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Monsieur
de la Berchere
Braves que
l'honneur époinçonne, Advances
genereux gend'armes, Ce lis
à trois fleurs argentées, Mais quoy
je vois qu'il se releve, Cavaliers
c'est un sacrilege, Que s'il
semble tourner la course, Vous avez
ames genereuses, Suyvez
donc ceste ardeur bouillante,
Soit pour les labeurs de Bellonnen
Soit dedans la lice d'Amour.
Escoutes ce clairon de gloire,
Avant courrier de la victoire,
Qu'il vous prepare à ce beau jour.![]()
Voyes le guerdon de vos armes,
A la sommite de ce bois:
Quoy qu'eslevé dessus vos testes,
Il faut que toutes vos conquestes,
Sy arrestent pour ceste fois.![]()
Comme en un Ciel d'azur plantées,
N'est deub qu'aux preux, & de grand nom:
Que la l'aché, & bas sen recule,
Außy vient du fort Hercule,
Et de la puissante Iunon.![]()
Et qu'il ne donne point de treve,
A nos coeurs non plus qu'à nos mains:
Que d'aillieurs vous entrés en crainte,
De quelque magique contrainte,
Vieille bourrelle des humains.![]()
De croire que le sortilege,
Puisse quelque chose operer:
Sur un si merveilleux ouvrage,
Ce lis est pour vostre courage,
La vertu le peut esperer.![]()
Vers le Ciel ainsi qu'à sa source,
Et se desrober à vos yeux:
Ce n'est qu'a fin de vous apprendre,
Que pour le iustement pretendre,
Il faut estre des demy Dieux.![]()
En vos coeurs les marques heureuses,
De cesie insigne qualité:
Car souvent le Dieu du tonnerre,
Aux hommes vaillans sur la terre,
Fait part de son authorité.![]()
Arrestes la troupe vaillante,
Et quand il seroit attaché:
Au haut de la voye lactée,
C'est par vostre force indomptée,
Qu'il en debvroit estre arraché.

Mes soeurs
nesleves point vos testes empourprées Mes
feuilles sont d'argent & de laict colorées, Quittes
donc vos desseins, & ne pensez avoir, Il
sçait bien que ie suis la plus belle des fleurs,
Ne mesures vos corps au pris de ma grandeur:
Ie fus droit, satiné, & du fond de mon Coeur,
Se jettent contremont, des chaisnettes
dorées.![]()
Et ie suis de Iunon & la fille, & la fleur:
Qui plus est, dessus vous ie me donne cét heur,
De pouvoir obtenir les choses desirées.![]()
Sur ce brave guerrier, un absolu pouvoir,
Seul ie peux posseder ce courage indomptable:
Et son eslection fait croire veritable,
Qu'un aveugle à present peut yuger des
couleurs.

Vous
faicte bien voir que ces charmes, Ne penses
pas que l'imprudence,
à
Monsieur de la Berchere
Ne refusent la fleur du Lys,
A des guerriers tant accomplis,
Que pour la donner à vos armes:
Que c'est à vous de posseder,
Ce qu'ils sont contents de ceder,
Au merite de vostre gloire:
Et que mesme vostre vertu,
Vous asseuroit de la victoire,
Avant que d'avoir combatu.![]()
Ayt porté leur temerité,
A chercher de la venité,
Dans un tel exces d'arrogance:
Car ils confessent que le sort,
Ne pouvoit vous l'oster qu'à tort,
Et sçavent bien que les services,
Faits par ceux de vostre Maison,
Dans l'honneur des plus grands offices,
Vous l'accordent avec raison.
Belles ne
vous figurez pas Belles qui
ne pensez qu'aux plaisirs de la vie,
aux
Dames
Que nous ayons perdus nos pas,
Vous auriez grand tort de nous plaindre:
Cette fleur est en trop haut lieu,
Et nostre humeur n'est pas d'atteindre,
Aillieurs qu'a celle du milieu.
Nous portons tous dequoy contenter vostre envie,
Si vous nous recevez dans vos secrets esbats:
Ce charme par le temps se peut rendre propice,
Nos mouvements n'estans que pour votre service,
Par tout où vous voudres nous mettrons l'Es cu
bat.