Les
Amours
des Dieux
Opéra-Ballet
Héroique en un Prologue et III
Entrées
livret
de Jean-Louis Fuzelier
musique
de:
Jean-Joseph
Mouret
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les personnages du Prologue:
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les interprètes:
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La
Pretresse du Temple de l'Amour
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Mlle Lemiere
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Le Chef
des Sarmates
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Mr Larrivée
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Un
Sarmate
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Mr Poirier
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Sarmates
Prêtresses
Peuples du Nord
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Le
Théâtre représente le Temple de l'Amour
de la ville de Tomes, où les Sarmates
célébroient tous les ans une Fête en
lhonneur d'Ovide; son Tombeau est placé au
milieu.
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Scène
1
La Pretresse, Pretresses, le Chef des Sarmates, & sa
Suite
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|
La
Pretresse:
Vous qui chaque Printems excités notre zele,
Pour honorer le plus fidèle
Et le plus cher de vos Sujets,
Volés, Fils de Venus, secondés nos
projets,
Cest la reconnoissance, Amour, qui vous apelle.
Prés de ce monument que j'ai fait élever
Des Plaisirs & des Jeux, que la troupe
s'arrête;
Ovide est l'objet de la Fête,
Tout Cythère doit s'y trouver.
Le
Chef des Sarmates:
Peuples soûmis aux Loix, & vous Peuples
sauvages,
Hâtés-vous, traversés le vaste sein des
mers:
Rassemblés-vous ici, présentés vos
hommages
Au Mortel renommé, qui sur nos froids rivages
Du plus doux des Vainqueurs fit connoître les
fers,
Le jour qu'on l'exila, le Tibre sur ses traces
Vit voler après lui les Amours empressés;
Le jour qu'il arriva dans nos climats glacés,
Pour la prerniere fois nous y vîmes les Graces;
Sans lui nos coeurs, qu'il prit foin de former,
Ne sauroient pas encor aimer.
Ensemble:
Ne tardés pas, suivés le devoir qui vous
presse,
Venés tendres Amants, venés, accoures
tous;
Votre encens dans ces lieux devroit brûler sans
cesse,
Et le Tombeau d'Ovide est un autel pour vous.
|
Scène
2
La Pretresse, Pretresses, le Chef des Sarmates, & sa
Suite,
Les Nations du Nord accourent & exécutent les
ordes de la Pretresse
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|
La
Pretresse:
Vole, Amour, vole avec les Graces;
Vole, Amour, dans ces lieux,
Qu'avec les Jeux, les Ris suivent tes traces.
Que tes flâmes,
Charment les âmes
Et nenchaînent les curs que pour les
rendre heureux.
Vole, Amour, vole avec les Graces;
Vole, Amour, dans ces lïeux.
On
danse
Un
Sarmate:
Fiers Aquilons, de vos ravages
Nous ne sentons pas les horreurs:
Plus l'hyver glace nos rivages,
Plus l'Amour enflâme nos curs.
Si dans des climats plus tranquilles
Vous exilés les doux Zéphirs;
Du-moins jamais de nos aziles
Vous ne bannissés les Plaisirs.
Fiers. Aquilons, etc...
On
danse
Le
Chef des Sarmates:
Du maître des Amants, du guide des Amours,
Que le nom dans ces lieux retentisse toûjours;
Fameux par son esprit, fameux par sa tendresse,
Il connoissoit tous les détours
Des rives de Cythere & des bords du Permesse.
Du maître des Amants. du guide des Amours,
Que le nom dans ces lieux retentisse
toûjours.
(Le
Choeur répéte les
deux derniers vers)
On
danse
Le
Chef des Sarmates:
Nos rivages
Ne sont plus sauvages,
Depuis que ce séjour
Au tendre Amour
Rend des hommages.
Les Oiseaux
Cherissent nos retraites;
Nos musettes
Forment des chants plus beaux;
L'Onde pure
Y mêle un plus doux murmure.
Dieu descoeurs,
Nous te devons ces charmes:
Prend tes armes
Tes conquêtes
Sont pour nous autant de Fêtes.
On
danse
La
Pretresse:
Vous qu'Ovide a conduits fur ces bords
écartés,
Plaisirs, efforcés-vous d'emprunter son lzabgage:
Et des Amours des Dieux par sa Muse chantés,
Offrés à nos regards une fidele image.
Par un si beau spectacle, achevés
aujourdhui
Les jeux que notre zele a consacrés pour
lui.
