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La
conversion de Clovis, Roi des Francs
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La
Conversione di Clodoveo, Re di Francia, 1751
Antonio Caldara [16710 - 1736]
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les
personnages:
Clovis,
haute-contre
Clothilde,
soprano
Saint
Rémi,
soprano
Uberto,
haute-contre
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Récitatif
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Uberto:
Invincible Clovis,
Toi qui fais retentir, du pôle aux rivages
d'Afrique,
Le nom glorieux des Francs,
Valeureux Clovis à qui jamais la fortune n'osa
Tourner le dos,
Viens, car de nouveaux lauriers t'appellent aujourd'hui
L'orgueil insensé de la fureur ennemie
Jusqu'à l'intérieur des frontières de
ton royaume,
Elle vient provoquer son bras fameux
A venger avec éclat les ravages qu'elle commet;
Viens, car l'armée de tes fidèles
partisans
Brûle de foudroyer
Cette insolente audace,
Et n'attend pour cela qu'un éclair de ton
épée.
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Air
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Uberto
De ta
gloire la splendeur,
Dans le coeur de chaque guerrier,
Un nouveau feu suscitera.
Et frappant, audacieuse et fière,
De l'impie fureur ennemie,
Victorieuse reviendra.
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Récitatif
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Clovis:
Va, Uberto, et prépare au combat
Toutes mes puissantes légions
Qui, bientôt, m'auront à leur tête,
Pour chef, pour compagnon, et pour père.
Mais auprès du coeur aimant de la Clotilde
Je veux d'abord remplir mon rôle
D'amant et d'époux.
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Air
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Clovis
Je veux la
serrer dans mes bras
Avant de ceindre mon flanc
De l'épée guerrière.
Je veux dans son sein charmant
D"poser mon amour,
Et puis, et puis, mon âme entière
Je veux armer de colère.
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Récitatif
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Clotilde:
Clovis, mon seigneur.
Clovis:
Ma chère épouse, des trompettes
guerrières
Tu as entendu le son.
Clotilde:
Avec sa voix d'airain, j'ai entendu la mort.
Clovis:
Mais quelle mort crains-tu ?
Clotilde:
Celle qui me prendrait la vie en teprenant.
Clovis:
Essuie, ô ma Clotilde, tes belles joues,
Car si, hardi, je prentends affronter mille
armées,
Je crains tes pleurs.
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Air
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Clovis
Rassurez-vous,
chères prunelles,
Car je vais répandre des fleuves de sang
Pour qu'ils dédommagent vos yeux
De leurs charmantes larmes.
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Récitatif
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Clotilde:
Des preuves de cruauté disent mal d'amour.
Clovis:
Au contraire: à ta beauté,
Mon amour dédie toute ma colère,
Car, chargé de nouveaux lauriers,
Il désire revenir à toi plus digne.
Clotilde:
Par tes hauts faits si nombreux,
Tu es déjà si grand
Que toute nouvelle entreprise n'est qu'excès de
valeur.
Je voudrais ne te revoir que de...
Clovis:
De qui ?
Clotilde:
De toi-même; et que, sachant
Qui asservit le sort à ton courage,
Non pas à toi mais à sa glire,
Tu en rendes le juste hommage.
Clovis:
En chacune de mes victoires,
A Jupiter et à Mars,
J'ai fait dresser des trophées.
Clotilde:
Ce sont là de faux dieux
Qui ne méritent de toi ni culte ni honneur,
Peut-être, même, leur es-tu
supérieur.
Mais ce Dieu qui, seul, gouverne le monde,
Qui au temps et au destin, seul, impose sa loi,
Est une essence incréée et parfaite,
Incompréhensible, infinie,
De laquelle tout le créé tient le mouvement et
la vie.
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Air
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Clotilde
Tourne ton
coeur vers cette figure,
Qui, seule, est le vrai Dieu.
Sa pure, éternelle lumière
Qui en soi-même prend sa source,
Faite amour aimante et aimée,
Dans sa trine aspect resplendit
Et conserve son unité.
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Récitatif
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Clovis:
Clotilde, bien souvent, de ce Dieu je t'ai entendu
Parler, mais plus tu en disais, moins je
comprenais.
Clotilde:
L'humaine intelligence, qui est infinie et si fragile,
Ne peut comprendre l'infini et l'immortel.
Clovis:
Tu pourras m'en parler dans un moment meilleur;
Pour l'instant, force m'est d'aller où l'honneur
m'appelle.
Clotilde:
Trompeurs et illusoires sont l'honneur et la gloire;
Mais va, pourtant; car j'espère
En celui qui jamais ne rend l'espoir trompeur,
Et qui, un jour, te fera découvrir le vrai.
