Aline,
Reine
de Golconde
Ballet Héroïque en III Actes
représenté
pour la premiere fois par
l'Academie Royale de Musique
le
Jeudi 10 Avril 1766
livret
de Mr Sedaine
musique de: Monsigny
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Le
joli conte d'Aline m'a paru si répandu dans le
Public, & si digne de l'être, que je n'ai point
hésité de le mettre au Théâtre.
Le sujet en est si connu, qu'il pourroit se pâsser de
Programme; en effet, qui ne sait pas que St Phar,
Gentilhomme Français, à peine adolescent,
rencontra l'innocente Aline dans un Vallon, au lever de
l'Aurore.
Se
voir, s'aimer, se le dire, ne fut pour ce joli Couple que
l'affaire d'un instant. St Phar, forcé de
quitter sa Bergere, lui donna un anneau d'or, qu'il la pria
de conserver toute sa vie.
Quelques
années après, par un de ces
évènements, qui n'a pas besoin de preuve,
Aline devint Reine de Golconde. Le coeur toujours
occupé de son premier amour, elle fit arranger dans
son Parc, un lieu semblable à celui où elle
avoit connu St Phar.
PAr un
évènement, peut-être aussi singulier,
St Phar quitte la France, , pâsse dans les
Indes, & est nommé Ambassadeur vers la Reine de
Golconde: il en est reconnu, (Ier Acte), elle se
présente à lui habillée en Bergere,
(IIe Acte), & ils s'aiment comme le premier
jour, (IIIe Acte).
L'histoire
ne dit pas que St Phar monta sur le Trône
de Golconde; mais Aline a sans doute fait pour St
Phar, ce qu'Angélique a fait pour Medor.
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les
personnages du Ballet:
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les
interprètes:
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Aline,
Reine de Golconde
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Mlle
Arnould
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Zélis,
Amie é Confidente de la Reine
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Mlle
Duranci
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Usbek,
Seigneur Golcondois
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Mr
Legros
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St
Phar, Général François
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Mr
L'Arrivée
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Un
Vieillard, Berger
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Mr
Durand
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Une
Bergere
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Mlle
Dubrieulle
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Officiers
François & Golcondois
Soldats François & Golcondois
Guerriers Golcondois
Amazones Golcondoises
Mandarins
Peuples Golcondois
Bergers & Bergeres
Pastres & Pastourelles
Matelots & Matelotes
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Le
Théâtre représente un Sallon orné
magnifiquement, dans le goût asiatique; un
Trône, sur un des côtés,
élevé au-dessus du parquet, de plusieurs
gradins
|
Scene
premiere
Usbek, Golcondois
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[les
grands Seigneurs Golcondois sont suppôsés
attendre la Reine: un d'eux est au côté gauche
du Trône; il se nomme Gusbek]
Le
Choeur:
Chantons la Reine de Golconde !
Qu'elle soit toûjours
Les amours,
La gloire & le bonheur du monde.
Usbek:
Qu'un profond respect vous enchaîne,
Prostenés-vous; voici la Reine.
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Scene
2
La Reine, le visage couvert, en partie, de son voile,
Zélis, Usbek,
Suite de la Reine, Mandarins
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[Marche
Golcondoire: la Reine arrive, précédée
& suivie de son cortege; tous les Grands se prosternent:
elle monte sur son Trône, accompagnée de
Zélis, sur laquelle elle s'appuie]
Usbek:
Que le Général des Français
Soit introduit dans le Palais.
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Scene
3
La Reine, Zélis, Usbek, St Phar,
Suite de la Reine, Mandarins, Officiers
François
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[Marche
Golcondoise: l'Ambassadeur entre,
précédé & suivi de son
cortege]
St
Phar:
Général des François établis sur
ces rives,
Je viens renouveller, à votre avénement,
Les assûrances les plus vives
Du plus sincere attachement.
Qu'il est flateur pour moi d'en faire le serment
Aux pieds d'une illustre Princesse !
Hé, quel Français ne seroit
enchanté
De remplir un traité, que dicte la sagesse,
Sous l'empire de la beauté !
Usbek:
La Reine connoît votre zele,
Son coeur ne l'oubliera jamais;
Elle veut, qu'en ce jour, une constante paix
Entre elle & vous se renouvelle.
