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Le Divertissement Royal de 1670
meslé de Comedie, de Musique, & d'Entrées de Ballet
Les Vers & la Pièce ' les Amans Magnifiques' sont de Molière
musique de: Jean-Baptiste Lully
 

PREMIERE [sic] INTERMEDE

Le Theatre s'ouvre à l'agreable bruit de quantité d'instrumens, & d'abord il offre aux yeux une vaste Mer, bordée de chaque costé que quatre grands Rochers, dont le sommet porte chacun un Fleuve, accoudé sur les marques de ces sortes de Deïtez. Au pied de ces Rochers sont douze Tritons de chaque costé, & dans le milieu de la Mer quatre Amours montez sur des Dauphins, & derriere eux le Dieu Aeole élevé au dessus des Ondes sur un petit nüage. Aeole commande aux Vents de se retirer, & tandis que les Amours, les Tritons, & les Fleuves luy répondent, la Mer se calme, & au milieu des Ondes on voit s'élever une Isle. Huit Pescheurs sortent du fond de la Mer avec des nacres de Perles, & des branches de Corail, & apres une Dançe agreable vont se placer chacun sur un Rocher au dessous d'un Fleuve. Le Choeur de la Musique annonce la venuë de Neptune, & tandis que ce Dieu dançe avec sa suite, les Pescheurs, les Tritons, & les Fleuves accompagnent ses pas de gestes differents, & de bruit de conques de Perles. Tout ce Spectacle est une Magnifique Galanterie, dont l'un des Princes regalle sur la Mer la promenade des Princesses.

Recit d'Aeole
Monsieur d'Estival

Vents, qui troublez les plus beaux jours,
Rentrez dans vos grotes profondes;
Et laissez regner sur les ondes
Les Zephirs & les Amours.


Un Triton:
Quels beaux yeux ont percé nos demeures humides ?
Venez venez Tritons, cachez vous Nereïdes.

Tous les Tritons:
Allons tous au devant de ces Divinitez,
Et rendons par nos chants hommage à leurs beautez.

Un Amour:
Ah que ces Princesses sont belles !

Un autre Amour:
Quels sont les coeurs qui ne se rendroient pas ?

Un autre Amour:
La plus belles des immortelles,
Nostre Mere, a bien moins d'appas.

Le Choeur:
Allons tous au devant de ces Divinitez,
Et rendons par nos chants hommage à leurs beautez.

Un Triton:
Quel noble spectacle s'avance !
Neptune le grand Dieu, Neptune avec sa Cour
Vient honorer ce beau jour
De son Auguste presence.

Le Choeur:
Redoublons nos Concerts,
Et faisons retentir dans le vague des Airs
Nostre réjoüissance.

pour Le Roy, representant Neptune

Le Ciel entre les Dieux les plus considerez
Me donne pour partage un rang considerable,
Et me faisant regner sur les flots azurez
Rend tout à l'Univers mon pouvoir redoutable.

Il n'est aucune terre à me bien regarder
Qui ne doive trembler que je ne m'y répande;
Point d'Etats qu'à l'instant je ne pusse innonder
Des flots impetueux que mon pouvoir commande.

Rien n'en peut arrester le fier débordement,
Et d'une triple digue à leur force opposée
On les verroit forcer le ferme empeschement,
Et se faire en tous lieux une ouverture aysée.

Mais je sçay retenir la fureur d eces flots
Par la sage équité du pouvoir que j' exerce,
Et laisser en tous lieux au gré des Matelots
La douce liberté d'un paisible commerce.

On trouve des Ecueils par fois dans mes Etats,
On void quelques Vaisseaux y perir par l'orage:
Mais contre ma puissance on n'en murmure pas,
Et chez moy la Vertu ne fait jamais naufrage.


pour
Monsieur Le Grand

L'Empire où nous vivons est fertile en tresors,
Tous les mortels en foule accourent sur ces bords,
Et pour faire bien-tost une haute fortune,
Il ne faut rien qu'avoir la faveur de
NEPTUNE.


pour
le Marquis de Villeroy

Sur la foy de ce Dieu de l'Empire flottant
On peut bien s'embarquer avec toute asseurance;
Les flots ont de l'inconstance;
Mais le
NEPTUNE est constant.


pour
le Marquis de Rassent

Voguez sur cette Mer d'un zele inesbranlable,
C'est le moyen d'avoir
NEPTUNE favorable.

