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Comédie-Ballet en I Prologue & III Actes |
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La Fable |
les
personnages du Prologue: Minerve Les
Muses
La
Fable,
personnifiée sous la figure d'une jeune
Déesse, fille de Minerve
Momus
Calliope
Suite des Muses, c'est-à-dire les Poëtes
celebres
Suite de Minerve, les Vertus & les Sages
Suite de Momus, Les Ris, les Jeux & les Graces
badines
La
Scene est dans les Jardins de Rodope, près de
Memphis
La
Scene represente un des bosquets du Parnasse, formé
de Lauriers, dont les troncs sont entourez de festons
d'immortelle, & chargez sur le devant d'instrumens de
musique. On voit dans l'éloignement Pegase qui prend
son vol du haut de la montagne.
[A
l'Ouverture de la Scene, les Muses, à la tête
desquelles est Calliope, paroissent rangées des deux
côtez du Théatre. Les Poëtes
célebres sont au-dessous d'elles, couronnez de
lauriers. Minerve entre d'un côté, tenant la
Fable par la main, personnifiée sous la forme d'une
jeune fille. Elles sont suivies des Vertus & des Sages.
De l'autre côté entre Momus accompagné
des Ris, des Jeux & des Graces
badines] Momus Le
Choeur Minerve Calliope,
à Minerve [à
la Fable] Donnez-nous
un essai de votre genereux génie, La Fable,
chante une Fable Une
Fête à ses yeux l'offrit vive &
brillante, Momus,
à la Suite de Minerve Minerve Le
Choeur [la
Suite de Momus inspire de la joye en dansant à celle
de la Sagesse. Deux Graces badines, par exemple, vont
prendre un vieux Sage, & l'animent par degrès
jusqu'à une joye extrême. Les Ris & les
Jeux font de même avec les Vertus. A la fin du
Divertissement, Minerve se leve de sa place pour partir,
& dit à la Fable & à Momus le vers
suivant] Minerve,
à la Fable, & à Momus Calliope
& la Fable, ensemble Minerve,
à la Fable
Chantez, chantez divines Soeurs,
Minerve à vos concerts aujourd'hui s'interesse.
Inspirez de votre Art les charmantes douceurs
Au digne objet de sa tendresse.
Par vos chants, par vos soins, meritez ses
faveurs.
Chantons, chantons divines Soeurs, &c.
La Fable me doit sa naissance.
J'ai fait pour la produire un effort glorieux,
Tel que le fit pour moi, le Souverain des Dieux.
Momus éleva son enfance,
Aux mortels ici bas elle chante mes loix.
Calliope, reglez les accents de sa voix.
A vos divins conseils notre douce harmonie
Peut ajouter des charmes tout puissants.
Prêtez à la Raison vos aimables
accents.
Une jeune Beauté d'un air un peu sévere,,
Toûjours dans u n simple ornement,
D'esprit tranquille & doux, sans trop d'ardeur de
plaire,
Quoiqu'aimable, tendre & sincere
Inspiroit peu d'amour au coeur de son Amant.
Des plus charmants transports l'Amant fut agité:
En quittant son austerité
La Sagesse ainsi nous enchante.
Fieres Vertus, mêlez-vous à nos jeux,
Devenez moins sauvages.
Animez-vous séveres Sages;
Que de vos fronts tristes & ténébrux
Les Graces désormais dissipent les nuages.
Qu'ici bas tout chante mes loix.
Qu'un mensonge permis, une innocente adresse
Fasse naître en tous lieux mille nouvelles voix.
Sur les foibles mortels répandons à la
fois
La joye & la sagesse.
Qu'ici bas tout chante mes loix, &c.
Je m'éloigne à regret de ces lieux
enchantez.
Quoi, Déesse, vous nous quittez ?
Un pressant interêt m'engage
A me rendre en ce jour près des murs de Memphis;
J'y vais jouïr du triomphe d'un sage
Le plus cher de vos favoris.
les Acteurs précédents, hors
Minerve
Momus Calliope [l'Orquestre
exprime ici un concert d'Oiseaux] Le Dieu
d'amour sur ces riants fueillages [autre
petit concert d'Oiseaux] La
Fable Calliope
& la Fable, ensemble Momus [le
Choeur repette ces quatre derniers vers pendant qu'on
danse] Le
Choeur
De Minerve en ces lieux la sévere présence
A contraint les oiseaux, sous ces ombrages verds
A garder sur leurs feux un pénible silence.
Pour dissiper l'ennui qu'y cause son absence,
Muse, rendez-nous leurs concerts.
Doux rossignols, ranimez nos boccages,
Par les tendres récits de vos feux innoncets
Revenez-y charmer nos sens,
Chantez, chantez, redoublez vos ramages.
Fait goûter à vos coeurs cent plaisirs
ravissants.
Vos desirs amoureux sans cesse renaissants,
De sa faveur sont pour vous d'heureux gages,
Comblé de ses bienfaits rendez-lui vos hommages,
Par vos plus aimables accents.
Chantez, chantez, redoublez vos ramages.
Permettons au Dieu des Amours
D'inspirer dans nos jeux de legitimes flammes;
La vertu même emprunte son secours
Pour embellir nos ames.
Tendre Amour, exauce nos voeux,
Vole, viens animer nos fêtes
Instrui-nous par un choix heureux
A faire de sages conquêtes.
Que la joye anime vos pas,
Regnez plaisirs, regnez dans nos sacrez bocages.
S'il est des temps pour être sages,
Il en est pour ne l'être pas.
Que la joye anime vos pas,
Regnez plaisirs, regnez dans nos sacrez bocages.
S'il est des temps pour être sages,
Il en est pour ne l'être pas.