Ensemble:
Nous devons à jamais célébrer sa
mémoire.
Il nous a montré lart darracher la
victoire
Aux armes de Paphos
Ainsi que Mars, l'Amour a ses Héros,
Ainsi qus Mars, lAmour est suivi de la
Gloire.
Choeur:
Nous devons à jamais, etc...
|
haut
de page

PREMIERE
ENTREE:
Neptune
& Amymone
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|
les personnages:
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les interprètes:
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Neptune
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Mr Gêlin
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Amymone
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Mlle Dubois
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Un Faune
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Mr Pepin
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Tritons, Néréides
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La
Scène est sur le Bord de la Mer.
Le Théâtre represente la Mer, & un rivage
semés de rochers.
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|
Amymone:
Solitude paisible,
Cachés mes feux secrets; retenés les
Echos.
Et vous calme profond qui regnés sur les flots,
Passés dans mon cur trop sensible.
Sans-cesse je reviens sur ces rochers deserts
Où j'ai vu mon Vainqueur, où j'ai reçu
ses fers.
Pour chercher chaque jour ces sauvages retraites,
Je quitte la fraîcheur des Bois les plus
charmants:
C'est toûjours dans les lieux témoins de leurs
défaites
Que les tendres Amants.
Rencontrent leurs plus doux moments.
Dieu de l'Onde, venés, hâtés-vous de
paroître
Vous ignorés des feux que vous avés fait
naître.
Un Faune téméraire ôse exiger de moi
Des voeux qui vous sont dûs... mais c'est lui que je
voi.
|
Scène
2
Amymone, un Faune
|
|
Le
Faune:
Enfin, je vous trouve, Inhumaine,
Demeurés: Vainement vous voulés
m'éviter;
Si vous ne plaignés pas ma peine,
Je saurai vous contraindre au-moins à
l'écouter.
Amymone:
Ah! contraignés plutôt un transport qui
moutrage.
Le
Faune:
Non, non, cest trop long-tems rebuter mon hommage,
Par vos cruels refus, c'est trop être
insulté:
Vous me faites souffrir le plus rude esclavage;
Prétendés-vous jouïr de votre
liberté?
Vous ne répondés pas?.. que faut-il que je
pense?...
Dûssiés-vous redoubler ma mortelle douleur,
Donnés un libre cours à votre
indifférence:
Quoi! N'avés-vous que le silence
Pour m'annoncer votre rigueur?
Amymone:
Sur ce rivage tranquille
Je viens chercher le repos.
Je ne veux dans cet azile
Ecouter que les Echos.
Le
Faune:
Croyes-vous m'aveugler par une feinte vaine?
L'Amour jaloux m'éclaire, & son flambeau
fatal,
Malgré vous, maigre moi, me fait voir votre
haine:
Je cherche dans vos yeux le doux prix de ma peine,
J'y vois le bonheur d'un rival.
Amymone:
Que dites.vôus? O dieux! Non, mon cour n'est point
tendre.
Le
Faune:
Ah! que vous vous défendes mal,
En vous pressant de vous défendre!
Cest ici, je le voi, qu'une secrette ardeur
A su vaincre votre foideur...
Chaque jour sans témoins vous venés vous y
rendre,
Sur ces bords écartés la terre sans appas
Ne se pare jamais de fleurs ni de verdure,
Il n'est point dans ces lieux de ruisseau qui murmure:
Non, des indifférents n'y portent point leurs
pas,
Eh! quels attraits pouroient vous plaire
Sur ce Rivage solitaire,
Si lAmour à vos yeux ne l'embellissoit pas?
Que vois-je? votre troublé augmente
Je sens redoubler mon couroux.
Vous voyés sans pitié le mal qui me
tourmente...
Vous voulés fuir encor... eh quoi!
l'esperés-vous?
Amymone:
Comment voulés-vous qu'on vous aime?
Dans vos discours, votre tendresse méme
Inspire de l'effroi.
Le dépit, armé de menaces,
Vole sans cesse sur vos traces.
Lorsque l'Amour prétend que l'on suive sa loi
Il doit annoncer par la bouche des Graces.
Le
Faune:
D'inutiles soûpirs ne sont pas faits pour moi;
De tant de vains détours ma tendresse s'offense
Vous possedés mon cur, je vous donne ma
foi;
Il faut qu'un promt aveu couronne ma confiance.
Amymone:
Dieux! O Dieux! Qu'elle vïolence!
