George
Dandin,
ou le Mari
confondu
ou
le Grand Divertissement Royal de Versailles
dancé devant sa Majesté
Comedie-Ballet
le
15e Juillet 1668
Pièce
en III Actes de Molière
musique
de: Jean-Baptiste
Lully
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Préface
Du
Prince des François rien ne borne la gloire
A tout elle s'étend, et chez les Nations
Les Veritez de son histoire
Vont passer des Vieux temps toutes les fictions.
On aura beau chanter les restes magnifiques
De tous ses Destins héroïques
Qu'un bel art prit plaisir d'élever jusqu'aux
Cieux
On ne voit par ses faits la Splendeur effacée
Et tous ses fameux Demy-Dieux
Dont fait bruit l'Histoire passée
Ne sont point à notre pensée
Ce que LOÜIS est à nos
yeux.
Pour
passer du langage des Dieux à celuy des hommes, le
Roy est un grand Roy en tout, et nous ne voyons point que sa
gloire soit retranchée à quelques qualitez
hors desquelles il tombe dans le commun des hommes. Tout se
soutient d'égalle force en luy, il n'y a point
d'endroit qui luy soit desavantageux d'estre regardé,
et de quelque veuë que vous le preniez, mesme Grandeur,
mesme Eclat se rencontre. C'est un Roy de tous les
côtez, nul employ ne l'abaise, aucune action ne le
defigure; il est toujours luy-mesme, et par tout on le
reconnoist. Il y a du Heros dans toutes les choses qu'il
fait, et jusqu'aux affaires de plaisir, il y fait
éclatter une grandeur qui passe tout ce qui a
esté veu jusques icy.
Cette
nouvelle Feste de Versailles le montre pleinement, cesont
des prodiges, et des miracles aussi bien que le reste de ses
actions; et si vous avez veu sur nos frontieres les
Provinces conquises, en une semaine d'Hyver, et les
puissantes Villes forcées en faisant chemin, on voit
icy sortir, en moins d erien au milieu des Jardins les
superbes Palais, et les magnifiques Theatres, de tous cotez
enrichis d'or, et de grandes Statuës, que la Verdure
égaye, et que cent jets d'eau rafraichissent. On ne
peut rien imaginer de plus pompeux, ny de plus surprenant,
et l'on diroit que ce digne Monarque a voulu faire voir icy
qu'il sçait maitriser plainement l'ardeur de son
courage, prenant soin de parer de toutes ses magnificences
les beaux jours d'une Paix, où son grand Coeur a
resisté, et à la quelle il ne s'est
relâché que par les prieres de ses
Sujets.
Je
n'entreprens point de vous écrire le détail de
toutes ces merveilles: un de nos beaux esprits est
chargé d'en faire le recit, et je m'arreste à
la Comedie dont par avance vous me demandez des
nouvelles.
C'est
Moliere qui l'a faite: comme je suis fort de ses amis, je
trouce apropos de ne vous en dire ny bien, ny mal, et Vous
en jugerez quand vous l'aurez veue. Je diray seulement qu'il
seroit à souhaiter pour luy que chacun eut les yeux
qu'il faut avoir pour tous les Impromptus de Comedie, et que
l'honneur d'obeïr promptement au Roy pust faire dans
l'esprit des Auditeurs une partie du merite de cet dorte
d'ouvrages.
Le Sujet
est un Paysan qui s'est marié à la fille d'un
Gentil-homme, et qui dans tout le Cours de la Comedie se
trouve puny de son ambition, puisque vous le devez voir, je
me garderay bien, pour l'amour de vous, de toucher au
détail, et je ne veux point luy ôter la grace
de la nouveauté, et à vous le plaisir de la
surprise; mais comme ce sujet est meslé avec une
espece de Comedie en musique, et Ballet, il est bon de vous
expliquer l'ordre de tout cela, et vous dire les Vers qui se
chantent.
Nôtre
Nation n'est guere faite à la Comedie en Musique, et
je ne puis pas repondre comme nouveauté cy
reüssira; il ne faut rien, souvent, pour effaroucher
les esprits des François; un petit mot tourné
en ridicule, une syllabe qui avec un air un peu rude
s'approchera d'une oreille delicate, un geste d'un Musicien,
qui n'aura pas peut estre encore au Theatre la
liberté qu'il faudroit, une peruque tant soit peu de
côté, un ruban qui pendra, la moindre chose est
capable de gâter toute une affaire; mais, enfin, il
est assuré, au sentiment des connoisseurs qui ont veu
la repetition, que Lully n'a jamais rien fait de plus beau,
soit pour la Musique, soit pour les Dances, et que tout y
brille d'invention; en verité c'est un admirable
homme ! et le Roy pourroit perdre beaucoup de gens
considerables, qui ne luy seroient pas si malaisez à
remplacer que celui là.
