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Vers
du Ballet
des Pantagruelistes
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Panurge
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AUX DAMES
Ie
voudrois bien mes belles Dames
Pour moderer un peu les flâmes,
Que ie ressens dedans le coeur,
Rencontrer quelque fille honneste
Qui ne me traittast point de ce nom de vainqueur,
Afi de me poser un rameau sur la teste.
On
tient, & ne vous en desplaise,
Que la subtile & la niaise
Sont suiettes & caution,
C'est ce qui fait que j'apprehende,
Puis que le plus souvent en pareille action,
Le battu, comme on dit, paye encore l'amende.
Ie vay
pour un si grand mystere
Consulter la brigade chere
De mes plus intimes amis,
Et deux venerables Sybiles,
Qui charitablement m'ont auiourd'huy promis,
Pour esviter ce mal des moyens tres-utiles.
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L'advis
de Pantagruel à Panurge sur la consultation de son
Mariage
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Si tu
veux vivre sans diffame,
Außi bien comme sans pareil,
Prefere à l'amour d'une femme
L'utilité de mon conseil,
Qui croit bien choisir prend le pire,
Panurge mon bedon, c'est tout ce que peut dire,
Sur ce fait important le bon Pantagruel,
Qui tient la mariage un party casuel.
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Rondibilis
à Panurge, sur le mesme sujet
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Si tu
te veux mettre à la danse,
Du nombre infiny des cocus,
Espouse une beauté qui gaigne force escus,
Et tes cornes seront des cornes d'abondance.
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Hertripa
à Panurge, sur le mesme sujet
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Panurge
gare l'Hymenée,
Au livre de ta destinée,
I'ay leu que tu seras cocu,
Pour esviter ceste infortune,
Vit comme ton pere à vescu,
Et laisse au grand Seigneur porter la
demy-Lune.
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Triboulet
à Panurge, sur le mesme sujet
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Plus
pensif, plus triste, & plus morne,
Que ceux que prend le vertigo,
Au lieu d'entrer dedans Virgo,
Tu creins d'entrer au Capricorne,
Panurge en ce marché trompeur,
Chacun doute & vesse de peur,
Change donc de dessein & si tu veux me croire,
Garde ta liberté, & ton argent pour
boire.
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Les
Sybiles de Panzou, sur le mesme sujet
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Nos
Oracles sont infaillibles,
Car nous predisons l'advenir,
Panurge il n'y a que tenir,
Tes cornes sont toutes visibles,
Et quoy que tu faces en fin
Il faut ceder à ton destin.
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Panurge
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Puis
qu'il faut que ma seigneurie
Soit de la grande Confrairie,
Pour le moins, I'ay ce reconfort,
D'avoir autant presté que l'on me sçauroit
rendre,
Arrive qui pourra ie n'yray pas me pendre:
Car pour porter mon bois i'ay le front assez
fort.
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