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ou le Remede à la Mode Comedie-Ballet
en I Prologue & III
Actes représentée
par l'Academie Royale de Musique de Lyon, |
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La
Medecine
chante [Parodie
de la Scene d'Amisodar dans
Bellerophon] Que tout
seconde ici mon desespoir affreux. [douze
Apoticaires entrent portant des Seringues. Ils sont suivis
de quatre grandes urnes sur lesquelles sont écrits
les noms des drogues qui sont dedans. Douze Medecins les
suivent, & après quelques
cérémonies les Medecins se rangent d'un
côté du Théatre & les Apoticaires de
l'autre] Un
Apoticaire Mon
terrible secours vous est-il necessaire, La
Medecine Verra t'on
malgré nous l'excrément d'une Vache Le
Choeur 1.
Medecin 2.
Medecin 3.
Medecin 4.
Medecin 1.
Apoticaire 5.
Medecin 6.
Medecin 7.
Medecin 8.
Medecin [les
Medecins & les Apoticaires repettent le Choeur "Verra
t'on, &c." après lequel les Violons joüent
une Ritournelle] La
Medecine,
un Medecin
& un
Apoticaire Un
Medecin,
à la Medecine [Momus
paroit assis sur un nuage, une Vache à ses pieds
ornée de Guirlandes de fleurs] Un
Medecin La
Medecine Le
Choeur Momus Le
Choeur des Medecins & des Apoticaires Momus,
descend pendant que le Choeur chante & il
continuë La
Medecine Momus La
Medecine Momus Le
Choeur
Les Peuples soumis à ma loy
Du soin de leur santé se réposoient sur
moy:
Avant qu'un mortel téméraire
De son nouveau secret ût infecté ces lieux.
Je viens à cet audacieux
Faire sentir l'effet de ma juste colere...
Mais tandis que je perds le tems en vains discours
Un si fatal abus prend un trop libre cours:
Mille foibles mortels qui bravent ma puissance,
Riront de mon dépit avec impunité:
Contre ce mépris qui m'offence
Armons toute la Faculté.
Chers Compagnons de mon sort rigoureux,
Pour m'écouter du fond de vos boutiques
Suspendez quelques temps le soin de vos pratiques.
Et vous à me servir employés tant de fois
Ministres de mon art acourez à ma voix.
[Parodie
du recit de Meduse dans Persée]
Faut-il purger quelqu'un ou donner un Clistere ?
Faut-il pour vous servir déployer à vos
yeux
Les funestes secrets de mon art dangereux ?
Ordonnez: j'y vais en personne.
Vous n'avez qu'à nommer le mortel malheureux
Que vous voulez que j'empoisonne.
Des Eaux de Mille-Fleurs, l'effet imaginaire
A sçu trop s'emparer du credule vulguaire.
Par l'erreur dont il est seduit,
Si l'on n'aporte un prompt remede
A la fureur qui le possede,
Nous allons voir bien-tôt nôtre pouvoir
detruit.
Servir de remede à tous maux ?
Qu'à venger cette affront tout nôtre soin
s'attache,
Décrions en tous lieux la vertu de ces
Eaux.
Verra t'on malgré nous l'excrément d'une
Vache
Servir de remede à tous maux ?
Qu'à venger cette affront tout nôtre soin
s'attache,
Décrions en tous lieux la vertu de ces
Eaux.
Je crois à vous parler net
Que c'est-là tout ce qu'on peut faire.
Ce mépris est un sujet
Digne de nôtre colere.
Il est de nôtre interêt
De pourvoir à cette affaire.
Si nous souffrons cet abus
Nous n'aurons plus de pratiques.
Et quand vous n'en aurez plus
Il faudra fermer nos boutiques.
Ne souffrons pas de nos jours
Une pareille infamie.
Ne souffrons point que sans nôtre secours
(Dût'il en coûter la vie,)
On ose arrêter le cours
De la moindre maladie.
Unissons tous nos efforts
Ne songeons qu'à nous deffendre.
Que dans l'empire des morts
Nul mortel n'ose descendre
Sans un de nos passe ports.
Mais quels sons harmonieux
Se font entendre dans ces lieux !