Toute
l'affaire se passe dans une Feste Champestre.
L'Ouverture
En est
faite par quatre illustres Bergers deguisez en Valets de
Feste [Beauchamp, S. André, La Pierre &
Favier], les quels accompagnez de quatre autres Bergers
qui joüent de la Flûte [Descouteaux,
Philbert, Jean & Martin Hottetere], font une Danse
qui interrompt les resveries du Paysan marié, et
l'oblige à se retirer apres quelque contrainte.
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Fête
de Versailles en 1668
& Intermèdes de George Dandin
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Nom des personnes qui ont
représenté, chanté et dansé dans
les intermèdes de la comédie de George
Dandin:
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George
Dandin
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le Sieur
Moliere
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Les bergers dansants,
déguisés en valets de fête
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les Sieurs
Beauchamp, Saint-André, La Pierre &
Favier
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Bergers jouant de la
flûte
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les
Srs Descôteaux, Philbert, Jean & Martin
Hotteterre
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Climène
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Mlle
Hilaire
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Chloris
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Mlle
des Fronteaux
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Tircis
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le
Sr Blondel
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Philène
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le
Sr Gaye
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Une
bergère
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Bateliers
dansants
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les
Srs Beauchamp, jouan, Chicanneau, Favier, Noblet,
Mayeux
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Bergers
dansants
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les
Srs Chicanneau, Saint-André, La Pierre,
Favier
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Bergères
dansantes
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les
Srs Bonard, Arnald, Noblet, Foignard
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Satyre chantant
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le
Sr Estival
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Suivant de Bacchus
chantant
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le
Sr Gingan
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Suivants de Bacchus
dansants
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les
Srs Beauchamp, Dolivet, Chicanneau,
Mayeux
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Bacchantes
dansantes
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les
Srs Paysan, Manceau, Le Roy, Pesan
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Un berger
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le
Sr Le Gros
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Scene
1
George Dandin, Bergers déguisés en valets de
fête, Bergers jouant de la flûte
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Quatre
bergers déguisés en valets de fêtes,
accompagnés de quatre bergers jouant de la
flûte, entrent en dansant, et obligeant George Dandin
de danser avec eux.
George Dandin, mal satisfait de son mariage et n'ayant
l'esprit rempl que de fâcheuses pensées, quitte
bientôt les bergers, avec lesquels il n'a
demeuré que par contrainte.
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Climène:
L'autre jour, d'Anette
J'entendis la voix,
Qui sur sa musette
Chantoit dans nos bois:
Amour, que sous ton empire
On souffre des maux cuisants !
Je le puis bien dire,
Puisque je le sens.
Chloris:
La jeune Lisette,
Au même moment,
Sur le ton d'Anette
Reprit tendrement:
Amour, si sous ton empire
Je souffre des maux cuisants,
C'est de n'oser dire
Tout ce que je sens.
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Scene
3
Tircis, Philène, Climène,
Cholris
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Chloris:
Laisse-nous en repos, Philène.
Climène:
Tircis, ne viens point m'arrêter.
Tircis
& Philène ensemble:
Ah ! belle inhumaine,
Daigne un moment m'écouter.
Climène
& Chloris ensemble:
Mais que veux-tu me conter ?
Tircis
& Philène:
Que d'une flamme immortelle
Mon coeur brûle sous tes lois.
Climène
& Chloris:
Ce n'est pas une nouvelle,
Tu me l'as dit mille fois.
Philène,
à Chloris:
Quoi : veux-tu, toute ma vie,
Que j'aime et n'obtienne rien ?
Chloris:
Non, ce n'est pas mon envie;
N'aime plus, je le veux bien.
Tircis,
à Climène:
Le ciel me force à l'hommage
Dont tous les bois sont témoins.
Climène:
C'est au ciel, puisqu'il t'engage,
A te payer de tes soins.
Philène,
à Chloris:
C'est par ton mérite extrême
Que tu captives mes voeux.
Chloris:
Si je mérite qu'on m'aime,
Je ne dois rien à tes feux.
Tircis
& Philène:
L'éclat de tes yeux me tue.
Climène
& Chloris:
Détourne de moi tes pas.
Tircis
& Philène:
Je me plais dans cette vue.
Climène
& Chloris:
Berger, ne t'en plains donc pas.
Philène:
Ah ! belle Climène !
Tircis:
Ah ! belle Chloris !
Philène,
à Climène:
Rends-la pour moi plus humaine.
Tircis,
à Chloris:
Dompte pour moi ses mépris.
Climène,
à Chloris:
Sois sensible à l'amour que te porte
Philène.