Mais n'oublie pas, quand tu seras dans le péril le
plus grand
Que le Dieu que j'aodre est le Dieu des combats.
Clovis:
Seuls tes beaux yeux,
Pour me donner la victoire, sont mes dieux.
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Duo
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Clovis:
Avec tes beaux yeux, c'est toi qui vaincras,
Tandis que mon bras combattra.
Clotilde:
Certes, courageux, tu frapperas,
Mais c'est Dieu seul qui vaincra.
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Récitatif
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Saint
Rémi:
Mon Seigneur, mon Jésus, toi qui, sur la croix,
Voulus mourir exsangue,
Coment ton sang ne répant-il pas
Encore ses trésors en ce royaume ?
Pourtant, parmi les humbles voeux
De mon plus ardent désir,
Mon esprit affligé avait osé
l'espérer.
Mais peut-être était-ce une erreur de ma
pensée;
Car en vain, à un tel salaire,
Sans l'avoir mérité, le désir ose
aspirer.
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Air
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Saint
Rémi
Si, trite,
l'âme craint,
Mère de sa crainte
La faute en l'âme s'est faite.
Si elle espère, son espérance
Est fille de l'amour
Qui veut en elle la peine.
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Récitatif
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Clotilde:
Rémi que j'aime. Mon père.
Saint
Rémi:
Grande reine, c'est trop d'honneur pour ton
serviteur.
Clotilde:
A toi me conduit mon âme plutôt que mes pas;
Et de tes paroles, elle attend
Un secours à ses prières.
Saint
Rémi:
Ouvre-moi de ton coeur les chagrin secrets.
Clotilde:
Depuis que mon royal époux
Est allé affronter l'armée ennemie,
A tout instant m'afflige
L'insolite horreur d'une frayeur nouvelle.
Il me semble que, vaincu, il appelle au secours,
Et que nul ne l'entend, ne le voit,
Hors ma propre peine.
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Air
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Clotilde
Je ne sais
si, en moi, plus cruel
Le péril m'est figuré
Par la cainte qui emplit mon âme.
Mais je sais que dans son sein,
Mon tourment n'est pas mensonger
Bien qu'il naisse d'une ombre.
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Récitatif
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Uberto:
Dame, en messager funeste
D'une issue non favorable,
L'ordre du roi à toi m'envoie.
Clotilde:
Avant toi, le chagrin a dit à mon âme
Le malheur du roi, mais dis-moi: est-il sauf ?
Uberto:
Du désastre, sa valeur l'a sauvé,
Ainsi que la fortune; pour l'heure, il arrête et
rassemble
De son armée les légions en fuite.
Mais pour te protéger
Des outrages de l'incertain dieu de la guerre,
Il veut que je te guide vers un lieu moins
exposé.
Clotilde:
Mais non, vers lui seul, guide-moi:
Je saurai, constante et fidèle, affronter
Non moins bien que lui le sort,
Car c'est sa mort que je crains, pas la mienne.
Uberto:
De ton royal époux, suis plutôt le conseil,
Car si vers lui tu diriges tes pas,
Tu accrois son danger par celui que tu cours.
Saint
Rémi:
Reine, ce sont du Ciel les justes décrets,
Et à son vouloir le tien résiste en vain;
De ses fins secrètes,
Tu dois respecter et non interroger le mystère.
Mais rassure-toi; souvent il advient
Que naissent, par la vertu du Ciel lui-même,
De semences de douleur des moissons de bonheur.
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Air
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Saint
Rémi
Telle la
barque légère,
Par l'horrible souffle de Borée irrité,
Se croit déjà engloutie dans les ondes,
Mais ce vent qui semble si cruel
Pousse plus vite ses voiles
Vers les rives plus vite.
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Récitatif
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Clotilde:
A tes raisons je me rends.
Du Ciel j'aodre les mystères,
Et s'il veut me punir,
Avec joie j'attends le châtiment,
Car même la mort sera mon réconfort.
Saint
Rémi:
A de si justes pensées
Ne peut être insensible celui qui
préfère
Un humble coeur aux sacrifices et à l'encens.
Espère donc, ô reine.
Clotilde:
Le seul espoir que j'ai dans ma souffrance,
Est de le pouvoir supporter avec plus de
constance.
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Accompagné
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Clotilde
Mon Dieu, pour moi,
expulsant
A torrents ton sang, tu as ouvert ton sein,
Et moi, de mon coeur ingrat, pour toi,
Je n'ai pas encore expulsé
Mes affections insensées.
Mais peut-être ce désir, dont je sens
Si vive la flamme
Dans mon âme, ne te déplait pas,
Puisque de toi il n'attend qu'un rayon de lumière
Qui, à mon royal époux,
Fasse voir de ta foi le vrai soleil.
