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Oratorio à trois voix, trompette, cordes & basse continue |
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Tommaso Bernardo Gaffi [1667 - 1744] |
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les personnages: L'Amour
divin, soprano |

Au
son guerrier Déjà
sonne la trompette, Courez,
volez, Ô
vous qui aspirez Le
faible sein que le ciel na pas
armé, Cur
guerrier, il tappelle au combat, L'Amour
divin: Sainte
Thérèse: Allons,
escadrons guerriers, Rodrigue,
oh Dieu ! Rodrigue, Voici
sans délai mon pied Rodrigue: Sainte
Thérèse: Rodrigue: Allons,
escadrons guerriers, Lacier,
Amour vous le donne ; Quon
meure pour Jésus, Plaisirs
terrestres, Délices
des mortels, Sainte
Thérèse: Rodrigue: Sus
donc, attaquez, Sainte
Thérèse: Rodrigue: Partons,
partons, oui, oui,
L'Amour divin
de chants belliqueux,
le divin archer vous invite,
âmes pieuses, à la bataille, aux
combats !
L'Amour divin
déjà la guerre
sapprête ;
le ciel déjà retentit,
le combat se déchaîne.
ne tardez plus,
ô vous qui aspirez
à souffrir pour Jésus.
Sainte Thérèse
à souffrir pour Jésus ?
Quelles plaisantes paroles
viennent résonner, joyeuses, dans mon
cur ?
Peut-être lamour divin,
avec de telles notes, reproche-t-il à mon
pied sa lenteur ?
Oui ! oui, à peine, à
laube de la vie,
le lait sétait-il changé en
sang [dans leurs veines]
que tant de vierges pacifiques
sont tombées dans larène
ensanglantée,
victimes égorgées pour leur
foi ;
et Thérèse serait la seule
à redouter la glorieuse
entreprise ?
Sainte Thérèse
quil fuie donc lacier des
Infidèles ;
mais moi, fortifiée par la foi et le
zèle,
jirai joyeuse au devant de la
mort.
lamour de ton céleste amant ;
celui qui nourrit un désir si fervent,
quil te donne constance et
courage.
L'Amour divin, Sainte
Thérèse
Âmes amies du ciel,
que tardez-vous à empenner mes
ailes ?
Pourquoi nallez-vous pas affronter
les phalanges ennemies ?
Brève est lépreuve sur
terre,
et qui combat pour Dieu est vainqueur de toute
guerre.
Me voici, je marme,
avec un cur intrépide,
pour entrer en lice.
Ah, donne de la force à mon pied
malhabile,
et sers-moi de guide, divin Amour.
L'Amour divin
Ne tardons plus.La trompette retentit,
aux armes, sus, sus !
Le destin vous appelle,
la foi vous invite ;
qui craint la mort
naime pas vraiment.
Sainte Thérèse
mon frère chéri,
la force de lAmour souverain
minvite avec un noble désir
à affronter mon destin,
et, pour gagner la vie éternelle,
à men aller parmi les Maures, pour y
trouver le trépas.
Rodrigue
qui te suivra vers la mort ;
car si mon âge est encore vert,
mûre est la foi en mon sein.
Rodrigue, Saine
Thérèse
Partons, cest avec trop de retard
que nous avons entendu le langage du ciel.
Il a un esprit bien couard,
celui qui craint la mort ; un cur que
brûle
la flamme de lamour céleste
sait trouver le port au milieu des
tempêtes.
Combien jéprouve de plaisir, ô
combien,
à te voir en accord avec mes
pensers.
Ce sera toujours ma fierté
de suivre les âpres sentiers de la
vertu.
L'Amour divin
Ne tardons plus.La trompette retentit,
aux armes, sus, sus !
L'Amour divin
que la foi soit votre bouclier, la croix votre
épée,
le Christ se fait votre chef fidèle.
Sus, sus, prenez les armes,
déjà résonne la trompette,
quon meure pour Jésus,
à lépreuve, allons,
allons.
Sainte Thérèse &
Rodrigue
à lépreuve, allons,
allons.
Sainte Thérèse
vous qui êtes [fugaces comme] des
éclairs,
partez, fuyez,
loin de moi ;
un sentier meilleur
enflamme mon cur,
invite mon pied.
puisque vous êtes si fragiles,
que faites-vous à rester
plus longtemps dans mon sein ?
Il est devenu le logis
du vrai plaisir
qui jamais ne diminue.
Sainte Thérèse,
Rodrigue
Il peut bien produire des épines, être
pavé
de supplices, le sentier qui mène au
ciel ;
il ne faut pas, non, non, que mon cur ait
peur ;
car en regardant Jésus couvert de plaies,
exsangue,
mon âme pieuse aspire
à rendre plaie pour plaie, et sang pour
sang.
Si le Roi des Rois, par un chemin plein
dépines,
sest élevé à la
gloire,
nous, par un chemin fleuri et parfumé,
méprisant les marques des plaies de notre
chef,
nous voudrions avec un zèle froid
nous assurer des sièges éternels au
ciel ?
Sainte Thérèse &
Rodrigue
blessez[-nous],
suppliciez[-nous],
outragez[-nous],
frappez[-nous],
accourez en masse,
venez, venez, tourments.
Thérèse/Rodrigue,
ne tardons plus.
Sainte Thérèse,
Rodrigue
Déchaînez-vous donc par centaines,
tourments, supplices, martyres, je nai pas
peur.
Assaillez-moi, ô souffrances, par
milliers ;
pour la soif de mon cur, vous êtes des
gouttes [désaltérantes].
La divinité nous précède en
volant,
mettons rapidement nos pas en mouvement,
là où elle nous guide pour
cueillir
les fruits déternité ; ne
tardons plus,
mais que le vent fournisse
ses ailes à nos pieds, et les flèches
leurs plumes.
Sainte Thérèse &
Rodrigue
lamour qui est fort
autant que la mort
lordonne ainsi.
Partons, partons, oui, oui.

Ô
combien doux Rodrigue,
nous voici arrivés, Pour
nous faire espérer Pour
nous en faire jouir, Sainte
Thérèse: Rodrigue: Vain
plaisir/ Cruels
tourments, L'Amour
divin: Âmes
pieuses, détournez vos pas Sainte
Thérèse: Rodrigue: Sainte
Thérèse: Rodrigue: LAmour
divin: Là-bas,
en Afrique Assez,
assez, il suffit ! Que
puis-je dire, Que
puis-je te donner, Réfrène
ta plainte, Thérèse :
lagréable odeur Il
ne veut pas que de cruels tourments Il
ne veut pas que des flèches impies Voici,
voici larc dor, Ah,
pitié, Seigneur, grâce ! Allons,
allons, céleste chur, Pour
tresser les couronnes parfumées, Quon
chante des louanges, |
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traduction: Jacqueline & Alain DUC |