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Récitatif
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Je
suis Néron, lempereur du monde,
Je suis aussi le tyran des âmes ici-bas.
Cest pour votre malheur ma
couronné,
Ô mère, ô épouse, ô
précepteur, ô Rome,
Du diadème royal qui ceint ma chevelure.
À quoi me servirait-il
Si mon il royal ne pouvait voir
Le Tibre, sur un ordre de moi, courir
Tout vermeil de sang, et si mon pied auguste
Ne pouvait fouler les cadavres exsangues
Du peuple égorgé ?
La pitié est bannie pour toujours de mon
sein,
Et dans mon empire,
Seule la cruauté siège sur le
trône.
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Air
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Je
veux que même Jupiter tremble
À léclair de mon regard
Et quau ciel, même laurore
Disparaisse aussitôt à un signe de
moi.
Je vous le déclare, dieux de
léther,
Je veux être seul à
régner.
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Récitatif
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Je
ne dissimule pas mon cur tyrannique,
Je suis Néron, lempereur du
monde ;
Quon exécute mon ordre,
Quon tue mon épouse,
Et à la mère
Qui ma donné la vie, quon donne
la mort.
Quon égorge le maître
Qui, téméraire, osa
Imprimer dans mon cur
Des préceptes de pitié
Et des actes damour pour mon peuple,
Contraires à la stabilité du sceptre
et du règne ;
Quil meure, quil meure,
linfâme !
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Air
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Une
sotte pitié
Ne peut affermir
Le pied sur le trône;
Et jamais ne trembla le sceptre
Qui usa de cruauté,
Et non de loyauté.
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Récitatif
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Et
maintenant, je veux me mesurer
À labîme même, à
Pluton en personne.
Du haut dun trône
élevé,
Mes yeux verront
Brûler le Capitole,
Brûler le Tibre, et en un instant fatal
Obélisques, colosses,
amphithéâtres;
Quune flamme sans trêve
Les abatte et les réduise en cendres;
Et les fureurs, les hurlements
Du peuple qui brûle,
Les gémissements, les cris,
Le grondement de sa colère,
Je veux les accompagner de ma lyre.
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Air
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Mon
cur, né tyrannique,
Veut voir qui peine, qui languit et soupire.
Mais quand, dans le sommeil,
Les esprits ne peuvent
Exhaler leur noble colère,
Que feront-ils alors ?
Ils pourront rêver des trophées de la
mort.
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Récitatif
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Avec
des regards furieux,
Je sèmerai dans les curs une terreur
mortelle,
Je lancerai flammes, éclairs et
flèches
Du haut de mon trône redoutable;
Et la lyre des poètes na pas peint
Aussi effrayant, le souverain de
léther
Combattant les Géants dans les Champs
Phlégréens.
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