Le
Faune:
Si vous avés des Dieux pour vous,
J'aurai pour moi le plus puissant de tous;
C'est leur Vainqueur, c'est l'Amour qui
m'inspire.
Amymone:
Neptune, vous souffrés que prés de votre
empire
L'Innocence redoute un funeste danger!
Tout vous dit de me protéger.
(La mer
s'agite)
|
Scène
3
Neptune, sortant de la mer, Amymone, Le Faune, des
Tritons
|
|
Neptune:
Tritons, allés punir ce Faune
téméraire.
Amymone:
C'est vous qui me vengés; quel secours
glorieux.
Neptune:
Les Arrêts de votre colere
Sont exécutés par les Dieux.
(Les
Tritons emmenent le Faune)
|
|
Amymone:
Les Dieux défendent l'innocence,
C'est ce que j'éprouve aujourd'hui.
Contre un audacieux, contre sa vïolence,
Mon cur méritoit votre appui.
Neptune:
Il vous aime, quel crime & qu'il est pardonnable!
Ah! quand je punis ce coupable
Je suis plus criminel que lui.
Amymone
(à part):
Lai-je bien entendu? quel aveu favorable!
Neptune:
Jeune Beauté, vos yeux vainqueurs
Se font rendre sans-cesse un tribut légitime.
Si l'amour vous paroit un crime
Vous ne verrés jamais que de coupables coeurs.
Vous vous troublés!...eh! que pouvés-vous
craindre?
Parlés: cessés de vous contraindre.
Un Dieu tendre & soûmis doit-il
épouvanter?
Amymone:
La flâme d'un cur téméraire
Noffre que des périls que l'on peut
éviter:
Mais l'Amour est à redouter
Dans un Amant digne de plaire.
Neptune:
O ciel! Serois-je assés heureux
Pour vous faire sentir cette charmante crainte?
Amymone:
Quand mon cour éperdu, vous adressoit sa plainte,
Ce n'étoit pas le Dieu qu'imploroient tous mes
voeux.
Neptune:
Vous ressentés mes feux, & vous daignés le
dire!
Partagés mon pouvoir ainsi que mon ardeur.
Amymone:
Je veux régner sur votre coeur,
C'est l'unique empire
Que le mien desire:
Compte-t-on pour un bien l'éclat de la grandeur
Quand on soupire?
L'Amour seul, des Amants peut faire le bonheur.
Ensemble:
Me serés-vous toûjours fidele?
Ah! si vous cessés de m'aimer,
Quel supplice pour moi qu'une vie immortelle!
Non, rien ne doit vous allarmer;
Je vous serai toûjours fidele...
Neptune:
Accourés sur ces Bords, vous qui suivés mes
loix;
Rassemblés-vous, venés applaudir à mon
choix.
|
Scène
5
Neptune, Amymone, Néréides,
Tritons
|
|
Neptune:
Au vaste sein des mers Vénus a pris naissance,
Et son Fils dans ce jour m'offre pour récompense
Le plus aimable objet qui brille sous les Cieux.
Quel prix charmant & glorïeux!
Du Dieu qui m'a soûmis qu'il marque la puissance!
Jamais l'Amour pouvoir-il mieux
Signaler sa reconnoissance?
Que sur ces bords, parés de ses attraits
Le Vainqueur de Cythere
Vole & regne à-jamais:
Aux lieux qu'il embellit pourroit-il se déplaire?
Par la main des plaisirs qu'il nous lance ses
traits.
Choeur:
Que sur ces bords, parés de ses attraits
Le vainqueur de Cythere
Vole & regne à-jamais
Aux lieux qu'il embellit pourroit-il se déplaire?
Par la main des plaisirs qu'il nous lance ses
traits.
On
danse
Amymone
(alternarivement avec) Le Choeur:
Soûpirés, aimable Jeunesse,
Profités de vos beaux jours.
Que le Tems, qui vous rit sans-cesse,
S'envole, sans trop presser son cours.
Soûpirés, aimable Jeunesse,
Profités de vos beaux jours.
Hâtés-vous d'éprouver les biens de la
tendresse,
Prévenés de fâcheux retours.
Jamais la sévere Vieillesse
Ne doit se montrer aux Amours.
Soûpirés, aimable Jeunesse,
Profités de vos beaux jours.
On
danse
Amymone:
Jeunes Coeurs, quittés le rivage,
Embarqués-vous avec l'Amour:
Souvent il nous fait dans l'orage,
Goûter les douceurs d'un beau jour.
