Le
Ballet
des Dieux
& des Deesses
qui par un nouveau
témoignage du zele de son excellence
Madame la Marquise de Caracene,
sera dansé au Salon du Palais de Brusselles
par Mademoiselle de Caracene, & d'autres personnes de
l'un & l'autre sexe
des plus considerables de cette Cour,
par une Suitte de réjoüissance du Mariage du
tres-Auguste Empereur
Leoplold & de la Serenissime
Infante d'Espagne
Marguerite d'Austriche
les 24.
& 25. Fevrier 1664
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Argument
L'Ouverture
du Theatre se fera par une Mer, & dans le fond la
Montagne de Strongoli. La Renommée paroissant en
mesme temps en l'air, dans un Char tres-somptueux,
tiré d'un Aigle & d'un Lion: Laquelle expliquera
en Musique le sujet de cette Feste, & comme l'ayant
publiée en l'Univers sublunaire, & par tout cette
heureuse nouvelle s'estant celebrée des mortels, avec
des demonstrations extraordinaires de joye & de
contentement. Il luy a semblé de la convenance &
de l'esclat de ces Augustes Nopces que les
réjoüissances en fussent aussi celebrées
par les Divinités; auquel effect elle vient implorer
l'authorité de Jupiter, & convoquera ce Dieu par
une Chanson Espagnole chantée tres-melodieusement.
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La
Renommée
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D'un
Auguste Empereur, sur la terre & sur l'onde,
I'ay respandu la gloire avecque tant d'esclat;
Qu'enfin le coeur touché, du plus grand Roy du
monde,
Accorde une Princesse en merveilles feconde,
Aux flames de ce Potentat.
L'on
entend retentir tous les coings de la Terre,
Des Chants harmonieux qu'en lancent les mortels.
L'Empire en tressaillit, l'Estat hereditaire,
Et dans tout l'Univers, les Royaumes d'Ibere,
En font fumer tous les Autels.
Tous
les peuples amis, relevent l'Esperance,
Qui sembloit assoupie en leurs coeurs abbatus,
Tandis que ce Saint Noeud de nouvelle alliance,
Porte à leurs Ennemys, la crainte par advance,
D'estre humiliés, ou vaincus.
O vous
Grand Jupiter, qui de la Cour Celeste,
D'un pouvoir absolut regnez en ce sejour,
Achevez le bon-heur que l'Hymen nous apreste,
Et faites honorer cette superbe Feste
De tous les Dieux de vostre Cour.
Vous
mesme à ce bon-heur donnez vostre presence,
Un Ministre parfait, vous appelle en ces lieux,
Pour voir comme il soustient la Royale puissance,
Et vous faire advoüer que son intelligence,
Merite un rang parmy vos Dieux.
Venez
tous admirer une moitié fidelle,
Dont la vertu par tout establit le renom;
Venez voir un crayon de si parfaict Modelle,
Qui dispute le prix & de Sage & de Belle
A Venus, Pallas, & Iunon.
Venez
considerer les Beautez de ces Dames,
Dont le rare merite esclaire dans ces lieux;
Et vous confesserez pour embraser nos ames,
Que l'Amour n'a besoing d'emprunter d'autres flames,
Que celles qu'on voit dans leurs yeux.
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En
suitte Jupiter paroistra en l'air sur une Aigle
artistiquement representée, tenant en sa main la
foudre de ce Dieu: Lequel respondra aussi par une Chanson
Espagnole, à la proposition de la Renommée,
luy disant que sa demande est trop juste pour en estre
refusée, qu'il donnera aussitot les ordres qu'elle
soir executée, & que luy-mesme veut honorer la
Feste de sa presence.
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Jupiter
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Ce
n'est pas sans raison que de la Cour Celeste,
On me voit aujourd'huy descendre à cette Feste,
Qu'un glorieux Hymen fait chomer aux mortels;
C'est que par un retour, necessaire & tout juste,
Je suis le Protecteur de cette souche Auguste,
Comme les rejettons le font de mes Autels.
C'est
par eux qu'en tous lieux de la terre habitable,
On soustient de la Foy le mystere adorable,
Et que l'on voit fleurir le vray culte des Cieux;
Jamais l'impieté, la fourbe, ny les crimes.
N'ont rencontré d'acces dans leurs justes
maximes,
Qui font leur interests, de l'interest des
Dieux.
