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Récitatif
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Sur
les sables embrasés
du rivage éploré,
Orphée, cher époux,
tu me laisses et mabandonnes,
en proie à un deuil éternel, non
à la mort.
Ici, où le feu éternel
élève son trône,
tes yeux peuvent chasser les
ténèbres
et les flammes infernales:
tu ne dois pas avoir peur
si tu brûles damour.
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Air
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Si
la flamme de lAverne me brûle,
le feu damour membrase bien plus;
les étranges vicissitudes de
labysse
nont pas enlevé la foi de mon
cur.
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Récitatif
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Si
ta lyre magique
donne le mouvement aux rochers
et anime les arbres,
elle fera aussi cesser la colère
des divinités de lAverne,
et, par la force de ton chant,
dans les royaumes de la mort,
à mon profit souvriront
ces portes du Tartare;
bien quun décret den haut
leur ait donné cette nature
dêtre ouvertes pour entrer,
fermées pour la sortie.
Viens, ne crains pas
laboiement du chien à trois
têtes;
tu verras ma foi vivante
au sein des morts;
tu verras Eurydice être encore
amoureuse, bien que malheureuse.
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Air
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Ne
me tourmente plus,
Toi, au moins, Amour, laisse-moi en paix.
Mille sphinx et mille monstres
se dressent autour de moi,
et la splendeur du beau jour
ne perce plus dans ces enclos.
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Récitatif
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Jai
rencontré la mort
pour tavoir été constante:
pour fuir les outrages dAristée,
jai pris la fuite, et de mes pieds
jai écrasé, sur le rivage
herbeux,
un serpent venimeux
qui ma mordue dune dent
enragée
et en un instant, lhumeur
empoisonnée
a porté la mort à mon
cur.
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Air
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Je
me console avec lespérance
quun exemple de constance
puisse un jour trouver pitié.
Si léther pour moi est
impitoyable,
je nespère plus quen ta lyre
pour mobtenir la
liberté.
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