Partés, qu'à vos voeux tous
réponde:
Vous allés voir voler sur l'Onde
Autant de Jeux que de Zéphirs.
N'allés pas consulter la Raison sur la route
On s'égare quand on l'écoute,
Elle épouvante les Plaisirs.
Dans le Port du bonheur supréme.
Si l'on veut arriver,
C'est dans les yeux de ce qu'on aime
Qu'il faut apprendre à le trouver.
On
danse
|

DEUXIEME
ENTREE:
Apollon
& Coronis
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|
les personnages:
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les interprètes:
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Apollon, en Berger
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Mr Poirier
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Coronis, Amante d'Iphis, aimé d'Apollon
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Mlle Fel
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Iphis, Berger, Amant de Coronis
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Mr Larrivée
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Ismene, Bergere, Amie de Coronis
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Mlle Lemiere
|
|
Mercure
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Mr Pepin
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Une Bergere
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Mlle Lemiere
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|
|
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Bergers & Bergeres
|
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La
Scène est dans un Hameau de la Thefaliea
Le Théâtre représente un Hameau de la
Thessalie.
|
|
Ismene:
Pour vous quelle gloire nouvelle,
Aimable Coronis! quoi, ce Berger fidelle,
Qui sur vos pas soûpire nuit & jour,
Cest Apollon!
Coronis:
Banni par le Dieu du tonnerre
Le plus beau climat de la terre
Le dédommage ici du céleste
séjour.
Ismene:
Pourquoi dérobés-vous ce trïomphe
à l'Amour?
Non, je ne connois que vos charmes
Qui puissent effacer le souvenir des Cieux.
Vous contraignés les Dieux
A vous rendre les armes.
Non, je ne connois sue vos charmes
Qui puissent effacer le souvenir des Cieux.
Vous ne m'écoutés pas...
Coronis:
Veux-tu te faire entendre?
Ne me parle plus que d'Iphis.
Ismene:
D'Iphis! que dites-vous? & qu'allés-vous
m'apprendre?
Coronis:
Un secret que mes yeux devroient t'avoir appris.
Un feu nouveau me devore;
Rien n'égale sa douceur:
Sans cette aimable ardeur,
J'ignorerois encore
Les plus charmants plaisirs que peut goûter un
coeur.
Ismene:
Quoi, vous changés!
Coronis:
L'Amour me le pardonne.
J'aime Iphis; ce jeune Etranger.
Ismene:
Coronis abandonne
Un Dieu pour un Berger!
Coronis:
Tu n'as jamais aimé, si mon aveu
t'étonne.
Ismene:
Comment défendrés-vous votre
legereté?
Le rang d'Apollon vous accuse.
Coronis:
Apollon lui-même m'excuse
Lorsqu'il m'instruit de sa divinité.
Ismene:
Près d'un Amant, que votre coeur offense,
Votre légèreté voudroit changer de
nom;
Et vous prêtés à l'inconstance
Le langage de la raison.
Mais Iphis doit trembler du destin d'Apollon.
Coronis:
Je lui cache se fort de ma premiere
flâme...
Ismene:
Et vous le trahissés par ce
déguisement...
Coronis:
Ce n'est pas trahir un Amant
Que d'épargner des soins & du trouble à
son âme.
Ismene:
Ne prévoyés-vous pas cent périls en ce
jour?...
Coronis:
Le bandeau de l'Amour
Laisse voir ses plaisirs, & nous cache ses peines.
Dans un coeur trop sensible, enchanté de ses
chaînes,
La raison n'a point de retour.
Le bandeau de l'Amour
Laisse voir ses plaisirs, & nous cache ses peines.
On vient. C'est Apollon: déguisons mon ardeur...
Quel triste moment pour mon coeur.
|
|
Apollon:
Je ne m'occupe plus que de mon feu sincere:
Charmante Coronis, le bonheur de vous plaire
Du Souverain Maître des Dieux
M'a fait oublïer la colere:
En vain il m'a banni des Cieux;
Je les retrouve dans vos yeux.
Vous connoissés enfin l'Amant qui vous
engage.
Coronis:
Peut-être avés-vous cru par un brillant
hommage
Flater un jeune coeur, animer ses desirs,
Et que j'aimerois davantage
Quand je saurois qu'un Dieu m'adressoit ses
soûpirs.