Le Premier Acte de la Comedie

Qui se passe dans l'agreable solitude de la Vallée de Tempé.

SECOND INTERMEDE

La confidente de la jeune Princesse luy produit trois Dançeurs, sous le nom de Pantomimes; c'est à dire qui expriment par leurs gestes toutes sortes de choses. La Princesse les voit dançer, & les reçoit à son service.


Le Second Acte de la Comedie

TROISIESME INTERMEDE

Le Theatre est une Forest, ou la Princesse est invitée d'aller, une Nymphe luy en fait les honneurs en chantant, & pour le divertissement on luy jouë une petite Comedie en musique, dont voicy le sujet: Un Berger se plaint à deux Bergers ses amis des froideurs de celle qu'il aymen les deux amis le consolent; & comme la Bergere aymée arrive, tous trois se retirent pour l'observer, apres quelque plainte amoureuse elle se repose sur un gazon, & s'abandonne aux douceurs du sommeil; l'Amant fait approcher ses amis pour contempler mes graces de la Bergere, & invite toutes choses à contribüer à son repos; La Bergere en s'eveillant, voit son Berger à ses pieds, se plaint de sa poursuite: Mais considerant sa constance elle luy accorde sa demande, & consent d'en estre aymé en presence des deux Bergers amis: Deux Satyres arrivant se plaignent de son changement, & estant touchez de cette disgrace, cherchent leur consolation dans le vin.

PROLOGUE

La Nymphe de Tempé:
Venez grande Princesse avec tous vos appas,
Venez prester vos yeux aux innocens ébas
Que nostre desert vous presente;
Ny cherchez point l'éclat des Festes de la Cour,
On ne sent icy que l'amour,
Ce n'est que d'amour qu'on y chante.


Scene premiere
Tircis

Tircis:
Vous chantez sous ces feüillages,
Dous Roßignols pleins d'amour,
Et de vos tendres ramages
Vous réveillez tour à tour
les échos de ces bocages:
Helas ! petits oyseaux, helas !
Si vous aviez mes maux vous ne chanteriez pas.


Scene 2
Licaste, Menandre, Tircis

Licaste:
Hé quoy toûjours languissant, sombre, & triste ?

Menandre:
Hé quoy toûjours aux pleurs abandonné ?

Tircis:
Toûjours adorant Caliste,
Et toûjours infortuné.

Licaste:
Domte, domte, Berger, l'ennuy qui te possede.

Tircis:
Eh le moyen , helas !

Menandre:
Fais, fais-toy quelque effort.

Tircis:
Eh, le moyen, helas ! quand le mal est trop fort ?

Licaste:
Ce mal trouvera son remede.

Tircis:
Ie ne gueriray qu'à ma mort.

Licaste & Menandre:
Ah Tircis !

Tircis:
Ah Bergers !

Licaste & Menandre:
Prens sur toy plus d'empire.

Tircis:
Rien ne me peut plus secourir.

Licaste & Menandre:
C'est trop, c'est trop ceder.

Tircis:
C'est trop, c'est trop souffrir.

Licaste & Menandre:
Quelle foiblesse !

Tircis:
Quel martire !

Licaste & Menandre:
Il faut prendre courage.

Tircis:
Il faut plutost mourir.

Licaste:
Il n'est point de Bergere
Si froide, & si severe,
Dont la pressante ardeur
D'un coeur qui persevere
Ne manque que la froideur.

Menandre:
Il est dans les affaires
Des amoureux misteres,
Certains petits momens
Qui chantent les plus fieres,
Et font d'heureux Amans.