St
Phar:
Si jamais
Du sein des montagnes,
L'ennemi venoit dans vos campagnes
Répandre l'horreur,
Semer la terreur;
Sûrs avec vous de la victoire,
Nous partagerons votre gloire:
Oui, pour défendre vos Etats,
Employés nos coeurs & nos bras
Dans les combats:
Pour un Français, c'est un bonheur
De se livrer à sa valeur.
Illsutre Reine,
L'honneur nous mene;
Et s'il paroît quelqu'ennemi,
Offrés-nous, offrés-nous à lui:
Faut-il l'attendre,
Ou le chercher ?
Nous serons tous, pour vous défendre,
Prêts à marcher.
Usbek
[St Phar ?] & le Choeur des
Français:
Oui, pour défendre vos Etats,
Employés nos coeurs & nos bras
Dans les combats:
Pour un Français, c'est un bonheur
De se livrer à sa valeur.
Illsutre Reine,
L'honneur nous mene;
Et s'il paroît quelqu'ennemi,
Offrés-nous, offrés-nous à lui:
Faut-il l'attendre,
Ou le chercher ?
Nous serons tous, pour vous défendre,
Prêts à marcher.
[Zélis
monte quelques marches du Trône; la Reine lui parle;
Zélis redescend, & dit à St
Phar]
Zélis:
Ne quittés pas si-tôt ce fortuné
séjour;
La Reine vous invite aux fêtes de sa Cour.
[On
reprend la Marche des Français: l'Ambassadeur se
retire; toute la suite de la Reine rentre dans le
Palais]
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La
Reine:
Zélis, ah ! je me meurs... c'est lui, oui, c'est
lui-même !
Zélis:
Qui ? ce Français.
La
Reine:
Celui que j'aime.
Zélis, tous mes secrets sont écris dans ton
coeur;
Tu consoles ta Souveraine
Du pénible & brillant honneur,
De cacher sa foiblesse humaine
Sous le voile de la grandeur.
Ce Français, ce Guerrier, cest St Phar,
c'est lui-même !
Zélis:
Craignés de vous tromper; c'est peut-être une
erreur.
La
Reine:
Méconnoît-on la voix de ce qu'on aime ?
Il sembloit que mon coeur l'attendoit; ah, grands Dieux
!
Il paroît... je frémis !... il parle... &
dans mon âme
Un éclair... ah, Zélis ! une glace... une
flâme...
Un nuage a couvert mes yeux,
Je n'ai rien vu... c'est lui, c'est lui-même; ah,
grands Dieux !
Ah, quel moment pour un coeur tendre !
Non, non, tu ne le conçois pas:
Le désirer, le voir, l'entendre,
Et des yeux conduire ses pas...
Ce son de voix, ah, comme il touche !
Comme il enchantoit tous mes sens !
Mon âme voloit sur sa bouche,
Pour jouïr de ses accans.
Zélis:
Hélas ! sous un autre hémisphere,
Si de vos noeuds son coeur a su se délier;
Alors que prétendés vous faire ?
La
Reine:
Baisser les yeux, gémir, & l'oublier.
Zélis:
L'oublier !
La
Reine:
L'oublier ! ce mot me désespere.
Zélis:
Par quels ressorts secrèts, par quels moyens
heureux,
Saurés-vous si son coeur est fidele à ses feux
?
La
Reine:
Tu connois ce gâson, arrôsé de mes
larmes,
Ce hameau, par mes soins élevé sous mes
yeux,
Ce bocage si plein de charmes,
Ce bosquet si délicieux;
C'est l'image des lieux, où mon âme est
charmée,
S'est voüée à l'objet que je n'ai ou
bannir:
C'est-là que mon âme calmée,
Jouït de son ressoûvenir;
Et je le vois !... Demain, quand l'Aurore naissante
Aura couvert de fleurs ce bosquet amoureux,
Que ses premiers regards, jettés sur son amante,
Rappellent, s'il se peut, ses serments & ses
feux.
Zélis:
Vous, Reine, & dans Golconde ! il vous verra
présente ?
Il n'en pourra croire ses yeux.