Apollon:
Je vous ai fait l'aveu de ma grandeur suprême;
Pouvois-je vous cacher le sort de votre Amant?
Le plus leger déguisement
Devient un crime quand on aime.
Depuis qu'inconnu sur ces bords
Je prend soin des troupeaux d'Admete,
Vous daignés de ma flâme approuver les
transports;
Quelle félicité parfaite!
Le sort m'a fait Berger pour combler mes desirs:
Qu'en restant dans les Cieux je perdois de
plaisirs!
Coronis:
Quelque foit l'excès de sa flâme,
Un Dieu n'a pas long-tems les transports d'un Berger.
Et lorsque la grandeur lui parle de changer,
L'Amour sort bien-tôt de son ame.
Quelque foit l'excès de sa flâme
Un Dieu n'a pas long-tems les transports d'un
Berger.
Apollon:
Connoissés mieux & mon coeur & vos
charmes;
Non, ils ne sont pas faits pour l'infidelité.
Ma constance & votre beauté
Condamnent vos allarmes,
Connoissés mieux & mon coeur & vos
charmes;
Non, ils ne sont pas faits pour
l'infidelité.
(Mercure
descend des Cieux)
Coronis:
Quel Dieu du haut des Cieux descend dans nos
Boccages?
Apollon:
C'est Mercure. Sous ces ombrages
Quel dessein l'amene aujourd'hui?
Coronis:
Il paroit vous chercher: je vous laisse avec lui.
|
|
Mercure:
Jupiter veut enfin oublïer votre offense:
Il répond aux desirs de cent climats divers;
Il vous rappelle; il faut jouïr de sa
clémence;
Quittés la Terre, allés, les Cieux vous sont
ouverts.
Apollon:
Mercure, je rends grace au zele
Qu'aujourd'hui vous me faites voir.
Allés, je suivrai mon devoir:
Apollon doit partir, quand Jupiter l'appelle.
(Mercure
sort)
|
On
entend le prélude dune flûte champêtre
|
Apollon:
Quels sont icï les Jeux que j'entends
célébrer?
Mais, cherchons Coronis. Allons lui déclarer
Que Jupiter excusemon offense...
Ah! Dieu cruël, que je hais ta clemence!
Elle va m'éloigner de l'objet de mes feux,
Et retarder le prix de ma persévérance.
M'accorder un pardon si contraire à mes
vux,
Ce n'est pas appaiser ton courroux rigoureux,
C'est redoubler encor ta fatale vengeance.
|
Scène
5
Iphis, Bergers & Bergeres
|
|
Iphis:
Chantés Bergers, chantés;
reveillés-vous Echos,
Répondés à nos voix, imités nos
musettes:
Que notre sort est doux dans ces belles retraites!
L'Amour même jamais n'en trouble le repos.
Choeur:
Chantons, reveillés-vous, Echos, etc...
On
danse
La
Bergere:
Dans nos champs s'il coule des larmes,
Des Ingrats
Ne nous les arrachent pas.
Nous pouvons aimer sans allarmes;
Ici tous les coeurs
Ne sont jamais vains ni trompeurs
La Bergere ignore ses charmes,
Et l'art de changer
N'est pas su du Berger.
On
danse
La
Bergere:
Résonnés, paisibles musettes,
Vous êtes les douces trompettes
Des vainqueurs
De nos coeurs.
Par d'aimables chansonnettes
Vous couronnés les beaux jours:
Vous célébrés dans nos retraites
Les exploits des tendres Amours.
Résonés, etc...
On
danse
|
Scène
6
Coronis, Iphis, Ismene, Bergers &
Bergeres
|
|
Coronis
(au fond du Théatre, à part à
Ismene):
Appolon quitte enfin ces lieux,
Rien ne m'allarme plus, j'ai reçu ses
adieux,
(Elle
apperçoit Iphis & les Bergers)
Mais,
c'est vous, cher Iphis! Quelle fête
galante:
Iphis:
C'est ma félicite que sur ces bords on chante.
A l'auteur de vos jours je viens d'ouvrir mon coeur.
Conduit par l'esperance, infpiré par ma
flâme,
Mes respects, mes soûpirs ont attendri son ame;
Il veut que votre main couronne mon ardeur.
Que ce jour a pour moi de charmes!
L'Hymen me donne enfin ce que me doit l'Amour.
Et le bien le plus doux accordé sans retour,
Va payer mes tendres allarmes:
Que ce jour a pour moi de charmes!
