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sérénades

Carl Philipp Emanuel Bach

 

Musiques de Fête

 

 

 

Festmusiken
Carl Philipp Emanuel Bach [1714 - 1788]
 

 

 

Leite mich nach deinem Wille

Guide-moi selon ta volonté, H 835. Hambourg 1783

 

Guide-moi selon ta volonté,
Je me repose entièrement sur toi !
Pour que je puisse te recommander
Tous mes chemins, comme un enfant,
Pour cela, Dieu, conserve-moi !

Même si tes voies sont souvent obscures,
Je les parcours plein de courage !
Ta sagesse, ta grâce,
Si elles me conduisent sur des sentiers ardus,
Elles me conduisent néanmoins bien.

Je te suivrai bravement,
Toi dont le chemin ne peut pas égarer !
La joie et les peines, la vie et la mort,
Tout ce que tu me donneras,
Je l’accepte de toi avec reconnaissance,
J’accepte tout avec reconnaissance.

 

 

Einführung für Pastor Schäffer

Cérémonie d’installation du pasteur Schäffer, H 821m. Août 1785

 

Première Partie: avant le sermon

 

Chœur (avec majesté)

Seigneur Dieu, tu es notre refuge pour toujours; avant la création des montagnes, et de la terre, et du monde, tu es Dieu de toute éternité.


Récitatif

Dieu immuable, qui ne connais pas de limites, Seigneur de l’éternité ! C’est enflammés par toi que brûle le soleil, que brillent mille étoiles, enveloppés, avant que tu les crées, dans la nuit éternelle. Tu es, tu veux, et aussitôt rayonne la lointaine lumière bleue de myriades de mondes, et aussitôt la terre enfante montagnes et collines, et exsude des mers sans fond. Du sein même de l’éternité tu appelles le temps et lui donnes des ailes. Ainsi ton œil vit le premier jour, qu’aucun œil humain n’a vu, ainsi ton œil vit se lever le premier soleil, et mille autres ont tourné après lui.


Air (avec modération)

Immuable, quelle pensée !
Quelle force conceptuelle pour la saisir !
Même le plus haut des séraphins n’a pas assez de sens
Pour que son entendement ne vacille pas à cette idée.
Qui peut concevoir ceci : être sans début,
Et vivre éternellement sans avoir commencé;
Quel œil peut regarder sans trembler
Hardiment dans cet abîme ?
Da capo


Récitatif

La lumière éternelle t’environne, pour toi il doit faire jour en enfer ; la nuit la plus noire ne peut pas supporter ton regard en restant sombre ; et mille ans, que sont-ils ? Un instant pour celui dont la durée ne se mesure pas en années ; ce que l’entendement fini a oublié, parce que trop loin de lui, c’est pour toi l’instant présent.


Chœur (avec majesté)
Car mille ans sont pour toi comme le jour qui est passé hier, et une nuit de veille.


Récitatif

Et tu seras éternel. Pour toi, qui n’as jamais commencé, tout temps est trop petit. Quand le soleil ne brillera plus depuis longtemps, tu seras toujours. Quand ce qui est disparaîtra dans le néant, même après la fin de la création, tu seras encore.


Air (avec feu)

Quand un jour, devant ta colère,
Au commencement de la dernière nuit,
La mer de feu des mondes
Fera dissoudre le ciel même,
Quand, précipité depuis sa trajectoire,
Le ciel jettera des flammes sauvages,
Et qu’alors la dernière étincelle
Luira dans un soleil presque éteint,
Quand la destruction offrira
Ses vastes ruines pour une nouvelle création,
Tu demeureras, Jéhovah, toujours, de l’éternité à l’éternité.


Choral

Tu demeures éternellement
Même si les soleils vieillissent,
Tu demeures, et tu me conserveras
Moi aussi pour l’éternité.
Pourquoi craindrais-je avec tant d’effroi
Cette nuit du tombeau ?
Il vit, celui qui m’a fait,
Il vit, et me crée à nouveau.

Ainsi crois, et essuie-les,
Les pleurs de la lâche inquiétude.
De ton tombeau poussera un jour
De quoi honorer ton créateur.
Ta chair, devenue poussière dans l’air,
Verra ton créateur.
De ta tombe sortira
Un ange de Dieu.


Récitatif

Oui, n’aie pas peur devant le tombeau proche. Ton père veut que tu te couches pour dormir. Mais un jour il parlera: « Revenez, enfants des hommes ». Il ne se soucie pas moins de toi, même si la terre te recouvre. Un jour, elle te donnera à la nouvelle création. La fosse qui t’effraie sera pour toi l’entrée dans la vie et elle, ta pierre tombale, sera le seuil du ciel.


