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Musique funèbre pour Charles VII, en II Parties |
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Trauermusik für Karl VII., Hamburg 1745 texte de Joachim Johann Daniel Zimmermann Georg
Philipp Telemann [1681 -
1767] |

Premère Partie
Parlé
[Choeur] Jespérais
la lumière, et les ténèbres
arrivent. Job,
30,26 Air
[Soprano] Faut-il
que notre espoir sévanouisse
ainsi ? Faut-il
que notre espoir sévanouisse
ainsi etc . Récitatif
accompagné [Ténor] Pourquoi,
Dieu, nous rejettes-tu autant ? Air
[Basse] Vous
qui flottez sur des vagues inconnues Vous
qui flottez sur des vagues inconnues
etc. Récitatif
[Alto]
avec
Choral Ô
Dieu, que ta clémence bienveillante Paul
Gerhardt:
Nun,
lasst uns gehen und treten [Maintenant
laissez-nous aller], strophe 3 Parlé
[Choeur] La
bonté de lÉternel est telle
quelle nest pas épuisée
pour nous. Sa compassion na pas encore de
fin, mais elle se renouvelle chaque matin, et ta
fidélité est grande. Lamentations
de Jérémie, 3, 22, 23 Choral Seigneur,
nous le reconnaissons par notre bouche, Justus
Gesenius:
Was
Lobes soll man Dir, o Vater, singen [Quelle
louange doit-on te chanter, ô
Père], strophe 9 Récitatif
[Soprano] Mais
comment pourrions-nous, dans ces tempêtes Air
[Soprano] Du
sceptre quil tenait, Du
sceptre quil tenait etc. Récitatif
accompagné [Alto] Oh !
laisse donc, grand Dieu, devant toi, Air
[Alto]
avec
Choeur Lamentons-nous, Lamentons-nous,
etc.
Hélas, les vux ne peuvent-ils rien
obtenir ?
Hélas, Très Haut, ton courroux est-il
si fort ?
Tu semblais, parmi de grandes terreurs,
nous donner un sauveur.
Telle fut notre prière :
« Laisse vivre Charles,
qui nous redonnera la paix ».
Mais le feu et le meurtre continuent à faire
rage,
nos malheurs nont encore reçu aucun
conseil;
mais lui, hélas ! il nest
plus !
Pourquoi ton courroux doit-il nous écraser
si rudement ?
Oh, ta main, qui autrefois nous était
favorable,
va-t-elle donc sans fin brandir
lépée ?
Seigneur ! regarde donc notre
misère,
jette avec bonté un regard sur ton pays qui
tétait cher !
À quoi ressemble-t-il ?
Il est enveloppé de peur et de
ténèbres,
aucune lumière ne brille plus dans le ciel
couvert,
sur lui, comme de grosses vagues,
se déchaînent le sang, les
épreuves et le tumulte.
Là flamboie lépée,
là fument la cendre et lhorreur,
là un cri plaintif jette leffroi.
On va à laveuglette comme dans
lobscurité,
et lAllemagne demande, puisque tant
darmes de la discorde
étincellent dans les mains de ses
enfants,
qui est ennemi, et qui est allié.
Pour finir, le destin hâtif rappelle
aussi
ta sage tête, ton cher Charles,
lenlevant à sa mission den finir
avec cette angoisse,
ce que tu implores si ardemment, royaume en
larmes.
Qui rendra, ô Dieu, qui rendra maintenant
la sentence ?
dans la nuit, la tempête et les nuages,
dans les terribles ondes desquels
la dernière étoile
sengloutit,
ah, votre peur est semblable à la
nôtre !
La perte de cette lumière
nous plonge encore plus dans
lincertitude,
et anéantit dans une nouvelle
épreuve
les décisions de ton chef,
ô royaume allemand !
nous laisse, dans des temps si troublés,
habiter sur ces rives
loin du sang et de la fumée, dans une
tranquille sécurité.
Que ta main, qui pose des frontières aux
guerriers, nous couvre.