Qu'un
Rebelle aujourd'huy dans la Lithuanie,
S'efforce d'eslever dessus la Tiranie,
Un Trosne inébranlable à son Ambition,
Que le Turc du Croissant tasche à pousser les
Cornes,
A leurs vastes desseins je sçay donner les
Bornes,
Et maintenir le droicts de ma protection.
Ce
n'est pas, dis-je, une chose estonnante,
Que l'on voye en ces lieux, mon Aigle triomphante,
R'abattre en son vol, l'effort audacieux,
En faveur d'un Hymen si plausible à ma gloire !
Puis que de son succés, j'attends plus de
Victoire,
Que je n'en eux jamais de mon foudre odieux.
Mais
moy qui n'eus dessein de descendre sur terre,
Que pour de cet Hymen voir le Sacré Mystere,
Quels objets surprennants paroissent à mes yeux,
A voir le doux esclat de Dames de Bruxelles,
L'amour dedans leurs yeux, les graces avec elles,
Je doute si je suis en terre, ou dans les
Cieux.
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Apres
cela Jupiter appellera Eole, lequel en suite de ce paroistra
subitement sur cette Montagne de Strongoli, d'où par
une autre Chanson Espagnole, il t"moignera par sa reponse,
la satisfaction avec laquelle il veut obeïr à ce
que Jupiter desire de luy.
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Eole
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Moy qui
dans la Philosophie,
N'eus point de dininition:
Qui courant l'Univers, trouve en chasque partie,
Le point de mon extraction,
Moy qui soufle dedans ses plaines,
Par l'organe secrete de trente deux halaines,
Qui fais seicher la Vigne, avecque l'arbrisseau,
Et qui sur l'Element humide,
Force le Matelot timide,
A m'abandonner son vaisseau.
Si je
parois à cette feste,
Que solemnisent les mortels;
Ce n'est pas pour verser l'horreur, & la tempeste,
Dessus les feux de leurs Autels:
Si je conduise à cette entrée,
La Peliot, le Lybs, & le neigeux Borrée
C'est sans frimats, & sans ardeurs;
Et veut que par tout cet Empire,
L'Haleine seule du Zephire,
Embaume les fruits, & les fleurs.
Princes
dont l'Univers revere
Et la puissance, & la splendeur,
Et qui par cét Hymen, promettez à la
Terre,
Un nouveau siecle de bon-heur,
Commettez moy sans espouvante,
Le sort tout glorieux, de cette Illustre Infante,
Qui doit finir tous vos travaux:
Certains que sur l'humide plaine,
Mes vents n'enfleront leur halaine,
Que pour avancer ses vaisseaux.
Je veux
partager avec l'Onde,
Ce glorieux Titre d'honneur,
De servir aujourd'huy le plus grand Roy du monde,
Et le plus auguste Empereur:
Et ne pretend pour ce service,
Que de faire regner en ce lieu de delice,
Un vent propice aux amoureux,
Et qui soulage un peu les flames,
Qu'allument au fond de leurs ames,
Les beautés qu'on voit en ces lieux.
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En
suitte de quoy les quatre Vents sortiront du sein de la
Montagne, & feront la Premiere Entrée de ce
Ballet.
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les
quatre Vents
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Ensemble
Emissaires
du grand Eole,
Et subjects à ses brusques Loix,
Souvent de l'un à l'autre Pole.
Nous avons parcourus & les Champs & les Bois,
Et toutefois Princesse aujourd'huy sans seconde,
Nous advoüons que dans le monde
Nous n'avons sceu rien voir d'êgal à vos
beautés;
Mais que si vous pouviez entrer en paralelles,
Les Dames seules de Brusselles
Pourroient nous contester ces hautes
verités.
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Apres
cette Entrée, Jupiter par un autre Air Espagnol
convoquera Neptune, pour avec ses Dieux Marins venir
concourir à la rejouyssance de cette illustre Feste,
& ayant achevé cet Air, Eole reprendra la partie,
& par un autre Air en mesme langue, non moins agreable
& harmonieux, dira à Neptune, que puisque ses
Enfans, qui sont les Vents, ont si agreablement concouru
à cette rejouyssance; il est juste que les Dieux
Marins qui sont ses sujets, n'usent pas d'une moindre
complaisance. Alors Neptune paroistra sur la Mer en une
Coquille, tirée de quatre Cheveaux Marins,
accompagné de Tritons & de Sirenes, & lequel
par une Chanson tres-harmonieuse en langue Espagnole
respondra, que non moins par inclination que par devoir, il
est prest d'obeïr à ce que l'on souhaitte de luy
dans cet illustre rencontre; & finira sa response par un
Choeur de musique, chanté par les Sirenes en la mesme
langue Espagnole.