Air (avec vivacité)

J’entends déjà retentir les trompettes,
Hommes, debout devant le tribunal !
Déjà un rayon de la lumière éternelle tombe
Dans ma tombe, mes veines bouillonnent
Déjà d’une nouvelle existence, des anges lèvent
La pierre de ma tombe.
Écoute, écoute, les trompettes sonnent ! Il appelle:
Lève-toi, poussière, pour la nouvelle vie.


Choral

Sautez, liens du tombeau, sautez !
La vie coule dans mes membres.
La trompette de Dieu sonne,
Enfants des hommes, respirez à nouveau.
Car le jour des moissons est là,
Exultez en criant: Alléluia !

Qu’ Alléluia retentisse pour toi,
Médiateur, qui as vaincu la mort,
Alléluia, maintenant
Nous sommes revenus à la vie,
Le jour des gerbes moissonnées est là,
Honneur à toi, et Alléluia !

Deuxième Partie: après le sermon

 

Récitatif
Noble Fils de l’Homme ! Les tiens t’implorent; ah, écoute, et envoie, depuis le trône du Père, l’esprit de la vérité et de la doctrine ! Maintenant s’accomplit la promesse par laquelle, en nous quittant, tu nous as réconfortés un jour: « Où vous serez rassemblés, je veux être parmi vous, je veux être toujours parmi vous, au côté du consolateur que j’enverrai, jusqu’à la fin des temps.»


Air (modérément lent)

Voyez, la clarté de Dieu emplit sa maison,
L’esprit de la vérité descend ici,
Le sein brûle de dévotion, des chants sacrés
Coulent du cœur ardent.
Nous entendons des mélodies diverses
Honorer les grandes actions de Dieu,
Nous entendons, et en sommes plus exaltés.
Le ravissement meut notre bouche, la volonté
Affaiblit la force, et un silence sacré
Se coule autour du peuple des chrétiens.
Da capo


Accompagné (adagio)
Un jour vous avez été en deuil, le maître est descendu au tombeau, lui, la gloire et l’ornement de votre Église; pleuré par vous, il est descendu. Hélas, jamais plus, universellement aimé, il ne vous expliquera la volonté de Dieu. Sa bouche est pâle, son œil plein de la nuit de la mort. C’est à bon droit que vous êtes tristes; vos pleurs coulent pour cet homme vénérable, pour lui que le Seigneur vous avait envoyé pour votre bénédiction. Mais maintenant, maintenant, essuyez-les, car le Seigneur, plein de grâce et de bienveillance, vous donne à nouveau le pasteur le plus dévoué pour vous faire progresser sur les chemins de la vertu.


Air (poco andante)

Montre-toi aux yeux de ton troupeau,
Nouveau pasteur, avec des transports
Nous te saluons, homme du Seigneur !
Si tu jures de nous mener paître fidèlement,
Alors nous partagerons volontiers avec toi
Les joies et les peines.
Jure au Seigneur, et nous jurerons
De suivre fidèlement le chemin de la vertu.
Enseigne-nous, et nous entendrons
Ce que ton Dieu aura ordonné.


Choral

Dieu, toi qui te rappelles ton peuple
Et qui aimes tendrement tes enfants,
Et qui nous dispenses ta parole de vérité,
Vers toi, ô Père, nous implorons,
Conduis notre pied sur le chemin qui mène à toi !

Fais-nous cheminer dans ta lumière,
Imprime ta parole dans nos cœurs,
Enseigne-nous à agir selon tes lois,
Et à être saints et semblables à toi.
Dieu, que ta main, qui crée tout,
Nous accorde la force qui mène à la vertu !

 

 

Mein Heiland, meine Zuversicht

Mon sauveur, mon espoir, H 830. Hambourg 1771

Mon sauveur, mon espoir,
Mon Dieu, devant qui, jour et nuit,
Je lutte et je doute,
Ne dédaigne pas mes larmes,
Et laisse parvenir mon cri et mes efforts
Ne serait-ce qu’une fois à ton oreille et à ton cœur.

 

 

Einführung für Pastor Friderici

Cérémonie d’installation du pasteur Friderici, H 821g. Décembre 1775

 

Première Partie: avant le sermon

 

Chœur (un poco lento)

Que vive le Seigneur et que soit loué mon refuge,
(allegro)
Et que le Dieu de mon salut soit glorifié.


