Carl Philipp Emanuel Bach

Carl Philipp Emanuel Bach [1714 -
1788]

Guide-moi
selon ta volonté, Même
si tes voies sont souvent obscures, Je te
suivrai bravement,
Je me repose entièrement sur toi !
Pour que je puisse te recommander
Tous mes chemins, comme un enfant,
Pour cela, Dieu, conserve-moi !
Je les parcours plein de courage !
Ta sagesse, ta grâce,
Si elles me conduisent sur des sentiers ardus,
Elles me conduisent néanmoins bien.
Toi dont le chemin ne peut pas égarer !
La joie et les peines, la vie et la mort,
Tout ce que tu me donneras,
Je laccepte de toi avec reconnaissance,
Jaccepte tout avec reconnaissance.

Première
Partie:
avant le sermon Chur
(avec majesté) Seigneur
Dieu, tu es notre refuge pour toujours; avant la
création des montagnes, et de la terre, et du monde,
tu es Dieu de toute éternité. Récitatif Dieu
immuable, qui ne connais pas de limites, Seigneur de
léternité ! Cest
enflammés par toi que brûle le soleil, que
brillent mille étoiles, enveloppés, avant que
tu les crées, dans la nuit éternelle. Tu es,
tu veux, et aussitôt rayonne la lointaine
lumière bleue de myriades de mondes, et
aussitôt la terre enfante montagnes et collines, et
exsude des mers sans fond. Du sein même de
léternité tu appelles le temps et lui
donnes des ailes. Ainsi ton il vit le premier jour,
quaucun il humain na vu, ainsi ton
il vit se lever le premier soleil, et mille autres ont
tourné après lui. Air
(avec modération) Immuable,
quelle pensée ! Récitatif La
lumière éternelle tenvironne, pour toi
il doit faire jour en enfer ; la nuit la plus noire ne
peut pas supporter ton regard en restant sombre ; et
mille ans, que sont-ils ? Un instant pour celui dont la
durée ne se mesure pas en années ; ce que
lentendement fini a oublié, parce que trop loin
de lui, cest pour toi linstant
présent. Chur
(avec majesté) Récitatif Et tu
seras éternel. Pour toi, qui nas jamais
commencé, tout temps est trop petit. Quand le soleil
ne brillera plus depuis longtemps, tu seras toujours. Quand
ce qui est disparaîtra dans le néant,
même après la fin de la création, tu
seras encore. Air
(avec feu) Quand
un jour, devant ta colère, Choral Tu
demeures éternellement Ainsi
crois, et essuie-les, Récitatif Oui,
naie pas peur devant le tombeau proche. Ton
père veut que tu te couches pour dormir. Mais un jour
il parlera: « Revenez, enfants des
hommes ». Il ne se soucie pas moins de toi,
même si la terre te recouvre. Un jour, elle te donnera
à la nouvelle création. La fosse qui
teffraie sera pour toi lentrée dans la
vie et elle, ta pierre tombale, sera le seuil du
ciel. Air
(avec vivacité) Jentends
déjà retentir les trompettes, Choral Sautez,
liens du tombeau, sautez ! Qu
Alléluia retentisse pour toi, Deuxième
Partie:
après le sermon Récitatif Air
(modérément lent) Voyez, la
clarté de Dieu emplit sa maison, Accompagné
(adagio) Air
(poco andante) Montre-toi aux yeux
de ton troupeau, Choral Dieu, toi qui te
rappelles ton peuple Fais-nous cheminer
dans ta lumière,
Quelle force conceptuelle pour la saisir !
Même le plus haut des séraphins na pas
assez de sens
Pour que son entendement ne vacille pas à cette
idée.
Qui peut concevoir ceci : être sans
début,
Et vivre éternellement sans avoir
commencé;
Quel il peut regarder sans trembler
Hardiment dans cet abîme ?
Da capo
Car mille ans sont pour toi comme le jour qui est
passé hier, et une nuit de veille.
Au commencement de la dernière nuit,
La mer de feu des mondes
Fera dissoudre le ciel même,
Quand, précipité depuis sa trajectoire,
Le ciel jettera des flammes sauvages,
Et qualors la dernière étincelle
Luira dans un soleil presque éteint,
Quand la destruction offrira
Ses vastes ruines pour une nouvelle création,
Tu demeureras, Jéhovah, toujours, de
léternité à
léternité.
