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Air,
gayement
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Evitez
ce sejour paisible,
Vous qui craignez les tendres feux,
Envain on y vient insensible
On en sort toujours amoureux.
Icy
pour surprendre nos ames
Les amours volent sur le fleurs,
Les Oyseaux qui chantent leurs flames
Nous en inspirent les ardeurs.
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Récitatif
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Mais quel
enchantement à mes yeux se presente ?
Mille et mille ruisseaux naissent de toutes parts,
Sur ces bords l'onde obeissante
Forme un charmant spectacle et coule au gré des
arts.
Que de réduits secrets dans ces sombres boccages
Attirent les amants et servent les Amours ?
Que l'on se plait dans ces detours
Quand on trouve sous les ombrages
L'objet qu'on aime et des beaux jours.
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Air,
gayement
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L'Amour
est sur de la victoire
Quand il attaque icy les coeurs
Mais ces lieux témoins de sa gloire
Ne connoissent pas ses rigueurs.
Dans
cette agréable retraitte
Il est toujours suivi des Jeux,
Et jamais l'Echo n'y repette
Que des soupirs d'Amants heureux.
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Récitatif
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Quelle
nouvelle Flore embellit ce rivage ?
D'où vient que sur ses pas le zéphir
volage
N'ose soupirer que tout bas ? Quel palais s'ouvre à
la Déesse ?
Ah ! j'y vois briller sous ses loix les plaisirs
éclatans
Qui sçurent autrefois charmer l'Italie et la Grece
?
Dieux ! que nouveaux spectacle aperçois je
aujourd'hui !
Que de rares sujets s'est acquis Melpomene !
Icy souvent l'Acteur qui paroît sur la
Sçene
Represente un Heros moins illustre que luy.
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Récitatif
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Ma flame
offence la gloire
Des yeux qui charment mon coeur,
Ah ! je dois à mon Vainqueur
Toujours cacher sa victoire.
C'est un hommage éclatant
Qu'il faut offrir à ses charmes,
Je n'ay que de tendres larmes
Des soupirs, un coeur constant.
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Air,
gracieusement
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Divinité
qui sur vos traces
Rassemblez les Ris et l'Amour,
Vous seulle pourvez en ce jour
Unir les Muses et les Graces.
Cythere
s'offre sur vos pas
Aux coeurs soumis à la tendresse,
Ceux qu'instruit le Dieu du Permesse
Du Pinde y trouvent les appas.
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