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Neptune
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Du fond
le l'humide Element,
Sur les flots escumants de l'Onde,
Ie viens faire mon compliment
Aux deux plus grands Princes du monde:
Il est bien juste qu'à mon tout,
Ie leur vienne faire la Cour,
Puis que sous la voûte Eterée,
Celuy qui marque l'Horizon,
Ne visite point de Contrée,
Qui ne respecte leur Maison.
Ie suis
bien le Dieu de la Mer,
Mais c'est en vain que ma puissance,
De ceux qui viennent l'Escumer,
Pretend reprimer l'insolence:
Leur courage trop impudent,
Considere peu mon Trident,
Et si sur mon Onde agitée,
On jouyt de quelque repos,
La gloire n'en est meritée
Que des Armes de ses Heros.
Accourez
toutes en ces lieux,
Divinités de mon Empire;
Venez voir en ces demy Dieux
Des traits que l'Univers admire;
Mais sur toute chose arrestés
Vos yeux, sur les rares beautés
D'une Princesse sans seconde,
De qui pour le bien des Humains,
Naistra un Prince dans le Monde
Qui reiglera tout leurs destins.
Des-jà
l'on commence de voir,
Au seul bruit de cette Alliance,
Tout la terre s'esmouvoir,
De crainte & de resjouyssance:
Les uns craignent avec sujets,
De voir renverser leurs projets,
Les autres par un sort contraire,
Attendent selon leurs souhaits,
D'en voir naistre dessus la terre
L'Amour, l'Abondance & la Paix.
Mais si
dans ces Augustes Cours,
Et sur cette Illustre Princesse,
Les puissances, & les Amours,
Ont fait prodige de largesse;
Les Celestes Divinités,
Dispensatrices des beautés,
En ont aux Dames de Bruxelles,
Fait de telles profusions,
Qu'on ne peut sans brusler pour elles,
Voir briller leurs perfections.
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Cette
Musique des Sirenes achevée, sortiront aussi-tost de
la Mer, sept Dieux Marins, qui feront la Deuxiesme
Entrée du Ballet; à la fin duquel Neptune,
Eole & la Renommée chanteront un Air Espagnol
tres-harmonieux, qui se terminera par le mesme Choeur des
Sirenes; & aux derniers Accens duquel, la Prospective se
serrera, & la Scene se changera en un Bois.
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Les
Dieux Marins
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Nous
sommes accourus du profond de l'abysme,
Au bruit d'un hymen glorieux,
Ou par la presence des Dieux,
On peut juger de leur estime.
Mais aprés le respect de ces feux souverains,
Voicy quels furent nos desseins:
C'est pour vous apprendre mes Dames,
Que par un principe nouveau,
Nous sentons embrazer nos ames
Des feux de vos beaux yeux jusques au fond de
l'eau.
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Cela
fait, Iupiter dira par un autre Air Espagnol, que les Vents,
& les Dieux Marins, ayant illustrement celebré
cette glorieuse Feste. Il vaut aussi que Pan, qui est le
Dieu des Bois, des Campagnent y vienne donner des
tesmoignages de ses rejouyssances, & lors par un prompt
effet de soubmission & de respect ce Dieu sortira du
creux d'un Arbre, accompagnant de son Cornet une musique
tres-agreable de Flûtes, de Tambours, & de
quelques autres Instruments, qui se fera en mesme temps.
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Pan
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Dans le
doute où je suis d'où je tiens la
naissance,
Ie cesse d'en chercher l'Auteur.
Que ce soit de Mercure, ou de quelqu'autre engeance,
Ie suis content de mon bon-heur,
Et vis plus satisfait, quoy qu'on en puisse dire,
Dedans cét Estat de Satyre,
Que ne fait Iupiter en son rang de grandeur.