Comme on vous fait ici, quelqu'un de nos malades
Vous fait donner des serenades,
Et tout l'honneur en est à vous.
Quelle Divinité grotesque
Dans cet equipage burlesque
Descend jusqu'à nous !
Vient elle consulter sur quelque maladie ?
Je reconnois Momus Dieu de la Raillerie.
Pour l'écoûter taisons-nous tous.
Moderez les transports d'une injuste vengeance:
Vos cris importunent les Dieux
Et je descens exprés des Cieux
Pour vous imposer silence.
En faveur de l'aimable Isis
Epargnez-nous d'inutiles cris:
Le souvenir de sa metamorphose
Interesse tous les Dieux.
Ils ne veulent pas qu'on s'opose
A ce culte nouveau qu'on lui rend en ces lieux.
Cedons, cedons il faut nous rendre:
Nous ne saurions nous en défendre.
En dépit de vos clameurs:
Quelques Divinités du plus sublime êtage,
Pour lui faire la cour dans le prochain Village
Viendront faire l'essai de l'eau de mille Fleurs.
De quel usage
Peuvent leur être ces eaux ?
Les Dieux ressentent'ils les maux
Dont on pretend guerir par ce fatal breuvage ?
Quoique tout comble leurs souhaits,
On voit dans le siecle ou nous sommes
Que les plus grands Dieux sont sujets
Aux moindres foibellses des hommes.
Mais ces Eaux seront sans effet
Pour des Beautez éternelles,
Et ce remede n'est fait
Que pour de simples mortelles.
Dans les Cieux, tout comme icy bas:
Chez les plus grandes Déesses
L'on voit des foiblesses:
Tout comme icy bas.
De tout, leurs esprits s'acomode,
Elles aiment la nouveauté,
Et leur vanité
S'attache à la mode.
Le soin de leur teint,
De leur embonpoint,
Toûjours les occupe:
Et de leurs apas
On est souvent la duppe
Tout comme icy bas:
Quand on ne s'en deffend pas.
Que chacun de vous se retire:
De vous venger laissez moi le souci.
Quoi qu'on n'en manque pas ici:
Je vais chercher ailleurs des sujets de satire.
Par ordre du maitre des Dieux
Je dois viviter ces lieux
Où mille objets nouveaux que ce remede atire
Avant que je remonte aux Cieux
Me fourniront assez dequoi le faire rire:
Railler, folatrer, & médire,
C'est mon emploi le plus sérieux.
Cedons, cedons il faut nous rendre:
Nous ne saurions nous en défendre.

I.
Intermede
Une
Troupe de gens masqués entre en dançant, &
l'on chante ce qui suit sur un Menuet.
Une
Femme Masquée C'est
le printems, &c. [les
Masques dancent le même Menuet, & la même
Femme continuë] Ici
l'amour nous accompagne, Ici
l'amour, &c. [on
dance une Gavotte, sur laquelle on chante les paroles
suivantes] Un
Homme Masqué Pour
gouter, &c. [une
Femme Masquée dance la même Gavotte, & l'on
continuë] Un
Homme Masqué C'est
au feu, &c. [aprés
ce couplet les Masques dancent, & se
retirent]
C'est le printems qui nous rassemble
Dans ces paisibles Cantons.
Nous y faisons regner ensemble
Les plaisirs de toutes les Saisons.
Il vient combler nos desirs.
La liberté de la Campagne
Authorise nos plaisirs.
Pour gouter des douceurs parfaites,
Ne donnons pas tout à l'amour.
Dans nos plus Galantes Fêtes
Bacus doit regner à son tour.
C'est au feu que Bacus fait naître
Qu'amour allume son flambeau:
Par tout où l'on le voit parêtre
Les plaisirs ont un charme nouveau.

II. Intermede
Le
Cabinet s'ouvre de lui même. Il en sort des Indiens
qui forment une entrée aprez laquelle d'autres
Indiens ameinent des petites Pagodes jusques sur le devant
du Théatre. Les Indiens recommencent une autre
entrée: Ensuite l'on ameine une Grande Pagode qui
chante. Les Indiens dancent, & se retirent dans leur
Cabinet avec les Pagodes. Le Cabinet se referme &
disparoit.

