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Le Theatre des Jesuites à l'Etranger

 

 

 

 

de 1600 à 1699 | de 1700 à 1750 | Les Jésuites en Belgique

 

En 1625, Antioche, tragédie avec des Choeurs, de la Musique, & des Ballets.


Le 13 septembre 1629 , on représenta au College de Mons en Belgique, Herodes, ou l'ambition trop insolente punie en la personne d'Herodes, roy des Juifs. Dans le programme, il est indiqué qu'un Choeur musical y célèbre l'apparation de l'étoile des Mages & la naissance de l'Enfant Jésus.

On lit ensuite:

"Le soleil, la lune, avec les astres, à l'exemple des Roys, invitent par leur chant toutes les créatures à recognoître le vray Dieu, frèchement nai. Les quatres parties du monde, excitées par ceste mélodie, ensemble avec les astres, bénissent la naissance de ce petit grand Roy, détestant Hérode au possible..." Ici donc, la musique avait une grande part à l'action.


Il en était probablement de même pour la Pastorale jouée au même College, le 19 janvier 1710, intitulée: Philandre, et pour celle, représentée dans cet établissement, en 1719, sous la dénomination de Daphnis.
Les titres de ces deux pièces sembleraient indiquer une partie musicale. En langage dramatique, le titre de Pastorale veut dire généralement un opéra champêtre.

A Namur, on constate également la représentation d'une Pastorale intitulée Daphnis, comme celle donnée à Mons en 1719. Celle-ci fut produite à la scène le 20 avril 1741.

Il nous est parvenu le libretto complet d'une de ces pièces, qui est un véritable drame lyrique.

Celui-ci fut représentée au College de Liège, les 3, 4 & 5 février 1695, sous le titre: Joseph sur le trône.

L'action est indiquée dans la dédicace qui établit à grands traits le plan de la pièce:

"Monseigneur (Jospeh-Clément, Prince-Evêque), nous commençons par un opéra, qui fera voir à V.A.E. l'embrasement de Huy, le bombardement de Liège, la désolation du pays, et les misères qui accabloient son peuple, avant qu'elle montast sur le trône. Liége, parmi tant de malheurs, & recours à la Providence, qui l'assure du choix qu'elle a fait de V.A.E., pour être son Prince, son Evesque, & son Liberateur."

Dans le libretto, les morceaux de musique sont parfaitement marqués. On y trouve des duos, des trios, des Choeurs, des récits, ainsi que dans tout opéra. Quand à l'instrumentation, on y rencontre des Symphonies pour violons et autres instruments à cordes, et d'autres pour hautbois et flûtes douces. Ceci est un drame lyrique bien caractérisé, établi comme tous ceux qui se sont produits à la même époque.


En 1735, on trouve dans un programme: Vers mis en musique pour servir de prologue à la tragédie d'Eléazar.

Il y eut encore une représentation les 5 & 6 septembre 1647, au College de Gand, d'une pièce intitulée: Marie, la puissante guerriere de la Maison d'Autriche, dans laquelle à la fin de chaque acte, se trouve un Choeur symbolisant des vérités morales. Ainsi, un Choeur, au milieu d'anges "combattant visiblement" chante "les louanges de la bataille gaignée pres de Prague."

Non seulement la musique jouait un grand rôle dans l'exécution de ces pièces, mais encore y exécutait-on des ballets. Il est probable que les danseuses étaient représentées par des jeunes gens déguisés en femmes, car il est hors de doute que nul autre que les élèves n'avait accès sur le théâtre des collèges des Jésuites.

Nous possédons une trace de ce genre de divertissement, dans la tragédie d'Abimelech, en V actes, qui fut représentée au collège de Monse, les 2 & 3 septembre 1722. Elle était entremêlée d'une comédie et de ballets.