I'adorays
autrefois deux Nymphes inhumaines,
Qui me firent beaucoup de maux,
L'une n'eut que la voix pour soulager mes peines,
Et l'autre que des Chalumeaux,
Mais à present gairy de cette fantaisie,
Dans l'Innocence de ma vie,
Ie goute chasque instant quelques plaisirs
nouveaux.
Les
Dieux sentent au Ciel, en despit du Tonnerre,
Par fois chanceler leur grandeur,
Et l'on vit autre-fois les enfans de la Terre,
Jetter l'espouvante en leur coeur;
Mais moy dan les Guerets, les Monts & le Boccage,
Qui me demeurent en partage,
I'exerce mon pouvoir sans Panique terreur.
Ie
jouys en repos d'un estat si paisible
Sous l'Auguste protection,
De deux Princes amys, dont le bras invincible,
Soustient ma domination,
C'est par eux que la Paix regne dessus la Terre,
Et si par fois ils font le guerre,
Cette Paix est le but de leur Ambition.
Un
point tant seulement, trouble ma quietude,
Ie vois que mon coeur amoureux,
Au milieu de la Cour, malgré ma solitude,
Sent un vaincqueur imperieux,
Ce sont les yeux brillans d'une divine INFANTE,
Qui d'une flame Triomphante,
Portent l'embrazement jusques au sein des
Dieux.
Mais
amant insensé, arreste & considere,
Où tu pense porter tes veux,
Les destins ont choisy par un secret mystere
Cette Princesse pour les Cieux.
Et pour dés icy bas par un sort ineffable
La rendre aux hommes adorable,
Luy donnent un Espoux digne du rang des
Dieux.
Dans la
nouvelle ardeur qui contre moy conspire,
Mesdames mes sens tout confus
N'osent porter mon coeur sous vostre doux Empire
Tant j'apprenhende vos rebuts.
Mais si vous vouliez bien recevoir mes hommages,
Les doux Charmes de vos visages
Me mettroient plus en feu que jamais je ne
fus.
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En
suitte de ce, Jupiter luy commandera de faire venir ses
Bergers, pour solemniser cette Feste par quelque
demonstration de leur zele, & de leur resjouyssance,
à quoy obeyssant, il fera sortir du Bois six Bergers,
tous la Houlette à la main, & fort galamment
ajustés, qui feront la Troisiesme Entrée de ce
Ballet.
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les
Bergers
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Sonnet
Sous
l'habit de Berger, où l'on nous voir parestre,
Nous jugeons aysement ce qu'on dira de nous,
Mes Dames vous croyrez que nostre humeur champestre,
Ne sçauroit concevoir des voeux dignes de
vous.
Mais
pour en bien juger, il faut nous mieux connestre,
Et de vos vestements penetrer le dessous,
Dans ce chertif habit nos coeurs ne laissent d'estre,
Aussi pleins de respect, comme vos yeux sont
doux.
Si nous
sommes venus, suivant une Deesse,
Solemnizer l'Hymen d'une Auguste Princesse,
Duquel le fruit fera le bon-heur des mortels.
Vous
approuverez bien, qu'en second lieu mes Dames,
Dedans nos coeurs brulans de vos divines flames,
A l'esclat de vos yeux nous dressions des
Autels.
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Cette
Entrée achevée & les Bergers
retirés, Pan entonnera de nouveaun une Chanson
Espagnole, par laquelle il convoquera ses Satyres, pour
venir à leur tour, contribuer les tesmoignages de
leur réjoüissance, à cette feste si
solemnelle & si heureuse, en conformité de quoy,
cinq Satyres sortiront aussi du Bois, & feront la
Quatriesme Entrée de cét illustre Ballet.
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En
suitte la Scene se changera, & sera convertie en un
Jardinage tres-delicieux & artistiquement
representé: Lors Jupiter par une autre Chanson
Espagnole, appellera Flore Deesse des Jardins, laquelle aux
derniers accents de cette Chanson, apparoistra en l'Air
assise en un Trosne de Fleurs; d'où par une autre
Chanson Espagnole, entonnée d'une voix des plus
agreables & harmonieuse, elle tesmoignera la
satisfaction avec laquelle elle est preste d'obeyr aux
ordres de Jupiter.
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Flore
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Ie suis
la Deesse des Fleurs,
C'est moy qui respands sur la Terre,
La varieté des Couleurs,
Dont l'aggreable esmail embellit son parterre,
Et qui par un secret aussi beau que commun,
En fais dedans les airs exhaler le parfun.
