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Recit
du Ballet de la Foire S. Germain, par un petit
garçon
Ie suis
l'Oracle
Du miracle
De la Foiresainct Germain:
C'est une homasse
Qui surpasse
Les effects du genre humain.
Plus admirable
que la fable
Du puissant Cheval de bois:
Car, differente,
Elle enfante
Mille plaisirs à la fois.
Couppeurs de bource
Sans resource,
Peintres, & mestiers divers,
Vendeurs de drogues,
Astrologues
De ce Monstre sont couverts.
A la candance
De la dance
Sans peine elle enfantera.
De sa crotesque
Boufonnesque
Tout le monde se rira.
[Apres
ce recit entra un habillé en sage femme, qui sur un
air de Ballet assez propre fit un tour par la sale.
Incontinent parut une grande & grosse femme, richement
habillée, farcie de toutes sortes e babioles: comme
miroirs, pignes, tabourins, moulinets, & autres choses
semblables. De ce Colosse la sage-femme tira quatre
Astrologues avec des spheres & compas à la main,
qui dancerent entr'eux un Ballet, & donnerent aux Dames
un Almanach qui predit tout, & d'avantage, puis se
retirerent. Et d'elle sortirent encor quatre peintres, qui
dancerent un autre Ballet, Et chacun en cadance faisoit
semblant de peindre, ayant el la main baguette, palette,
& pinceaux. Et comme ils se retiroient, sortirent de
ceste grande femme quatre operateurs ayans une petite bale
au col, comme celle que portent ordinairement les petits
merciers, au milieu de laquelle y avoit une cassolette,
& le reste garny de petites phioles pleines d'eau de
senteur, qu'en dançant ils donnoient aux Dames, avec
quelques certaines receptes imprimees, pour toutes sortes de
maladies. Sur la fin de leur Ballet sortit d'avantage de ce
Monstre quatre couppeurs de bourses, qui se firent arracher
les dents, & au mesme instant leur couppoient la bourse.
Comme ils eurent dancé quelque peu ensemble, les
operateurs se retirerent, & les couppeurs de bourses
continuerent à danser fort disposlement un Ballet qui
finissoit à pourmades. Apres qu'ils furent sortis de
la compagnie, & que chacun eut donné ses vers qui
seront escrits sur la fin entra un Mercure richement
habillé, avec un luth à la main, qui recita le
sujet de la grande Mascarade, en ces vers:]
RECIT
L'Amour
volage, plein de gloire,
Poursuivant l'Amour arresté,
Luy debat des coeurs la victoire,
Et les feux & les traits que donne la beauté.
Il dit qu'il trouve bien estrange
D'estre constant dessous les cieux:
Qu'il faut changer, puis que tout change:
Ou bien c'est aux mortels vouloir faire les Dieux.
L'Amour arresté se despite,
Et des coeurs se nommant le Roy,
Dit qu'un obiect plein de merite
Doit rendre pour iamais un amant plein de foy.
Tous deux ont les courages braves,
A coups de traicts ils le font voir:
Et chacun arme ses esclaves,
A qui, pour toute paye, il donne de l'espoir.
Le ciel touché de leurs querelles,
Veut qu'ils vous soient presentez:
Et les Dieux vous faisans si belles,
De vostre iugement ont fait leurs volontez.
Monstrez duquel vous faictes conte
De ces deux, du monde vainqueurs:
Afin qu'au vaincu soit la honte,
Et qu'au victorieux soit l'Empire des coeurs.
[Apres,
entra l'Amour volage, accompagné de huict Chevaliers,
armez d'arcs & de flesches, qui firent un Ballet par
haut, avec force disposition. Là dessus les violons
changerent d'air: & l'Amour constant ou arresté
parut à la teste de huict autres Chevaliers, avec des
petits javelots à la main, & plus gravement que
les premiers: mais avec beaucoup de grace &
d'agilité ils firent une fort belle
entrée. Comme les deux trouppes furent vis
à vis l'une de l'autre, des deux costez de la sale,
on commeça à sonner l'air du grand Ballet,
& à la cadance ils firent cent differentes
figures les uns contre les autres, avec autant de sortes de
combats: si bien qu'à la fin l'amour constant
triompha de l'amour volage: & ces Chevaliers emmenerent
les Inconstans, & paracheverent leur Mascarade, dont ie
laisseray l'estime, & la gloire à dire à
ceux qui en peuvent iuger au vray & sans passion.
