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Venus
pleuroit encor le départ d'Adonis
Lors qu'avec un dépit qu'animoit sa colere,
Elle aborda le dieu son Fils.
[lentement]
Fatal auteur de ma douleur amere,
Fils perfide, cruel Amour,
Fuis luy, dit-elle, et quitte sans retour
Les bords enchantés de Cythere.
Tu ne te plais qu'a voir couler tes pleurs,
Tes traits audacieux osent blesser ta mere,
Et l'Univers entier se plaint de tes fureurs.
Fatal
auteur, &c.
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Non ce
n'est pas dans l'amoureux empire
Que l'on trouve des biens parfaits,
On y gémit, on y soupire,
Dans l'espoir d'un bonheur qu'on n'y goûte
jamais.
Lors
même que l'on n'y couronne
Nos ardeurs par le plaisir,
Le moment qui nous le donne
Bien souvent pour toujours le fait
évanouir.
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Cependant
d'une aile légere
L'Amour fuioit le courroux de sa mere,
Tous les plaisirs s'enfuirent avec lui,
C'estoit assés pour sa vengeance.
Il ne
laissa dans son absence
Que la froide raison & le tranquile ennui
Triste fils de l'indifference
Cythere fut changé en un affreux desert.
Les
Zephirs allarmés désertent ces bocages
Les oyseaux par leurs doux ramages
N'y forment plus leur amoureux concert,
Les Graces mêmes Immortelles
Loin de l'Amour ne se trouvent plus belles
Et se le disent en pleurant;
Qu'ai-je fait dit alors Venus en soupirant.
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Non
sans l'Amour & sans ses charmes
Il n'est point de parfait bonheur.
On soupire en aimant & l'on repand des larmes,
Mais ces larmes ont leurs douceurs.
Tendre
Amour, reviens a Cythere,
Parle, vole, fends les airs sur l'aile des Zephirs
Cede au prompt repentir qui dévore ta mere,
Rameine nous les doux plaisirs.
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