C'est
moy qui pare les Jardins
D'Oeillets, d'Animoine, de Roses,
Du Hyacinte & des Jasmins.
Et d'une infinité de belles fleurs escloses,
Dont l'agreable aspect enchante les douleurs,
De ceux de qui l'amour tyrannise les coeurs.
J'ay
creu long-temps que dans ces lieux,
Je devois avoir l'avantage,
Des dons les plus delicieux,
Qu'on voye de la Terre orner le paysage,
Mais la Divine INFANTE à qui je fais la
Cour,
Fait voir qu'à ces beaux yeux, je dois bien du
retour.
C'est
de leurs regards tout divins,
Que l'on attend dedans le monde,
Plus que la Rose & les Iasmins,
C'est à dire une Paix en delices feconde,
Et qui dans l'Univers fera que les mortels,
A son Royal Hymen dresseront des Autels.
O vous
belles qui pretendez
A la pomme seditieuse,
Qui fist de trois Divinités,
Trois illustres objets d'une rage envieuse,
Quelqu'une d'entre vous pourroit la meriter,
Mais l'INFANTE la tient, cessés d'en
disputer.
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En
suitte de cette Deesse, avec Jupiter & la
Renommée, par un autre Air Espagnol d'une harmonie
ressentant la douceur du sujet, appelleront d'une commune
voix les Nymphes qui president aux Jardins & aux delices
de la Campagne, lesquelles à mesme temps sortiront de
ces agreables jardinages en nombre de dix, & feront la
Sixiéme Entrée du Ballet, aprés
laquelle les Nymphes s'estant retirées, ces trois
mesmes Divinités chanteront de nouveau quelques
Stances Espagnoles sur le mesme Air que devant.
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les
Nymphes
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Par le
commandement de la Deesse Flore,
Nous paroissons dedans ces lieux,
Mais un autre motif encore,
Attire en cette Cour nos esprits & nos yeux:
C'est dans le zele qui nous presse,
Pour prosterner nos coeurs aux pieds de la Princesse,
De qui le charme ravissant,
Par un presage plein de gloire,
Dans l'Esclat de ses yeux fait lire la Victoire,
Que son Auguste Espoux va avoir du croissant.
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Icy
Mome se presentera de soy-mesme, & par un air
tres-galant pareillement Espagnol, se plaindra à
Jupiter, de ce qu'ayant appellé tant d'autres Dieux,
il n' pas daigné porter son souvenir jusques à
luy; adjoûtant qu'il presume bien que sa Critique luy
a rendu ce mauvais office; mais qu'il luy veut faire voir
qu'il ne l'exerce point en des rencontres de cette nature,
qui loing d'estre sujets à la Censure, ne doivent pas
recevoir moins de benedictions du Ciel, que
d'applaudissemens parmy les hommes, & de suitte dansera
seul une Entrée, qui sera des plus fortes de ce
superble Ballet.
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Mome
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Ha te
voyla maistre Iupin,
Tu fais par ma foy bien le fin,
Quand avec ta mine hautaine,
Tu es sur ton Aigle Romaine;
Ie voudrois bien sçavoir pourquoy
Tu fais si peu de cas de moy,
Quoy tous les autres on appelle,
Et moy comme un Iean de Nivelle,
Dont on se soucie fort peu;
On me laisse au coin de mon feu !
Ha ! je cognois ta Politique,
C'est la crainte de ma Critique,
Qui de me conserver icy,
T'a fait negliger le soucy;
Ie sçay qu'on me traite en Burlesque,
Parmy ta brigade Celeste;
Qu'on me fait passer pour plaisant,
Conteroleur & mesdisant,
Et qu'encor, si je ne m'abuse,
De vie oysive on m'y accuse:
Mais je ne suis pas sur de ma foy,
Si Badaut comme on croit de moy,
Si par fois je me plais à rire,
A conteroler, à mesdire,
Foy d'homme de bonne maison,
Ce n'est pas tousjours sans raison;
Mais pour ne point en cette Feste,
Critiquer la troupe Celeste,
Acheminons nous doucement,
A faire icy mon compliment
A cette souche Tres-Auguste,
Qui par un mouvement si juste,
Dans le degré des Potentats,
Conduit & regit ses Estats,
Voyons cette Divine INFANTE,
Dont la naissance Triomphante,
Fait la moindre des qualitez,
Qu'on voit en ces jeunes beautés;
Et par un esprit Prophetique,
Disons que le bon-heur publique,
De son tres-glorieux Hymen,
Proviendra quelque jour Amen.