Voicy les vers qui furent donnez à l'entrée
par ceux de la susdite Mascarade.]
ALAMANACH
Almanach,
Almanach nouveau,
Plein de veritable presage,
Figurant le beau temps & l'eau
Il perdit tout, & d'avantage.
PREDICTIONS GENERALES
Le deux
fois Roy cét an pourra contraindre
Dessous ses loix ce que la mer estraint,
Du monde alors il ne sera plus craint:
On ne sçauroit & l'aimer & le craindre.
Du ieune Lys un Ange a pris la garde;
La terre l'aime, & le ciel luy sousrit:
D'un bon aspect un Astre le regarde,
Espoir le sert, & honneur le nourrit.
La belle Fleur que le ciel fit paroistre
Pour contenter un Guerrier indompté,
Ne verra point accroistre sa beauté:
Car l'infiny ne sçauroit plus
accroistre.
DES IOURS HEUREUX
Ne
cherchez point la cognoissance
Des iours heureux ou malheureux:
Car une nuict de iouyssance
Sera le iour des amoureux.
DU PRINTEMPS
Les
beaux iours & les amourettes
Estans au Printemps revenus,
Sortiront de Mars les fleurettes
Avec les boutons de Venus.
Quelques uns de diverse humeur
Remplis d'une soigneuse cure,
Se feront frotter de Mercure,
Ie n'entens pas du Parfumeur.
Au Printemps font d'Amour les festes,
Les champs de couleurs diaprez:
Autant de cornes sur les testes,
Comme de fleurs parmy les prez.
DE L'ESTE
Le
laboureur durant l'Esté,
De sa peine aura recompence:
Mais souvent l'Amant mal traicté,
Perdra sa peine & sa semence.
Durant l'Esté, fort peu de glace:
Gardez-vous Amans inconstans;
Prenans par tout vos passetemps,
Gardez-vous, Cancer vous menace.
Belles, dictes la verité,
N'avoient-ils pas l'ame peu fine
Ceux qui nous ont dit qu'en Esté
Il falloit quitter l'Androgine ?
DE L'AUTOMNE
Si
l'Automne vous ennuie,
Prenez un double chappeau
Ou bien, de peur de la pluye
Cachez-vous au fonds de l'eau.
Qui verra sa femme couchée
Entre les bras de son amant,
S'il croit qu'il ne l'ait point touchée,
Ce sera fait devotement.
Que durant ces longues soirées
On fera de marie cocus !
Que l'on aymera les purées
D'autre chose que de Bacchus !
DE L'HYVER
L'Hyver
rendra la terre noire
Mais pres de la fin de son cours
Sera de sainct Germain la foire,
Et celle d'Amour tous les iours.
Il ne se faudra contrefaire
Pour en hyver faire le froid:
Mais, tel sera (tout au contraire)
Plus chaudement qu'il ne voudroit.
Les Limas, en hyver reclus,
Recelent leurs cornes nouvelles,
Pour les monstrer aux Arondelles,
Ainsi feront tous les cocus.
DES COMETTES DE CESTE ANNEE
En
cét an la grande Comette
Predit que les ombres des morts
(Triboulet, Sibilot, Caillette)
Doivent r'entrer en nouveaux corps.
Les Dames, en quelque saison
Rendront la nature cogneuë
De la Comette chevelue
Qui couche sous leur horison.
DE L'ECLIPSE DU SOLEIL
Au
cours de cét an nompareil
Les amans auront des tristesses,
N'ayant eclipse de Soleil
Qu'en l'absence de leurs maistresses.
DE LA LUNE
Si
d'ombres la Lune blesmie
Eclipse en ce temps devers nous,
Elle sera plus que demie
Dedans la teste des ialoux.