Même si les soleils vieillissent,
Tu demeures, et tu me conserveras
Moi aussi pour léternité.
Pourquoi craindrais-je avec tant deffroi
Cette nuit du tombeau ?
Il vit, celui qui ma fait,
Il vit, et me crée à nouveau.
Les pleurs de la lâche inquiétude.
De ton tombeau poussera un jour
De quoi honorer ton créateur.
Ta chair, devenue poussière dans lair,
Verra ton créateur.
De ta tombe sortira
Un ange de Dieu.
Hommes, debout devant le tribunal !
Déjà un rayon de la lumière
éternelle tombe
Dans ma tombe, mes veines bouillonnent
Déjà dune nouvelle existence, des anges
lèvent
La pierre de ma tombe.
Écoute, écoute, les trompettes sonnent !
Il appelle:
Lève-toi, poussière, pour la nouvelle
vie.
La vie coule dans mes membres.
La trompette de Dieu sonne,
Enfants des hommes, respirez à nouveau.
Car le jour des moissons est là,
Exultez en criant: Alléluia !
Médiateur, qui as vaincu la mort,
Alléluia, maintenant
Nous sommes revenus à la vie,
Le jour des gerbes moissonnées est là,
Honneur à toi, et
Alléluia !
Noble Fils de lHomme ! Les tiens
timplorent; ah, écoute, et envoie, depuis le
trône du Père, lesprit de la
vérité et de la doctrine ! Maintenant
saccomplit la promesse par laquelle, en nous quittant,
tu nous as réconfortés un jour:
« Où vous serez rassemblés, je veux
être parmi vous, je veux être toujours parmi
vous, au côté du consolateur que
jenverrai, jusquà la fin des
temps.»
Lesprit de la vérité descend ici,
Le sein brûle de dévotion, des chants
sacrés
Coulent du cur ardent.
Nous entendons des mélodies diverses
Honorer les grandes actions de Dieu,
Nous entendons, et en sommes plus exaltés.
Le ravissement meut notre bouche, la volonté
Affaiblit la force, et un silence sacré
Se coule autour du peuple des chrétiens.
Da capo
Un jour vous avez été en deuil, le
maître est descendu au tombeau, lui, la gloire et
lornement de votre Église; pleuré par
vous, il est descendu. Hélas, jamais plus,
universellement aimé, il ne vous expliquera la
volonté de Dieu. Sa bouche est pâle, son
il plein de la nuit de la mort. Cest à
bon droit que vous êtes tristes; vos pleurs coulent
pour cet homme vénérable, pour lui que le
Seigneur vous avait envoyé pour votre
bénédiction. Mais maintenant, maintenant,
essuyez-les, car le Seigneur, plein de grâce et de
bienveillance, vous donne à nouveau le pasteur le
plus dévoué pour vous faire progresser sur les
chemins de la vertu.
Nouveau pasteur, avec des transports
Nous te saluons, homme du Seigneur !
Si tu jures de nous mener paître
fidèlement,
Alors nous partagerons volontiers avec toi
Les joies et les peines.
Jure au Seigneur, et nous jurerons
De suivre fidèlement le chemin de la vertu.
Enseigne-nous, et nous entendrons
Ce que ton Dieu aura ordonné.
Et qui aimes tendrement tes enfants,
Et qui nous dispenses ta parole de vérité,
Vers toi, ô Père, nous implorons,
Conduis notre pied sur le chemin qui mène à
toi !
Imprime ta parole dans nos curs,
Enseigne-nous à agir selon tes lois,
Et à être saints et semblables à
toi.
Dieu, que ta main, qui crée tout,
Nous accorde la force qui mène à la
vertu !

Mon
sauveur, mon espoir,
Mon Dieu, devant qui, jour et nuit,
Je lutte et je doute,
Ne dédaigne pas mes larmes,
Et laisse parvenir mon cri et mes efforts
Ne serait-ce quune fois à ton oreille et
à ton cur.