La
Reine:
Prends cet anneau: si de ce gage
Il ne reconnoît pas le prix;
Si le lieu, si l'instant & le même bocage;
Si son Aline, offerte à ses regards surpris,
Ne dit rien à ce coeur, dont le mien est
épris;
Qu'il parte... il ne saura jamais que dans Golconde
Son Aline n'aimoît, ne respiroît que lui;
Que, quoiqu'à mes voeux tout réponde,
Lui seul est le seul bien que je desire ici.
Toi,
qu'avec des traits de flâme
L'amour grava dans mon coeur,
Est-il resté dans ton âme
Des traces de notre ardeur ?
Cette
Aline, dont l'aurore
S'embellissoit de tes feux,
Peut-elle espérer encore
D'être digne de tes voeux ?
Si jamais
d'un coeur sincere,
L'Amour reçut le serment,
C'est celui qu'une bergere,
Fit alors à son amant.
Serment
que, baignés de larmes,
Nous répétâmes cent fois,
Auriés-vous perdu vos charmes ?
Auriés-vous perdu vos droits ?
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Scene
5
La Reine, Zélis, Usbek
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[pendant
le Ritournelle de l'air précédent, Usbek
entre, s'approche de Zélis; il est
suppôsé lui parler: Zélis s'avance vers
la Reine]
Zélis:
O Reine !...
La
Reine:
Je t'entends; la fête est commencée.
Viens remplir le projet qui s'offre à ma
pensée.
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Scene
6
La Reine, Zélis, Usbek, St Phar,
Peuple Golcondois
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Le Choeur
de Peuples:
Vive l'honneur du nom Français !
Vive à Golconde,
Vive la paix !
Que tous à nos désirs réponde:
Vive à Golconde,
Vive la paix !
Que sur la
terre & que sur l'onde,
Une tranquillité profonde,
Laisse circuler les bienfaits
Et les trésors du monde.
Vive,
&c.
[on
danse]
Usbek,
à St Phar:
Sur les bords charmants de la Seine,
Si quelque belle excite vos regrèts,
Pour l'oublier, livrés-vous aux attraits
D'une nouvelle chaîne.
Des
regrèts la trace profonde,
Doit s'effacer sous de nouveaux desirs;
Le Gange, sur ses bords, vous offre des plaisirs
Aussi purs que son onde.
Sur les
bords, &c.
[on
danse]
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Scene
7
La Reine, Zélis, Usbek, St Phar,
Peuple Golcondois, la Jeunesse Golcondoise
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[Entrée
de la Jeunesse Golcondoise, portant des bouquèts. On
danse pendant les Ritournelles qui sont dans le Choeur
suivant]
Zélis,
a deux bouquèts, un de diamants, l'autre de fleurs,
elle les présente à St Phar:
Dans nos climats l'éclat le plus divin,
Plus qu'ne tout lieu, fait briller la nature:
Voici les trésors de son sein;
en voilà la parure.
Zélis
& le Choeur:
Voici les trésors, &c.
[on
danse]
Zélis,
à St Phar, en lui donnant le
bouquèt de feleurs:
Prenés ces fleurs, admirés leur
beauté;
Respirés-en l'odeur enchanteresse:
Qu'elle charmante volupté !
Ah, quelle douce ivresse !
Zélis
& le Choeur:
Quelle charmante, &c.
[on
danse]
Zélis,
à St Phar, en lui donnant le
bouquèt de diamants:
Par ces brillants, par ces bijoux exquis,
Dont il paroît que l'éclat vous
étonne;
Jugés quel doit être le prix
Du coeur qui vous le donne.
Zélis
& le Choeur:
Jugés quel doit, &c.
[on
danse]
St
Phar:
Le parfum de ces fleurs, ces odeurs étrangeres,
Appésantissent mes paupieres;
Le sommeil sur mes yeux vient verser ses pavots;
Jouïssons un instant des douceurs du repos.
Le Choeur,
à demi voix:
Jouïssés, jouïssés des douceurs du
repos.
[on
danse]
[pendant
cette partie du Divertissement, on met au doigt de
St Phar l'anneau que la Reine a donné
à Zélis, dans la IV?