Fête
de Bergers & de Bergeres, de Jardiniers & de
Jardinieres, gracieuse de la part des premiers, vive &
comique de celle de ceux-ci.
Le
Choeur [on
danse] Une
Bergere L'amant
qui la croit entendre [on
joindra ici quelques canevas de Concert avec le
Musicien] [on
danse] Le
Choeur
Les appas de Rodope en ce charmant séjour
Nous rendent sa chaine legere.
Son Esclavage sçait nous plaire
Autant que celui de l'Amour.
Il est une heure du jour
Où le coeur de vient plus tendre,
Bergers constants à l'attendre
Vous l'obtiendrez de l'Amour.
Doit prévoir plus d'un danger,
Et l'on risque à s'y méprendre
Autant qu'à la négliger.
Rodope a tout soumis à ses aimables loix.
Celebrons de ses yeux les amoureux exploits.
Répondez nous échos de ces retraittes.
Repetez mille fois
Nos tendres chansonnettes,
Faites-en retentir nos valons & nos bois.

La
Fête s'avance, dans laquelle Rodope paroîtra au
rang le plus honorable de la marche. Elle aura la main
appuyée sur l'épaule d'Esope, qui portera sur
l'autre épaule son parasol. En la quittant il fera
une exclamation contre Xantus.
Esope Rodope,
d'un air gracieux pour l'appaiser [les
personnages de la Fête seront, outre une Grande
Prrêtresse du Temple de l'Amour, suivie de quelsues
autres. Les Sacrificateurs des autres Divinités
adorées à Memphis, & enfin tout le peuple.
Et de plus, les Esclaves de Rodope vêtus
richement] Le
Choeur [Xantus
conduit Rodope à l'Autel qui est au bas de la
Pyramide: elle y verse de l'encens dans le feu. Xantus la
remet ensuite à sa place, après qu'elle en a
fait la consecration par les vers
suivants] Rodope [on
danse] La Grande
Prêtresse du Temple, lui chante cet Hymne Le
Choeur La Grande
Prêtresse Tu
partages les biens, dont ton Empire abonde, [on
danse] La Grande
Prêtresse Soupirez,
aimable jeunesse. [Ballet
general de tous les Personnages]
Quel astre malheureux à mon destin préside
?
C'est donc ainsi, Maître ingrat & perfide,
Que vous dégagez votre foy ?
De ce courroux calmez la violence,
Esope, gardez le silence,
Songez que vous êtes à moi.
Jouissons du doux avantage
De pouvoir de Rodope admirer les appas.
Que ce Monument dédommage
Notre posterité qui ne la verra pas.
Qu'on vienne de tous les climats
Y rendre à sa memoire un éternel
hommage.
Amour, si j'ai pris soin d'étendre ta puissance,
Ce Monument superbe, en récompense,
Jusques chez l'avenir va me combler d'honneur;
Sois satisfait de ma reconnoissance,
Je te consacre ensemble & ma gloire & mon
coeur.
Source unique & toujours feconde
Des plaisirsles plus precieux,
Amour, charmant Amour, pour le bonheur du monde
Regne à jamais, & triomphe en tous
lieux.
Amour, charmant, Amour, &c.
On vole en vain de victoire en victoire.
Vainement la fortune a rempli nos desirs.
Au milieu des trésors, au comble de la gloire,
Vers tes faveurs encore on pousse des soupirs.
On oublie en aimant tous les autres plaisirs.
Entre les Mortels & les Dieux.
Amour, charmant Amour, pour le bonheur du monde
Regne à jamais, & triomphe en tous
lieux.
Soupirez, aimable jeunesse.
Dans votre plus belle saison
Ce penchant fait votre sagesse.
Le désir de charmer en inspire l'adresse.
L'amour éclaire autant que la raison.

Les
Matelots qui doivent rendre Xantus à Athenes, suivis
de leurs Maîtresses, forment le
divertissement
Un
Matelot, à sa Maîtresse [le
Choeur repete ces cinq derniers vers] Le
Choeur
Aimons, aimons dans le bel âge.
Embarquons-nous sans crainte du naufrage,
L'Amour prend soin de notre sort.
Partons, partons, goûtons les plaisirs du voyage,
En attendant les délices du port.
Aimons, aimons dans le bel âge.
Embarquons-nous sans crainte du naufrage,
L'Amour prend soin de notre sort.
Partons, partons, goûtons les plaisirs du voyage,
En attendant les délices du port.
J'ay
lu par ordre de Monseigneur le Garde des Sceaux, Rodope,
Comedie-Ballet, & j'ai cru qu'on pouvoit en permettre
l'impression. Maunoir
A Paris le 20 Mai 1735
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