PREDICTIONS DE DOUZE MOIS
Ianvier
Qui
voudroit un procés mouvoir
Contre une Dame, à porte close,
Quelque bon droit qu'il peust avoir,
En Ianvier il perdra sa cause.
Fevrier
Au mois
ensuyvant, sur la terre
L'hyver sera fort avancé,
Et l'amour pour faire la guerre,
S'armera d'un panier percé.
Mars
Quand
Coq chantera la game,
Guerre entre les chats & les rats,
C'est en Mars qu'un saumon reclame
La roupille de velours ras.
Avril
En
Avril, que le iour demeure
Sur nous plus long temps que la nuict,
Si la mer peut bouillir une heure
Quelque grand poisson sera cuit.
May
Quand
le Geay d'une voix hardie,
En May dira le temps qui court,
Autant de vins en Normandie
Comme de franchise à la Cour.
Iuin
En Iuin
la cloche & l'audience,
Cartes & dez, trompes & chiens;
Aux goutteux peu de patience,
Aux ioueurs außi peu de biens.
Iuillet
Un
Singe fera la mouë
En Iuillet, à Cupidon:
Mais il aura sur la iouë
S'il veut croquer le lardon.
Aoust
Sous le
signe de la Vierge,
Indulgence aux bons maris,
On fera brusler un cierge,
Gardez la chauve souris.
Septembre
Durant
le mois de Septembre
Un haran sera botté,
Et ceux qui plaindront un membre
N'auront pas tousiours santé.
Octobre
En
Octobre, l'eau des roses,
Une espee, un chapperon,
Ce seront diverses choses,
Comme a predit Ciceron.
Novembre
Durant
le mois de Novembre
Des pluyes en divers lieux,
Le musc, la civette, & l'ambre,
Lunettes aux hommes vieux.
Decembre
Si
l'enfileur de pate-nostre
N'est pas sage, il n'est gueres fin:
Le bout de l'an est à la fin
Et le commencement d'un autre.
PREDICTIONS
TIREES DU LATIN DE LEOVICIUS, QUI N'EN PARLE
POINT
Peuple,
malheur sur vous, quand le sanglant Gerfaut
Et le bleu limaçon, mary de la Linote,
Vers le Pole Antartiq iront droit comme il faut
Luire comme un bonnet fait à la
matelotte.
Ca
malheur adviendra quand le ieune guerrier
Vaillant & genereux ainsi qu'un pot de chambre,
Voudra, sans dire mot, en sursaut s'escrier,
Belle, ie suis de paille, & vous estes mon
ambre.
Alors
mille fourmis sous mes pieds abbatus
Rendront leur douce vie au destin d'une lame,
Pour ce qu'un diamant n'aura plus de vertu
Sinon que d'accourcir le talon d'une Dame.
Motels,
regardez bien le Soleil & ses rais,
La quenouille d'un lict, le pied d'une marmite,
Et la lame fatale, au bout de beurre frais,
Capable de percer la barbe d'un Hermite.
Puis
vous verrez l'abus qui vient de Sumatra,
Où l'on iuge ces vers estre une Prophetie,
Ils sont dans un Palais où encor nul n'entra,
Escrits en lettre d'or dessus une
veßie.
Cét
Almanach qui predit les desastres,
Et le bon-heur aux mortels aveuglez,
N'est pas regle selon le cours des Astres,
Mais bien par luy les astres sont reiglez.
POUR
L'ASTROLOGUE, AUX DAMES
Cét
Astrologue volontaire,
Plein d'amoureuses paßions,
Cognoist bien les conionctions,
Et les sçait encores mieux faire.
Ce
Docteur marche pas à pas:
Le baston de Iacob il porte,
Et deux spheres de bonne sorte,
Il a la reigle & le compas.
L'Astrologue
en riant du monde
Et des maux dont nous nous faschons,
Rencontre une fesse profonde,
et tombe dedans à bouchons.
Ce
Docteur iamais ne se repose,
C'est un Philosophe esprouvé,
Tousiours vers le ciel eslevé,
Des yeux ou de quelque autre chose.
