se rejoindre aux Ninfes de sa Cour,
Diane descendit du celeste sejour:
En parcourant les boix la Déesse sévere
Trouve au bords d'un ruisseau les Amours endormis;
Ah ! dit-ele, quel soin, que projet temeraire
Ameine dans ces lieux mes cruels ennemis.
|
|
|
|
Air,
serieux
|
|
|
|
Dormés
Amours, dormés dans une paix profonde,
En goûtant le repos vous le donnez aux
coeurs.
Puissiez-vous
a jamais pour le bonheur du monde
Du paisible Sommeil éprouver les
douceurs.
|
|
|
|
Récitatif
|
|
Venez,
r'assemblez-vous mes compagnes fidelles
Un triomphe nouveau vous attend dans ces lieux,
Rompez de ces Tirans les armes criminelles,
Et vengez la terre et les Cieux;
Quelque Nymphes inexorables
Des Amours a ces mots surprennent le carquois
Mais plus d'une a regret brise leurs trais aimables,
D'autres n'osent toucher ces armes redoutables,
Que tardez-vous ? leur dit la Déesse des
bois.
|
|
|
|
|
|
Air,
vif
|
|
Domptez
le Tiran de Cythere
C'est l'exploit le plus glorieux,
Vous ferez ce que n'a pu faire
Le Dieu qui regne sur les Dieux.
Bannissez
d'indignes alarmes,
Prevenez les coups de l'Amour,
Hastez vous de rompre des armes
Qui pourroient vous blesser un jour.
|
|
|
|
|
|
Récitatif
|
|
Tandis que
l'Amour achevant la deffaite
Diane saisissoit le dernier de ses trais,
Elle aperçut au fond d'une sombre retraite
Endimion couché sur un feüillage
épais;
A ce charmant Spectacle, interdite, distraite,
Elle se blesse au trait qu'elle vouloit briser:
L'Amour s'éveille et rit de sa peine secrete,
Doux châtiment d'un coeur qui l'osoit
mépriser.
|
|
|
|
|
|
Air,
gracieusement
|
|
L'Amour
pour soûtenir sa gloire
N'a pas besoin du moindre effort,
Ce Dieu certain de la victoire
Triomphe même quand il dort.
Quel
coeur a son pouvoir suprême
Par la force échapa jamais ?
Souvent on se blesse soy même
Lorsque l'on croit briser ses trais.
|
|
|