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Poète inconnu Johann David Heinichen [1683 - 1729] |

Air Lâme
dévote Ce
ne sont pas les liens qui tenserrent, Da
capo Récitatif Lâme
dévote Choeur
(SAT) Venez,
regardez les larmes de Pierre, Récitatif Saint
Pierre Air Saint
Pierre Ah,
ma bouche, ah, ma langue, Da
capo Récitatif Saint
Pierre Air Saint
Pierre Que
le sang jaillisse de mon cur, Da
capo Récitatif Lâme
croyante Air Lâme
croyante Les
pointes qui transpercent mon Rédempteur Récitatif Lâme
croyante Saint
Jean Air Saint
Jean Il
faut que les abysses tremblent, Da
capo Récitatif Lâme
dévote Lâme
croyante Lâme
dévote Lâme
croyante Lâme
dévote Lâme
croyante Lâme
dévote Lâme
croyante Lâme
dévote Lâme
croyante Lâme
dévote Lâme
croyante Lâme
dévote Lâme
croyante Lâme
dévote Lâme
croyante Lâme
dévote Lâme
croyante Lâme
dévote Lâme
croyante Lâme
dévote Lâme
croyante Choeur
(SATB) Soprano Soprano,
alto, ténor, basse Soprano Da
capo
Ni les fers, qui te tourmentent !
Ce qui te torture, ce qui topprime,
Ah, mon Sauveur, cest
moi !
Ainsi on te traîne au tribunal,
Toi, Jésus, tu suis sans crier un mot;
Mais Pierre, qui avait promis daller à
la mort avec toi,
Est dautant plus coupable aujourdhui
par son cri.
À peine a-t-on entendu le coq chanter deux
fois
Que nous te voyons le renier par trois
fois.
Curs pleins de remords,
Combien de fois avez-vous agi comme lui
Sans éprouver les mêmes
douleurs !
Cest pour vous aussi, et non seulement pour
lui, que le coq chante,
Alors, que pleure celui qui pleut
pleurer.
Âme impie, esprit traître,
Cur corrompu, caractère
barbare !
Chrétien infidèle et menteur que je
suis,
Est-ce ainsi que je te remercie, Seigneur, de ta
bonté ?
Est-ce là la noble poitrine, lesprit
élevé,
Qui présumait si audacieusement davoir
lhonneur de mourir avec toi ?
Est-ce là le poing vaillant, la main
hardie
Qui a brandi si audacieusement
lépée contre loreille de
Malchus,
Mais qui maintenant couvre en tremblant ma face
pâle,
Puisque un chant de coq et une servante
meffraient ?
Est-il possible que tu maccordes encore un
regard,
Jésus, que jai renié si
grossièrement par trois fois sans
rougir ?
Est-ce pour cela, Seigneur, que tu mas
réveillé pour la troisième
fois
Quand je métais allongé en
sécurité dans le jardin ?
Est-il possible que jaie failli si
abominablement,
Moi, âme irréfléchie et
pusillanime ?
Comme vous vous déliez pour
trahir !
Ah, comment avez-vous osé,
Oh, comment me suis-je oublié
moi-même,
Ah, ma chute est bien trop
grande !
Que me sert maintenant davoir les pieds
purifiés,
Alors que mon cur et ma conscience
Sont si souillés par ce mensonge ?
Hélas, Pierre ! Simon,
hélas!
Où y a-t-il un endroit pour me
recouvrir,
Une tombe où enterrer vivants
Ma honte avec moi-même,
Puisque jai renié si impudemment
La vérité même ?
Allons, mes yeux endormis et trop
gâtés,
Voulez-vous encore ne servir à rien
dautre
Quà somnoler ?
Allez-vous être également paresseux,
également indolents,
Pour les pleurs et pour le rire ?
Nallez-vous pas montrer un commencement de
remords ?
Allons, pleurez, pleurez !
Aucun ruisseau, aucune rivière, aucun
fleuve, aucune mer
Ne peut me purifier de mes souillures,
Sinon vos larmes, vos larmes seules.
Que les larmes pleuvent de mes yeux !
Je sais, Seigneur, que ce flot
Sert à changer la furie de ton courroux
En pitié.
Hélas ! Toute la troupe halète
de fureur
Pour lemmener, larracher.
Hélas, regardez ! Avec quelle
violence,
Quelle cruauté ils sacharnent sur ses
membres !
La couronne dépines a
lacéré sa tête
sacrée
Et aspergé de sang et de cervelle ses
cheveux emmêlés.
