Alessandro Scarlatti
Sérénade pour 2 sopranos & violons
Alessandro Scarlatti [1660 - 1725]

Duo Cupidon La
Vertu Cupidon La
Vertu Cupidon La
Vertu Récitatif La
Vertu Cupidon Air Cupidon Je
saurai abattre ta constance, Récitatif La
Vertu Air La
Vertu Brise
ton arc, archer aux yeux bandés; Récitatif La
Vertu Cupidon La
Vertu Air Cupidon Vous,
mes esprits guerriers, Récitatif La
Vertu Cupidon Air La
Vertu Son
cur ne cède pas Récitatif La
Vertu Cupidon Air La
Vertu Tu
veux mabuser, Amour ! Récitatif Cupidon La
Vertu Cupidon Air Cupidon Pour
ma chevelure aux couronnes de roses Récitatif La
Vertu Air
à deux Cupidon La
Vertu Récitatif Cupidon Air Cupidon Je
vais te transpercer le sein ! Récitatif Cupidon Air Cupidon Regarde-le
et puis Récitatif La
Vertu Cupidon Air La
Vertu
Oui,
oui, jai vaincu; Duo Cupidon La
Vertu A
deux Cupidon La
Vertu
Amour a-t-il si peu de
pouvoir ?
Amour a-t-il tant de
prétentions ?
Un beau sein,
Une noble poitrine,
refuge de mon ardeur
bouclier contre ton ardeur.
Et tu oses encore, Cupidon,
préparer tes flèches contre un
cur
qui sarme de rigueur pour défendre sa
vertu ?
Les âmes immortelles ont toujours
été mon butin.
triompher pour ma plus grande gloire.
Je suis toujours habitué à me
battre,
oui, avec les armes de la ruse.
Réfrène, de grâce,
réfrène ton audace,
car aux côtés de la belle
accourt maintenant la Pudeur.
Je pourrai bien émousser les traits
et éteindre le flambeau dun
méprisable et téméraire
gamin.
ta torche est sans ardeur.
Elle a armé son cur de modestie,
elle met en déroute et détruit ta
valeur !
Cest un autre trait, un autre flambeau
dans sa poitrine, qui blesse son cur.
Blesse donc autant que tu veux,
elle ne cède pas à ta
violence.
Va-t-en, retourne à Cnide,
si tu ne veux pas voir
mes trophées
[constitués] de tes
pertes.
Je verrai, je verrai mes
triomphes !
Et avec quelles armes essaieras-tu de me
dominer ?
montrez votre audace
et apprêtez, sur larc,
les traits les plus pointus.
Contre Irène la belle,
qui, orgueilleuse, méprise
les armes de la beauté,
je veux me mesurer, et le trait
le plus pointu de mon carquois en tirera
vengeance.
À la lueur de ce flambeau,
je verrai céder ton orgueil
hautain.
Malheureux, combien tu tabuses !
Tu fais appel à un secours infidèle
et incertain.
Le sort est avec moi, qui est uni au
mérite.
à lassaut dAmour,
il résiste tel la pierre
à la fureur criminelle.
Mais que vois-je maintenant ?
Tu nes pas Cupidon ?
Où sont ces traits
avec lesquels tu penses maintenant frapper
la fleur de pudeur, misérable
révolté ?
Si, cest moi.
Mais je me ris de tes ruses,
je sais déjà que tu es
infidèle et menteur.
Je veux faire de toi ma compagne, et non te
trahir.
Tu crois peut-être faire plier
la vertu si appréciée
qui depuis le berceau
rassemble ses forces contre les traits
dAmour ?
La victoire est assurée ! car aucun
cur
na de force contre le trait
dAmour.
la jouissance me prépare [dautres
couronnes] plus belles et
séduisantes,
en jubilant de tavoir humiliée
avec linfinie souffrance de douleur et de
martyre.
Et pourquoi donc Amour tarde-t-il tant ?
Fais donc que son cur devienne épris
damour !
La flèche dor vole
déjà vers son sein,
pour le bonheur de son cher
aimé.
La flèche est partie; reste ferme,
résiste pour laffaiblir, oui,
oui !
Gentille pastourelle,
née pour la gloire, pour le faste,
pourquoi, si farouche, si cruelle,
luttes-tu contre Cupidon ?
Ne sais-tu pas que,
bien quon mappelle un enfant nu,
jai les forces dun
géant ?
Les dieux savent combien mes traits sont
perçants,
et tu ris de mes pleurs,
tu méprises tes amoureux ?
Tu apercevras lil serein
dun beau berger au cur pur,
et ce jour-là, tu
cèderas.
Tu me railles, et en agitant
ta chevelure avec dédain,
tu tamuses de mes menaces.
Mais regarde à travers ces ombres
léclair de deux astres divins:
tu devras soumettre ta nuque à ce
joug.
dis-moi si tu peux
ne pas ladorer.
Quil est ravissant,
quil est amoureux,
pour se faire aimer !
Qua décidé la
belle ?
De triompher de lamour, la
rebelle !
tressez de laurier mes cheveux.
Pour trophée, je remporte,
attaché,
le dieu enfant dAmour.
Amour tinvite à aux
embrassements
Va, déploie tes ailes, envole-toi;
et ne viens plus troubler sur ce sol
une vertu aussi infinie.
Et dans les vifs vents du sud...
Que les regards soient des traits, les baisers
des blessures.
Tais-toi ! tais-toi !
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