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Antonio Bertali
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Antonio Bertali [1605 - 1669]

Première Partie
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Le
récitant Hérode
Air Hérode Je
dois agir ainsi, je le veux ainsi,
Premier
conseiller
Air Premier
conseiller Pour
anéantir tes soupçons,
Hérode Deuxième
conseiller
Air Deuxième
conseiller Pour
exécuter laudacieux massacre,
Troisième
conseiller Hérode Troisième
conseiller Hérode
Air Hérode Dans
les poitrines terribles,
Choeur
à cinq (ministres) Sus,
sus donc, aux armes !
Hérode
Choeur
à cinq
(ministres) Sus,
sus donc, aux armes ! |

Seconde Partie
Le
récitant Les
Mères
(à trois) Pleurez,
mes yeux, pleurez ! Première
mère Air Première
mère Ô
ma vie, ô mon réconfort ! Deuxième
mère Les
trois Mères Pour
punir lhorrible massacre Deuxième
conseiller Chur
(à cinq) Tombez
donc, tombez,
Déjà les ministres inhumains
étaient sur le point
daccomplir labominable massacre;
les mères des malheureux enfants
associaient pendant ce temps, dolentes,
ces mots tourmentés à une mer de
larmes.
Si vous devez voir aujourdhui,
noyé dans une mer de sang,
mon amour, ma vie,
mon réconfort,
si votre joie disparaît aujourdhui,
que toujours soient ennuagés
ma poitrine, mon âme
et mon sein.
Si vous nêtes plus en permanence dans
ma vie
ô aimables fils,
je fuis le rire, jaime le deuil,
jai soif de larmes.
Pleurez, mes yeux, pleurez !
Roi monstre diniquité, perfide
Hérode,
dis-moi, en quoi jamais
toffensèrent
un cur pur, une langue muette,
une âme innocente ?
Dis-moi, comment lesprit candide de
lâge enfantin
a-t-il jamais pu causer ta fureur ?
Donc ta fureur combat
contre des fils sans armes et des mères
inaptes à la guerre ?
Ô le beau triomphe !
Ainsi donc, mes fils, le lait
que je vous ai donné avec
prodigalité,
avec prodigalité, vous le reversez à
mes pieds sous forme de sang ?
Et vous, cieux, vous tolérez
un massacre aussi cruel,
un si injuste outrage ?
Et un éclair de votre feu
napparaît pas ?
Ainsi donc, tyran sans pitié,
qui ne vis que pour nuire à autrui,
tu trahis à tort un cur innocent.
Ô ma vie, ô mon
réconfort !
Belles joues chères et aimées,
ainsi votre belle candeur apparaît à
mes yeux
teinte seulement dune sinistre
pâleur
aspergée de sang,
belles joues chères et
aimées.
du tyran inique et sans pitié,
que le Ciel décoche, juste supplice,
le plus terrible de ses traits.
Cessez, ô mères,
vos larmes sont vaines.
Compagnons, à la vengeance !
Que les cris ne vous arrêtent pas !
quon obéisse à
Hérode,
que la pitié ne serve pas dexcuse,
que tous les enfants soient tués.
enfants innocents,
pour étancher la soif
de limpie Hérode
par des torrents de sang.
Pour le priver de vie,
dans la mer de votre deuil,
vos cris seront le vent,
le sang sera les flots.
Souvent le Ciel attend
pour se venger
dun massacre dinnocents.
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