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Air
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Clotilde
Si le coeur
obtient cela
S'accroissent ensuite ses peines,
Car jamais d'un tel salaire
Elles ne paient le plaisir.
Mais si mon coeur demande trop,
Mon Dieu, tu peux faire en sorte
Que ton propre vouloir
Soit aussi sa volonté.
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Air
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Saint
Rémi
Agité
d'espoir et de crainte,
Mon coeur ne sait à qui s'en remettre.
Si mon espoir s'en remet à Dieu,
Je sais bien que mes fautes peuvent
Du Ciel même lasser la pitié.
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Récitatif
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Saint
Rémi:
Quand Clovis est vaincu,
L'ennemi plein d'orgueil,
Clotilde prête à fuir,
Rémi, que feras-tu ?
Din Seigneur, ton arc déjà tendu pose-le,
Ou bien n'arme cet arc que de flèches
d'amour.
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Récitatif
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Uberto:
Rémi, la reine tarde trop
A partir, de nouveaux messages viennent sans cesse
Dire que l'ennemi poursuit
De ses outrages répétés
De notre armée les derniers restes,
Et que le coeur de Clovis ne craint que pour la
reine.
Saint
Rémi:
Vois, Clotilde nous rejoint
Pour obéir au Ciel et à son époux,
Et s'en remettre à ta vaillance pour la
conduire.
Uberto:
Dame, partons. Dans les périls,
Un moment seul peut changer le sort.
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Air
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Uberto
Quand la
tornade est proche,
Même le nocher prend la rame.
Vers le ribage, il tourne la proue,
Et ne reste pas à réfléchir,
Car parfois, un bref retard
Rend le péril bien plus grand.
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Récitatif
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Clotilde:
Partons vers là où tu veux, car seuls mes
pas
Seront hésitants, mon coeur sera constant.
Mais quel nouveau fracas de clairons
Guerriers j'entends alentour ?
Uberto:
Ca que ce peut être, je ne sais.
Clotilde:
Sur ton visage pâli,
Ce que tu ne sais dire, moi je le dis,
Je lis notre commune angoisse.
Saint
Rémi:
Ah ! Espère plutôt, aie confiance en ton
Dieu,
Et si, de ta vertu,
Il attend de nouvelles preuves,
Humble et forte, sous son vouloir, courbe-toi.
Uberto:
Mais que vois-je ? Voici, ô reine, ton
époux,
Et mon roi, qui s'en vient ici.
Clotilde::
Ciel ! Qu'en sera-t-il ? Joie ou peines ?
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Air
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Clovis
Clotilde,
tu as vaincu,
Victoire, victoire, victoire !
Clotilde, tu as vaincu,
Tu as vaincu, Clotilde,
Victoire, victoire, victoire !
Toi seule as foulé aux pieds
Cet orgueil indompté.
Par toi, de mon trône,
La gloire ressuscite.
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Récitatif
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Clotilde:
Mon époux.
Saint
Rémi:
Mon seigneur.
Uberto:
Mon roi.
Clotilde:
Que nous dis-tu ?
Saint
Rémi:
Quelles bonnes nouvelles apportes-tu ?
Uberto:
Conte-nous de ta valeur les prouesses
coutumières.
Clovis:
Ecoutez. Le sort me fut contraire dans le premier
assaut;
Et bien que j'ai offert à Mars les opimes
dépouilles,
Je finis par voir se disperser
Et s'enfuir toute mon armée, et, à
grand-peine,
Sous mes drapeaux,
Je pus rassembler les légions
épouvantées.
Je veillai, avec Uberto, au danger que tu courais,
Puis voulant à nouveau tenter ma chance,
Je me souvins de ton Dieu,
Que Dieu puissant et fort tu appelais toujours,
Et Dieu des combats;
Je promis à lui seul culte et honneurs
Si, du farouche ennemi, il me faisait vainqueur.
Et voilà qu'il me semble entendre en mon sein,
Plus audacieux que jamais,
Un appel généreux à reprendre les
armes.
Plein de courage, je m'en saisis,
Et dans l'affrontement, je vois que le Ciel
Combat pour moi, et je vois l'ennemi vaincu
Me céder le terrain, fuyant ou mourant.
Aussi, par la vertu de cette vistoire,
Ton Dieu seul j'adore.
Clotilde:
A présent, j'ai gagné.
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Air
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Clotilde
Je suis
heureuse que ton coeur
Ait vaincu l'aveugle erreur
De laquelle il fut l'esclave.
Qu'on célèbre la victoire,
Mais qu'on en attribue la gloire
A mon cher Jésus.