Chloris,
à Climène:
Sois sensible à l'ardeur dont Tircis est
épris.
Climène,
à Chloris:
Si tu veux me donner ton exemple, bergere,
Peut-être je le recevrai.
Chloris,
à Climène:
Si tu veux te résoudre à marcher la
première,
Possible que je te suivrai.
Climène
& Chloris:
Adieu, berger.
Climène,
à Philène:
Attends un favorable sort.
Chloris,
à Tircis:
Attends un doux succès du mal qui te
possède.
Tircis:
Je n'attends aucun remède.
Philène:
Et je n'attends que la mort.
Tircis
& Philène:
Puisqu'il nous faut languir en de tels
déplaisirs,
Mettons fin, en mourant, à nos tristes
soupirs.
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Acte
Premier
Second
Intermede
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Scene
1
George Dandin, une Bergere
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La
Bergère vient apprendre à George Dandin le
désespoir de Tircis et de Philène, qui se sont
précipités dans les eaux. Geroge Dandin,
agité d'autres inquiétudes, la quitte en
colère
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Chloris:
Ah ! mortelles douleurs !
Qu'ai-je plus à prétendre ?
Coulez, coulez, mes pleurs:
Je n'en puis trop répandre.
Pourquoi faut-il qu'un tyrannique honneur
Tienne notre ame en esclavage asservie ?
Hélas ! pour contenter sa barbare rigueur,
J'ai réduit mon amant à sortir de la vie
!
Ah !
mortelles douleurs !
Qu'ai-je plus à prétendre ?
Coulez, coulez, mes pleurs:
Je n'en puis trop répandre.
Me puis-je
pardonner dans ce funeste sort
Les sévères froideurs dont je m'étois
armée ?
Quoi donc ! mon cher amant, je t'ai donné la mort
!
Est-ce le prix, hélas ! de m'avoir tant aimée
?
Ah !
mortelles douleurs !
Qu'ai-je plus à prétendre ?
Coulez, coulez, mes pleurs:
Je n'en puis trop répandre.
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Acte
Second
Troisieme
Intermede
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Scene
1
George Dandin, une Bergere, des Bateliers
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La
bergère qui avoit annoncé à Geroge
Dandin le malheur de Tircis et Philène, lui vient
dire que ces bergers ne sont point morts, et lui montre les
bateliers qui les ont sauvés. George Dandin
n'écoute pas plus trnaquillement ce second
récit de la bergère qu'il n'avoit fait le
premier, et se retire.
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|
Les
bateliers qui ont sauvé Tircis et Philène,
ravis de la récompense qu'il ont reçue,
expriment leur joie en dansant, et font une manière
de jeu avec leurs crocs.
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Acte
Troisieme
Quatrieme
Intermede
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Scene
1
George Dandin, un Paysan
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Le
paysan, ami de George Dandin, lui conseille de noyer dans le
vin toutes ses inquiétudes, et l'emmène pour
joindre sa troupe, voyant venir toute la foule des bergers
amoureux, qui commencent à célébrer par
des chants et des danses le pouvoir de l'Amour.
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Scene
2
Chloris, Climène, Tircis, Philène,
Choeur de bergers chantans, Bergers & Bergères
dansants
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Le
théatre change, et représente de grandes
roches entremêlées d'arbres où l'on voit
plusieurs bergers qui jouent des instruments.
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Chloris:
Ici l'ombre des ormeaux
Donne un teint frais aux herbettes,
Et les bords de ces ruisseaux
Brillent de mille fleurettes
Qui se mirent dans les eaux.
Prenez, bergers, vos musettes,
Ajustez vos chalumeaux,
Et mêlons nos chansonnettes
Aux chants des petits oiseaux.
Le zéphyr entre ces eaux
Fait mille courses secrêtes;
Et les rossignols nouveaux
De leurs douces amourettes
Parlent aux tendres rameaux.
Prenez,
bergers, vos musettes,
Ajustez vos chalumeaux,
Et mêlons nos chansonnettes
Aux chants des petits oiseaux.
Première
Entrée de Ballet
Bergers & Bergères
dansants
|
Climène:
Ah ! qu'il est doux, belle Sylvie,
Ah ! qu'il est doux de s'enflammer !
Il faut retrancher de la vie
Ce qu'on en passe sans aimer.
Chloris:
Ah ! les beaux jours qu'Amour nous donne,
Lorsque sa flamme unit les coeurs !
Est-il ni gloire ni couronne
Qui vaille ses moindres douceurs ?
Tircis:
Qu'avec peu de raison on se plaint d'un martyre
Que suivent de si doux plaisirs !
Philène:
Un moment de bonheur dans l'amoureux empire
Répare dix ans de soupirs.