L'Hymen me donne enfin ce que me doit l'Amour
Coronis
& Iphis:
Amour, rendes toujours aimables
Des noeuds que l'Hymen rend durables!
Regnés: ne nous quittés jamais;
Nos tendres curs méritent vos
bienfaits.
Coronis
(aux Bergers):
Recommencés vos jeux sous ce paisible ombrage.
De deux Amants heureux célébrés les
transports,
Oiseaux, à leurs chansons joignés un doux
ramage;
Vous Ruisseaux, qui baignés les Fleurs de ce
Rivage,
Mêlés votre murmure à leurs tendres
accords.
On
danse
Iphis:
Que tout ici retentisse
Des appas de Coronis.
Coronis:
Que tout applaudisse
A l'amour d'Iphis;
Ensemble:
Que leurs noms, que leurs curs soient à-jamais
unis.
Choeur:
Que tout retentisse
Des appas de Coronis
Que tout applaudissee
A l'amour d'Iphis:
Que leurs noms, que leurs coeurs soient à-jamais
unis.
|
Scène
7
Coronis, Iphis, Ismene, Apollon, Bergers &
Bergeres
|
|
Apollon
(à part, au fond du Thèâtre):
Prêt à monter aux Cieux, quels chants viens-je
d'entendre
A ce funeste outrage aurois-je dû m'attendre?
La Perfide!
(Apollon
avance & veut frapper Coronis de son Javelot, il est
retenu par Iphis)
Iphis
(à Apollon)
Arrêtés, Berger trop inhumain.
Coronis
(à Iphis, se mettant entre lui &
Apollon)
C'est un Dieu, sauvés-vous, votre courage est
vain;
Sauvés vous cher Iphis...
(Les
Choeurs se retirent avec effroi)
Apollon:
L'Ingrate!... l'Infidelle...
Lorsquelle doit trembler, lorsqu'elle est
criminelle,
Elle ne craint que le trépas
D'un Mortel téméraire, aussï coupable
qu'elle...
Ah! sa terreur me montre où doit frapper mon
bras...
Meurs indigne Rival
(Coronis
entraîne Iphis dans la Coulisse, oû Apollon,
lance son Javelot)
Choeur
(derriere le Théâtre):
O disgrace cruëlle!
Apollon:
Enfin, je suis vengé de l'audace d'Iphis
Choeur
(derriere le Théâtre):
Helas! le mème trait a frappé Coronis!
L'Amour les unissoit, le trépas les rassemble;
Ils expirent ensemble!
Apollon:
Le Destin m'a donc mieux servi que ma fureur:
Je me suis d'un seul coup immolé deux
victimes.
Choeur
(derriere le Théâtre):
Quel spectacle affreux! quelle horreur!
Apollon:
Bergers, qui n'estimés qu'une sincere ardeur,
Devés-vous les pleurer, vous qui savés leurs
crimes?
Choeur
(derriere le Théâtre):
Portons ces deux Amants dans le même tombeau:
Que l'Amour avec eux enferme son flambeau.
|
|
Apollon:
Je frémis.. leurs regrets malgré-moi
m'attendrissent.
De funestes remords me frappent... me saisissent...
Quai-je fait! Coronis.... quoi, ma barbare main
A donc lancé le trait qui vous perce le sein?
O Ciel! vous descendés sur les rivages sombres...
Et mon Rival vous fuit dans l'Empire des Ombres...
Coronis, vous mourés... O destin trop cruël!
Coronis vous mourés... & je suis immortel!
Forcé de vivre, hélas! par une loi
suprême,
Que rien ne peut changer,
Quel desespoir extréme!
C'est par moi que je perds le cher Objet que j'aime,
J'ai pu causer sa mort, je ne puis la venger!
Que l'Univers entier ressente mes allarmes:
On ne sauroit trop répandre de larmes
Pour le sang que ma rage a versé dans ce jour...
Ah! cachons mes fureurs dans une nuit profonde,
Et cessons d'éclairer le Monde,
Puisque je n'y vois plus l'Objet de mon amour.
|

TROISIEME
ENTREE:
Ariane
& Bacchus
|
|
les personnages:
|
les interprètes:
|
|
|
Bacchus
|
Mr Gêlin
|
|
Ariane
|
Mlle Chevallier
|
|
Une Bacchante
|
Mlle Dubois
|
|
|
|
|
Egipans, Bacchantes
|
|
La
Scéne est sur un Rivage solitaire de l'isle de
Naxos.