Scêne]
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de page

|
Le
Théâtre représente un joli Bocage; dans
le fond un Paysage charmant; un Village sur le revers d'une
coline, & un Château, dont les jardins dominent
sur la plaine: entre le Paysage & le Bocage, est un
torrent, sur lequel est un Pont, fait ave des arbres,
couchés sans art
|
|
[l'instant
est le lever de l'Aurore]
St
Phar, seul:
Révé-je !... où suis-je ?... dans quels
lieux ?
Que la nature paroît belle
En ce moment délicieux !
Le jour naît... il s' éleve... il embrasse les
cieux;
L'air se remplit d'une fraîcheur nouvelle;
La terre
semble respirer:
Tout revit, tout se colore,
L'instant invite à soûpirer;
Que de beautés vont éclore !
Le doux Zéphir vient se jouër
Dans les perles que l'Aurore
Aime à répandre, pour parer
Le sein brillant de Flore.
Tout ici
me rappelle un soûvenir charmant !
Ce fut dans un même bocage,
A la même heure, au même instant
Que mon coeur partagea l'hommage
De l'amour le plus constant.
Aline ! Aline ! ô doux moment !
Jamais sur
un plus beau trône,
L'amour n'éleva deux coeurs;
Jamais plus belle couronne,
Ne coûta moins aux vainqueurs.
Tu parois, & tout annonce,
Entre nous le plus beau feu:
Un regard fit mon aveu;
Un soûpir fut sa réponse.
Aline,
chere Aline ! au bout de l'Univers,
Aline, envain mon coeur t'appelle;
Les gouffres immenses des mers
Sont une barriere éternelle,
Et mes accens se perdent dans les airs !
|
|
St
Phar:
Mais, qu'apperçois-je ? une Bergere !
Elle parut ainsi, des fleurs pour ornement,
Une corbeille, une taille légere;
Elle pâssoit ainsi sur un pont chacellant,
En tremblant.
Je crois
voir les mêmes grâces,
Son air, ses pas enchanteurs:
J'enviois le sort des fleurs
Qui se courboient sur ses traces.
Je les envie encore. Amour ! tu me menaces.
Mais le
charme du sommeil
Suspend-il encor mes esprits ?
Est-ce l'éclat du réveil
Qui trompe mes regards surpris ?
Mon jugement s'égare, ou mon coeur imagine
Qu'Aline...
Aline:
Quoi, Seigneur ?
St
Phar:
Vous vous nommés Aline ?
Aline:
C'est mon nom.
St
Phar:
Votre nom ?
Aline:
Oui, Seigneur.
St
Phar:
Ah, Dieux ! quel est mon trouble extrême !
Comment ! cette Aline, que j'ailme,
Quoi, vous !... non, non, c'est une erreur.
Où suis-je ? & dans quels lieux ?
Aline:
Vous êtes ce Seigneur,
Dont le jardin sur la plaine domine:
St Phar.
St
Phar:
Hé bien, St Phar !
Aline:
Voici votre château;
Et moi, j'habite ce hameau,
Que nous cache cette coline.
St
Phar:
Cette coline... Aline !... est-il rien de pareil
?
Aline:
Je ne vous dis point un mensonge.
St
Phar:
Amour, Amour, si c'est un songe,
Que mes jours ne soient qu'un sommeil !
Ce château... ce hameau... ces bois... cette
coline...
Ses regards... ses accens... c'est elle, c'est Aline
!
Que ce
soit un enchantement,
Ou la vérité que l'implore,
Chere Aline, je t'adore,
Je suis toûjours ton amant !
Je rappelle mon serment;
Oui, je le répéte encore,
Chere aline, je t'adore,
Je suis toûjours ton amant !
Aline:
Ma bouche n'a qu'un langage,
L'expression de mon coeur;
Je vous aime, je m'engage;
Que je fixe votre ardeur:
Soyés à moi sans partage,
Je ferai votre bonheur;
Rcevés-en, comme un gage,
Ce ruban & cette fleur.
[elle
lui donne une fleur, où est attaché un
ruban]
St
Phar:
Ah, que n'ai-je un anneau tel que... Dieux ! c'est le
même,
C'est ce gage de ma foi;
C'est celui de ce que j'aime !
Ah ! sans doute, il est à toi.
|
Aline:
|
St
Phar:
|
|
Aline, Aline vous adore;
Le tendre amour comble ses voeux.
|
Aline,
c'est toi que j'adore;
Le temps ne peut rien sur mes feux.
