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Air,
grave
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Vous
abandonnez vôtre mere,
Amours,
qu'estes vous devenus ?
Mars ne revient plus à Cythere,
Mars luy même trahit Venus.
Ou
fuyez vous troupe immortelle,
Ris et Jeux qui suiviez mes pas ?
Dois-je d'une Psiché nouvelle
Craindre l'orgüeil et les appas ?
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Récitatif
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Ainsi la
Reyne d'Amathonte
Par d'impuissans regrets excitoit les Echos,
Uniques témoins de sa honte:
Elle parcourt envain les bosquets de Paphos,
Envain elle appelle les graces,
De l'aimable Uranie elles forment la Cour
Non ce n'est plus que sur ses traces
Qu'il faut chercher les plaisirs et l'Amour.
Venus vole et les trouve,
Ah ! que vois je ? dit-elle,
Foibles Dieux qui suivez une simple mortelle,
Toy fils perfide est ce icy ton sejour ?
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Air,
vif
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Que les
Cieux, la Terre et l'Onde
Applaudissent à mes coups,
C'est le fier tyran du monde
Que va punir mon couroux.
Il ose
trahir mes charmes,
L'ingrat suit une autre loy,
Vangeons nous, brisons des armes
Qu'il ne porte plus pour moy.
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Récitatif
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Les amours
à ces mots éprouvent sa puissance,
Furieuse elle rompt tous les traits de ces Dieux,
Et contente de sa vengeance,
Sur son rapide Char elle remonte aux Cieux.
Il restoit à l'Amour le portrait d'Uranie,
Je suis armé, dit-il, et Venus est punie,
Je n'ay plus besoin de Carquois,
Je ne veux que porter cette aymable peinture,
Que je devray de beaux exploits
A cet effort de l'art qui cede à la
Nature.
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Air,
gracieux
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N'implorez
plus tendres Amours
Le Dieu qui forge le tonnerre,
Vous pourez bien sans son secours
Soutenir vôtre douce guerre.
Une
beauté va pour jamais
Forcer tout à vous rendre homage
Ou l'on ne voit pas ses attraits
Montrez seulement leur image.
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