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Récitatif
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L'Aurore
alloit chasser les ombres de la nuit,
Désja ses mains pleines de roses,
Dans le sein des zephirs nouvellement
éclozes,
Ecartoient mille Amours qui voltigeoient sans
buit,
Les oyseaux éveillés revenoient dans
la pleine,
Anoncer par leurs chants la naissance du jour,
Lors qu'un berger, assis sur les bords de la
Seine,
Adressa cette plainte aux échos
d'alentour.
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Air
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Doux
repos de l'indifference,
Ah ! que vous seriez plein d'attraits,
Si malgré le secours que vous donne
l'absence,
Un Souvenir trop cher ne troubloit vostre
paix.
Felicité
vaine & trompeuse
Que ma raison m'a fait quitter,
Pourquoy vostreImage flatteuse,
Vient-elle encor me tourmenter.
Doux
repos de l'indifference, &c.
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Récitatif
accompagné
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Le
berger s'endormoit plein de sa resverie,
Lors qu'un brillant éclair vint luy fraper
les yeux.
La
plus aymable melodie
Au mesme instant fait retentir les
cieux.
Un
bruit lointain d'éclatantes trompettes
S'adoucit & se mesle aux plus tendres
muzettes.
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Récitatif
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De
sa gloire environné,
Dans la vive splendeur qu'aucune autre
n'efface,
Apollon se fait voir au berger estonné,
Mortel escoutte moy, dit le Dieu du
Parnasse.
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Air
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Ce
n'est point pour servir les volages amours,
Ny pour faire aux coeurs la guerre,
Qu'apres tant de fureurs, et de malheureux
jours,
La Paix descend sur la terre.
Elle
vient pour verser ses biens faits
Sur la Sagesse & l'innocence,
Et pour voir triompher a jamais
Le puissant maistre de la France.
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Récitatif
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Alors
le Dieu sur un Char préparé,
Enlève le berger timide,
Il vole, il fend les airs d'un cours rapide,
Il arrive à l'instant dans le vallon
Sacré,
Tout s'embellit, rien ne tremble,
A son abord gracieux, grave dit-il, sur de l'or
precieux,
Ce que Muses que j'assemble,
Te font entendre dans ces lieux.
Les neuf soeurs à l'envy chantoient toutes
ensemble.
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Air
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Heros
des Siecles passés,
C'est par nous qu'on vous revere,
Fuyez, disparoissez,
Un Jour plus brillant nous éclaire,
Loüis vous a tous
éffacez.
L'esclat
de sa gloire immortelle
Part de ses propres vertus,
Et ne doit rien à nostre zele,
Renconnoissons qu'il n'est plus
Ny de laurier, ny d'encens dignes
d'elle.
Heros
des Siecles passés, &c.
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