Tircis:
Ie la voy, la cruelle,
Qui porte icy ses pas,
Gardons d'estre veu d'elle,
L'Ingrate , helas !
N'y viendroit pas.


Scene 3
Caliste

Caliste:
Ah que sur nostre ame
La severe Loy de l'honneur
Prend un cruel empire !
Ie ne fais voir que rigueurs pour Tircis,
Et cependant sensible à ses cuisans soucis,
De la langueur en secret je soupire,
Et voudrois bien soulager son martire,
C'est à vous seuls que je dis,
Arbres, n'allez pas le redire.

Puisque le Ciel a voulu nous former
Avec un coeur qu'Amour peut 'enflammer,
Quelle rigueur impitoyable
Contre des traits si doux nous force à nous armer,
Et pourquoy sans estre blasmable
Ne peut-on pas aymer
Ce que l'on trouve aymable.

Helas ! que vous estes heureux
Innocens Animaux de vivre sans contrainte,
Et de pouvoir suivre sans crainte
Les doux emportemens de vos coeurs amoureux:
Helas ! petits oyseaux que vous estes heureux
De ne sentir nulle contrainte,
Les doux emportemens de vos coeurs amoureux

Mais le sommeil sur ma paupiere
Verse de ses Pavots l'agreable fraischeur,
Donnons-nous à luy toute entiere,
Nous n'avons point de Loy severe
Qui deffende à nos sens d'en gouster la douceur.


Scene 4
Tircis, Licaste, Menandre, Caliste

Tircis:
Vers ma belle ennemie
Portons sans bruit nos pas,
Et ne reveillons pas
Sa rigueur endormie.

Tous trois:
Dormez, dormez beaux yeux, adorables vainqueurs,
Et goustez le repos que vous ostez aux coeurs,
Dormez, dormez beaux yeux.

Tircis:
Silence petits oyseaux,
Vents n'agitez nulle chose,
Coulez doucement ruisseaux,
C'est Caliste qui repose.

Tous trois:
Dormez, dormez beaux yeux, adorables vainqueurs,
Et goustez le repos que vous ostez aux coeurs,
Dormez, dormez beaux yeux.

Caliste:
Ah quelle peine extréme !
Suivre par tout mes pas.

Tircis:
Que vouslez-vous qu'on suive, helas !
Que ce qu'on ayme.

Caliste:
Berger que voulez-vous ?

Tircis:
Mourir belle Bergere,
Mourir à vos genoux,
Et finir ma misere,
Puisqu'en vain à vos pieds on me voit soupirer,
Il y faut expirer.

Caliste:
Ah Tircis, ostez-vous, j'ay peur que dans ce jour
La pitié dans mon coeur n'introduise l'amour.

Licaste & Menandre, l'un apres l'autre:
Soit amour, soit pitié;
Il sied bien d'estre tendre;
C'est par trop vous deffendre
Bergere, il faut se rendre
A sa longue amitié,
Soit amour, soit pitié;
Il sied bien d'estre tendre.

Caliste:
C'est trop, c'est trop de rigueur,
I'ay mal-traitté vostre ardeur
Cherissant vostre personne,
Vangez-vous de mon coeur
Tircis, je vous le donne.

Tircis:
O Ciel ! Bergers ! Caliste ! ah je suy hots de moy !
Si l'on meurt de plaisir je dois perdre la vie.

Licaste:
Digne prix de ta foy.

Menandre:
O sort digne d'envie !


Scene 5
Deux Satyres, Tircis, Licaste, Menandre, Caliste

Ir Satyre:
Quoy tu me fuis ingrate, & je te vois icy
De ce Berger à moy faire une preference ?

IIE Satyre:
Quoy mes soins n'ont rien pû sur ton indifference,
Et pour ce langoureux ton coeur s'est adoucy ?

Caliste:
Le destin le veut ainsi,
Prenez tous deux patience.

Ir Satyre:
Aux amans qu'on pousse à bout
L'amour fait verser des larmes:
Mais ce n'est pas nostre goust,
Et la bouteille a des charmes
Qui nous consolent de tout.