Voyons les beaux yeux de ces Dames,
Tout remplis de feu & de flames;
Et cependant dedans leur coeur,
On n'y voit que glace & froideur,
Voyons les graces en Triomphes,
Ainsi qu'un Hombre à neuf triomfes,
Se promener dessus leur front,
Que diriez-vous qu'elles y font ?
Tantost on les voit au visage,
Tout maintenant sur le corsage,
De là sauter dedans les yeux,
Puis aussi-tost dans les cheveux,
Et font, avecque ses gambades,
De pauvres Amans bien malades:
C'est, Mes-Dames, en peu de mots,
Comme vous troublez le repos,
De ceux qui touchés de vos charmes,
Leur rendent le coeur & les armes,
Ne les laissez pas tous mourir,
Daignez plustost les secourir:
Pour moy, il faut que je m'appreste,
A donner mon plat à la Feste,
Et en croyez pas faire peu,
De preserver mon coeur en feu.
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A
cette Entrée la Scene se changeant se convertira en
une prospective Militaire, & lors Jupiter appellera
Mars, qui paroistra en l'Air, armé, sur un Canon
entouré de trophées & qui luy servira de
Throsne, tiré de quatre coursiers, lequel par une
Chanson Espagnole offrira de faire venir ses Heros des
Champs Elizées, pour solemnizer cette feste si
favorable & avantageuse à toute l'Europe, par des
marques d'applaudissements & de réjouyssance,
proportionnées à la grandeur de cette auguste
matiere.
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Mars
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Moy qui
preside à la Victoire,
Qui suis le Dieu des Conquerans,
Qui porte au Temple de Memoire
Les noms victorieux d etous mes adherans:
Moy qui de mon esprit comme de mon courage,
Fonday jadis l'Areopage,
Et qui fais accorder la Guerre avec les Loix,
Par une bravade celeste,
Je viens produire à cette Feste,
La crainte, la terreur & l'amour à la
fois.
Vous
dont la detestable envie,
Ne peut souffrir qu'à contre-coeur,
La delicieuse harmonie,
Qui conjoint à l'Espagne un Auguste Empereur;
Tremblez au seul aspect de la fiere Bellone,
Qui sert de guide à ma personne,
Et tenez pour facile à mon bras tout-puissant,
Malgré vostre injuste pratique,
Dans la noble ardeur qui me pique,
De punir le rebelle, & chasser le
Croissant.
Et vous
qu'une fortune heureuse,
A mis sous la protection,
De cette souche glorieuse,
Qui fait de vos bon-heurs toute sa passion,
Attendez de l'Hymen de nostre Auguste INFANTE,
Par une suite triomphante,
Une tranquillité perdurable à jamais,
Et remarquez sur son visage,
Le ravissant & doux presage,
D'un siecle fortuné de repos & de
Paix.
Mais
quelque grandeur de courage,
Que vous voyiez parestre en moy,
Parmy le sang & le carnage,
Je n'ay peu me garder de l'amoureuse Loy:
Amour cét insensé jadis avec sa Mere,
Me fist surprendre par son Pere;
Mais sans plus m'arrester à cét esprit
follet,
Je viens, mes Dames, à vos charmes,
Sousmettre mon coeur & mes armes,
M'en deus-je un coup voir dedans le filet.
|
|
Aprés,
ces quatre Divinités ensemble, à
cçavoir Jupiter, Flore, la Renommée &
Mars, chanteront un Air Espagnol, tandis que du fond du
Theatre sortiront, comme de la terre, neuf Heros, qui
à la fin de cet Air commenceront la Spetiesme
Entrée du Ballet.
|
|
Les
Heros à leurs Majestez Impériale et
Catholique
|
|
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|
SONNET
Iadis
dans l'Univers les efforts de nos armes,
Espandirent par tout la gloire de nos noms,
Et nos bras indomtés porterent les alarmes,
Dans les coeurs estonnés de mille
nations.
