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Reinhard Keiser
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Laria
Salvate
il mio sposo
et la cantate Il
geloso sprezzante
sont tirés des Divertimenti serenissimi, Hambourg,
1713, dédiés à la comtesse Aurora von
Königsmark (1662-1728). Maîtresse du prince de
Saxe et roi de Pologne Auguste le Fort, de qui elle eut
comme fils Maurice de Saxe, cétait une femme
cultivée, protectrice des arts, auteurs de livrets
dopéras.

Salvate il mio sposo
Aria Salvate
il mio sposo Air Sauvez
mon époux,
chè pure vostro dono, o sommi dèi.
Se tor voi mi volete
quello in cui viva io sono,
deh, prima recidete il mio giorno.
puisque cest vous, grands dieux, qui me lavez
donné.
Si vous voulez môter
celui en qui je vis,
de grâce, tranchez dabord le fil de mes
jours.
Il Geloso sprezzante
Recitativo Récitatif Aria Nice
crudel, per che stillar Air Cruelle
Nice,
pourquoi veux-tu instiller Recitativo Récitatif Aria
vivace Posso
con questo cor Air
(vivace) Je
peux avec ce cur
O
miseria damante core, o tiranna gelosia !
Vive, ma vive, o Dio, morendo dora in ora
Questa sempre infelice anima mia.
Ô
misère dun cur aimant, ô jalousie
tyrannique !
Elle vit, mais vit, ô Dieu ! en mourant
dheure en heure,
Mon âme toujours malheureuse.
mi voi nel sen
il barbaro velen
di gelosia ?
Sospira sol per te questalma, questo cor,
sol per te, ma il tuo novello ardor
radoppia il mio dolor,
la doglia ria.
Dans mon sein
Le barbare venin
De la jalousie ?
Mon âme, mon cur ne soupirent que pour toi,
Mais ta nouvelle flamme
Redouble ma douleur,
Une douleur féroce.
Ma
già che lamor mio,
i miei sospiri, la fede,
la costanza poco gradisci,
infida, io tabandono ;
ne più sperar da questo cor perdono.
Mais
puisque tu apprécies peu
Mon amour, mes soupirs,
Ma foi, ma constance,
Traîtresse, je tabandonne,
Nespère plus de pardon de ce
cur.
trovar altra beltà
meno incostante,
Di me si vanta amor
che nel suo impero non ha
più fido amante.
Trouver une autre beauté
Moins volage,
Amour est fier
De navoir pas dans son empire
Plus fidèle amant que moi.
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Von dem Landleben, Über den 62. Psalm et Von der Musik sur des textes de Menantes, ont été publiées en 1714 à Hambourg dans le recueil Musicalische Land-Lust (Plaisirs ruraux de la musique). Menantes est le nom de plume de Christian-Friedrich Hunold (1680-1721), le plus célèbre des auteurs galants allemands de la première moitié du XVIIIe. Il a fourni les textes de certaines cantates de Bach (BWV 66a, 134a, 193a, 204, etc.). Les textes mis en musique par Kaiser ont été offerts à un couple de jeunes gens issus de grandes familles de commerçants hambourgeois. Leur auteur était alors devenu professeur de droit et avait rejeté les fantaisies galantes de ses débuts pour chanter la confiance en Dieu et les joies de la campagne. |
Von dem Landleben
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Aria a giusto tempo Beblümte
Felder, Wer
sich vergnügen, |
Ariette (a giusto tempo) Champs
fleuris, Qui
veut se réjouir, |
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Rezitativ |
Récitatif |
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Arietta a giusto tempo Hier
hat die Liebe |
Ariette (a giusto tempo) Ici
lamour, |
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Rezitativ |
Récitatif |
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Aria allegro ma non presto Letze
dich, vergnügte Seele, |
Air (allegro ma non presto) Désaltère-toi,
âme heureuse, |
Über den 62. Psalm
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Aria andante Meine
Seele bleibet stille |
Air (andante) Mon
âme est en repos, |
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Rezitativ |
Récitatif |
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Aria andante Ich
harr auf Gott und hoff auf ihn, |
Air (andante) Je
mets mon espoir dans le Seigneur et jattends tout de
lui, |
Von der Musik
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Aria cantabile Angenehmste
Augenblicke, |
Air (cantabile) Moments
si agréables |
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Rezitativ |
Récitatif |
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Aria en Laure Selige
Stunden, ergötzet mich mehr ! |
Air (en loure) Heures
bénies, enchantez-moi encore ! |
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Rezitativ |
Récitatif |
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Aria andante cantabile Holde
Saiten, spielt und scherzet, |
Air (andante cantabile) Charmantes
cordes, jouez et riez, |
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Les trois cantates: Non sa dire lalma mia, Qual nova crudeltate (librettistes inconnus) et La bella cantatrice (texte de Coviello) proviennent dun recueil manuscrit, la collection de Bokemeyer, de la bibliothèque de Berlin." |
La Bella Cantatrice
Aria
andante È
costume del mio sguardo Air
(andante) Mes
yeux ont lhabitude Recitativo Récitatif Aria Rido
vedendo piangere Air Je
ris de voir pleurer Recitativo Récitatif Aria La
gelosia è barbara, Air La
jalousie est féroce Recitativo Récitatif Aria Che mi
preghi pur chi vole; Air Que
me prie donc qui veut,
il vibrare saette e fuoco.
