|
|
|
|
|
Récitatif
|
|
|
|
Les Titans
enchaisnez sous d'épaisses Montagnes
S'efforcaient de les ébranler.
Leurs secousses faisoient trembler
Les Superbes Rochers et les vastes campagnes.
Les Nymphes se cachoient dans leurs bois tenebreux,
Les Nayades cherchoient un azile sous l'Onde,
Les Mortels eperdus dans ce désordre affreux
Se croioient menacez de la chûte du monde.
Et mille cris perçans élevez jusqu'aux
Cieux
Imploroient le secours du Souverain des Dieux.
|
|
|
|
Air,
vif
|
|
|
|
Jupiter
armez vous du Foudre
Tonnez enversez les Titans,
Frapez reduisez les en poudre
Lancez vos carreaux eclatans.
Précipitez
dans les abimes
Ces fiers rivaux des immortels,
Que l'Enfer prépare à leurs crimes
Sous ces monts des feux eternels.
|
|
|
|
Récitatif
|
|
C'en est
fait les Titans tombent dans le Tartare
Pluton craint que le jour ne pénêtre
l'horreur
De l'Enfer ébranlé par leur vaine fureur
Il monte sur son Char qu'Alecton luy prepare.
Il vole un instant vers ces heureux climats
Qu'arose l'aimable Arethuse
La sur un vers gazon Proserpine s'amûse
A rassembler les fleurs qui naissent sous ses pas.
Pluton ne songe plus qu'à la jeune Déesse
Et par ce prompt aveu garand de sa tendresse
Il rend homage à ses appas.
|
|
|
|
|
|
Air,
tendre
|
|
J'ignorois
les vives allarmes
Que mon coeur éprouve en ce jour
Mais des que l'on cnoist vos charmes
Ah ! l'on conoist bientost l'Amour.
Vos
beaux yeux onr sceu me surprendre
Je sens les transports les plus doux;
Heureux si je pouvois vous rendre
Des plaisirs que je tiens de vous.
|
|
|
|
|
|
Récitatif
|
|
Tantdis
qu'à l'objet qui l'enchante
Pluton soumet son Empire et son coeur
Proserpine le fuit interdite, tremblante;
Et ce nouveau Captif étonne son vainqueur.
Arrestez lui dit il, arrestez inhumaine
Ah daignez partager et mon Trône et ma chaisne.
Helas ! elle me fuit toujours.
Quoy n'auraÿe éprouvé qu'une tendresse
vaine ?
Elevons Proserpine et terminons ma peine
De mes feux meprisez c'est l'unique secours.
Mais deja
la déesse a passé le rivage
Que les Mortels ne repassent jamais.
Sur les bords du Léthé tout chante ses
attraits,
De l'Empire infernal elle reçoit l'homage.
La grandeur de Pluton désarme sa fierté
Son Amour mesme est enfin ecouté.
|
|
|
|
|
|
Air
|
|
On
pardonne une feu temeraire
On s'en offence rarement,
Et la beauté la plus severe
Cesse d'écouter la Colere
Quand l'Amour excuse l'Amant.
Souvent
la timide constance
Ne fait qu'amuser nos desirs,
Une amoureuse violence
Surprend quelque fois l'esperance
Et sçait avancer nos plaisirs.
|
|
|