Nos
victoires pourtant ne versoient point de larmes,
Le repos des humains faisoit nos passions,
Et dans ce sentiment si juste & plein de charmes,
Nous formions un modelle à vos
ambitions.
Aussi
ne pouviez vous mieux remplir notre attente;
L'Hymen tout glorieux d'une Divine INFANTE,
Va rendre à l'Univers la Paix & le
repos:
Tandis
que les beautés, les graces & les flames,
Qui brillent à l'envy dans les yeux de ces Dames,
Nous font voir, qu'en amour il n'est point de
Heros.
|
|
A
la fin de cette Entrée, Jupiter par un autre Air
Espagnol leur donnera des remerciements & des
loüanges d'avoir si bien & si agreablement
contribué au divertissement de cette belle Feste,
& leur annoncera que pour les en recompenser il leur
veut donner la satisfaction de voir les neuf Muses faire
leur entrée particuliere, & de danser de suitte
avec elles.
|

|
En
cet endroit la Scene se changera de nouveau, & sera
convertie en un Ciel remply d'agreables nuages, & lors
Jupiter appellera Apollon, qui se decouvrira seul sur une
Grande Nuëe, en forme triangulaire, & respondra
à Jupiter qu'il est prest de concourir de tout son
pouvoir à cette Feste si sublime & si heureuse.
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|
Apollon
|
|
|
|
Au
milieu du nuage espais,
Qui couvre de mon Char la celeste maniere,
Je suis ce Dieu brillant dont la vaste carriere,
Ny ne commence point, ny ne finis jamais.
C'est moy dont le grand oeil esclaire,
Dedans l'une & l'autre Hemisphere,
Qui disperse les iours & reigle les Saisons,
Et qui dans la voute Aeterée,
D'une distance mesurée,
Marque distinctement le point des Horizons.
Dedans
ce Char tout lumineux,
Dont l'attelage expert, court bien moins qu'il ne vole,
Il n'y a point de lieux de l'un à l'autre pole,
Que je n'aille esclairer de mon oeil radieux,
Et dedans cette vaste espace,
Point de Region je ne passe,
Qui par un juste sort ne fasse son bon-heur,
D'avoir en son sein quelques Terres,
Ou sujettes, ou tributaires,
Du Sceptre Catholique, ou bien de l'Empereur.
Aussi
ne vois-je en l'Univers,
Aucune Nation qui dans cette occurence,
Ne veuille prendre part à la rejouyssance,
Qui retentit icy par mille accens divers,
Qui ne soit dedans cette attente,
Que l'Hymen d'une Auguste INFANTE,
Fera de leurs bon-heurs le lien precieux,
Et que LEOPOLDE en son Ame,
Portant une si noble flame,
Du Scythe & du Croissant sera victorieux.
Mais
bien qu'en tout ce vaste tour,
De ces beaux Potentats esclatte la puissance,
A ce lieu plein d'Amour & de rejouyssance,
Peuples de l'Univers vous devez du retour.
I'admire l'effect magnifique,
De cette joye si publique,
Et les Dames encor y font voir des appas,
De qui les adorables charmes,
Me forcent de rendre les armes,
Et qu'en aymant Daphné, je ne regnoissois
pas.
Aussi
pour parestre en ces lieux,
En estant plus brillant, & de pompe & de gloire,
Laissant dedans le Ciel les Filles de Memoire,
Par l'effect surprenant d'un choix judicieux,
I'ay dedans la Cour de Bruxelles,
Choisy neuf Dames des plus belles,
Pour en remplir la place en ce jour glorieux,
Voyant dans ces objets aymables,
Des qualitez trop adorables,
Pour ne meriter pas un rang parmy nos Dieux.
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Cependant
les Muses descendront doucement du Ciel, couvertes d'une
grande Nuée qui les desrobera à la veuë
des spectateurs. Mais ce Dieu qui leur preside, Par un Air
Espagnol tres-agreable, dont le refrain sera tousiours
chanté des cinq Divinités ensemble, c'est
à dire de Jupiter, Apollon, Flore, la
Renommée, & Mars, se descouvrira un Trosne en
figure de triangle, où les neuf Muses seront assises.