Ma non ardo
ben ché accendo
e mi prendo
laltrui pena per un gioco.
De décocher flèches et feu.
Mais je ne brûle pas,
Bien que jenflamme
Et que je prenne
La peine dautrui comme un jeu.
Se le stelle ho ne lumi
posso influir, ma non patire amore
che saria fuor del naturale instinto
se il vincitor si dichiarasse vinto.
Si jai les étoiles dans les yeux,
Je peux susciter, mais non éprouver lamour:
Ce serait contre linstinct naturel
Que le vainqueur se déclare vaincu.
chi sospira per me;
non puo frangere
il mio sprezzo,
gratia, vezzo,
leggiadria,
bizarria,
promessa o fe.
Celui qui soupire pour moi;
Mon dédain
Ne peut être entamé
Par le charme, les caresses,
La gentillesse,
Lemportement,
Les promesses ou la foi.
Il mio volto è real, non è servile,
e se leggiadro aprile
minfiorisce le gote, non voglio
nellinterno
amando altrui, provar geloso verno.
Mon visage est royal et non servile,
Et si le gracieux avril
Me fleurit les joues, je ne veux pas, au fond de
moi,
En aimant un autre, éprouver lhiver de la
jalousie.
né può core amoroso
non essere geloso;
no, non, non voglio amar.
Non si crede la fede,
laffetto per dispetto
tutto fa dubitar.
Un cur amoureux ne peut pas
Ne pas être jaloux.
Non, non, je ne veux pas aimer;
On ne croit pas à la fidélité,
La passion, par dépit,
Fait douter de tout.
Ho sguardi per ferir,
non per ferirmi,
e quel rosso che il labro
mi tinge di cinabro
e mostra il volto opra del cielo, [di] Dio,
è sangue deglamanti, e non è
mio.
Jai des regards pour blesser,
Non pour me blesser,
Et ce rouge qui teint
Mes lèvres de cinabre
Et montre un visage uvre du ciel, de Dieu,
Est le sang de mes amants, non le mien.
meco non vi è da sperar;
se vedio spirar, morire,
non sapro che vorra dire,
non mi curo dimparar.
Avec moi il ny a rien à espérer;
Si je vois expirer, mourir,
Je ne saurai pas ce que cela voudra dire,
Et je ne me soucie pas de lapprendre.
Non sà dire
Aria,
largo Non
sà dire lalma mia Air
(largo) Mon
âme ne peut dire Recitativo Récitatif Aria Vien,
speranza, Air Viens,
Espérance,
cosa sia
che mi tocca e lega il cor.
So ben dir, che non è sdegno,
ma può non ancor è degno
del tuo nome, o dolce amor.
Ce que cest
Qui touche et enchaîne mon cur.
Je peux bien dire que ce nest pas de la
colère,
Mais cependant ce nest pas encore digne
De ton nom, ô doux Amour.
Ma dubiti, ferito cor, invano;
chi porta al petto il dardo
non può negar la piaga;
perciò non vè rimedio al tuo penare
che in speranza costantemente amare.
Mais tu hésites en vain, cur blessé;
Qui porte un trait dans son sein
Ne peut pas nier la plaie,
Ainsi il ny a pas de remède à ton
mal,
Sinon aimer fidèlement dans
lEspérance.
vien, costanza,
amo, sì, nel nego più,
spero pur, o luci nere,
mi farete un dì godere
dopo dura servitù.
Viens, Constance,
Jaime, oui, je ne le nie plus;
Jespère bien, ô yeux noirs,
Que vous me rendrez un jour heureux
Après une dure servitude.
Qual nova crudeltate
Recitativo Récitatif Aria
(andante) Non lo
credete, no, Air
(andante) Ne
le croyez pas, non, Recitativo Récitatif Aria
(affectuosa) Lumi
arcieri Air
(affectuoso) Yeux
archers,
Qual nova crudeltate
pensa il tuo core, o Lilla !
ferirmi co bei lumi,
vivo poscia consumirmi
e fuggir senza pietade ?
Deh, a tante pene astretto,
non mi negar il tuo aspetto.
Quelle nouvelle cruauté
Médite ton cur, ô Lilla ?
Me frapper avec tes beaux yeux,
Puis me consumer vivant,
Et tenfuir sans pitié ?
De grâce, astreint à tant de peines,
Ne me refuse pas ta vue.
che questo mio core
ferito damore
guarire si può.
Que mon cur,
Blessé damour,
Puisse guérir.
Dal temuto figlio dIride,
trattar armi apprende;
stima quel nume arciero
de voi assai men fiero
sun di saetta, lassa lo strale;
e voi ferite e il guarir non vale.
Du redouté fils dIris,
Apprends à manier les armes;
Considère que ce dieu archer
Est bien moins cruel que vous:
Sil frappe un jour, il laisse sa flèche;
Mais vous, vous blessez et il nest pas de
guérison.
se voi mi ferite
ed indi guarite,
dolci e non fieri
saran i strali
fatti vitali.
Si vous me frappez
Et me guérissez ensuite,
Alors doux, sans cruauté,
Vos traits deviendront
Source de vie.
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Les textes italiens de l'enregistrement CPO présentent un certain nombre d'inexactitudes; les textes publiés ici sont une tentative de reconstitution, notamment pour rétablir les vers et obtenir un sens satisfaisant. |