IIe Satyre:
Nostre amour n'a pas toûjours
Tout le monde qu'il desire:
Mais nous avons un secours,
Et le bon vin nous fait rire
Quand on rit de nos amours.

Tous:
Champestres Divinitez,
Faunes, Driades, sortez
De vos paisibles retraites;
Meslez vos pas à nos sons,
Et tracez sur les herbettes
L'image de nos chansons.

[en mesme temps six Driades & six Faunes sortent de leurs demeures, & font ensemble une dançce agreable, qui s'ouvrant tout d'un coup, laisse voir un Berger & une Bergere qui font en Musique une petite Scene d'un dépit amoureux]

Depit amoureux
Climene, Philinte

Philinte:
Quand je plaisois à tes yeux
I'estois content de ma vie,
Et ne voyois Roy ny Dieux
Dont le sort me fit envie.

Climene:
Lors que tout autre personne
Me preferoit ton ardeur,
I'aurois quitté la Couronne
Pour regner dessus ton coeur.

Philinte:
Un autre a guery mon ame
Des feux que j'avois pour toy.

Climene:
Un autre a vangé ma flame
Des foiblesses de ta foy.

Philinte:
Cloris qu'on vante si fort,
Mesme d'une ardeur fidelle,
Si ses yeux vouloient ma mort
Ie mourrois content d'elle.

Climene:
Mirtil si digne d'envie,
Me cherit plus que le jour,
Et moy je perdrois la vie
Pour luy montrer mon amour.

Philinte:
Mais si d'une douce ardeur
Quelque renaissante trace
Chassoit Cloris de mon coeur
Pour te mettre en sa place.

Climene:
Bien qu'avec pleine tendresse
Mirtil ne puisse cherir,
Avec toy, je le confesse,
Ie voudrois vivez & mourir.

Tous deux ensemble:
Ah plus que jamais aymons nous,
Et vivons, & mourons en des liens si doux.

Tous les Acteurs de la Comedie chantent:
Amans que vos querelles
Sont aymables & belles,
Qu'on y voit succeder
De plaisirs, de tendresse,
Querellez-vous sans cesse
Pour vous racommoder.

Amans que vos querelles, &c.

[les Faunes & les Driades recommencent leur dançe, que les Bergeres & Bergers Musiciens entre-meslent de leurs Chansons, tandis que trois petites Driades, & trois petits Faunes, font paroistre dans l'enfoncement du Theatre tout ce qui se passe sur le devant]

Les Bergeres & les Bergeres:
Iouïssons, jouïsson des plaisirs innocens
Dont les feux de l'Amour, sçavent charmer nos sens,
Des grandeurs, qui voudra se soucie,
Tous ces honneurs dont on a tant d'envie,
Ont des chagrins qui sont trop cuisans:
Iouïssons, jouïsson des plaisirs innocens
Dont les feux de l'Amour, sçavent charmer nos sens.

En aymant tout nous plaist dans la vie,
Deux coeurs unis de leur sort sont contents,
Cette ardeur de plaisir suivie,
De tous nos jours fait d' éternels printemps:
Iouïssons, jouïsson des plaisirs innocens
Dont les feux de l'Amour, sçavent charmer nos sens.

Le Troisiesme Acte de la Comedie

QUATRIESME INTERMEDE

Le Theatre represente une Grote ou les Princesses vont se promener, & dans le temps qu'elles y entrent huit Statuës portant chacune un flambeau à la main, font une dançe variée de plusieurs belles attitudes, ou elles demeurent par intervales.


Le Quatriesme Acte de la Comedie

CINQUIESME INTERMEDE

Quatre Pantomimes pour épreuve de leur adresse, ajustent leurs gestes & leurs pas aux inquietudes de la jeune Princesse.


