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Récitatif
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Que Dieu
jaloux de mes plaisirs
Me contraint à languir loin de la jeune Ismene ?
Son coeur favorisoit mes innocents desirs
Et prest a voir finir ma peine
L'Absence me condane à de nouveaux soupirs
Doux moments digne prix ma perseverance,
M'estes vous echapez pour ne plus revenir ?
Ah du moins c'est assez de vos souvenir
Pour conserver mes feux et ma constance.
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Air,
tendrement
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Amour,
que sous ta loy supreme
On joüit peu d'un doux repos !
Mais l'absence de ce qu'on aime
Est le plus cruel de tes maux.
Jamais
dans ton fatal empire
On n'est comblé de tes bienfaits,
Souvent en secret on soupire
Malgré tes dons les plus parfaits.
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Récitatif
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Mais
tandis que mon coeur constament vous adore
Tandis qu'à soupirer je trouve un sort trop doux,
Jeune Ismene partagez vous l'affreux ennuy qui me devore
Pouray je me flater qu'eloigné de vos yeux
Votre fidelité prendra soin de ma gloire ?
Mais quand mille Sermens assurent ma victoire
Comment puis-je former ce doute injurieux.
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Air,
vif
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Fuyez,
abandonez mon ame
Soupçons jaloux qui veniez m'alarmer
Noirs ennemis de ma douceur d'aymer
N'offencer plus la beauté qui
m'enflame.
Volez
Amours, volez tous sur ses pas,
J'attens de vous une gloire nouvelle,
Que mille amants empressez autour d'elle
Par leurs soupirs celebrent ses appas.
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Récitatif,
grave & mesuré
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Jardins
charmans delicieux sejour,
Riches coteaux onde tranquile,
Oyseaux qui vous plaisez dans cet heureux azile,
Entretenez mon coeur des plaisirs du retour.
Le sort va me rejoindre à l'objet qui m'enchante,
Un seul de ses regards va payer mes tourments.
Amour Dieu favorable aux fidelles amants
Hâte toy de servir mon ame impatiente.
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Air,
gay
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Malgré
les plus tendres feux
On trouve peu de constance
Et c'est estre trop heureux
De ne craindre que l'absence.
Si son
injuste rigueur
Cause une douleur mortelle
Souvent on doit son bonheur
A cette epruve cruelle.
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