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Que
cherchez vous de toutes pars !
Ou allez vous troupe gentile;
Vostre peine est bien inutile
Enfans d'Apollon & de Mars.
Vous à qui le genereux sort
En naissant inspira l'envie
De chercher l'honneur de la vie
Parmy les horreurs de la mort.
Quoy que
du ciel les favoris
N'esperez pas qu'Hymen vous donne
Apres les lauriers de Bellone
Le Myrthe amoureux de Cypris.
De
veinceurs vous serez veincus,
Il y a de plus puissans charmes,
Et faut que la gloire des armes
S'offusque à l'éclat des escus.
Et vous
l'elite des esprits,
Dont le rare discours nous touche,
Soit qu'il coule de vostre bouche,
Ou par la plume en vos escrits.
Ayez le
sçavoir, ie le veux,
De l'antique Rome & d'Athenes,
Vous n'aurez pour prix de vos peines
Une femme selon vos voeux.
Quoy que
par un heureux concours,
Et la vertu, & la richesse
D'une suffisante largesse
Conspirent à vostre secours.
Si est-ce
que cest autre Amant
Disgracié de la nature,
Qui n'a d'homme que la figure,
Sans parole, sans mouvement.
Insensible
au bien & au mal,
Lourde masse d'Epimethée,
Et dont l'ame au corps hebetée
Agit comme en un animal.
Plus riche
il maistrise cest oeil,
Le seul objet de vos poursuites,
Et verrez fondre vos merites
Aux raiz dorez de ce Soleil.
Remarquez
comme en plaine nuict
En son or, aux yeux de ce Pere,
Ainsi que l'asne de Tybere
De mille rayons il reluit.
Ce buffle
est un astre nouveau,
Au iugement d'un vieil avare,
Ha Dieu ! que son esprit est rare !
Qu'il est accomply ! qu'il est beau !
Il cognoit
si l'or est de poids,
Et sçait, tant il est habile homme
Darrerages par chasque moys
Et ayant
dés ses ieunes ans
Suivy l'instinct de sa nature,
Il s'est confit dans la lecture
Des Almanachz, & des Romans.
Cependant
d'un forcé devoir,
La belle qui se desespere
Fleschit à la rigueur d'un pere,
Et foible cede à son pouvoir.
Mome, dont
l'exil exactement
Iusqu'aux moindres deffauts observe,
Veut que tel mariage ferme
A son ris d'un iuste argument.
En mille
grotesques façons
Sa troupe außi s'est deguisée
Pour faire en signe de risée
Sur l'airain bruire ses chansons.
Dedans
leur veritables ris
On lit l'imprudence d'un pere,
Et d'une fille la misere,
Et la sotise des maris.
Leurs vers
predisent pour malheur
Qu'il faut, ou qu'un divorce arrive,
Ou bien qu'une race furtive
En publie de des-honneur.
Car la
femme qui a tousiours
Devant soy l'objet de sa peine,
Sur le fondement de sa haine
Bastit de nouvelles amours.
Amours,
dont les tristes effects
Sont les soupçons, la ialousie,
Spectres nés dans la fantaisie
Complices d'estrangers forfaicts.
Mais ces
raisons s'en vont au vent
L'or par ses charmes les rend vaines,
Que pour eviter ces Sirenes !
Peu d'Ulisses sontà présent !
Ce flot
sous couvert de sequins,
Est le plus vertueux des hommes,
Puisque dans le siecle ou nous sommes
On court à l'envy les faquins.
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