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Bien
que la poußiere & la crace,
Qui paroissent sur nostre face,
Nous facent iuger paisans:
Néantmoins tout tant que nous sommes
Estans dans le coeur gentils-hommes,
Ne cedons point aux courtisans.
Nous
n'avons pas tant de dorures,
De clinquans & de chamarures,
D'autant que nous les mesprisons:
On void par ces habits champestres,
Nous nous ont laissé nos ancestres,
L'antiquité de nos maisons.
Que si
nos grecques despecées,
Et nos moustaches abaissées,
Nous font porter un peu bas:
Nous monstrons bien quand il faut ioindre,
Nostre courage n'estre moindre,
A toutes sortes de combats.
Pour
picquer, pour rompre une lance,
Pour lesioustes ou pour la dance,
Nous nous trouvons en tous endroictz:
Et demeurons en telle estime,
Que nous faisons perdre l'escrime
Aux plus braves & plus adroicts.
Dames,
nos lances enroüillées,
Dans un sang genereux mouillées,
Font plustost vivre que mourir:
Voire à quiconque les essaye,
Font une si plaisante playe
Qu'on n'en voudroit iamais guarir.
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