accueil
|
contact
|
contributions
|
liens

ballets
|
cantates
|
divers
|
opéras
|
oratorios
|
pastorales
|
sérénades
Louis Nicolas Clérambault

Six Cantates Françoises à 1 ou 2 voix
avec Simphonie & sans simphonie avec la Basse Continue

Livre Premier, 1710

 

L'Amour piqué par une Abeille
Cantate n° 1, à voix seulle & la basse continüe

 

 

 

Récitatif

Dans les Jardins enchantez de Cythere
Venus r'assembloit les amours,
La froidre indifference et la raison severe
Dans ces aimpables lieux sont bannis pour toujours.
Mille amours fortunez conduits par la constance
Y reçoivent le prix des voeux qu'ils ont offerts,
Et tout y ressent la presence
Du Dieu charmant qu'adore l'Univers.

 

Air

Sous les loix de la jeune Flore
Un eternel printemps enchaisne les zephirs,
Et les fleurs qu'on y voit éclore
Sont l'ouvrage de leur soûpirs.

Les ruisseaux amoureux
Meslent leur doux murmure
Aux concerts des Oyseaux
qui chantent nuit & jour.

Le Soleil y répand une clarté plus pure
Qu'il emprunte des feux que luy preste l'Amour.

 

Récitatif

Tandis que les amours dans ces jardins épars
Moissonnent du printemps la richesse éclatante
Une Rose naissante
Du tendre Amour arreste les regards.

Rien n'est si beau que vous, dit-il dans ce boccage
Jeune Rose pleinte d'appas
Si d'autres fleurs naissent dans ces climats,
C'est poiur vous rendre un doux hommage.

 

Air

Qu'à votre gloire tout conspire
Faites l'ornement du printemps,
Formés dans l'amoureux empire
Les chaisnes des heureux Amants.

Parés des graces immortelles
Qui suivent la mere d'Amour
Rendés à la beauté par un juste retour
Encore des armes nouvelles.

 

Récitatif

L'Amour charmé cede au desir pressant
De cueillir une fleur si belle,
Mais dans le même instant,
Une Abeille cruelle
Ose blesser ce Dieu charmant.

Je me meurs, je succombe à ma douleur mortelle
Dit à Venus l'Amour en soupirant,
Venus sourit de sa douleur amere
Elle guérit bientôt sa blessûre legere
Et par ces mots appaise son tourment.

 

Air

Charmant vainqueur, tu nous exposes
A des maux cent fois plus pressants;
Par les peines que tu ressents
Juge des maux que tu nous causes.

Tes traits puissants Dieu des amours,
Font retentir des peines plus cruelles,
Ils portent dans les coeurs mille atteintes mortelles
Que tu ne gueris pas toujours.