Le Théâtre represente un Rivage solitaire de
lIsle de Naxos: on voit dans l'éloignement un
Vaisseau qui fuit à pleines voiles.
|
|
Ariane:
(sortant avec transport d'entre les Rochers)
Quoi, tu fuis Ariane, infidele Thesée
As-tu pu concevoir ce barbare dessein?
Dieux! Quels serments trahis! quelle ardeur
méprisée!
Tu serois moins ingrat en me perçant le sein.
Revien, parjure Amant: si tu vois mes allarmes,
Pourras-tu refuser de me rendre ton cur?
Tu fuis: hélas! crains-tu de voir couler mes
larmes?
Crains-tu d'écouter ma douleur?
Avec mon désespoir ton crime croit sans cesse;
On peut te pardonner l'oubli de mes attraits
Et non celui de ma tendresse
Ah! Que n'es-tu témoin de mes tristes regrets!
Revien, parjure Amant: si tu vois mes allarmes
Pourras-tu refuser de me rendre ton cur?
Tu fuis: hélas! crains-tu de voir couler mes
larmes?
Crains-tu d'écouter ma douleur?
Mais je n'apperçois plus le Vaisseau du perfide,
Neptune, vous souffrés que Zéphire le
guide!
Dieu des Flots, dun barbare,
éxaucés-vous les voeux?
Montrés vos droits, vengés mes feux;
Donnés à lInnocence un secours
légitime.
Prêtés-vous un azile au crime?
Ah, justifiés-vous par un orage affreux.
|
Scène
2
Ariane, Egipans, Bacchantes, qu'on ne voit
point
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Choeur:
Princesse, oubliés un Volage
Vos yeux charmants sont-ils faits pour les pleurs
Ariane:
Qu'entens-je? hélas! sur ce rivage
Qui peut déplorer mes malheurs?
Choeur:
Princesse, oubliés un Volage:
Vos yeux charmants sont-ils faits pour les
pleurs?
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Le
Théâtre change. La Mer & les Rochers
disparoissent
On découvre de toutes parts des Berceaux
d'Arbres.
La suite de Bacchus paroît.
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Scène
3
Ariane, Egipans, Bacchantes
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Ariane:
Quel prodige nouveau! les fruits & la verdure
Naissent de toutes parts!
Mille Berceaux fleuris cachent à mes regards
Les flots complices d'un Parjure!
Du Dieu vainqueur de l'Inde on voit l'aimable Cour:
Pour qui prend-elle soin d'embellir ce
séjour?
Choeur:
Nous venons terminer vos peines:
Votre Amant a changé, changés à votre
tour.
Oublier un Ingrat qui romt de douces chaînes,
Ce n'est pas offenser l'Amour.
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Ariane:
Dieux! j'apperçois Bacchus lui-méme,
Dérobons-lui mon trouble extrême.
Bacchus:
Charmante Princesse, arrêtés
Sur ces bords écartés
J'ai vu couler vos larmes;
Le desespoir guidoit vos pas;
Et loin d'effacer vos appas,
La douleur dans vos yeux mettoit de nouveaux charmes:
Vos regrets, vos soûpirs, dans ce triste moment,
Formoient la chaîne qui m'engage;
En pleurant un Amant volage
Vous fesiés un fidele Amant.
Ariane:
Ah! que me faites-vous entendre!
Ce discours convient-il à mes cruels
malheurs?
Bacchus:
Songés que c'est un Dieu qui vient sécher les
pleurs,
Qu'un indigne mortel vous force de
répandre.
Ariane:
Pour le suivre, l'Ingrat, j'anandonnois des lieux
Commandés par un Roi formé du sang des
Dieux:
Vainement le devoir sévere.
Rappelloit dans mon coeur les vertus de mon pere,
Et les droits du séjour de mes facrés
Ayeux:
Amour, je n'écoutois que ton ordre suprême;
Tu me disois, hélas! dans ces tendres moments:
Fuis Ariane, fuis, je te conduis moi-même,
Accompagne un Heros qu'engagent ses ferments,
Qu'importe quels climats habitent les Amants;
La patrie et toûjours oû l'on voit ce qu'on
aime.
Bacchus:
Thesée ingrat, Thesée absent,
Trïomphe ainsi de la présence
Et de l'amour d'un Dieu puissant:
Thesée ingrat, Thesée absent
Sur votre coeur trahi regne avec vïolence;
Son nom dans votre bouche à chaque inilant
m'offense.