L'ASTROLOGUE,
AUX DAMES
L'Amour,
que mon repos molisse,
M'ira-t'il sans un commandant ?
Que ne suis-ie un signe celeste,
Afin d'estre vostre ascendant ?
Si la
chaleur & la lumiere
Sont les qualitez du Soleil,
C'est la puissance coustumiere
Que ie trouve aux raiz de vostre oeil.
Par
dessus le rond lde la Lune
I'ay veu tout ce qui luit sur nous,
Ces grands coups d'où vient la fortune,
Et n'ay rien veu si beau que vous.
Toute
chose est terminée
Par la volonté des Cieux:
C'est außi ma destinée
De mourir pour vos beaux yeux.
L'ALCHYMISTE,
AUX DAMES
Beautez
pour qui i'ay tant de braise,
Que i'en souspire nuict & iour,
Ie vous demande une fournaise,
Pour y fondre un lingot d'amour.
Ie
sçay par coeur une recepte
Que ie ne veux pas oublier,
Avec une liqueur secrette,
Ie sçay fort bien multiplier.
La
verité qui m'accompagne,
Ne m'a fait personne tromper,
Ie fais l'or des doublons d'Espagne,
Qu'on nomme la poudre à grimper.
L'amour
ne vient pas de la bouche,
Ie m'en suis tousiours defié,
Il semble à l'or purifié,
L'espreuve s'en fait à la touche.
L'ALCHYMISTE,
AUX DAMES
Lors
que le charbon se consomme,
Dedans mon fourneau presque esteint,
Außi soudain ie le r'allume
Au feu dont vous m'avez attaint.
Tousiours le soucy m'importune,
Apres l'or vainement courant,
Et d'une pareille infortune,
Ie me meurs en vous adorant.
LES
VENDEURS DE BOUQUETS, AUX DAMES
Recevez,
beautez sans pareilles,
Ces fleurs de ce temps les merveilles,
Mais ie suis de regret attaint,
De les voir ternir, approchées,
De ces belles fleurs épanchées,
Sur le blanc de vostre beau teint.
Au
pourpre de vos belles roses,
Comme au plus beau des belles choses,
Le credule espoir va mourir,
Et sur cét amas de fleurettes,
Les desirs volans comme Avettes,
En font du miel pour se nourrir.
De vos
yeux les flames si belles,
Feroient naistre des fleurs nouvelles,
Par leurs raiz le monde enflammans,
De leurs feux la terre embrasee,
N'auroit besoin d'autre rosee,
Que des larmes de vos amans.
Qui
vous aime il faut qu'il imite,
Mon respect à vostre merite,
Amour m'en donne le dessein,
Qui reduit à tel point ma vie,
Qu'à ce bouquet ie porte envie,
Pour estre sur vostre beau sein.
Mais si
par le cours des années,
Vous rendez vos belles iournées,
Au temps des beautez le vainqueur,
Cueillez vostre fleur de bonne heure
De peur qu'enfin elle ne meure,
Vous en restantl'espine au coeur.
L'ARRACHEUR
DE DENTS, AUX DAMES
Ie tire
les dents de la bouche:
Mais c'est avec un tel compas,
Qu'alors que ie n'y touche pas,
Vous ne diriez pas que i'y touche.
Ie sens
mille feux ardents,
Que pour vous aimer j'endure,
Ma belle, ie vous le iure,
En foy d'arracheur de dents.
Pour
recompenser mon merite,
Arrachant les dents bien à point,
Permettez que ie vous visite,
Vostre bouche qui n'en a point.
Ie fais
qu'une dent on crache,
En sonnant d'un flageolet,
Ou de cent pas ie l'arrache,
Avec un arc à ialet.
On y
viendroit comme à la feste,
Et i'en avois bien plus d'escus,
Si ie tirois hors de la teste,
Les cornes de tous les cocus.
Les
maux des dents font des furies
Dont ie sçay guarir promptement,
Plusieurs Dames en sont guaries,
Mesme en voyant mon instrument.