Le Cinquiesme Acte de la Comedie

SIXIESME INTERMEDE
qui est la solemnité des Ieux Pythiens

Le Theatre est une grande Salle en maniere d'Amphitheatre ouverte d'une grande Arcade, dans le fond au dessus de laquelle est une Tribune fermée d'un rideau, & dans l'éloignement paroist un Autel pour le Sacrifice. Six hommes presques nus portant chacun une hache sur l'épaule, comme Ministres du Sacrifice, entrent par le Portique au son des Violons, & sont suivis de deux Sacrificateurs Musiciens, & d'une Prestresse Musicienne.


La Prestresse:
Chantez, Peuples, chantez en mille & mille lieux
Du Dieu que nous servons les brillantes merveilles,
Parcourez la Terre & les Cieux,
Vous ne sçauriez chanter rien de plus precieux,
Rien de plus doux pour les oreilles.

Une Grecque:
A ce Dieu plein de force, à ce Dieu plein d'appas,
Il n'est rien qui ne resiste.

Autre Grecque:
Il n'est rien icy bas
Qui par ses bien-faits ne subsiste.

Autre Grecque:
Toute la Terre est triste
Quand on ne le voit pas.

Le Choeur:
Poussons à sa Memoire
Des concerts si touchans,
Que du haut de sa gloire
Il écoute nos chants.

les six hommes portant les haches font entre-eux une dance ornée de toutes les attitudes que peuvent exprimer des gens qui étudient leur force, puis ils se retirent aux deux costez du Theatre pour faire place à six Voltigeurs, qui en cadance font paroistre leur adresse sur des chev aux de bois, qui sont apportez par des Esclaves.

Quatre Femmes & quatre hommes armez à la Grecque, font ensemble une maniere de jeu pour les armes.

La Tribune s'ouvre, un Heros, six Trompettes & un Timballier se meslant à tous les instrumens, annonce avec un grand bruit la venuë d'Apollon.

Le Choeur:
Ouvrons tous nos yeux
A l'éclat suprême
Qui brille en ces lieux.

Quelle grace extrême !
Quel port glorieux !
Où voit-on des Dieux
Qui soyent faits de mesme ?

Apollon au bruit des Trompettes & des Violons entre par la Portique, precedé de six Ieunes gens, qui portent des Lauriers entre-lassez autour d'un baston, & un Soleil d'or au dessus avec la devise Royale en maniere des trophée. Les six jeunes gens, pour dançer avec Apollon, donnent leur trophée à tenir à six hommes qui portent des haches, & commencent avec Apollon une dance heroïque, à laquelle se joignent en diverses manieres les six hommes portant les trophées, les quatre femmes armées avec leur timbres, & les quatre hommes armez avec leurs tambours, tandis que les six Trompettes, le Timballier, les Sacrificateurs, la Prestresse & le Choeur de Musique accompagnent tout cela en s'y meslant par diverses reprises; ce qui finit la feste des Ieux Phytiens & tout le divertissement.


pour
Le Roy, representant le Soleil

Ie suis la source des Clairtez,
Et les Astres les plus vantez
Dont le beau cercle m'environne,
Ne sont brillans & respectez
Que par l'éclat que je leur donne.

Du Char où je me puis asseoir
Ie voy le desir de me voir
Posseder la Nature entiere,
Et le Monde n'a son espoir
Qu'aux seuls bien -faits de ma lumiere.

Bien-heureuses de toutes pars,
Et pleines d'exquises richesses
Les Terres, où de mes regards
I'arreste les douces caresses.


pour
Monsieur Le Grand

Bien qu'aupres du Soleil tout autre éclat s'efface,
S'en éloigner pourtant n'est pas ce que l'on veut,
Et vous voyez bien quoy qu'il fasse
Que l'on s'en tire toûjours le plus prés que l'on peut.


pour
le Marquis de Villeroy

De nostre Maistre incomparable
Vous me voyez inseparable,
Et le zele puißant qui m'attache à ses veux
Le suit parmy les eaux, le suit parmy les feux.


pour
le Marquis de Rassent

Ie ne seray pas vain quand je ne croiray pas
Qu'un autre mieux que moy suive par tout ses pas.