Aline, vous m'aimés encore ?
Le tendre Amour comble mes voeux !
|
Ensemble:
Que nos chaînes soient éternelles,
Ne les brîsons jamais;
Que nos coeurs soient toûjours fideles.
amour, ah, quels bienfaits !
|
Aline:
|
St
Phar:
|
|
Aline, Aline vous adore;
Le tendre amour comble ses voeux.
|
Aline,
c'est toi que j'adore;
Le temps ne peut rien sur mes feux.
Aline, vous m'aimés encore ?
Le tendre Amour comble mes voeux !
|
St
Phar:
Mais, dites-moi...
[à
l'instant Aline fait un signe; et des Bergers & Bergeres
paroîssent sur le côteau]
Aline:
Je vois nos Bergers, nos Bergeres,
Ils nous ont vus; je fuis.
St
Phar:
Je vous suis.
Aline:
Non, je crains.
St
Phar:
Que craignés-vous ?
Aline:
Les discours téméraires.
Et les reagrds malins.
St
Phar:
Fuyons-les.
Aline:
Non, St Phar, restés.
St
Phar:
Aline, ô Ciel, vous me quittés !
Je vous suis.
Aline:
Je le veux, restés.
St
Phar:
Non.
Aline:
Non ! St Phar; conservés mon
estime.
St
Phar:
Ah ! si je suis un instant sans vous voir,
Je ne vois qu'une abîme,
Et je perds tout espoir.
Aline:
Sous cet ombrage
Arrêtés un moment;
En me hâtant,
Du Village
Je reviens à l'instant.
De ce
bocage
Ne vous éloignés pas;
Pour retarder mes pas,
Je trouve trop d'appas
Dans ce bocage.
Sous
cet ombrage, &c.
St
Phar:
Hélas ! Hélas !
|
Scene
3
St Phar,
Bergers & Bergeres,
& Usbek, déguisé en Berger
|
|
[on
danse]
St
Phar:
Habitans de ces lieux, connoissés-vous Aline
?
Usbek:
Si nous la connoissons,
Une
bergere:
Ecoutés nos chansons !
Usbek
& la Bergere:
C'est Aline
Qui fait nos plaisirs;
Cette Bergere est divine:
C'est Aline,
Qui de nos loisirs,
Sait éloigner les soûpirs.
Usbek,
seul:
Loin des armes,
Les allarmes,
Ne nous font point verser de larmes;
Sa tendresse,
Sa sagesse,
Répand le bonheur sur nos jours.
Le
Choeur:
Aline est nos maours;
Qui pourroit en troubler le cours ?
Usbek
& la Bergere:
C'est Aline, &c.
Usbek,
seul:
Les plaisirs que fait sa presence,
Sont pour nous
Des plaisirs si doux !
Ce sont ceux de la bienfaisance;
Mais que ces moments-là sont courts !
Le
Choeur:
Aline est nos maours;
Qui pourroit en troubler le cours ?
Usbek
& le Choeur:
C'est Aline, &c.
[on
danse]
Un
Vieillard:
Quoi, vous dansez ? Enfants ! est-ce là votre ouvrage
?
Le Soleil n'a pas fait son tour;
Et ce n'est qu'à la fin du jour
Qu'on doit danser sous cet ombrage.
Le travail a ses douceurs;
La santé lui doit ses charmes,
Et l'Amour lui doit les armes
Qui trïomphent de nos coeurs.
Enfants
!, &c.
Usbek:
Aline veut qu'ils se contentent;
Elle a paru dans ces forêts.
Le
Vieillard:
Je le veux bien, pourvu qu'ils chantent
Et notre amour & ses bienfaits.
[on
danse]
St
Phar, au Vieillard:
Vieillard, qui leur donnés le conseil le plus
sage,
Dites-moi quel est ce Château ?
Quel est le nom de ce Village ?
Le
Vieillard:
C'est...
Usbek:
Silence !
Le
Vieillard:
Seigneur, je retourne au Hameau.
[on
danse]
St
Phar:
Que ces Bergers sont heureux !
L'amour seconde leurs voeux !