Puisses-tu nous conduire encore sans dommage
« à travers tant deffrois et
de calamités,
à travers les frissons et les
tremblements,
à travers la guerre et les
épouvantes,
qui règnent sur le monde
entier. »
et nous ten remercions du fond du
cur.
qui, grande patrie, te secouent partout,
être tranquilles ?
Le bruit et la terreur des armes, même de
loin,
volent à nos frontières.
Les signes de ces temps nous font
depuis longtemps le cur lourd.
Par un lien trop solide, par un sang commun,
aucune des blessures
par lesquelles la rage de la guerre
féroce
fait mal au corps allemand
nest ignorée de nous.
Dans notre calme, la voix des implorations ne
sest pas tue;
nous tavons apporté, Seigneur des
hauteurs,
pour le salut commun et pour la santé de
Charles,
une offrande quotidienne de devoir loyal.
Et maintenant que parmi de tels soucis
le cur qui a tenu caché si
paternellement son fardeau,
le cur plein de pitié du berger
suprême, se fend,
oh comment pourrions-nous nous défendre
de pleurs aussi justifiés ?
de la couronne quil arborait,
sa vertu était digne.
Même si les épreuves et la peur nous
laissaient sans larmes,
elles devraient couler pour un tel empereur,
qui mettait sa gloire dans la grâce et la
bienveillance.
notre chagrin aussi trouver grâce.
Si notre faute justifie tes arrêts,
qui peut donc oser blâmer ?
Mais écoute encore cette fois notre
douleur
depuis le trône de ta compassion.
disons:
« Le plus noble des princes,
père de notre patrie,
hélas ! empereur défunt,
hélas ! »
Si avant nous implorions en vain
pour la paix de sa vie,
oh, quun soupir exaucé
accompagne
son cercueil !

Deuxième Partie
Récitatif
accompagné [Basse] Oui !
continuez, instruments assourdis, Parlé
[Choeur] Ma
harpe est devenue une lamentation, et mon pipeau un
sanglot. Job,30,31 Récitatif
[Alto] Oui,
oui, car cette douleur est sans
égale ! Air
[Alto]
avec Choeur Lamentons-nous, Récitatif
[Ténor] Ton
grand esprit, la noblesse de ton âme, Air
[Ténor] Annonce,
Renommée favorable, Annonce,
Renommée favorable etc. Récitatif
[Basse] Son
noble cur, qui se tournait sur chaque
état Air
[Basse] Mais,
de même que les vents dispersent les
chaumes, Mais,
de même que les vents dispersent les chaumes
etc. Récitatif
[Soprano] Cependant
tu restes comme tu es, Choral Qui
espère en Dieu et lui fait confiance, Lazare
Spengler:
Durch Adams Fall ist ganz verderbt [Par la
chute dAdam, tout est corrompu], strophe
4 Récitatif
[Soprano] Hélas!
Mais laisse enfin nos supplications et nos mains
tordues Air
[Soprano] Nous
voici agenouillés, ô
Réconciliateur, Nous
voici agenouillés, ô
Réconciliateur etc. Choral Agneau
de Dieu, qui portes les péchés du
monde, aie pitié de nous. Martin
Luther:
Deutsche Litanei 1529 [Litanie
allemande] Parlé
[Choeur] Ah,
quils soient confondus et quils
reculent, tous ceux qui haïssent
Sion ! Psaume
129, 5 ,6 Récitatif
[Ténor] Courage !
tu laisses les curs humains se soucier avec
angoisse Parlé
[Choeur] Que
le Seigneur, le Dieu des esprits de toute chair,
établisse sur la communauté un homme
qui sorte devant eux et qui entre devant eux, qui
les fasse sortir et qui les fasse entrer, afin que
la communauté du Seigneur ne soit pas comme
des brebis sans berger. Nombres
27, 16,17 Récitatif
[Soprano] Allons,
celui qui mesure la perte du trône
allemand ! Choeur Ô
peuple de semence allemande,
et joignez-vous, dans les lieux sacrés,
au cri plaintif qui sélève,
par les pleurs pathétiques des cordes
lasses,
par les soupirs des flûtes
mélancoliques,
par les trompettes maintenant
gémissantes
et les sombres échos des timbales,
dans un triste unisson
qui nous émeuve.
