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Récitatif
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Au
pied du mont Eta le vaillant fils d'Alemeine,
Du Centaure Nessus reçoit les dons
affreux;
Quel poison dans son sang coule de veine en
veine,
Et le fait succomber a son sort rigoureux.
Dejanire, Epouse inhumaine,
Dans ses jaloux transports cesse de te flater
Qu'un pouvoir etranger
R'ameine ce Heros que tes yeux ne purent
arrêter.
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Air
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Contre
un Amant qui se degage
N'employons que de doux efforts,
Les enchantemens les plus forts
Ne fixent point un coeur volage.
Arme
si tu veux les Enfers,
L'Amour ne connoit point la crainte,
Non, ce n'est jamais par contrainte
Que ses sujets portent des fers.
Contre
un Amant qui se degage, &c.
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Récitatif
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Voy
perir ce vainqueur de cent monstres divers,
Toy-même avec effroy vien contempler ses
peines,
De ses cris il remplit les airs,
Il se plaint par ces mots d'avoir porté tes
chaines.
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Air
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Amour,
funeste Amour, ah ! pourquoy les heros
sont'ils soumis a ton Empire ?
Tu m'as fait aimer Dejanire,
C'est toy qui causes tous mes maux.
Mal'heureux,
j'ay terny la gloire la plus pure
Pour n'avoir pu te resister,
Et je sens en ce jour la peine la plus dure;
Monstre affreux plus a redouter.
Que tous ceux dont mon bras a purgé la
Nature,
C'étoit toy qu'il falloit
dompter.
Amour,
funeste Amour, ah ! pourquoy les heros,
&c.
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Récitatif
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Au
seul nom de l'Amour une funeste rage
Luy fait oublier ses vertus;
Les Monstres qu'il a combattu
Causerent moins que luy de trouble & de
ravage.
Portons
par tout dit-il l'épouvante &
l'horreur,
Ne nous arrêtons pas a des menaces
vaines,
Si les Dieux ne sont pas attendris de mes
peines,
Faisons leur craindre ma fureur.
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Air
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Courez
ravagez la terre,
Passoißez Monstres odieux,
Aux timides Mortels venez livrer la guerre
Sans craindre le couroux des Dieux.
Ils
ne font tomber leur tonnerre
Que sur les heros glorieux,
Restes d'une race impure
Sortez des antres les plus creux,
Venez dans mon sort mal'heureux
Etraignez la Nature.
Courez
ravagez la terre, &c.
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Récitatif
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Il
dit, & se livrant au transport qui l'anime
Il dresse le bucher qui va finir ses maux;
Du dangereux Amour mal'heureuse victime,
C'est ainsi que perit le plus grand des
heros.
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Air
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Ah
! que tes traits sont redoutables
Amour, fatal tiran des coeurs,
Tu n'as que de feintes douceurs
Et tes tourmens sont veritables.
Entouré
des plaisirs trompeurs
Pour soumetre les coeurs rebelles,
Tu caches sous l'apas des fleurs
Tes épines les plus cruelles.
Ah
! que tes traits sont redoutables,
&c
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