Cependant pour donner temps aux spectateurs, de considerer
plus à loisir & d'admirer dans ce superbe
appareil, les beautés & les graces de ces
mortelles Divinités, un petit Amour se presentera,
qui fera seul une Entrée tres-agreable & digne
des belles qualités & de l'addresse que, dans un
âge delicat, possede avantageusement celuy sui
representera ce Personnage.
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Cupidon
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Ie fus
le Souverain des Dieux,
Tout me rendit obeyssance,
Et mon Carquois victorieux
Ayant dans l'Univers estably ma puissance,
D'un pouvoir absolut je fis subir mes Loix,
Dans la simple Cabane & les Palais des
Roys.
Cependant
malgré mon flambeau,
JE vois aujourd'huy que mes flames,
Par un principe tout nouveau,
Ne sçauroient penetrer dans les coeurs de ces
Dames,
Et que si ces Messieurs vivent dessous ma Loy,
C'est par le mouvement d'un autre que de moy.
C'est
par l'esclat de vos beaux yeux,
Incomparable CARACENE,
Et par vos beaux apas, mes Dames, qu'en ces lieux,
Les coeurs pleins de respect sont soûmis à ma
chaine,
Et si j'y garde encor quelques authorités,
C'est à Tiltre d'hommage à vos rares
beautés.
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Cette
Entrée achevêe, les Nuées
dissipées & ces belles Dames descenduës de
leur Throsne, elles commenceront la Huictiesme Entrée
de ce Ballet, où l'Air, le doux concert des Violons,
la beauté des pas, la justesse, la bonne grace &
la majesté de ces Muses toutes charmantes &
adorables, disputeront du prix de cette belle Entrée,
avec la somptuosité de leurs habits, le bel ordre de
leurs atours, & l'esclat d'une infinité de
pierreries, dont elles seront richement parées; &
qui ne sera obscurcy, que de celuy de leurs beaux yeux.
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les
Muses
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SONNET
Si
l'effect obligeant des graces d'Apollon,
Dedans le rang des Dieux nous fait icy parestre,
Ne vous en fachez pas filles de bon renom,
Nous ne disputons pas la gloire de vostre
estre.
Nous
vous abandonnons le sejour d'Helicon,
Nous n'examinons pas d'où vous avez peu naistre,
Que vous veniez du Ciel, ou bien de Sicyon,
Jupin du different, est l'arbitre & le
Maistre.
Icy
l'unique but de nos ambitions,
Est d'y faire esclatter la flame triomphante,
Qu'allume dans nos coeurs nostre Divine
INFANTE.
Et si
quelque autre soin touche nos passions,
C'est d'inspirer sans respect ne touche point nos
Ames.
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A
la fin de cette superbe & agreable Entrée, les
Heros se joignant aux Muses, en feront ensemble comme une
espece de neufiesme par quelques figures de Sarrabande
qu'ils danseront par ensemble avec les Castagnettes, qui
finira par une chaine, & laquelle achevée
aprés avoir rendu quelques civilitez aux Dames &
à tous les spectateurs, tous quitteront le masque
& se commencera le grand Bal par Mademoiselle de
Carcene, conduitte de l'un des Heros; en quoy elle sera
servie des autres Dames, & des Cavalliers de cette belle
& magnifique Entrée.
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Jupiter
faisant la conclusion de la Feste
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Illustre
Pair, à qui cette Terre est commise,
Qui par des soins si glorieux,
Faites connestre à tous le zele genereux,
Dont vostre belle ame est esprise,
Pour un Roy le plus grand d'entre tous les mortels,
Et qui comme nos Dieux merite des Autels.
Aprés
cette superbe Feste,
Qui vous doit toutes ses splendeurs,
Et qui va inspirant l'Augure dans les coeurs,
De l'heur que le Ciel leur appreste,
Que reste-'il sinon que nous confesions tous,
Que son Ordre accomply n'apartenoit qu'à
vous.
Aprés
ces adveux equitables,
Que reste-t'il à desirer,
Sinon de voir long-temps regner & prosperer,
Ces deux personnes adorables,
Dont l'Augsute Union & la fecondité,
Sont garands aux mortels de leur felicité
?
Que
reste-t'il, diray je encore,
(Et dittes-le tous à la fois,
D'un coeur plein de respect pour le plus grand des Roys)
Sinon, pour le bon-heur d'un peuple qui l'adore,
De voir le grand PHILIPPE, à toute
eternité,
Renaistre heureusement dans sa
posterité.
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