En 1632, lors du séjour de la reine Marie de Médicis, dans les Pays-Bas, les Pères Jésuites d'Anvers donnèrent en son honneur, une représentation dramatique.
Voici qu'en dit La Serre:

"Quelques iours aprés Sa Maiesté fut invitée d'assister à la representation d'une Tragedie dans le College des mesmes Peres Iesuites, situé a une extremité de la ville, où elle se treuva avec toute sa Cour. On luy avoit preparé un théatre couvert & richement paré, afin qu'elle fust à l'abry de la foule du peuple, aussi bien que les Dames de sa suitte. Ie ne vous entretiendray point maintenant du subiect de la Tragedie, quoy que tres-beau en son invention,, et plus admirable encore en ses diversitez: il me suffit de vous dire, que les acteurs en estoient tous excellens, que leurs habits estoient tres-riches, et que les intervales des actes s'escouloient délicieusement au son d'un nombre infini d'instrumens, qui charmoient les ennuis les plus mélancholiques. Le theatre changeant encore diverses fois de visage par un secret artifice, decevoient les esprits; aprés avoir trompé les sens, produisoit de nouveaux plaisirs, qui tirant vanité de leur cause, comme merveilleuse, se faisoient admirer avec estonnement, autant que se laisser gouster avec avidité. On y dansa aussi pluslieurs balets, où l'agilité, la bonne grâce, iointes à la magnificence des habits, tirerent des loüanges de la bouche des plus mesdisans en faveur de ceux qui estoient de la partie. En fin tout réussit à l'advantage de Messieurs les Iesuites, puis que Sa Maiesté fut tres-satisfaite de cette action, comme y ayant receu beaucoup de contentement." [La Serre: Histoire curieuse de toute ce qui s'est passé à l'entrée de la Reyne Mére du Roy tres-chrestien dans les villes des Pays-Bas]


1634: Le Balet des Princes Indiens.

1650: Le Balet du Monde.

En 1658, Saincte Dorothée, tragédie. A la fin de chaque Acte, se trouve un Choeur. Au premier: le Bransle des Vices; au Second: le Bransle des Vertus; & au Troisième: Les Fleurs qui font la Guirlande de Saincte Dorothée.

1664: Pompeux Ballet.


Le 14 février 1671:

"On a icy terminé le carneval avec toute sorte de divertissemens de bal & de comédies... Mardy passé, madame la Comtesse de Monterey fit l'honneur d'aller voir le divertissemeent qu'on luy avoit destiné dans le couvent des dames chanoinesses de la Fondation de Lalaing & de Berlaymont, où les pensionnaires, qui sont la plupart des premieres maisons du pays, representèrent La Vie de Ste Agnes, accomodée au theatre, et, dans les entr'actes, douze de ces demoiselles danserent un Ballet, et toutes ensemble firent admirablement bien, de sorte que la Comtesse en tesmoigna une satisfaction tout-à-fait grande."

Le Ballet durant la représentation fut probablement une imitation de ce qui se faisait à cette époque, dans les fêtes de cour: des danses figurées accompagnées de chants.


1685: Représentation de comedies & Ballet dansé le jour de la feste du Roy.

Vers 1695, Amarillis, Pastorale en vers libres & en Musique. Puis Le Grand Ballet d'Alcide & d'Hebé, Déesse de la Jeunesse, en II Entrées, & en vers libres.

Le 25 septembre 1701, on représenta chez les Dames de Notre-Dame, à Mons, une Pastorale. Ceci ferait supposer l'existence d'un orchestre, et peut-être même d'un opéra dans cette ville.

En 1711, chez les Dames de Notre-Dame de Mons, Une tragédie-opéra:

"Le 31 Août 1711, une tragédie-opéra fut jouée dans la Maison des Filles de Notre -Dame, par les Demoiselles pensionnaires, à l'occasion du jubilé de la supérieure de cette communauté.

La tragédie en III Actes, était intitulée: Cicercule, vierge & martyr. L'opéra, aussi composé de trois actes, portait ce titre: L'Alliance de Climene avec le Jubilé. La musique de cet opéra était due à Jean-Baptiste Sauton, organiste du Chapitre Royal de Sainte-Waudru. Les deux pièces furent entremêlées. La représantation commença par un prologue debité par des Bergeres & des Muses, sans une vaste campagne terminée à l'horizon par le Mont-Parnasse. Le premier acte de la tragédie fut suivi du premier acte de l'opéra, & ainsi de suite. Un Ballet General termina la piece."

 

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