Première
Partie:
avant le sermon Chur
(un poco lento) Que
vive le Seigneur et que soit loué mon refuge, Récitatif Air
(allegro) Lève-toi
au milieu des churs de jubilation, Récitatif Air
(allegro) Cest
en vain que se dressent les railleurs, Récitatif Canto Air
(moderato) Repose
doucement, maître glorieux, Récitatif Choral Saint
est notre Dieu, Récitatif Choral Que
le peuple rende grâce à Dieu Deuxième
Partie:
après le sermon Air
(allegro) Ta
parole, ô Seigneur, est esprit et vie, Récitatif Air
(allegro) La
parole du Très Haut donne aussi la force, parmi les
orages, Choral Seigneur,
notre refuge ! Récitatif Accompagnato Air Maintenant
gravis donc dun cur joyeux Choral Louange,
honneur et gloire à Dieu,
(allegro)
Et que le Dieu de mon salut soit
glorifié.
Entouré de tes prodiges, notre cur est
enflammé, nos bouches rivalisent pour thonorer
dignement comme il faut, Dieu de clémence; la nature
jubile avec de clairs accents, et fait connaître,
Seigneur, tes grands prodiges dans les vallons, la
forêt et la campagne. Tu couronnes lannée
par ta bonté et tu nous fais voir dun cur
joyeux ton indulgente bénédiction. Notre
cur et notre bouche ne doivent-ils pas
célébrer ta gloire ?
Heureuse Hambourg, pour honorer celui
Qui ta accordé tant de faveurs.
Fais retentir partout ton chant de louange,
Ton faible chant lui plaira,
Heureuse ville !
Da capo
Pourtant - que serais-tu, que serait ton extrême
prospérité terrestre, si le Très-Haut
navait pas proclamé sa doctrine dans tes
murs ? Mais (quil soit remercié) nous
voyons aussi parmi nous les troupes des messagers de paix,
nous ne sommes plus ce que nous étions avant,
éloignés de Dieu, adorateurs didoles
muettes; elle sest enfuie, la nuit de la superstition,
le Seigneur a fait de nous son peuple. Malheureux le pays
à qui manque ce grand avantage, qui se choisit
lui-même des fontaines troubles, ignorant de cette
source de vie. Ô pays trois fois heureux qui
connaît son souverain, Dieu, celui quil a
envoyé, son fils, et léclat de la
divinité; qui brûle de zèle pour son
service, adhère fermement à sa foi et fait
confiance à sa puissance ; il abritera sa
doctrine des tempêtes des séditieux les plus
puissants.
Jéhovah vit, le Dieu des dieux,
Il sauve la gloire de son nom,
La communauté quil a bâtie
Repose sur le roc, elle est sienne,
Et il protège son bien.
Cest en vain que se dressent les dieux,
Jéhovah vit, le Dieu des dieux,
Il sauve lhonneur de son nom,
Il sauve la gloire de son nom.
Béni soit pour nous lhomme qui nous enseigne
les lois de Dieu, qui convertit à toi de nombreuses
personnes, qui, quand notre cur seffraie de ton
jugement, nous réconforte par tes consolations, qui,
quand notre pied senfonce déjà dans la
corruption, nous avertit, nous punit, et nous ramène
vite en arrière, qui gravit lui-même avec joie
et courage le chemin de la crainte de Dieu et nous montre de
loin le but de béatitude que Dieu
promet.
Cétait un tel homme, celui que nous
pleurons; cest avec mélancolie que nous
regardons encore les jours passés, quand sa bouche
ici nous montrait, nous enseignait à suivre les voies
de Dieu; cest avec mélancolie que nous pensons
à linstant terrible qui nous la pris. Il
priait pour nous, sa dernière parole fut pour nous
bénir; là-dessus il alla joyeusement à
la rencontre de celui qui lappelait, là
où sa couronne rayonne et où maintenant il
rend grâce au Seigneur pour chaque
bénédiction de loffice.
Là-bas dans ta tombe fraîche.
Ta mémoire reste parmi les
bénédictions
Dans le cur de tes auditeurs,
Jusquà ce que ton Dieu nous appelle
auprès de toi.
Alors, unis à toi, nous chanterons la louange de
lÉternel, et les sublimes accents de jubilation
qui faisaient déjà ici ta
félicité, gagneront avec larmée
des anges tous les cieux.
Le Seigneur des armées.
