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Balet dansé au Chasteau de Saint-Lo, le huictiéme jour de Fevrier 1660 auteur & compositeur inconnus |
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La Paix accompagnée de la Concorde & de l'Abondance vient témoigner les biens que l'on doit attendre d'elle dans cette nouvelle Alliance, par un recit qui sera l'ouverture du Balet. Mlle de Trelly, la Concorde le Sieu de la Fontaine, l'Abondance Recit de la Paix Apres
tant de tourmens que vous avez souffers, I'amenne
en ces beaux lieux les jeux & les plaisirs, |
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L'Amour
& les Graces qui ne subsistent que par une douce
sympathie & une aymable tranquillité, font
paroistre la joye qu'ils onr de voir l'union rétablie
entre les nations Françoises & Espagnolles, dans
l'esperance qu'ils ont de faire force conquestes durant ce
temps, où l'Empire du Dieu de la Guerre ne sera plus
consoderé. Bien
que le Dieu Mars soit mon Pere, Mes
cheres Soeurs, enfin nous voicy de retour |
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Les Galans, qui estoient obligez par une glorieuse, mais rude necessité, d'abandonner au Printemps leurs plus cheres inclinations pour s'exposer à mille dangers, viennent se réjoüir avec ces aymables beautés, de ce que la Paix estant conclüe rien ne peut à présent éloigner auprés d'elles. Belles
qui vous piquez de fierté de rigueurs, Vous
avez trop long-temps contre nous disputé, |
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Le Trafic qui par le Traitéé de Paix se rétablit entierement, fait que les Marchands dont le gain n'estoit pas bien grand pendant la Guerre font cent sauts de joye dans l'attente qu'ils ont de bien faire leurs affaires. Divertissons-nous
chers Voisins, |
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Les Marchandes que la joye & le profit ne touchent pas moins que leurs marys, témoignent par leurs danses la part qu'elles prennent aux nouvelles de la Paix. Pendant
cette maudite Guerre, |
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Quelques François & Espagnols ayant entendu publier cette Paix, apres s'estre juré une amitié inviolable, se divertissent ensemble. Ah !
que nous estions de grands fous, |
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Les Bergers & les Bergeres qui dans le temps de la Guerre n'ozoient pas s'éloigner de leurs brebis, dans l'apprehension qu'ils avoient qu'on ne leur en enlevast quelques unes, ne sont pas les moins joyeux d'apprendre cet agreable nouvelle, qui leur fera souvent abandonner la conduite de leurs trouppeaux, pour s'entretenir sur la Fougere. Prenons
nos flageolets, nos pipaux, nos muzettes, Vous ne
craignez plus à ce coup, |
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Les Enfans de Bachus qui ne songent qu'à se bien divertir des bouteilles en main, font certaines postures plaisantes pour témoigner la ioye qu'il ont de ce que la Paix leur donnera mieux sujet de boire. Rions
Amis faisons gogaille, Le
bruit des Armes, Puisque
la Guerre |
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faisant le Grand Ballet |
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Apres que chaqu'un s'est bien réjoüy en son particulier de la conclusion de cét heureux trautté, tous se joignent ensemble pour mieux faire connoistre par une ioye commune les plaisirs qu'ils ressentent de voir la tranquilité publique rétablie. [les personnes nommées dans toutes autres Entrées font cette derniere] Le
mélange dans la Nature |