Asile,
Tranquille,
Vous êtes fait pour eux.
Ah, que pour un tendre amant,
Le temps coûle lentement !
La peine,
La gêne,
Augmente mon tourment.
Aline, tu ne viens pas,
Je voudrois hâter tes pas,
Mon trouble,
Redouble;
Accours, viens dans mes bras.
Mais quel
soupçon dans mon coeur
Vient suspendre mon bonheur ?
Je doute,
J'écoute
Un espoir trop flatteur.
[on
danse]
Usbek:
L'Amour fuit les lambris dorés;
Il aime à voltiger sur l'émail des
prairies;
C'est à l'ombre des bois, qui couronnent ces
prés,
Qu'il enchaîne de fleurs ses compagnes
chéries:
La splendeur,
La grandeur,
L'importune;
Et c'est ici qu'il vient se consoler
de se voir immoler
A la fortune.
Usbek, la
Bergere & le Choeur:
L'Amour fuit les lambris dorés;
Il aime à voltiger sur l'émail des
prairies;
C'est à l'ombre des bois, qui couronnent ces
prés,
Qu'il enchaîne de fleurs ses compagnes
chéries:
La splendeur,
La grandeur,
L'importune;
Et c'est ici qu'il vient se consoler
de se voir immoler
A la fortune.
[on
danse]
[pendant
cette danse, St Phar impatienté, monte par
le chemin qu'Aline a parcouru; &, monté sur la
coline, on apperçoit des soldats Golcondois qui le
suivent & l'entourent]
|
Scene
4
Usbek,
Bergers & Bergeres
|
|
Usbek:
Quittés, quittés, cette retraite,
Bergers, la Reine est satisfaite.
Usbek
& la Bergere:
Aimés, aimés toûjours
Votre Bergere
La plus chere.
Aimés, aimés toûjours
Celle qui regne sur vos jours.
Le
Choeur:
Aimons, aimons, &c.
Usbek
& la Bergere:
Formés, formés des voeux.
Le
Choeur:
Formaons des voeux.
Usbek
& la Bergere:
Priés.
Le
Choeur:
Prions les Dieux,
Que le Ciel donne à ses vieux,
Les succès les plus heureux.
Aimons,
aimons toûjours,
Notre bergere,
La plus chere, &c.
[le
Choeur en s'en allant, reprend le
morceau]
|
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|
Le
Théâtre représente l'intérieur
d'un Palais, dans le goût Asiatique; des fleurs, des
cassolettes, des tapis riches font les
ornements
|
|
[St
Phar entre, précédé & suivi par
des Soldats armés, suivant le costume Golcondois; on
pôse des Gardes à toutes les issues de
l'appartement]
St
Phar:
Suis-je en France ? suis-je en Asie ?
A Golconde, ou dans ma Patrie ?
Je ne trouve dans mon coeur
Qu'incertitude & que fureur.
Ce spectacle enchanteur ne peut être que mensonge;
C'est Aline... ce sont ses accens... ses appas;
Je doute encor si ce n'est point un songe...
Je la cherche... je vole... on arrête mes pas;
On m'arrête !... le sort me plonge
Dans un dédale affreux que je ne conçois
pas.
Suis-je
en France ?, &c.
O vous,
qui me gardés, par ordre de la Cour,
Dites-moi, dites-moi si, près de ce
séjour...
Mais je les interroge en vain,
Nul ne répond... O Ciel ! quel sera mon destin
?
O toi, que
mon coeur adore,
Et qu'il n'oublia jamais,
Quoi ! je te perdrois encore,
Et frappé de nouveaux traits;
Il ne resteroit dans mon âme
Que l'ardent desir de te voir;
Que la vérité de ma flâme
Et le vuide du désespoir ?
|
|
Zélis:
Seigneur, par ordre de la Reine,
Je viens vous annoncer le plus parfait bonheur.
St
Phar:
Seroit-ce Aline ?
Zélis:
Quoi ?
St
Phar:
Parlés !
Zélis:
Ma Souveraine
Vous offre & sa main & son coeur.
St
Phar:
A moi !
Zélis:
Seigneur, si la valeur suprême,
Si les héros sont les appuis des Rois,
Si la vertu mérite un diadême,
Sur qui doit-elle ici laisser tomber son choix ?