Que lespérance joyeuse fasse taire ta plainte,
communauté orpheline, en ce jour de joie pour
toi ! Exulte, et parais avec reconnaissance à la
face du Dieu qui fait de ta perte un bien, qui soigne la
blessure quil tinfligea, qui te donne un
maître qui toffre sa main, comme le
défunt, pour ton expiation, et qui, orné des
plus beaux dons, touvre entièrement son
cur afin que tu lui accordes ta confiance et conduises
ton cur à son cur. Oh, chante des chants
de joie, et que ton temple retentisse à nouveau
daccents joyeux !
Et te loue dans les bonnes actions,
Le pays produit des fruits et saméliore,
Ta parole est bonne conseillère.
Que le Père et le Fils nous bénissent,
Et que Dieu, le Saint Esprit nous bénisse,
Lui à qui tout lunivers rend hommage,
Devant qui tremble presque tout;
Dites maintenant du fond du cur: Amen.
Loué sois-tu, qui nous las donnée.
Oh, quelle réjouisse nos curs.
Fais que cette parole de ta grâce,
Sur les chemins obscurs de notre vie,
Soit aussi la lumière de notre pied.
Qui méconnaît cette claire lumière et ne
chemine pas dans cette lumière, qui se nomme
lui-même chrétien, mais ne pense ni nagit
en chrétien, oh, il est loin de la
félicité que goûte déjà
ton ami, ô Dieu, loin de limmense splendeur que
lavenir nous découvre; il néprouve
pas le bonheur dêtre racheté, le bonheur
suprême dêtre ton ami; il est lié
au seul monde, aveuglé par des joies vaines, il
sen empare violemment; et quand le monde passe avec
ses joies, il les quitte dans langoisse, et reste
inconsolé et vide, car ce quil aime et souhaite
nest plus.
Au cur voué à Dieu de lhomme
pieux,
Quand menace la foudre de Dieu et que tremblent les
pécheurs impudents.
Et quand le dernier ennemi leur décochera ses
flèches,
Le Seigneur sera leur bouclier, sa parole les
réconfortera,
Elle apaise aussi la douleur de la mort:
La parole du Très Haut donne la force au cur
voué à Dieu de lhomme
pieux.
Laisse-nous cette parole,
Car tu nous las donnée.
Quelle soit mon lot,
Quelle soit mon salut
Et ma force vers la vie
éternelle !
Laisse-nous cette parole - ainsi le souhaite notre
âme, donne-la, afin quil ne manque pas de tels
maîtres qui toujours, sans se lasser, avec douceur et
sans détour, déposent sur notre cur la
parole de ta grâce; remplis-les de la
bénédiction de ton esprit.
Puisses-tu donner aussi à notre nouveau maître
la force daccomplir son uvre avec joie, de
garder le cur confiant aussi sous la charge de son
office; de réjouir par ta consolation celui que,
conscient de la détresse du péché,
menace la crainte de la loi; de dissiper le sombre doute
chez légaré que séduit
lillusion vaine, qui écoute complaisamment
chaque doute; et quand son discours le réveillera, le
détournera de la voie du vice par la peur, alors il
trouvera chaque cur préparé et semblable
à un bon terrain dans lequel la noble semence
pénètre et produit de riches
fruits.
Les marches de lautel,
Maître que Dieu nous a dispensé.
Que chaque auditeur se réjouisse de ta
présence
Et se joigne à ce vu de bonheur:
Que la paix de Dieu soit sur toi.
Au Père et au Fils,
Et aussi au Saint Esprit
Trônant au plus haut des cieux,
Au Dieu unique en trois personnes,
Tel quil était au commencement,
Est, et restera
Maintenant et pour toujours.

Amen ! Oui,
domaine des tombeaux,
Louange, honneur et force
À celui qui achève son uvre !
Merci à celui qui terrasse la mort !
Chantez pour le héros ressuscité !
Et que tous les cieux, tous les mondes
Et cet univers soient chant !
Pour lui, qui a ressuscité de la mort,
Pour lui, qui la un jour terrassée,
Alléluia !
La puissance est à lui ! Il la
accompli !
Le monde est plein de sa gloire !
Terre, lève-toi de ta poussière !
Deviens un pays de vie et de lumière !
Lui, qui a ressuscité victorieusement,
Te libère des liens de la mort
Et du tourment du jugement.
Bonheur à toi ! Le tombeau est vide !
Lhorrible armée de labysse
Est défaite.
La nuit de la mort, la puissance de lenfer,
Lhorreur des tombeaux sont vaincues.
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