Tous
ensemble:
Chantons tous de l'Amour le pouvoir adorable;
Chantons tous dans ces lieux
Ses attraits glorieux:
Il est le plus aimable
Et le plus grand des dieux.
|
Scene
3
Un Satyre, un Suivant de Bacchus, Choeurs de Satyres
chantants,
Suivants de Bacchus & Bacchantes dansants,
Chloris, Climène, Tircis, Philène,
Choeur de bergers chantans, Bergers & Bergères
dansants
|
|
Un
grand rocher couvert d'arbres, sur lequel est assise toute
la troupe de Bacchus, s'avance sur le bord du
Théâtre
|
|
Le
Satyre:
Arrêtez, c'est trop entreprendre;
Un autre dieu, dont nous suivons les lois,
S'oppose à cet honneur qu'à l'Amour osent
rendre
Vos musettes et vos voix:
A des titres si beaux Bacchus seul peut
prétendre,
Et nous sommes ici pour défendre ses
droits.
Le Choeur
des Satyres:
Nous suivons de Bacchus le pouvoir adorable:
Nous suivons en tous lieux
Ses attraits glorieux:
Il est le plus aimable
Et le plus grand des dieux.
Deuxième
Entrée de Ballet
Suivants de Bacchus & Bacchantes
dansants
|
Chloris:
C'est le printemps qui rend l'ame
A nos champs semé de fleurs;
Mais c'est l'Amour et sa flamme
Qui font revivre nos coeurs.
Un suivant
de Bacchus:
Le soleil chasse les ombres
Dont le ciel est obscurci;
Et des ames les plus sombres
Bacchus chasse le souci.
Le Choeur
des Suivants de Bacchus:
Bacchus est révéré sur la terre et sur
l'onde.
Le Choeur
des Suivants de l'Amour:
Et l'Amour est un dieu qu'on adore en tous lieux.
Le Choeur
des Suivants de Bacchus:
Bacchus à son pouvoir a soumis tout le
monde.
Le Choeur
des Suivants de l'Amour:
Et l'Amour a dompté les hommes et les
dieux.
Le Choeur
des Suivants de Bacchus:
Rien ne peut égaler sa douceur sans seconde
?
Le Choeur
des Suivants de l'Amour:
Rien ne peut-il égaler ses charmes précieux
?
Le Choeur
des Suivants de Bacchus:
Fi de l'Amour et de ses feux !
Le Choeur
des Suivants de l'Amour:
Ah ! quel plaisir d'aimer !
Le Choeur
des Suivants de Bacchus:
Ah ! quel plaisir de boire !
Le Choeur
des Suivants de l'Amour:
A qui vit sans amour la vie est sans appas.
Le Choeur
des Suivants de Bacchus:
C'est mourir que de vivre et de ne boire pas.
Le Choeur
des Suivants de l'Amour:
Aimables fers !
Le Choeur
des Suivants de Bacchus:
Douce victoire !
Le Choeur
des Suivants de l'Amour:
Ah ! quel plaisir d'aimer !
Le Choeur
des Suivants de Bacchus:
Ah ! quel plaisir de boire !
Tous
ensemble:
Non, non, c'est un abus:
Le plus grand dieu de tous...
Le Choeur
des Suivants de l'Amour:
C'est l'Amour.
Le Choeur
des Suivants de Bacchus:
C'est Bacchus.
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Scene
4
Un Berger,
un Satyre, un Suivant de Bacchus, Choeurs de Satyres
chantants,
Suivants de Bacchus & Bacchantes dansants,
Chloris, Climène, Tircis, Philène,
Choeur de bergers chantans, Bergers & Bergères
dansants
|
|
Le
Berger:
C'est trop, c'est trop, bergers. Hé ! pourquoi ces
débats ?
Souffrons qu'en un parti la raison nous assemble.
L'Amour a des douceurs, Bacchus a des appas;
Ce sont deux déités qui sont fort bien
ensemble;
Ne les séparons pas.
Les deux
Choeurs:
Mêlons donc leurs douceurs aimables:
Mêlons nos voix dans ces lieux agréables,
Et faisons répéter aux échos
d'alentour
Qu'il n'est rien de plus doux que BAcchus et
l'Amour.
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Troisieme
Entrée de Ballet
|
[Les
bergers et les bergères se mêlent avec les
suivants de Bacchus et les Bacchantes. Les suivants de
Bacchus frappent avec leurs thyrses les espèces de
tambours de Basques que portent les bacchantes pour
représenter ces cribles qu'elles portoient
anciennement aux fêtes de Bacchus; les uns et les
autres font différentes postures, pendant que les
bergers et les bergères dansent plus
sérieusement]
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