St
Phar:
Pardonnés à mon trouble extrême.
Mais dites-moi si, non loin de ces lieux,
Une française, une bergere,
(Son éclat est trop précieux
Pour ne pas illustrer une terre étrangere:)
Aline, que mon coeur... ah, vous la connoissés !
Vous ne répondés point ?
Zélis:
Seigneur, puis-je répondre ?
Un tel discours a droit de me confondre:
Vos regards jusques-là se seroient-ils baissés
?
St
Phar:
Est-il un rang qu'Amour connaisse ?
Les moins brillants, ou les plus hauts,
Soit qu'il s'élève, ou qu'il s'abaisse,
Tous les degrés lui sont égaux.
Je la
verrois, & je pourrois lui dire,
Voilà ma main; ah, que n'ai-je un empire !
Aline, sois constante; & je n'envierai rien:
Hé, qu'envier, après ton bonheur & le mien
?
Est-il
un rang, &c.
Zélis,
à part:
Il l'aime; pour son coeur quelle félicité
!
[à
St Phar]
Est-ce
indifférence ou fierté ?
Je vous offre une couronne,
C'est la Reine qui la donne,
L'esprit, l'amour, la beauté
Vous attendent sur le thrône;
Et, loin d'écouter ses voeux,
Vous parlés d'une étrangère,
Vous parlés d'une bergere,
Et du choix le plus honteux !
Quoi ! la suprême puissance
Mise à l'instant dans vos mains;
La profonde obéïssance
Et les respect des humains;
Quoi ! la Reine & tous ses charmes
Nesont que de foibles armes
Pour vous donner un vainqueur ?
Quel est le rang desirable,
Quel est donc l'objet aimable
Qui peut touche votre coeur ?
St
Phar:
Aline !... Mais c'est trop abuser de ma peine:
Pourquoi me retient-on dans ce triste palais ?
De quel droit m'arrêter ?
Zélis:
Seigneur, voici la Reine.
Peut-être en voyant ses attraits
Votre front rougira d'avoir craint une chaîne
Qui doit remplir tous vos souhaits.
|
Scene
3
St Phar, Zélis, la Reine, le visage
couvert de son voile
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Zélis:
Madame c'est en vain...
St
Phar:
O Ciel ! qu'ôsés-vous dire ?
Zélis:
Vos appas...
St
Phar:
Arrêtés !
Zélis:
Votre main, votre empire,
Ne sont rien à ses yeux:
Aline, une bergere est l'objet précieux,...
Aline est tout ce qu'il desire.
St
Phar:
Ah ! n'avés-vous jamais aimé ?
Pardonnés aux transports d'un coeur trop
enflâmé !
Le premier
trait que l'amour lance,
Reste tout entier dans un coeur;
Le temps n'a point de puissance
Sur une premiere ardeur;
Vainement d'une autre flâme
On écoute les transports;
Tout ramene dans notre âme
des regrèts, ou des remords.
J'ai
retouvé celle qui m'était chere;
J'ai retrouvé l'objet de tous mes voeux;
Est-elle-moins ce que j'aime le mieux.
Pour n'être, hélas ! qu'une bergere,
Je vous offense, ô ciel ! mais la trahir,
Mais vous tromper par un perfide hommage,
Être paré de vos dons en gémir,
Vous offenceroit davantage !
La Reine,
ôtant son voile:
Quel moment !
Cher amant !
St
Phar:
Aline !
La
Reine:
Oui, la même.
Si l'éclat du diadême
Peut ajoûter au bonheur;
C'est à l'instant que le coeur
Peut l'offrir à ce qu'il aime.
St
Phar:
Si l'éclat du diadême
Peut ajoûter au bonheur;
C'est à l'instant que le coeur
Le reçoit de ce qu'il aime.
Quoi !
vous règnés dans ce séjour,
Mon aline ? ah, c'est un prestige !
La
Reine:
La Fortune a fait un prodige,
Pour en faire hommage à l'Amour.
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La
Reine:
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St
Phar:
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Si
l'éclat du diadême,
&c.
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Si
l'éclat du diadême,
&c.
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Zélis:
Mais quel bruit !... il augmente, & le son des
Tambours...
