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Récitatif
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Triste
ennemi de la riante Flore,
Fuis redoutable Hiver, fuis loin de ces climats,
Ta présence n'y fait éclore
Que les ennuis et les frimats;
Permets à la brillante Aurore
D'aroser nos prés de ses pleurs;
Va fuis, qui te retient encore ?
Abandonne la terre à la saison des fleurs.
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Air
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Mais,
c'en est fait, déja les Bergers amoureux
S'assemblent dans nos bois au doux son des musettes,
Et déja les amours heureux
Trouvent pour s'y cacher de paisibles
retraites:
Régnés
sur ces rives tranquiles,
Printems ramenés les beaux jours.
Volés, conduisés les amours,
Réparés leurs plus doux aziles.
Rendés
nous les ris & les jeux,
Venés embellir nos bocages;
Rendés nous les charmans ombrages,
Confidens de nos tendres feux.
Réparés,
&c.
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Récitatif
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Mille
ruisseaux murmurent dans les champs,
Mille éclatantes fleurs embellissent les plaines,
Le rossignol charmé vole autour des fontaines,
Et reveille l'echo par ses plus tendres chants.
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Air
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Bergeres
qui de Philomèle
Voulés imiter les chansons,
Suivés de plus douces leçons,
Efforcés vous d'aimer comme elle.
On ne
sçait plus être fidelle,
On change même dans les bois:
Un amour n'y voit plus deux fois
Renaitre la saison nouvelle.
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Récitatif
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Profités du Printems,
goutés bien ses appas,
Que son empire est peu durable:
Déja cette saison aimable
Fuit le brulant été qui vole sur ses
pas.
[gai]
Hatés vous d'occuper sa place,
Fertiles jours qui nous donnent le vin;
Hatés vous de former ce brevage divin,
Des hivers & des coeurs il dissipe la glace.
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Air
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Sous les mirtes l'amour
sommeille
Au doux murmure des soupirs;
Il faut le mener sous la treille,
C'est là que volent les plaisirs.
C'est là que la
fierté s'oublie,
Et que l'audace est de saison;
Et c'est là que Bacchus délie
Les tristes noeuds de la raison.
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