III. Intermede
Les
amis de Valere avec les buveurs d'eau de mille Fleurs
dancent, & aprés cette entrée un homme de
la compagnie chante.
Un
Homme Le
Choeur Deux
Femmes Le
Choeur A
Deux Le
Choeur [on
dance plusieurs entrées, aprés lesquelles
Lucas vient chanter] Lucas [toute
la Compagnie dance un menuet sur lequel on chante les
couplets suivants, & à la fin de chaque couplet
le Choeur repette les deux derniers Vers] La
Montagne Le
Choeur Valere Le
Choeur Julie Le
Choeur Angelique Le
Choeur Clitandre Le
Choeur Thoinette Le
Choeur Lucas Le
Choeur La
Tour Le
Choeur Catho Le
Choeur Catho Le
Choeur Catho Le
Choeur
Par nos jeux & par nos chants,
Redoublons les plaisirs de ces heureux Amans.
Par nos jeux & par nos chants,
Redoublons les plaisirs de ces heureux Amans.
Aprés les rigoureux tourmens
Que cause une absence cruelle,
Qu'il est doux de trouver un coeur toûjours
fidelle.
Par nos jeux, &c.
Joüissez d'un bon-heur extreme,
Amans soyez toûjours constants.
Est-il de plaisirs plus charmants
Que d'aimer tendrement & d'étre aimé de
méme.
Par nos jeux, &c.
Nous allons fermer boutique
Il n'est plus d'Eau de Mille-Fleurs:
Qu'on ne parle plus de vapeurs,
De migraine, ni de colique.
Si quelqu'un de ces maux vous tian
Venez à nôtre Apotiquaire,
Il vous débitera pour rian
Un remede plus salutaire.
Quelque soit le mal qui vous presse,
Ne courez plus au medecin:
Profritez des plaisirs, un peu d'allegresse
Est un remede souverain.
Profritez des plaisirs, un peu d'allegresse
Est un remede souverain.
Contre les rigueurs de l'absence
Un tendre coeur murmure envain:
Pour voir finir ses maux; un peu de constance
Est un remede souverain.
Pour voir finir ses maux; un peu de constance
Est un remede souverain.
Loin de gemir, & de se plaindre
Des loix d'un rigoureux destin,
Pour le faire changer, savoir l'art de feindre,
Est un remede souverain.
Pour voir finir ses maux; un peu de constance
Est un remede souverain.
Auprés d'une beauté volage
Voulez-vous faire du chemin ?
N'aimez que le plaisir, & le badinage:
C'est un remede souverain.
N'aimez que le plaisir, & le badinage:
C'est un remede souverain.
Loin de ces eaux qu'on vous propose,
Un peu d'absence, un peu de vin:
Pour soulager les maux que l'amour vous cause,
Sont un remede souverain.
Pour soulager les maux que l'amour vous cause,
Sont un remede souverain.
Lors qu'une beauté coquette
Les apas sont sur leur declin,
Pour cacher son depit, la prompte retraitte
Est un remede souverain.
Pour cacher son depit, la prompte retraitte
Est un remede souverain.
Pour éviter le cocuage,
Et vous épargner du chagrin:
Il faut vos vieux ans fuir le Mariage;
C'est un remede souverain.
Il faut vos vieux ans fuir le Mariage;
C'est un remede souverain.
Pour contenter ma fantaisie,
Je m'en-yvre soir, & matin.
Pour banir le souci des maux de la vie,
C'est un remede souverain.
Pour banir le souci des maux de la vie,
C'est un remede souverain.
Pour conserver son pucelage,
Et pour n'en voir jamais la fin,
Jeunes Filles, restez toûjours à mon
âge:
C'est un remede souverain.
Jeunes Filles, restez toûjours à mon
âge:
C'est un remede souverain.
Si de l'objet qui vous engage
L'humeur vous cause du chagrin,
Par un heureux effort fortez d'esclavage:
C'est un remede souverain.
Par un heureux effort fortez d'esclavage:
C'est un remede souverain.
En dépit de la résistance,
On réduit un esprit mutin.
A tous ses vains détours, oposez la
puissance,
C'est un remede souverain.
A tous ses vains détours, oposez la
puissance,
C'est un remede souverain.

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