LE
TIREUR DE BLANQUE, AUX DAMES
Venez
voir ma blanque nouvelle,
Belles Dames ie vous attends,
Vous gaignerez une Arondelle,
Qui reviendra sur le Printemps.
Fidelitez, discretions,
Parole qui sans cesse louë,
Respect, devoirs & paßions,
C'est ce qu'à ma blanque ie ioue.
Belle de qui les ieux si doux,
Me rendent le visage blesme,
Ie veux bien iouer quant & vous,
Et me veux bien perdre moy-mesme.
POUR
LES COUPPE-BOURSES
Si vos
bourses estoient couppées,
Belles qui pouvez tout sur nous,
De peur que vous soyez trompées?
Nous en avons d'autres pour vous.
Vous
estes en nostre memoire,
Et chacun de nous a voulu,
Vous apporter pour vostre foire,
Une bourse de cuir velu.
Fascheux
que le soupçon domine,
Comme mastins tousiours grondans,
Vous jalaoux à la triste mine,
Gardez la bourse & les pendans.
Cocus,
que la crainte maistrise,
Gardez la bourse & les pendans:
Les deix pieces qui sont dedans,
Außi bien ne sont pas de mise.
Chacun
de nous a pris la course,
Pour se trouver à ce Ballet:
Mais nous ne coupons point la bourse,
Quand nous trouvons un poulet.
Nous
sçavons faire merveille,
De nostre petit cousteau,
Nous vous dirons à l'oreille,
Un autre mesme plus beau.
Pour
nous payer de nostre ouvrage,
Nous n'attendons point à demain,
Car außi tost pour nostre usage,
Nous avons la piece à la main.
LE
PEINTRE
Ie
sçay peindre l'eau de nafe,
Et l'orme à la vigne ioint,
Un Rat, un Once, une agrafe,
De couleurs qu'on ne voir point.
Ie
sçay peindre une grenouille,
Qui fait brusler un buisson,
Un Rat qui sa barbe mouille,
Et qui fauche du cresson.
Ie
sçay peindre un pucelage,
Un souspir, une clameur,
Ie sçay peindre davantage,
Et le penser, & l'humeur.
Ie
peins la ronce & l'ortie,
Le bonheur du monde & le bruit,
Mais ie peins la sympathie,
Que l'on ne voit qu'à minuit.
Ie
contrefais à merveille,
Une grace, une beauté,
L'oeillet, la rose vermeille,
Et l'estuy d'humanité.
Ie
peins l'ardoise & le chaume,
Lesonge, & les visions:
Du sage Maistre Guillaume,
Ie peins les illusions.
Ie
contrefais les galoches,
Et l'eau qui tombe souvent,
Ie peins bien le son des cloches,
Et le visage du vent.
Gardez
bien qu'on ne vous saigne,
Vous qui partirez demain,
Gardez que ie ne vous peigne,
Zeil, ie vous baise la main.
Ie
sçay bien la couleur donner,
A quelque beauté vive ou morte,
Avec le pinceau que ie porte,
Ie sçay fort bien enluminer.
LE
PEINTRE, AUX DAMES
I'efface
la gloire d'Apelle,
Et plus que luy ie suis sçavant,
Sur le couche de quelque belle,
Ie sçay faire un pourtraict vivant.
Mon
pinceau sur tous bien appris,
Escrit une fort grosse lettre,
Ie vous demande pour le pris,
Un petit estuy pour le mettre.
Vous ne
sçauriez pas desirer,
Un qui sçache mieux la peinture,
Car sans au naturel tirer,
Ie tire bien à la nature.
LE
PEINTRE, AUX DAMES
On ne
sçauroit pas contrefaire,
Vos yeux de flames animez,
Qui dans mille coeurs enflammez,
Se peuvent eux-mesmes pourtraire.
Ie me
suis masqué le visage,
Pour voir vostre oeil mon cher vainqueur,
Et tire votre belle image,
Pour l'avoir aux yeux comme au coeur.
Qui
veut peindre tous vos appas,
Porté d'une audace nouvelle,
Veut plus que le ciel ne peut pas,
Il n'en peut faire une außi belle.
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