disons:
« Le plus noble des princes,
père de notre patrie,
hélas, empereur défunt,
hélas ! »
que, cher Charles, par une rare onction,
la sagesse elle-même a consacrée
à un tel trône;
ton affabilité dans la majesté,
ton oreille prêtée à chacun, ta
main industrieuse,
ta tendresse pour le peuple et le pays;
tout cela, cher Charles, le plus grand de ton
temps,
mérite plus que nos lamentations,
mérite limmortalité.
annonce, Histoire méritée,
aux rivages lointains et aux peuples lointains,
la gloire de Charles !
Que cette étoile de Bavière
brille, aux côtés dautres
veilleurs immortels,
semblable en durée aux feux
célestes,
dans lempire allemand.
avec le même amour paternel,
nen a, en ce qui te concerne, Hambourg,
laissé aucun à
lécart,
et ne ta pas laissée sans
prospérité.
Que ne faisait pas son serment impérial
pour défendre puissamment le commerce, la
liberté et la sécurité,
les tiens et ceux des villes alliées,
par une protection spéciale !
Comme cette grâce rendait Charles
aussi digne de tes vux que de ta
confiance !
de même, Très Haut, ton courroux
menaçant
emporte les vux et les espoirs humains.
Notre réflexion présomptueuse
se projette dans lavenir
et déchiffre son destin;
en retire peur et conseil,
construit ici et abat là,
elle finit par inventer, pour son bonheur
même,
des chaînes contre
linstabilité.
le roc et le refuge, la forteresse, le salut des
tiens.
Puisque notre espoir est fondé sur toi,
nous ne devons jamais le
déplorer.
il ne sera jamais confondu,
car qui bâtit sur ce roc,
même sil lui survient
bien des infortunes,
je nai encore jamais vu
tomber cet homme
qui sen remet
à la consolation de Dieu;
il aide tous les croyants.
Dieu de notre salut, pénétrer ton
cur,
et après un tel châtiment, parle,
dis à ton épée qui venge nos
fautes:
« Il suffit ».
Oh, si ton jugement de colère
nest toujours pas adouci
par tous les cris du sang déjà
versé,
alors, que parle, pour notre bien
également,
ce seul sang , qui parle
mieux !
devant ton Père et devant toi;
nous te demandons, et demandons par ton
intermédiaire,
la paix, ah ! la paix.
Si tu aimes encore la douceur et la patience,
et si la grâce que nous avons obtenue vaut
toujours,
alors, laisse encore une fois se fatiguer
lépée vengeresse de notre
faute.
Agneau de Dieu, qui portes les péchés
du monde, aie pitié de nous.
Agneau de Dieu, qui portes les péchés
du monde, assure nous toujours la
paix.
Quils soient comme lherbe des toits,
qui sèche avant quon
larrache !
de la marche du monde;
mais ton but reste toujours caché,
et à un moment donné, tu fais ce
quil te plaît.
Oh, montre donc aussi la grande
différence
entre ce que tu penses et ce que lhomme
pense.
Oh, montre-toi dans ta perfection
qui guide les curs princiers comme des
ruisseaux.
Unis, Très Haut, maintenant,
les gardiens jusquici divisés de
lempire allemand
dans une douce unité de pensée,
et pour une élection impériale
heureuse.
Allons, celui à qui la patrie inspire de la
compassion !
Allons, implorez le Seigneur dun cri
constant
jusquà ce quil nous soit
à nouveau favorable.
crie plaintivement,
crie chaque jour:
« Dieu ! donne la paix dans ton
pays,
le bonheur et le salut à tous les
états,
amen, amen ! »