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Scene
4
St Phar, Zélis, la Reine,
Usbek
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Usbek:
Il faut, il faut un prompt secours:
Des Français mutinés venés punir
l'audace;
Ils ont forcé la garde, & déjà dans
la place
Leur Drapeau leur sert de signal;
Ils demandent leur Général.
La
Reine:
Paroissés, ô St Phar !
contentés leur envie.
Et vous,
que cette fête annonce à mes Sujèts
Un jour heureux, un jour de paix,
Et le plus brillant de ma vie.
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Scene
5
St Phar,
Officiers & Soldats Français &
Golcondois,
Peuple Golcondois
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[le
Théâtre change; il représente la
principale porte du Palais; les Troupes Golcondoises en
défendent l'entrée; les François
paroîssent du côté
opposé]
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Le
Choeur
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Français:
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Golcondois:
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Rendés-nous
notre Général !
Redoutés cet instant fatal !
Brisons les portes du Palais
Enfonçons-les, enfonçons-les
!
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Redoutés
cet instant fatal,
Redoutés cet instant fatal !
Vous allés voir son destin;
Attendés l'ordre souverain.
Ecoutés, François,
écoutés.
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St
Phar:
Arrêtész, Soldats ! Arrêtés
!
Les
François & les Golcondois:
Vive St Phar !
St
Phar:
Amis, votre zele m'enchante !
Mais loin de prodiguer des jours trop
précïeux,
Partagés les plaisirs d'une fête charmante;
Et, comme moi, soyés heureux.
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Scene
derniere
La Reine, St Phar, Usbek, Zélis,
un Vieillard & une Bergere
Peuples Golcondois, Bergers & Bergeres
Matelots Français
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[on
danse]
Usbek:
Peuples, la Reine a fait un choix;
Le Général François partage sa
couronne;
Les grands le placent sur le Thrône:
Suivés, suivés ses loix.
[on
danse]
Le
Choeur:
Suivons les loix
Du Roi qu'elle nous donne;
Sa couronne
Est digne de son choix.
Qu'il
s'éleve au rang des plus grands Rois,
Qu'il nous conduise à la victoire;
Qu'il respecte toûjours les Dieux;
A rendre ses peuples heureux
Que son grand coeur mette sa gloire.
[on
danse]
[une
Simphonie champêtre annonce les
Bergers]
La Reine,
aux Bergers:
Venés, Bergers, venés vers votre mere;
Pour moi votre aspect est si doux !
L'amour doit brîser la barriere
Que le respect éleve entre me thrône &
vous.
[on
danse]
Un
Vieillard & une Bergere:
Nous nous approchons en tremblant,
Mais votre bonté nous rassûre;
Pour nous quel moment !
Qu'il est charmant,
Pour la tendresse la plus pure !
Venés,
revenés dans nos champs;
L'Amour se plaît tant où vous êtes !
Il ne se livre aux plus doux chants,
Que d'accord avec les musetes:
Chés nous les desirs
Et les soûpirs,
Offrent des voluptés parfaites.
Le
Vieillard, la Bergere & le Choeur:
L'Amour vous appelle, & ses doux accens
Vous disent: venés, revenés dans nos
champs;
L'Amour, &c.
[on
danse]
Usbek:
Lorsque le Ciel, tranquille & sans nüages,
Brillent de l'éclat d'un beau jour,
Les oiseaux dans leurs ramages,
Chantent la paix & l'amour.
Alors que
d'une nue, & terrible, & profonde,
Le tonnerre murmure, gronde
Et déchire le sein des airs;
Tout frémit sous le feuillage;
Pour les oiseaux tremblans, il n'est plus de
concerts.
Mais que
le Ciel tranquille, & sans nüages,
Reprenne l'éclat d'un beau jour;
Ils reprennent leurs ramages,
Et les plaisirs del'amour:
Les oiseaux dans leurs ramages,
Chantent la paix & l'amour.
[Contre-Danse
générale, qui termine
l'Opéra]
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J'ai
lu, par ordre de Monseigneur le Vice-Chancelier, Aline,
Reine de Golconde, Ballet-Héroïque en trois
Actes, & je n'y ai rien trouvé qui doive en
empêcher l'impression.
A Paris, ce 14 Mars 1766
Demoncrif
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