Sinfonia
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Choeur
d'âmes
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Pitié,
mortels,
Pour les pyraustes
dolents
Que tourmente la rigueur
De flammes dévorantes.
Lespérance nous redonne vie;
Mais pourtant, parmi les peines,
La douleur ne cesse pas.
Dun tel martyre,
Qui nous tirera un jour ?
Pitié, mortels !
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Le
Récitant
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Vivants
oisifs,
Écoutez, écoutez donc
Avec quels accents implorants
Les âmes du Purgatoire implorent votre
merci.
Au milieu de globes fumants,
Dans ce lieu de douleur,
Elles lavent les taches de leurs fautes dans une
mer de feu.
Éventrées par le désir,
Elles sont des Prométhées de
douleur;
Mais leur cur est plus
déchiré
Par leur véritable aspiration au ciel que
par leur martyre.
Mais si vous, paresseux,
À leurs voix plaintives, vous êtes des
serpents venimeux,
Ah, gloutons avides denfer,
Un jour, vous serez sur des croix douloureuses.
Mais le réconfort du Ciel
Ne fait pas défaut à ceux qui
souffrent. Écoutez comment
Lange tutélaire dune âme
tourmentée
Par de douces paroles, sollicite les sentiments du
moteur suprême.
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L'Ange
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Roi
des rois, vrai Jupiter
De qui pleut
Tout bien, tout trésor,
Ne refuse pas à une âme
tourmentée
La pitié que jimplore
fidèlement.
Quil te souvienne, ô Bien
suprême,
Douce espérance,
Que tu es le Dieu de la pitié,
Que si un cur pleure ses fautes,
Ta rigueur à la fin se brise
Et ne peut refuser le pardon.
Écoute, seigneur, avec quels soupirs,
quelles larmes
De ce bûcher inclément
Lâme dolente tadresse ses
prières.
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L'Ange
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Pardonne,
mon Dieu,
À une âme repentie
Qui jadis ta trahi,
Oui, oui, mon désir.
Mon bien aimé,
Arrache-le aux peines
Quenfin il se repente.
Je nai confiance quen toi.
Sur la mer de ma douleur, conduis-moi au
rivage.
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Le
Récitant
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Avec
de semblables paroles,
Lâme abandonnée.
Implore là-bas laide du Ciel.
Et pendant que tu refuses,
Mortel endurci,
La pitié due à ses souffrances,
De ces sphères célestes,
Ce Dieu qui est tout amour
Console sa douleur avec ces
paroles:
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Dieu
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Ô
toi qui mes chère,
Tes paroles ont attteint mon sein. Je nai pas
un cur
De bête féroce ou de rocher,
Mais je suis cire molle aux prières des
mortels.
Ma rigueur menace seulement parce quelle
attend;
Mais à qui demande merci, elle se rend
vaincue.
Un bref espace de quelques instants
Te reste, âme fidèle, à
souffrir;
Pour accéder au trésor
déternels contentements
Un si cruel martyre te servira
descorte.
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L'Ange
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Chères
paroles, qui faites renaître en mon sein
De douces espérances de plaisir
éternel,
Au milieu de ce bûcher de flammes sans
pitié,
Tel le Phénix, je renais au
bonheur.
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L'Âme
& Dieu, ensemble
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Lâme
Je souffre et
jespère.
Dieu
Souffre et espère.
Ensemble
À un cur qui prie,
Celui qui pour lhomme a souffert ne refuse
jamais rien.
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Le
Récitant
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Au
milieu de ces ténèbres aveugles,
LEsculape divin offre ces
réconforts
À lâme accablée.
Celle-ci, constante, adresse
Des accents suppliants pleins dun saint
zèle
Au Roi du Ciel qui, enfin,
Touché par la pitié, vaincu,
La soustrait aux peines,
Lui promet des contentements,
La rappelle au bonheur avec ces mots:
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Dieu
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Reviens,
ô chère, dans mon sein
Qui pour toi a été ouvert.
Désormais, purifiée dans le bain de
flammes brûlantes,
Lavée de tes fautes pernicieuses,
Tu es ma belle.
Reviens, ô chère, etc.
Si
jadis tu mas été rebelle,
Maintenant que le voile de lerreur sest
levé,
Je veux quavec moi, dans le ciel
Te couronnent les étoiles.
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L'Âme
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Oui,
oui, grâce à toi,
Dieu miséricordieux,
Mon désir est exaucé,
Ma foi est satisfaite
Oui, oui, grâce à toi.
Désormais, soustraite aux peines,
Jamais plus je ne méloignerai.
De toi, vrai Bien,
Qui a confiance dans le Ciel jamais
nespère en vain.
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Le
Récitant
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Ainsi,
depuis les douloureux royaumes de
là-bas,
Lâme en peine déploie son
vol
Vers les éternels repos
Et, enlacée à son Seigneur,
Avec dimmortelles harmonies,
Si jusque là elle a langui, toujours elle
jouira.
Pour célébrer son arrivée,
Le soleil rit, les astres brillent, le ciel est en
fête.
Dans le céleste palais
Où jamais le zèle envieux na pu
sévir,
Les esprits bienheureux
Font résonner le Ciel de ces
paroles:
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Choeur
d'Anges
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Dans
la jubilation et les chants,
Festoyez,
Résonnez,
Sphères tournantes de
lempyrée.
Aujourdhui, une âme est montée
au ciel,
Oui, oui, oui,
Rendons grâces à ce Dieu
Qui clément
Jamais ne refuse le pardon à qui se
repent.
Apprends ainsi, mortel,
À exercer ta pitié envers
toi-même:
Imprime dans ton âme
Que même si tu te noies dans une mer
Égée dhorribles fautes,
Cependant, si tu le veux, pour ton
réconfort,
Un Dieu peut être ton étoile polaire,
un Ciel ton port.
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