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Récitatif
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Clovis:
Clotilde, c'est vrai: par trop d'ombres, jusqu'ici,
J'ai eu l'esprit aveuglé,
Et jamais je n'ai prêté attention à tes
dires;
Mais grâce à toi, l'erreur ne m'offusque plus
la vue,
Je connais le vrai soleil
Dont celui qui éclaire le jour
Est à peine l'ombre; je le connais,
Et j'adore son haut nom,
Et dans cette eau qui a le prix de son sang,
Je veux vite purifier mon immonde chevelure.
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Air
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Clovis
Comme la
biche qui, blessée,
En haletant court à la fontaine,
A cette fontaine de vie,
J'aspire aussi à baigner mon front.
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Récitatif
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Clotilde:
Rémi, en l'entendant,
Pourquoi tiens-tu renfermée en ton sein ta sainte
joie ?
Saint
Rémi:
Mon coeur est si jaloux de son plaisir
Qu'il ne veut rien céder à mes
lèvres.
Clotilde:
Maintenant, sors de cette torpeur,
Car c'est à toi de préparer et d'accomplir
Le rite sacré par lequel, que la chevelure
royale,
Pleuveront les grâces divines du saint
baptême.
Saint
Rémi:
J'obéis à ton ordre,
Et je bénis en attendant
Ce Dieu qui fit qu'un si beau jour
Naisse de l'aube de nos pleurs.
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Air
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Saint
Rémi
Dieu
suprême, que celui qui à toi se fie
Espère toujours et jamais ne craigne.
Car la belle clarté des étoiles
Sur la route des orages
Est le guide qui toujours nous mène
Au port de la félicité.
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Récitatif
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Uberto:
De l'exemple si beau
Que t'offre ton roi, ma foi jurée, que penses-tu
?
Chasse désormais toi aussi
La sombre erreur de tes sens aveuglés,
Et de la vrai foi, appelle la lumière.
Demande, toi aussi, l'eau de la fontaine sacrée
Qui, de tes erreurs passées, pourra laver
Toutes les souillures immondes.
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Air
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Uberto
Quel saint
et beai plaisir
De renaître à la jouissance
Du bien éternel.
Quel immense et pur amour
De vouloir par quelques gouttes d'eau
Eteindre le feu
Des peines éternelles.
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Récitatif
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Clotilde:
Voici l'autel où, pour victime,
Tu dois offrir ta faute à l'agonie
Et te purifier de cette eau
Qui, en elle, contient le sang du sacerdoce.
Maintenant, pendant que le bon pasteur
Prête sa main consacrée à la
préparation du grand mystère,
De tout culte profane,
Commence par détester les illusions,
Puis, humble et courbé, demande
Au vrai Dieu le pardon de tes fautes.
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Air
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Clotilde
Saint amour
qui, sur le Jourdain,
Tel la colombe ouvris les ailes
Pour donner l'envol à ta foi,
Viens ici, et enfin éteintes
Les erreurs trompeuses d'un rite insensé,
Fais gracieusement demeurer
Tes plumes toujours attachées
Au sein des rois des Francs.
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Récitatif
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Clovis:
Seigneur, trop longtemps,
Dans son aveuglement s'obstina mon esprit,
Mais je confesse mon erreur,
Toi seul j'adore pour vrai Dieu,
Et ta foi seul je professe.
D'un juste repentir, ah !
Ne méprise pas le tardif hommage,
Puisque le repentir fait souvent
Qu'agréable devienne l'outrage.
Saint
Rémi:
Moi roi, jamais n'est tardive
Une souffrance quand elleest telle
Qu'elle condamne son retard, et le déplore.
Et, de même façon,
Mon Dieu rétribue celui qui dès l'aurore le
sert
Je te confie à lui, eu au saint nom
Du Père, du Fils, et de l'Esprit aimant,
Je verse l'onde de vie sur tes cheveux.
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Air
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Clovis
Je vous
adore, vous adore,
O Père, ô Fils, et toi,
Leur égal à tous deux,
Esprit Saint de leur amour.
Si, sur vous, l'esprit incréé
Ne veut porter son regard,
Son coeur, au moins, peut vous aimer.
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Récitatif
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Clotilde:
Mon Rédempteur, mon Dieu,
Puisqu'il te plut aujourd'hui,
Par un beau rayon efficace et puissant,
De chasser les ombres
De l'esprit aveuglé de mon cher époux,
Afin qu'il découvre la vrai lumière
éternelle,
O combien de grâces, combien,
Devrais-je rendre à ta bonté suprême
!
Mais en vain, je m'y essaie,
Tant me rendent confuse
La grandeur du don, et mon bonheur.
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Duo
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Clotilde
& Clovis:
C'est un plaisir qui vient du Ciel
Ce plaisir inondant notre coeur,
Il ne saurait être plus grand.
Avec nous, ô Dieu, de tes dons,
A l'excès, tu fus prodigue;
Désirer plus, je ne saurais.
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