Ah! si l'amour ne vous dit rien pour moi,
Ecoutés du-moins la vengeance.
Oublïés un Ingrat qui vous manque de foi,
Et de son châtiment faites ma récompense.
Ah! si l'amour ne vous dit rien pour moi,
Ecoutés du-moins la vengeance.
Ariane:
Non, non; il est trop dangereux
D'écouter le dépit, secondé par les
vux
D'un Dieu puissant qui s'éforce de plaire.
Bacchus:
Ne voyés point mon rang, ne voyés que mes
feux.
Ariane:
Cest de votre amour seul que je veux me
distraire.
Bacchus:
Que l'Hymen en ce jour nous unisse tous deux,
Ariane:
Quoi! Fils de Jupiter, par ce brillant hommage
Vous m'offrés d'effacer ma honte & mon
outrage?
Bacchus:
Je redouble ma gloire en formant ces beaux nuds,
Je n'exige de vous que l'oubli d'un Volage.
Ariane:
O ciel!
Bacchus:
Vous vous troublés! expliqués ce
langage...
Pourrois-je me flatter d'un heureux changement?
Ariane:
Thesée abandonnoit une Amante fidelle,
Mais, hélas! depuis un moment
Sa fuite n'est plus criminelle.
Bacchus:
Qu'entens-je? achevés mon bonheur:
N'accordés plus, belle Princesse
De soupirs à votre douleur,
Reservés-les à ma tendresse.
Ariane:
Ne me reprochés plus ce triste souvenir,
Vous savez trop bien le bannir.
Des charmes de l'Amour ne peut-on se
défendre?
Bacchus:
Il trïomphe de tous les coeurs.
Ariane:
Ah! devroit-on deux fois se rendre
Au plus dangereux des Vainqueurs?
Ensemble:
Des charmes de l'amour ne peut-on/on ne peut se
défendre
Il trïomphe de tous les coeurs.
Ah! devroit/voudroit-on deux fois/ne pas se rendre
Au plus dangereux/aimable des Vainqueurs.
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Scène
5
Ariane, Bacchus, Egipans, Bacchantes
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Bacchus:
Préparés de nouvelles fêtes
Au cher objet de mon amour.
Vous, qui dans les climats où commence le jour,
Avés par vos exploits secondé mes
conquêtes,
De myrrhes couronnés vos têtes:
Vénus doit à-présent vous compter dans
sa Cour
Préparés de nouvelles fêtes
Au cher objet de mon amour.
Choeur:
Trïomphés, Princesse charmante,
Partagés la gloire éclatante
Du Fils du Souverain des Dieux.
La Couronne qu'il vous présente
Doit un jour briller dans les Cieux.
On
danse
Une
Bacchante:
Viens, Fils de Venus,
Viens dans ces beaux lieux trouver Bacchus:
Quand des Cieux tu defcends sur la terre,
Cours au verre
Tremper tes traits;
Son Nectar augmente leurs attraits.
Regne fous la Treille;
Que tes fers sont doux & charmants!
Quand la Vigne vermeille
Sert d'azile aux heureux Amants.
Cher Bacchus, l'Amour t'implore,
Tendre Amour, Bacchus t'adore;
Trïomphés puissants Vainqueurs,
Nous sentons le prix de vos faveurs;
Partagés tous deux l'encens des
curs.
Ariane:
Chantés Bacchus & ses dons précieux:
Mortels, dans vos chagrins sa liqueur vous console:
La terre a son Ne&ar aussi-bien que les Cieux;
Dès qu'il coûle, l'ennui s'envole:
Il calme nos regrets, il flate nos desirs,
Il interrompt nos pleurs, il suspend nos allarmes:
A la triste raison il ne ravit les armes,
Que pour les donner aux plaisirs:
De la plus belle Fête il redouble les charmes.
Chantés Bacchus & ses dons
précïeux:
Mortels, dans vos chagrins sa liqueur vous console:
La Terre a son Nectar aussi-bien que les Cieux.
Dés qu'il coûle, l'ennui s'envole.
On
danse
Une
Bacchante:
Jeunes Beautés, qu'un Infidele outrage,
Gardés-vous bien de lui donner des pleurs:
Le moindre des malheurs
Est de perdre un volage:
Ne vous vengés de l'inconstant
Qu'en l'imitant.
(Un
Ballet Général termine la troisieme &
derniere Entrée)
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