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Récitatif
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Quel feu ?
Quel nouveau feu d'alume dans mon coeur ?
D'ou vient ce mouvement de colere et de rage.
D'ou vient que possedé d'un etrange fureur
Je ne respire plus que Sang et que carnage ?
C'est trop vous abuser par d'indignes chansons,
Echos, soyez temoins de mes accents tragiques,
Repondez desormais a mes chants heroiques,
Par d'heroiques sons.
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Air,
rondement
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Desormais
à toute la terre
N'inspirerons plus qu'un noble effroy,
Roy des grands coeurs, Dieu de la guerre,
Je ne chanteray plus que toy.
Courez
mortels, courez aux armes,
Cherchez de glorieux hasards,
La gloire seule a de vrais charmes,
Et la gloire suist toujours Mars.
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Récitatif
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Que tout
ressente icy la fureur qui m'anime
Muse, chantons des Dieux l'implacable couroux,
Quand des fils de la Terre ils punirent le crime,
Que de noms redoutez dont l'eclat s'offre à nous
!
Je sens que mon ardeur en est renouvellee:
O toy divin Alcide et toy fils de Pelée
Recevez de mes vers l'homage le plus doux.
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Air,
legerement
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Toujours
la victoire
Voloit devant vous,
La brillante gloire
Signaloit vos coups.
Les
Rois sur vos traces,
Estoient confondus,
Vos moindres menaces
Faisoient des vaincus.
Des
beautez rebelles
Vous estiez vainqueur,
Et des plus cruelles
Vous charmiez les coeurs.
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Récitatif
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Mais, O
grands Dieux ! quel charme inevitable
Vient d'arester le cours de mes nobles projets ?
Amour, cruel Amour, je reconnois tes traits,
Tu redoubles en vain ta fureur implacable
J'abjure ton Empire et n'aymeray jamais.
Que dis-je ? vainement je brave sa puissance
Je ne ressens que trop les traits de ce vainqueur.
Ciel ! Ma Lyre même et mon coeur
En ressentent dêja toute la violence,
Et malgré mes efforts tous deux d'intelligence
S'obstinent tour à tour a ne chanter que
l'Amour.
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Air,
legerement
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Envain
l'on cherche a se deffendre
Des traits qu'Amour lance a nos coeurs,
Armé de mille traits vainqueurs
Il sçait les contraindre a ses rendre.
On a
beau resister
Un penchant trop doux nous entraisne,
Et quand nous fuyons une chaisne,
Nous commençons a la porter.
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