Troisiesme
Entrée
un Vendeur de Tabac, & un d'Eau de
Vie
aux
Dames
La
noirceur de ceste fumée
Sort de nostre pipe allumée,
Et provient d'un feu vehement
Que nous cachons dans nostre Ame,
Qui ne peut estre que la flame
Des yeux qui nous vont consumant.
Les
Bergers Celestes
aux
Dames
Sy
Pallas dans les Cieux fut iamais
reverée,
Sy la belle Cypris fut iamais adorée,
Et si Iunon pompeuse au Palais Fraternel
Void regner sa grandeur dans le Trosne Eternel.
Les Dieux doivent-ils pas porter vostre
memoire,
A un degré plus haut que celuy d eleur
gloire ?
Vostre beauté ne peut avoir moins
merité,
Puis qu'une fable cede à une
verité.
Außy
Iupin ravy de l'effort de vos charmes
Vous offrant la Couronne, & son Sceptre, &
ses armes,
Envoye cette Troupe annoncer aux mortelz,
Que vos perfections meritent
des Autelz.
Venus
à qui la Pomme en iugeant fut
donnée,
Se conffesse vaincuë, & vostre
renommee
Rend honteux le Berger qui luy donna ce pris:
Pour ne vous pas cognoistre il s'est ainsi
mespris.
Recit
aux Dames
Les
Dieux forcez de leur Martyre,
Nous ont fait descendre des Cieux:
Pour confesser devant vos yeux
Qu'ils relevent de vostre Empire:
Et defia vos puissants attraits
Nous blessent plus que mille traits.
Et
ce Dieu mesme à qui les fleches
Ont donné le nom de vainqueur,
Dit s'estre fait dedans le coeur
Quantité de mortelles bréches:
Et que vos aymables attraits,
Sont plus aygus que tous ses traits.
Mars
dit n'avoir de fortes armes,
Pour resister à vos appas,
Et Bachus dit n'en avoir pas
Pour parer les coups de vos charmes:
Le seul obiet de vos attraits
Les blessent d'incroyables traits.
Le
Ciel a deputé Mercure
Pour commander à nos Bergers,
Qu'ils vous fussent les Messagers
Du bien que son soin vous procure:
Puis que vos aymables attraits
Blessent d'inévitables
traits.
Advoüant
que si quelques marques
Distinguent l'honneur entre nous,
En cela les mains de ses Parques
Ne doivent filer que pour vous;
Puis que vous avez des attraits
Außy puissans que tous ses
traits.
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