Récitatif
Entouré de tes prodiges, notre cœur est enflammé, nos bouches rivalisent pour t’honorer dignement comme il faut, Dieu de clémence; la nature jubile avec de clairs accents, et fait connaître, Seigneur, tes grands prodiges dans les vallons, la forêt et la campagne. Tu couronnes l’année par ta bonté et tu nous fais voir d’un cœur joyeux ton indulgente bénédiction. Notre cœur et notre bouche ne doivent-ils pas célébrer ta gloire ?


Air (allegro)

Lève-toi au milieu des chœurs de jubilation,
Heureuse Hambourg, pour honorer celui
Qui t’a accordé tant de faveurs.
Fais retentir partout ton chant de louange,
Ton faible chant lui plaira,
Heureuse ville !
Da capo


Récitatif
Pourtant - que serais-tu, que serait ton extrême prospérité terrestre, si le Très-Haut n’avait pas proclamé sa doctrine dans tes murs ? Mais (qu’il soit remercié) nous voyons aussi parmi nous les troupes des messagers de paix, nous ne sommes plus ce que nous étions avant, éloignés de Dieu, adorateurs d’idoles muettes; elle s’est enfuie, la nuit de la superstition, le Seigneur a fait de nous son peuple. Malheureux le pays à qui manque ce grand avantage, qui se choisit lui-même des fontaines troubles, ignorant de cette source de vie. Ô pays trois fois heureux qui connaît son souverain, Dieu, celui qu’il a envoyé, son fils, et l’éclat de la divinité; qui brûle de zèle pour son service, adhère fermement à sa foi et fait confiance à sa puissance ; il abritera sa doctrine des tempêtes des séditieux les plus puissants.


Air (allegro)

C’est en vain que se dressent les railleurs,
Jéhovah vit, le Dieu des dieux,
Il sauve la gloire de son nom,
La communauté qu’il a bâtie
Repose sur le roc, elle est sienne,
Et il protège son bien.
C’est en vain que se dressent les dieux,
Jéhovah vit, le Dieu des dieux,
Il sauve l’honneur de son nom,
Il sauve la gloire de son nom.


Récitatif
Béni soit pour nous l’homme qui nous enseigne les lois de Dieu, qui convertit à toi de nombreuses personnes, qui, quand notre cœur s’effraie de ton jugement, nous réconforte par tes consolations, qui, quand notre pied s’enfonce déjà dans la corruption, nous avertit, nous punit, et nous ramène vite en arrière, qui gravit lui-même avec joie et courage le chemin de la crainte de Dieu et nous montre de loin le but de béatitude que Dieu promet. 


Canto
C’était un tel homme, celui que nous pleurons; c’est avec mélancolie que nous regardons encore les jours passés, quand sa bouche ici nous montrait, nous enseignait à suivre les voies de Dieu; c’est avec mélancolie que nous pensons à l’instant terrible qui nous l’a pris. Il priait pour nous, sa dernière parole fut pour nous bénir; là-dessus il alla joyeusement à la rencontre de celui qui l’appelait, là où sa couronne rayonne et où maintenant il rend grâce au Seigneur pour chaque bénédiction de l’office.


Air (moderato)

Repose doucement, maître glorieux,
Là-bas dans ta tombe fraîche.
Ta mémoire reste parmi les bénédictions
Dans le cœur de tes auditeurs,
Jusqu’à ce que ton Dieu nous appelle auprès de toi.


Récitatif
Alors, unis à toi, nous chanterons la louange de l’Éternel, et les sublimes accents de jubilation qui faisaient déjà ici ta félicité, gagneront avec l’armée des anges tous les cieux.


Choral

Saint est notre Dieu,
Le Seigneur des armées.


Récitatif
Que l’espérance joyeuse fasse taire ta plainte, communauté orpheline, en ce jour de joie pour toi ! Exulte, et parais avec reconnaissance à la face du Dieu qui fait de ta perte un bien, qui soigne la blessure qu’il t’infligea, qui te donne un maître qui t’offre sa main, comme le défunt, pour ton expiation, et qui, orné des plus beaux dons, t’ouvre entièrement son cœur afin que tu lui accordes ta confiance et conduises ton cœur à son cœur. Oh, chante des chants de joie, et que ton temple retentisse à nouveau d’accents joyeux !


