|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
dansé devant le Roy, & la Reyne, comme aussi devant les Princes, Seigneurs & Dames de la Cour par les plus excellens Bergers & Bergeres du Royaume de France 1660 |

Qu'elle
merveilleuse adventure, Portez
en Occident vostre clarté funeste, Humains
mettez fin à vos larmes, Planettes: Musiciens: Planettes: Musiciens: Planettes: Musiciens: Planettes: Musiciens: Ma
divine splendeur, que tout le monde implore, En vain
amour & la victoire Mortels,
à qui mes yeux sont plus chers que le iour, L'heure
des humains glorieux de me voir, Mortels
contemplez sans dessein Ce bel
Astre esclatant d'un si rare merite, Aux
rives que le Tage dore Ie
viens en presence de tous,
Les songes hostes de la nuict,
Fuioient la lumiere & le bruit:
Et contre l'ordre de nature,
Au lieu du Palais du sommeil,
Ils trouvent celuy du Soleil.
Portez sur l'aisle du silence
Ils venoient troubles les esprits,
A qui de iour Mars ou Cypris
Font ressentir leurs violences;
Et vouloient mesmes , O grand Roy !
Dans ton Palais semer l'effroy.
Mais par tes vertus heroïques
Tous soupçons sont ensevelis,
Et l'Empire des Fleurs de Lys
Est exempt de terreurs paniques;
Permets donc à leur bon desir,
De te donner quelque plaisir.
![]()
Fuiez, tristes flambeaux, & quittez le seiour
De la voute celeste,
Où s'allume le iour.
Faites finir vos feux, qui s'en font trop à
croire,
Le basoin des mortels delivrez du sommeil,
Et son Throsne de gloire
Fait venir le Soleil.
I'ay tort, l'Astre du iour que ie soulois conduire,
Se cache, sçachant bien avec quelles clartez
Amour va faire luire
Le Soleil des beautez.
Voicy que d'un bel oeil la splendeur coustumiere,
Sur l'Orison François va de ses doux regards
Adoucir la lumiere,
Qu'espand l'Astre de Mars.
![]()
Calmez vos coeurs remplis de larmes,
Le Ciel rit à vos desirs,
Et l'air gracieux vous promet mille plaisirs.
Amour garny d'arc & de flammes
Revient blesser les belles ames:
Et tous vos maux intestins,
Se vont convertir en Tournois, Bals &
Festins.
![]()
D'où vient que l'Astre du iour
Nous refuse sa lumiere ?
Le Ciel n'est plus le seiour
De sa clarté coustumiere.
Pourquoy l'a-t'il delaissé ?
Pour l'amour d'une beauté.
Quel cher regard au Soleil
Peut l'embrazer de ses flammes ?
C'est un rayon nompareil,
Qui vient du Soleil des ames.
Pourquoy ne lui-til aux Cieux ?
Il brûleroit tous les Dieux.
![]()
Des ombres de la nuict dissipe l'appareil:
Parmy tant de clarté ie ne suis que l'Aurore,
Mais dedans peu de temps ie deviendray
Soleil.
![]()
Vont où se portent mes regards,
Il me suffit d'avoir la gloire
De posseder un ieune Mars.
![]()
Il vous faut resioüir, agreables cohortes ?
Aux Dieux les plus puissans du Ciel i'ouvre la porte;
Mais celle de mon coeur ie la ferme à
l'amour.
![]()
Comme il me plaist s'avance, ou se retarde:
Qui me pourroit esgaler en pouvoir,
Puis que le Ciel est commis en ma garde.
![]()
Ce beau visage, & ce beau sein,
Merveille du siecle où nous sommes,
Que sert leur printemps à vos yeux,
Les Roses en sont pour les Dieux,
Et les espines pour les hommes.
![]()
le monstrant au doigt, recite ces vers
Vient luire parmy nous en superbe appareil:
Comment se fait cela ? la terre est trop petite
Pour loger le Soleil ?
Il a dedans le Ciel une route certaine,
Dont s'estend la splendeur des feux que nous voyons,
Et ne repose point qu'en la region hautaine,
D'où coulent ses rayons.
L'à porté dans un char brillant d'or &
d'ivoire,
Il rend de sa clarté tous les yeux esbloüis:
C'est le coeur de LOUIS.
![]()
Ie semois de fleurs mes habits,
Un matin, que la belle Aurore
Ouvroit les portes de Rubis:
Tournant les yeux vers l'Hemisphere,
I'apperceus les heures du iour,
Qui dans l'Empire de mon pere
Font leurs courses ordinaires, & l'esclairent
tousiours.
