accueil
|
contact
|
contributions
|
liens

ballets
|
cantates
|
divers
|
opéras
|
oratorios
|
pastorales
|
sérénades

Le Mariage Forcé
Pièce de Molière
musique de: Marc-Antoine Charpentier

Ouverture de La Comtesse d'Escarbagnas

Les Marys

Dialogue:
Mon compere, en bonne foy,
Que dy-tu du mariage ?
Toy, comment de ton ménage
Te trouves-tu ? dy-le-moy.
Ma femme est une diablesse
Qui tempeste jour et nuit.
La mienne est une traitresse
Qui me fait bien pis que du bruit.
Malheureux qui se lie
A ce sexe trompeur.

Bizzare,
Extravagant,
Infidelle,
Obstiné,
Querelleur,
Arrogant !

C'est renoncer au bonheur de la vie.
Tout le monde en dit autant;
Et pourtant
Chacun en fait la folie.

Trio grotesque au lieu [de] La, La, La, bonjour:
Amants aux cheveux gris
Ce n'est pas chose étrange
Que l'Amour sous ces loix vous range.
Pour le jeune et pour le barbon,
A tout âge l'amour est bon.
Mais si vous désirez de vous mettre en mesnage,
Ne vous adressez point à ses jeunes beautez;
Vous les rebuttez !
Vous les desgoustez !
Et bien loing de les faire à votre badinage,
Vous n'avez bien souvent que cornes en partage.

Menuet

Belle ou laide, il n'importe guierre,
Toutte femme est à redoubter.
Le cocuage est une affaire
Que l'on ne sauroit esviter;
Et le mieux que l'on puisse faire,
C'est de ne s'en point tourmenter.

Ah ! quelle estrange extravagance,
Que la crainte d'estre cocu !
La vie a plusieux maux dont on est convaincu,
Et l'on en doit craindre la violence;
Mais craindre un mal qui n'est que dans notre croyance,
Ah ! quelle estrange extravagance !

Gavotte

La, la, la, la, bonjour
Bonjour pour trente mille années;
Chers compagnons, puisqu'icy nous voilà
Trois favoris d'ut, ré, mi, fa, sol, la,
Qu'icy nos voix soint desguesnées !
Chantons !
Mais que dirons-nous ?
Je m'en raporte à vous.
Que vous en semble ?
Je n'en sçay rien.
Qu'importe ? Chantons tous ensemble
Mal ou bien !
Fagotons, à tort et à travers,
De méchants vers,
Les uns longs comme vers d'élégie,
Les autres à jambes racourcie.
Point derime et point de raison !
Tout est bon, quoy qu'on die;
Tout bruit forme mélodie.
Tic toc, chic choc, nic noc, fric froc.
Peinte, verre, coupe, broc.
Ab hoc, et ab hac, ab hac et an hoc.
Fran, fran, fran, pour le Seigneur Gratian !
Frin, frin, frin, pour le Seigneur Arlequin !
Fron, fron, fron, pour le Seigneur Pantalon !
O, le joli concert, et la belle harmonie !

O, la belle simphonie !
Qu'elle est douce, qu'elle a d'appas !
Meslons y la mélodie
Des chiens, des chats,
Et des rossignols d'Arcadie.
Caou, caou, caou. Houpf, houpf, houpf.
Miaou, miaou, miaou. Oua, oua, oua.
Hin han, hin han, hin han.
O, le joli concert, et la belle harmonie.

Les Boemienes, sarabande

1.
Les rossignols, dans leurs tendres ramages,
Du doux printemps annoncent le retour.
Tout refleurit, tout rit en ces bocages;
Ah ! belle Iris, le beau temps ! le beau jour !
Si tu voulois m'accorder ton amour !
Si tu voulois imiter leur amour !

2.
Flore se plaist au baiser du Zéphire,
Et ces oyseaux se baisent tour à tour.
Rien que d'amour entre eux on ne soupire:
Ah ! belle Iris, le beau temps ! le beau jour !
Si tu voulois m'accorder ton amour !
Si tu voulois imiter leur amour !

3.
Les rossignols, dans leurs tendres ramages,
Du doux printemps annoncent le retour.
Ils suivent tous l'ardeur qui les inspire:
Ah ! belle Iris, le beau temps ! le beau jour !
Si tu voulois m'accorder ton amour !
Si tu voulois imiter leur amour !

Aymons-nous, aymable Silvie,
Unissons nos désirs et nos coeurs,
Nos soupirs, nos langueurs, nos ardeurs,
Et passons nostre vie
En des nuedz si remplis de douceurs.

C'est blesser la loy naturelle,
De laisser passer des moment
Que l'on peut se rendre si charmants.
La saison du printemps paroist belle,
Et nos ans sont rians tous comme elle;
Mais il faut y mesler la douceur des amours.

Et sans eux il n'est point de beaux jours.