Maintenant, ils le lient solidement à un
pilier,
Le pilier de mon salut, avec des nuds et de
dures cordes,
Et là, dénudé, meurtri,
lacéré et plein de bosses,
Mon Sauveur se fait flageller
Avec des verges pleines dépines,
Avec des fouets pleins de pointes.
Sont des épines où je peux cueillir
des roses.
Chaque déchirure dont son corps doit
enfler
Mouvre les sources de la vie
Dont la moindre goutte de sang
Lave une mer de mes flots de
péché.
Da capo
Maintenant ils te délient, mon Sauveur, mais
pourquoi faire ?
Pour lagonie, pour ton repos.
Mon Seigneur, mon Dieu, ah, combien tu
endures !
Comme je te regarde avec honte
De ne pas pouvoir pleurer tes souffrances
extraordinaires
Plus que de façon ordinaire,
Puisque tes blessures me semblent tant
dyeux
Qui te pleurent eux-mêmes amèrement
dans ton tourment.
Oh, spectacle pénible qui éveille la
peur en moi !
Mon Dieu sera-t-il chargé du joug de la
croix ?
Le ciel lui-même se trouve-t-il sur
terre ?
Un roi doit-il être
condamné ?
Le vie se rend-elle delle-même à
la mort ?
Et le plus grand plaisir de lhomme
peut-il
Maintenant ne pas résister à
laffliction ?
Ô détresse, ô douleur profonde
sans égale !
Un cur qui ne se laisse pas ici toucher par
la peine
Doit être dacier solide, de pierre
dure,
Oui, plus insensible queux deux.
Qui ne pourrait avoir le cur
brisé,
Les yeux débordants,
Quand il doit voir ses jambes
transpercées
Ainsi que ses mains merveilleuses
Qui jadis sétendaient jusquau
ciel même ?
Pitoyable état !
Dois-tu, créateur de tous les biens,
Saigner à mort sur la croix ?
Oui, hélas, oui !
La consolation dans toute tristesse
Trouve ici une trop triste fin.
Il me semble quen même temps que
lui
Le monde se dirige vers sa chute.
Les éléments même sont saisis
dépouvante aujourdhui:
Le feu se montre en éclair et foudre,
Les vents soupirent dans lair
Avec dhorribles hurlements mugissants.
Une faille creuse souvre sur la terre,
Mais leau monte de ses profondeurs
Et se trouve - où ? dans mes yeux
seuls.
Que les rochers mêmes se fendent,
Car le fils de Dieu est en train de mourir.
Le ciel est ébranlé
Et menace de ses orages
Ceux qui le haïssent.
Ainsi linnocence même souffre tant de
tourments ?
Oui ! pour payer mes fautes.
On lui ouvre la poitrine.
Il mouvre la porte du ciel.
Ô bois sans pitié, tu me ravis tout
plaisir !
Mais moi je tembrasse et te considère
comme une échelle vers le ciel.
Ah, cet arbre na donc poussé que pour
la mort sur terre du Créateur?
Ce bois de mort sera pour moi un arbre de
vie.
Il faut que mon Sauveur soit pendu les bras
étendus.
Pour me recevoir encore une fois en
métreignant.
Ah Dieu ! le fils de Dieu est-il pendu ici
sous les insultes ?
Sa croix me sera un trône dhonneur et
de grâce.
Voyez ! Du sang et de leau coulent du
trou dans son flanc !
Il en naît la fontaine de salut pour mon
âme.
Regardez comme sa tête doit sincliner
si pitoyablement.
Il la penche vers moi pour un dernier baiser
dadieu.
Hélas, mon cur et mon esprit
mêmes sont transpercés
Par les clous quon lui plante dans la
main.
Par son propre sang il my a inscrit
Avec des stylets de fer.
Maintenant, la froide fosse du tombeau
lenferme.
Mais il ferme par là labîme
brûlant de lenfer.
Jai mal, Seigneur, à tes cinq
blessures douloureuses.
En elles jai trouvé un tombeau cinq
fois sacré
Et un abri contre le courroux de Dieu.
Cest pourquoi, adieu, monde, je renonce
entièrement à toi.
Je veux ici, par reconnaissance, raconter à
toutes les âmes pieuses
La mort par amour du Sauveur.
Je souhaite, Seigneur, dêtre pour ta
seule gloire
Un éternel monument
damour.
Nous souhaitons, Seigneur, dêtre
pour ta seule gloire
Un éternel monument
damour.
Tes peines bénéfiques,
Tes souffrances salutaires
Sinscrivent par le sang en moi.
Et ton martyre et tes tourments fructueux,
Mon cur les change
En une vivante fleur de la passion.
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