Dée qu'elle me virent paroistre,
Et les graces à mon costé:
C'est, dirent elles, nostre Maistre,
Voila son front, ses yeux, sa suitte & sa
clarté.
Le rapport des traits du visage,
Qu'alors elles trouvoient en nons [nous]
Leur faisoit tenir ce langage,
Et s'adresser à moy, pensant parler à
vous.
Ie rougis tant d'aise & de honte,
Que mes yeux & mon teint vermeil,
Pour favoriser ce mesconte,
Me faisoient ressembler l'Aurore & le Soleil.
Sortez vous maintenant de l'onde ?
Disoient elles en s'approchans,
Allosn donner le iour au monde,
Depuis vostre lever, iusqu'à vostre couchant,
Mais nous sommes bien estonnées
De vous voir icy ce matin,
Ne sçachant qu'elle destinée
Vous fait vous esloigner du pays Levantin.
Tandis que les heures s'arrestent
Aux demandes qu'elles me font,
Ie monte au char qu'elles m'apprestent,
Et mets incontinent vostre couronne au front.
Allons commencer nostre course,
Leurs disie alors en souriant,
Où la lumiere prend sa source,
Quand elle fait venir le iour de l'Orient.
Soudain ie pris cette brisée,
Et l'Aube riante en ses pleurs,
Versoit l'agreable rosée,
Semant devant mes pas les Perles & les fleurs.
D'aise & de gloire trnasportée
Ie changeay bien-tost de dessein,
Voyant Pyrene & Galathée,
Qui pour faire la Paix se descouvroient le sein.
Ces Nimphes leurs courroux appaisent
Qui devoient troubler les humains;
Et par deux fois elles se baisent,
Et se touchant le coeur, aussi-bien que les mains.
Ma filie, se me dit Pyrene,
En quel lieu te promene tu:
Au temps que tu doibs estre Reyne
D'un Royaume & d'un Roy digne de ta vertu.
Le destin, qui iamais ne change
Les effets d'un Arrest fatal,
Attache d'un Royal eschange
A l'Empire des Lys, l'Empire Occidental.
Va t'en l'agreable esperance
Du fameux Throsne des Gaulois
Va reluire au ciel de la France,
Pour donner à chacun ta lumiere & tes loix.
Pyrene parla de la sorte,
Et Galathee en sousriant,
Me donna les Lys que ie porte,
Et m'apprit que la France estoit mon Orient.
Lors ie pars sous la loy commune,
Que quitte mon natal seiour,
Pour venir au port de la Lune,
Trouver un beau Soleil qui me donne le iour.
En quelque part que ie chemine,
Dans cet agreable printemps,
Devant vostre oeil qui m'illumine,
Les miens font & refont, grand Roy, tousiours
content.
Comme i'ay fait mesmes offices,
Que vous faites en esclairant,
I'ay receu mesmes sacrifices
De ceux qui vont par tout vostre Sceptre adorans.
Enfin i'acheve ma carriere
devant vous, mon Soleil vainqueur ?
Pour recevoir vostre lumiere,
Qui m'esclaire les yeux, & me brusle le coeur.
C'est de vous que ie prends ma flamme,
En quelque lieu que nous soyons:
Vous estes l'Astre de mon ame,
Et seulement ie fuis l'objet de vos rayons.
Ces heures de vos rays esprises
M'assurent qu'en suivant mes pas,
Elles ne se sont point mesprises,
Et qui me prend pour vous, ne se mesconte pas.
Si l'humeur, l'âge & la naissance,
La face & la condition,
Nous donnent quelque ressemblance,
I'en trouve beaucoup plus par mon affection.
Le pouvoir d'un amour extreme,
Qui m'a sousmise à vostre loy,
Me change si bien en vous-mesmes,
Que ie ne suis que vous, & cesse d'estre
moy.
![]()
prononce ces vers avec un air fort agreable
Non pour vous donner la lumiere;
Mais pour la recevoir de vous,
Beauté des beautez la premiere,
Soleil des coeurs, Astre puissant,
A qui tout est obeyssant.
Devant vos yeux, source d'amour,
Comme Maistresse de la danse,
Ie conduits les heures du iour,
De qui ie marque la cadance,
Pour venir vous recevoir,
La conduitte de mon Soleil.
Ie vous presente un fein Soleil,
Mais vostre lumiere feconde
En a produit un sans pareil,
Digne d'esclairer tout le monde,
Dont toute la posterité
Reconnoistra la verité.
Le Lecteur
est adverty que la pluspart de ses vers ont esté
premierement composez en Espagnol, puis traduits en
François pour contenter les curieux, qui en ont fait
recherche.