Choral

Que le peuple rende grâce à Dieu
Et te loue dans les bonnes actions,
Le pays produit des fruits et s’améliore,
Ta parole est bonne conseillère.
Que le Père et le Fils nous bénissent,
Et que Dieu, le Saint Esprit nous bénisse,
Lui à qui tout l’univers rend hommage,
Devant qui tremble presque tout;
Dites maintenant du fond du cœur: Amen.

Deuxième Partie: après le sermon

 

Air (allegro)

Ta parole, ô Seigneur, est esprit et vie,
Loué sois-tu, qui nous l’as donnée.
Oh, qu’elle réjouisse nos cœurs.
Fais que cette parole de ta grâce,
Sur les chemins obscurs de notre vie,
Soit aussi la lumière de notre pied.


Récitatif
Qui méconnaît cette claire lumière et ne chemine pas dans cette lumière, qui se nomme lui-même chrétien, mais ne pense ni n’agit en chrétien, oh, il est loin de la félicité que goûte déjà ton ami, ô Dieu, loin de l’immense splendeur que l’avenir nous découvre; il n’éprouve pas le bonheur d’être racheté, le bonheur suprême d’être ton ami; il est lié au seul monde, aveuglé par des joies vaines, il s’en empare violemment; et quand le monde passe avec ses joies, il les quitte dans l’angoisse, et reste inconsolé et vide, car ce qu’il aime et souhaite n’est plus.


Air (allegro)

La parole du Très Haut donne aussi la force, parmi les orages,
Au cœur voué à Dieu de l’homme pieux,
Quand menace la foudre de Dieu et que tremblent les pécheurs impudents.
Et quand le dernier ennemi leur décochera ses flèches,
Le Seigneur sera leur bouclier, sa parole les réconfortera,
Elle apaise aussi la douleur de la mort:
La parole du Très Haut donne la force au cœur voué à Dieu de l’homme pieux.


Choral

Seigneur, notre refuge !
Laisse-nous cette parole,
Car tu nous l’as donnée.
Qu’elle soit mon lot,
Qu’elle soit mon salut
Et ma force vers la vie éternelle !


Récitatif
Laisse-nous cette parole - ainsi le souhaite notre âme, donne-la, afin qu’il ne manque pas de tels maîtres qui toujours, sans se lasser, avec douceur et sans détour, déposent sur notre cœur la parole de ta grâce; remplis-les de la bénédiction de ton esprit.


Accompagnato
Puisses-tu donner aussi à notre nouveau maître la force d’accomplir son œuvre avec joie, de garder le cœur confiant aussi sous la charge de son office; de réjouir par ta consolation celui que, conscient de la détresse du péché, menace la crainte de la loi; de dissiper le sombre doute chez l’égaré que séduit l’illusion vaine, qui écoute complaisamment chaque doute; et quand son discours le réveillera, le détournera de la voie du vice par la peur, alors il trouvera chaque cœur préparé et semblable à un bon terrain dans lequel la noble semence pénètre et produit de riches fruits.


Air

Maintenant gravis donc d’un cœur joyeux
Les marches de l’autel,
Maître que Dieu nous a dispensé.
Que chaque auditeur se réjouisse de ta présence
Et se joigne à ce vœu de bonheur:
Que la paix de Dieu soit sur toi.


Choral

Louange, honneur et gloire à Dieu,
Au Père et au Fils,
Et aussi au Saint Esprit
Trônant au plus haut des cieux,
Au Dieu unique en trois personnes,
Tel qu’il était au commencement,
Est, et restera
Maintenant et pour toujours.

 

 

Amen ! Lob und Preis und Stärke

Amen ! Louange, honneur et force, H 834. Hambourg 1783

 

Amen !
Louange, honneur et force
À celui qui achève son œuvre !
Merci à celui qui terrasse la mort !
Chantez pour le héros ressuscité !
Et que tous les cieux, tous les mondes
Et cet univers soient chant !
Pour lui, qui a ressuscité de la mort,
Pour lui, qui l’a un jour terrassée,
Alléluia !
La puissance est à lui ! Il l’a accompli !
Le monde est plein de sa gloire !

Oui, domaine des tombeaux,
Terre, lève-toi de ta poussière !
Deviens un pays de vie et de lumière !
Lui, qui a ressuscité victorieusement,
Te libère des liens de la mort
Et du tourment du jugement.
Bonheur à toi ! Le tombeau est vide !
L’horrible armée de l’abysse
Est défaite.
La nuit de la mort, la puissance de l’enfer,
L’horreur des tombeaux sont vaincues.

 

traduction: Jacqueline & Alain DUC